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CALENDRIER

16 et 17 janvier 2016: Conseil national du PCF

16 décembre 2015: mobilisation pour l'indépendance de l'inspection du travail après le jugement du tribunal correctionnel d'Annecy condamnant l'inspectrice Laura Pfeiffer

6 décembre 2015: élections régionales. MEETING ET REPAS FRATERNEL DU PCF PARIS 15

2 décembre 2015: rassemblement à Bobigny en soutien aux salariés d'Air France sanctionnés et traduits en justice à la suite de l'incident de la "chemise"

18 novembre 2015: grève des machinistes RATP

29 octobre 2015: Assemblée des communistes de la section du PCF Paris 15

29 octobre 2015: Manifestation intersyndicale  à 13h00, départ Gare Montparnasse. Défense des retraites cheminotes

22 octobre 2015: Rassemblement intersyndical à 13h00 aux abords de l'Assemblée Nationale. AIR FRANCE: NON AUX LICENCIEMENTS, NON A LA REPRESSION!

8 octobre 2015: Journée d'action interprofessionnelle à l'appel de la CGT, la FSU et Solidaires

2 octobre 2015: Assemblée des communistes de la section du PCF Paris 15
 

 

 

Contact/Adhésion

pcfparis15@orange.fr - 01 48 28 60 05

Section PCF Paris 15, 130 rue Castagnary; 75015 PARIS

Vivelepcf

 

Tsipras, en visite en Israël, et Netanyahou se congratulent : les amis de nos ennemis sont nos … (2) Portugal: Un ancien prêtre candidat communiste aux présidentielles (0) La couleur du deuil, ce n’est pas le bleu-blanc-rouge ! (0) CAHIERS COMMUNISTES N°10 – SPECIAL GRECE – DISPONIBLE – RAPPEL (0) Notre page « brochures et matériels à la disposition des militants communistes » vient d’être actualisée (drapeaux/autocollants/badges/brochures politiques/livres) (0) Ne nous laissons pas enrôler dans leur sale logique de guerre ! (1) 1955 : Quand les députés communistes votaient contre « l’état d’urgence ». Interventions de Robert Ballanger et d’Alice Sportisse, députés communistes (PCF et PCA). (2) 1955 : Quand les députés communistes votaient contre « l’état d’urgence ». Intervention d’Alice Sportisse, députée d’Oran (0)
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 10:37
Goodyear, Air France etc. : les intimidations et provocations patronales et gouvernementales doivent se retourner contre leurs auteurs !

Tract, PCF Paris 15, 4 février 2016 (manif Goodyear & entreprises 15ème)

Solidarité de classe !

Ces dernières semaines, dans des occasions différentes, le gouvernement a fait le choix de la répression anti-salariés et antisyndicale et de la mettre en avant. En octobre, Valls a tenu des propos ultraviolents, à l’unisson du PDG Juniac, contre les salariés d’Air France dans l’épisode de la « chemise déchirée ». En décembre, 8 militants CGT de Goodyear-Amiens, poursuivis par l’Etat (et non plus l’entreprise), sont condamnés à des peines ahurissantes de prison ferme. Ce sont des provocations calculées à l’encontre du monde du travail, également par le contraste avec la quasi-impunité des possédants et des patrons fraudeurs.

Plus que jamais, notre bataille doit viser à faire prévaloir l’expression de la solidarité de classe entre les travailleurs sur la logique d’intimidation, dans un contexte de précarisation aggravée de l’emploi et de la vie, de matraquage sécuritaire avec « l’état d’urgence ». Pour nous, communistes, la solidarité de classe va bien au-delà de l’affichage d’une compassion, même sincère, au nécessaire soutien humain et matériel. Face à la répression patronale, démasquons, attaquons les intérêts de ceux qui répriment.

A Air France, la charge de Valls a été excessive. L’opinion n’a pas vu des « voyous » dans les salariés risquant d’être licenciés. L’objet du délit, la chemise, est apparu futile à côté de la menace. Rapidement, il n’a pas pu être masqué que la « victime », le DRH Broseta (par ailleurs militant du PS), a délibérément pratiqué une politique de chantage à l’emploi, d’exacerbation des oppositions entre catégories de personnel. Du coup, l’affaire a été reléguée au second plan dans les médias. Mais, des centaines de suppressions d’emploi sont toujours programmées dans un « plan B ». L’Etat, actionnaire décisif, continue de subventionner le « Low-Cost », de privatiser les aéroports, de faire des ponts d’or aux compagnies des dictatures du Golfe. Et les salariés impliqués dans l’incident sont sanctionnés de façon inacceptable, certains licenciés et risquent toujours des condamnations judiciaires.

Goodyear est une entreprise moins connue. Le conflit à Amiens dure depuis 7 ans. Le pouvoir et sa justice de classe attaquent à froid, à la fin de l’affaire avec la volonté manifeste de criminaliser l’action syndicale. Le cas est aussi très politique puisque Hollande dans sa campagne de 2012 avait promis de faire « son possible » pour préserver l’emploi (pas vraiment un mensonge !) puis que le ministre Montebourg s’est compromis avec des patrons américains pour tenter de faire tourner les salariés en bourriques.

Nous saluons le courage des salariés et des militants syndicaux CGT de Goodyear qui ont résisté à tant de harcèlement dans l’entreprise, dans les infinies procédures judiciaires, dans les médias. Ce qu’ils continuent à combattre au bout de 7 ans est essentiel : le chantage à l’emploi et aux conditions de travail, les stratégies de délocalisation. La CGT et les salariés ont refusé le passage au travail en « 4X8 » qui aurait détruit leur vie privée et leur santé mais pas du tout sauvé l’usine d’Amiens-Nord que Goodyear avait de toute façon l’intention de liquider et délocaliser, en faisant payer les salariés et les collectivités. A contrepied de l’attaque judiciaire, il faut faire connaître le fond économique de l’affaire Goodyear !

Air France, Goodyear : le bal des hypocrites a commencé. Valls encore en premier qui trouve « un peu lourdes » les condamnations des Goodyear et laisse entendre un jugement plus clément en appel (bonjour l’indépendance de la justice !). Des patrons comme Mme Parisot et des réformistes qui regrettent les condamnations et prônent le « dialogue social ».

Mais la répression et le « dialogue social » sont les deux formes de la même politique antisociale. Ils fonctionnent à sens unique, contre les acquis des travailleurs. Quand ça ne passe pas par le dialogue, le pouvoir passe en force. Ça été le cas avec la loi Macron ou avec le protocole « PPCR » contre le statut de la fonction publique, récusé par des syndicats majoritaires mais imposé quand même. Hypocrisie encore chez les politiciens qui se ménagent une posture de gauche avant les élections de 2017. Ils veulent être photographiés avec les « Goodyear » alors qu’ils ont soutenu Hollande, voté le budget 2016 (comme la plupart des frondeurs), qu’ils défendent viscéralement l’UE de la concurrence de tous contre tous (Cohn-Bendit/EELV) ou qu’ils ont approuvé l’état d’urgence.

Que l’on ne compte pas sur nous, communistes, pour semer des illusions sur 2017 ! La résistance, c’est maintenant. Les attentats, l’état d’urgence, les « primaires » débiles ne doivent pas faire oublier qu’avec le « pacte de responsabilités », le gouvernement opère le plus grand transfert d’argent issu du travail vers le profit capitaliste (50 milliards d’euros). Hollande, dans ses dernières annonces « sur l’emploi », a encore ajouté 2 milliards aux cadeaux aux entreprises et annoncé la transformation du CICE en exonérations définitives de cotisations sociales patronales. La casse du financement solidaire de la sécurité sociale est une priorité de la fin du quinquennat. De leur côté, Macron et El-Khomri agitent le leurre des 35 heures pour mieux attaquer le code du travail et l’indemnisation du chômage.

Air France, Goodyear doivent porter la résistance à cette politique maintenant !

Communistes, nous appelons:

  • A signer et faire signer la pétition CGT pour la relaxe des Goodyear, à exiger l’annulation des sanctions contre les salariés d’Air France
  • Au maintien de tous les emplois à Air France, à la suppression des dispositifs gouvernementaux favorisant le dumping social dans l’aérien, à l’arrêt des privatisations des aéroports
  • A taxer les réimportations d’usine délocalisées
  • A abroger le CICE

La journée de manifestation des fonctionnaires le 26 janvier a marqué la reprise des luttes en 2016 : intensifions le mouvement !

Nos tracts de 2008 (lien):

Pourquoi il faut faire de Goodyear une lutte nationale.

Manifestation nationale aujourd'hui à Amiens contre le plan "social" chez Goodyear

 

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 18:13
Hollande 2015 dans les pas de Sarkozy 2010 (les attentats ne sont qu'un prétexte)

Hollande 2015 dans les pas de Sarkozy 2010 (les attentats ne sont qu'un prétexte)

Nous reproduisons notre réaction de 2010 quand Sarkozy réclamait la déchéance de nationalité de "certains délinquants d'origine étrangère", à l'occasion de troubles dans un quartier de Grenoble. Déjà il était question de "guerre" contre l'insécurité. La campagne sur "l'identité nationale" avait préparé le terrain à l'amalgame délinquance = étrangers. Nous étions au coeur de la bataille pour la défense de la retraite à 60 ans. Cinq ans plus tard, nous restons dans le même état d'esprit contre les incitations à la xénophobie, les tentatives de division "identitaires" des travailleurs, maintenant reprises et aggravées par Hollande et Valls dans le contexte des attentats terroristes. Nous ne reprendrions plus cependant les si galvaudées "valeurs de la République" dont le sens est devenu encore plus imprécis. PCF Paris 15, 24 décembre 2015.

 

La réponse à la surenchère haineuse de Sarkozy : mettre en échec le projet Woerth contre les retraites.

PCF Paris 15, 19 août 2010.

La nouvelle surenchère sécuritaire et xénophobe du Président Sarkozy est évidemment un acte politique calculé dans un contexte bien précis. Cela ne la rend pas moins révoltante mais appelle une analyse et une riposte d’ensemble.

 

Une chose fait peur aux commanditaires patronaux du pouvoir. Ils sont conscients de l’existence d’un rapport de force latent dans le pays, de la possibilité d’une convergence des luttes susceptible de mettre en échec la politique de régression économique et sociale. La bataille des retraites, dès la rentrée, est l’occasion de cette convergence.

L’ampleur de la mobilisation du 24 juin 2010 annonce une autre encore plus forte au rendez-vous du 7 septembre. On peut envisager (et préparer) une lutte déterminée à partir de cette date avec un objectif simple et clair comme le retrait du projet de loi Woerth, alors que le patronat veut faire de la fin de la retraite à 60 ans une défaite historique des travailleurs.

Le spectacle de la collusion étroite entre les gouvernants et le grand capital, avec l’affaire Bettencourt, favorise la prise de conscience du plus grand nombre.

 

Dans la période, les discours de « bons pères la rigueur », venant des Fillon et Sarkozy, invitant les travailleurs à de nouveaux sacrifices, ne prennent pas.

C’est dans cette situation que Sarkozy et ceux qui le conseillent repassent à son autre registre : celui de la haine et de la division nationale.

 

Plus la diversion sera grossière et dangereuse, plus le pouvoir espère faire passer son projet de casse sociale.

 

On n’en est plus aux sous-entendus recouverts d’un vernis « républicain » ou laïque, même plus aux « dérapages contrôlés » mais à un discours ouvertement discriminatoire désignant collectivement certaines composantes de la population.

 

Mesurons le nouveau stade franchi vers une véritable incitation d’Etat à la xénophobie et sa gravité propre.

 

D’un fait divers, le pouvoir rend tout un groupe responsable. Il convoque une réunion au sommet de l’Etat sur « les problèmes que posent le comportement de certains ressortissants de la communauté des gens du voyage au regard de l’ordre public et de la sécurité ».

 

A Grenoble le 30 juillet, le Président est allé plus loin que jamais dans l’amalgame « immigration » et « délinquance ». Du langage de stigmatisation, il passe au langage d’exclusion en réclamant de la déchéance de la nationalité française de certains délinquants « d’origine étrangère » (sans autre précision).

Le terrain avait été préparé. La rhétorique des « bons et des mauvais Français » a été peaufinée depuis des mois, depuis notamment le débat nauséabond sur « l’identité nationale ». Le mot d’ordre d’exclusion de la nationalité française s’est précisé depuis un an avec l’opération Burqa, les recommandations de la mission Gerin-Raoult et les diatribes d’Hortefeux sur le cas médiatisé de la conductrice voilée de Nantes.

 

Le pouvoir franchit aussi un nouveau pas dans le déploiement de violence policière, dans la provocation répressive, désignée comme une « guerre ». A Grenoble, dans le quartier de la Ville Neuve, l’intervention des forces de l’ordre s’est avérée disproportionnée, complètement inefficace, sauf pour créer un climat de répression collective et susciter un sentiment de peur et d’injustice. A La Courneuve, au début du mois de juillet, l’expulsion de squatteurs africains a été mise en scène de façon ultra-violente.

 

Tout indique que le pouvoir va accentuer sa dérive racisante. Les opérations policières contre les gens du voyage, délibérément confondus avec les Roms d’Europe de l’Est dont la situation n’a rien à voir, se multiplient. Besson prépare un projet de loi spécial de « déchéance nationale » pour la rentrée. Hortefeux dissout la police de proximité pour créer des « brigades musclées ». Un processus très grave de détournement des missions de la police nationale et de la gendarmerie, en même temps que d’affaiblissement de leurs moyens, est en cours.

 

Ecœurant, indigne, dangereux, le pouvoir sarkozyste poursuit plusieurs objectifs politiques.

 

Sa politique « sécuritaire » vise à détourner la colère sociale devant la mal-vie, le chômage, causés par sa politique économique, vers des boucs émissaires, des déversoirs. Elle encourage tous les extrémismes. Elle cherche à attiser toutes les tensions.

Dans le même temps, le pouvoir se fait passer pour le pompier des incendies qu’il veut déclencher.

Les conditions qui ont mené aux « violences urbaines », limitées, de 2005 existent toujours et sont renforcées. Déjà, Villepin avait décrété l’état d’urgence. Sarkozy et ses adjoints se préparent à aller beaucoup plus loin pour le pays sous leur coupe réglée.

 

Le pouvoir fait aussi un calcul politique en mettant les thèmes de l’immigration et de la sécurité au cœur du débat public.

Sa manœuvre de diversion pousse la gauche à se souder sur des positions de principe, des valeurs, des questions de société, en effaçant ses divergences fondamentales sur les questions économiques et sociales.

 

Depuis 2007 (comme ils sont dans l’opposition), il se trouve heureusement très peu de politiciens de « gauche » à accompagner la dérive gouvernementale d’un Besson et la démagogie sécuritaire, en dehors de cas d’élus isolés et irresponsables (Valls, Gerin).

 

Aujourd’hui, l’attaque présidentielle est si outrancière, viole si profondément les valeurs républicaines que l’immense majorité des militants et sympathisants des organisations de gauche, même du centre, se retrouvent pour la condamner.

Sarkozy joue encore mieux son rôle de personnification de la politique du pouvoir et, pour la gauche, de repoussoir.

Plus encore, ce jeu contribue à renvoyer sur 2012 toute idée de changement politique et à polariser la vie politique sur les élections présidentielles.

 

Mais les luttes, pour l’emploi, pour la Sécurité sociale, pour le service public… ont besoin d’un débouché immédiat et la bataille des retraites peut et doit être le point de convergence décisif.

Le rassemblement naturel du « peuple de gauche » contre le racisme et la xénophobie ne peut pas se transposer en unité d’organisations de « gauche » et au-delà (écolos-centristes) sur toutes ces batailles. Le rassemblement susceptible de gagner, auquel aspire le mouvement social, ne peut pas se construire en gommant les différences fondamentales entre organisations, en s’alignant, même de façon « plurielle », sur les positions du PS. Cet article n’est pas le lieu de rappeler son accord avec l’allongement de la durée de cotisation, les exonérations de cotisations patronales etc.

La surenchère sécuritaire de Sarkozy est un calcul à plusieurs niveaux.

 

Pour nous communistes, la riposte doit s'organiser à chaque niveau différent.

 

- La dénonciation des propos xénophobes, des provocations policières, le rejet de tout dérapage d’où qu’il vienne, le rappel des valeurs de la République doivent être systématiques.Il ne s’agit pas pour nous de positions de témoignage mais d’une expression politique en direction des masses.

Le PCF est l’une des organisations à l’origine de l’appel aux manifestations du 4 septembre.

 

- Refuser l’exagération des problèmes de violence et d’insécurité dans la bouche de Sarkozy, ce n’est pas non plus nier des réalités dont les causes résident principalement dans la politique qui aggrave la pauvreté, les inégalités sociales et spatiales. Les batailles, les mobilisations doivent être nationales et locales pour les services publics, contre les privatisations, pour le droit au logement, contre les politiques de relégation sociale, pour les instruments de la cohésion nationale. Nous les menons et voulons les mener avec tous les acteurs des villes et des quartiers, politiques (élus), syndicaux, associatifs… La défense de l’école publique est une priorité dans cette rentrée. La défense du service public de la justice et de la police (13.000 suppressions d’emploi de 2007 à 2012), en termes de moyens et de mission, est aussi une préoccupation majeure.

 

- La politique au service du capital est la cause fondamentale d’insécurité pour les travailleurs dans tous les sens du terme, de peur des lendemains. Aujourd’hui, la bataille pour défendre les retraites est le point de convergence des luttes pour commencer à l’inverser. Face à la diversion sarkozyste, la meilleure réponse est l’amplification de la mobilisation pour les actions de la rentrée à partir de la journée nationale de grève et de manifestation du 7 septembre.

Nous contribuons à ce rassemblement avec nos positions et nos initiatives qui contrecarrent fondamentalement le consensus des partis dominants parce que c’est la condition du succès, du retrait du projet de loi Woerth.

 

La riposte des travailleurs, leur solidarité de lutte, de classe sont le meilleur antidote à la démagogie haineuse parce qu’elles s’attaquent aux racines du mal.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 18:11
Un sommet de l'hypocrisie. Valls utilisant "Charlie" et le bon sens de Lassana Bathily pour promouvoir une conception raciste de la nationalité

Un sommet de l'hypocrisie. Valls utilisant "Charlie" et le bon sens de Lassana Bathily pour promouvoir une conception raciste de la nationalité

Repris de vivelepcf, 10 février 2010

Nationalité : après « Charlie », les slogans d’extrême-droite doivent-ils rentrer dans le « consensus républicain » ?

Vivelepcf, 10 février 2015

Communistes, nous faisons partie de ceux qui ont toujours combattu et combattent le slogan propagé par l’extrême-droite et repris notamment par les Sarkozistes : « Être français, ça s’hérite ou ça se mérite ». Il porte un message démagogique, insidieusement raciste, divisant la communauté nationale, remettant en cause le droit du sol. L’acquisition de la nationalité française se fait selon des critères, que l’on peut considérer comme nous pas assez objectifs et trop restrictifs, de situation familiale, de durée de vie sur le territoire national, d’intégration économique etc. mais qui n’ont rien à voir avec un quelconque « mérite ». La vertu ou le vice, valeurs très subjectives, ne sont pas liés à la nationalité. Il y a aussi bien des crapules et des héros français qu’étrangers.

Voilà qu’après les odieux attentats de Charlie-Hebdo, l’idéologie dominante a trouvé le biais pour relancer cette campagne malsaine. Multipliant les articles et les sondages, partant des personnalités des assassins, les frères Kouachi, de nationalité française, elle s’est évertuée à faire monter l’idée d’une déchéance de nationalité pour « les terroristes ». L’idée serait-elle venue à quelque journaliste que ce soit de demander le retrait de la nationalité norvégienne au terroriste d’extrême-droite Anders Breivik qui a tué 77 personnes en 2011 ?

Face à cette campagne, sous le matraquage idéologique suivant les attentats, on n’a pu lire ou entendre quasiment aucune réaction, sinon de juristes consultés qui ont réaffirmé que la déchéance de nationalité était impossible en droit international et national pour les personnes ne possédant pas de binationalité.

Au contraire, à cette menace de sanction négative à fait écho le bénéfice surmédiatisé d’une sanction positive : l’attribution de la nationalité française au jeune Malien Lassana Bathily qui a montré une certaine présence d’esprit en cachant des clients de « l’hyper casher » de Montreuil avant de s’enfuir, leur sauvant peut-être la vie. Au demeurant, c’est tant mieux pour lui, puisqu’il l’en avait fait la demande et remplissait les critères, qu’elle soit ainsi diligentée. Mais, le pouvoir a trouvé une occasion de relayer, cyniquement et sournoisement, la campagne « Français au mérite ». Bernard Cazeneuve a ajouté une autre dimension lors de la cérémonie télévisée de naturalisation de Bathily en saluant en lui « le symbole de l’islam de paix et de tolérance » : les ministres de la République laïque donnent maintenant des brevets de bonne religion !

Sous le coup de l’émotion qui a suivi les attentats, beaucoup n’y ont vu que du feu. Sachons maintenant démasquer et combattre cette propagande, d’où qu’elle vienne, du slogan raciste « être français, ça s’hérite ou ça se mérite ».

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 14:02
Meeting électoral de la gauche plurielle du 10 décembre 2015

Meeting électoral de la gauche plurielle du 10 décembre 2015

Régionales 2015. La « gauche » perd l’Ile-de-France : pas de joie mais pas de larmes

PCF Paris 15, 14 décembre 2015

Cela s’est joué à peu de choses : 42,2% contre 43,8%. La gauche plurielle, conduite par Claude Bartolone, a échoué à garder le contrôle de la région Ile-de-France.

Il n’y a évidemment rien de bon à attendre de l’équipe de Valérie Pécresse qui promet de détourner encore plus de moyens publics vers les intérêts du patronat et de la finance internationale, dans la région « capitale »- au nom de l’emploi bien sûr -, de privatiser plus, de remettre en cause les acquis sociaux des personnels.

Mais nous ne verserons pas une larme sur l’équipe sortante, aux commandes depuis 17 ans avec Jean-Paul Huchon. Nous assistons à rien d’autre qu’à une alternance, comme au plan national, entre deux équipes qui se complètent pour mener la même politique économique et sociale au service des puissances d’argent, se répartissant les rôles suivant leur étiquette, ne gardant de nuances que sur les questions de société.

De bout en bout, de sa contribution à la casse des régimes de retraites à son soutien à la « réforme ferroviaire », Huchon aura été un acteur zélé de la politique de marchandisation et de privatisation des transports, première prérogative régionale. Militants communistes, nous nous sommes constamment retrouvés face à lui. La « gauche » régionale n’a eu de cesse aussi que de faciliter l’intrusion des intérêts patronaux à court-terme dans l’enseignement professionnel. Aussi bien Huchon, Pécresse, Copé qu’Hidalgo – suivant les formules « Grand Paris » ou Région – se sont retrouvés dans la surenchère pour vanter « l’euro-région capitale », développer son « attractivité » dans l’intérêt de la finance et aux dépens des populations. Ils se retrouvent tous encore, avec Bartolone, derrière la « réforme » territoriale antidémocratique, qui, par exemple en matière de logement, va régionalement condamner les politiques sociales des municipalités communistes. Etc.

Tous ces sujets de fond, reflets régionaux de la politique antisociale nationale, ont été soigneusement éludés de la campagne électorale, par le consensus des partis de l’alternance, avant même les attentats du 13 novembre.

La très courte campagne s’est résumée, en Ile-de-France comme ailleurs, à des joutes politiciennes. Elle s’est déroulée dans le contexte national dramatisé que l’on sait, avec, d’un côté, le matraquage sur « l’unité nationale » derrière Hollande après les attentats, et, de l’autre, la polarisation du débat public sur la poussée prévisible du FN que Valls, notamment, aura tout fait pour provoquer. Ces manœuvres politiciennes cyniques du PS, jouant avec le feu, ont contribué à faire garder à la gauche 5 régions, mais finalement pas l’Ile-de-France.

Bartolone a échoué de peu. D’un point de vue strictement politique, il est utile d’analyser pourquoi. De toute évidence déjà, on peut dire son attitude symptomatique entre les deux tours y a bien contribué.

Bartolone n’a pas réussi à reproduire en Ile-de-France l’alchimie politicienne qui permet à la « gauche » (sur une politique globalement de droite) de gouverner la ville la plus bourgeoise du pays : Paris. L’Ile-de-France, même si c’est moins vrai qu’à Paris-ville, présente deux caractéristiques. La première, dans le centre économique du pays, est la surreprésentation dans la population active de salariés aux revenus intermédiaires et supérieurs, dont les préoccupations sociales, réelles, n’atteignent pas le niveau de détresse et de colère que le FN tente d’instrumentaliser. La deuxième, c’est une proportion plus importante que dans le reste du pays, parmi les populations les plus pauvres, de personnes issues de l’immigration et peu enclines à voter pour un parti ouvertement anti-immigrés.

Mais les trois ingrédients de la formule politique de la « gauche » parisienne ont moins bien fonctionné.

  1. Il a été plus difficile de masquer la politique « libérale » pratiquée régionalement par le PS, sous des symboles de « gauche », un marketing de « gauche », avec des cautions de « gauche ». L’exemple type de cette propagande a été la mise en avant « sociale », par toute la gauche, du Pass Navigo à tarif unique, en réalité voulue par le patronat, et payée très cher par une majorité d’usagers.

Le choix de Bartolone, personnalité nationale, président de l’Assemblée, a mis en évidence le lien entre les politiques régionales de la « gauche » et sa politique nationale antisociale, profondément rejetée ; de même que le soutien appuyé de Valls dans la campagne : 45 minutes au meeting d’avant le premier tour. Certains non-élus de gauche doivent regretter que les noms moins exposés de Huchon ou de La Gontrie n’aient pas été retenus comme tête de liste…

  1. A Paris plus que partout ailleurs, la « gauche » centre le débat politique sur des questions de société avec des slogans plus audacieux que progressistes, en direction notamment des populations pour lesquelles les préoccupations alimentaires ne sont pas primordiales. Mais cette « gauche » n’a plus le monopole de l’offensive sur les questions de société. Notamment après l’opération « mariage pour tous », la droite a développé (avec un succès peu réconfortant) une ligne conservatrice tirant notamment profit des outrances ce certains lobbys. La droite a même réussi à marquer des points, sur ce plan, en prétendant s’opposer à la destructrice « réforme » du collège.
  2. Enfin, pourtant expert en la matière en Seine-Saint-Denis, Bartolone a plus de mal que jamais à se présenter comme un rempart devant le racisme et l’extrême-droite. Le concept du « Think Tank » Terra Nova invitant le PS à capter cet électorat par une forme de clientélisme, au moins moral, ne marche plus comme en 2012. Bartolone est un proche de Hollande et Valls qui viennent, après les attentats, de tendre la perche au FN, notamment sur la déchéance de nationalité !

Les propos de Bartolone sur la « race blanche », assimilée aux richards de Versailles et de Neuilly, ont également certainement détourné nombre de voix. Ils sont proprement inacceptables, d’autant qu’il a refusé de les retirer. Qui, quelles que soient ses origines, peut maintenant faire confiance à Bartolone pour combattre le racisme ? Déjà, le dimanche soir du 1er tour, les images de liesse, malgré de score du FN (ou à cause de lui !), vues à la télévision chez les cadres du PS, dans le QG de Bartolone, qui se croyait en ballotage favorable, ont choqué. Nous les premiers.

L’Ile-de-France offre un aspect un peu particulier du dangereux processus de dégénérescence de la démocratie bourgeoise auquel nous assistons.

Ces circonstances alourdissent encore les conséquences des choix de la direction de notre parti pour ces élections, en Ile-de-France en particulier.

Le soir du 1er tour, nous faisions partie des camarades qui appelaient à ne pas présenter (après fusion des listes) de candidats PCF sur la liste Bartolone, même en vue de quelques places d’élus (6 ou 7 au final, dont une transfuge d’un groupuscule gauchiste…).

L’image donnée au pays a été déplorable : le secrétaire national du Parti, tête de liste en Ile-de-France, Pierre Laurent, s’est retrouvé bras dessus, bras dessous toute la semaine avec Bartolone, le complice de Hollande et Valls, jusqu’à intervenir en première partie au meeting où Bartolone a dérapé.

Mais ce n’est pas qu’une question d’image, c’est une question d’orientation de fond. Bartolone ne s’y est pas trompé en louant la contribution, jusqu’au bout, des élus PCF au bilan de Huchon : une véritable caution de gauche. Jusqu’aux intitulés similaires dans la niaiserie des listes : « une Ile-de-France humaine »/ « Nos vies d’abord » !

On ne peut pas reprocher à Pierre Laurent d’avoir été hypocrite. Son ralliement au PS était annoncé. Mais il aurait pu et dû changer d’avis. Il ne se retrouve pas comme ses alliés du PG ou Mme Clémentine Autain à prendre les places en faisant la fine bouche. L’ancienne filleule politique de Delanoë, a conspué un temps la politique de Valls, pour mieux finir deuxième placée derrière Bartolone en Seine-Saint-Denis. Cette « petite gauche » disposait de 5 têtes de liste départementales sur 8 en Ile-de-France. Au 1er tour, elle a réussi à grappiller, surtout à Paris et dans les zones petites bourgeoises, 0,08% des voix (6,63% en 2015) qui s’étaient portées sur Besancenot en 2010, absent en 2015. Quels alliés pour le PCF, alors que la fiction du « Front de gauche » se meurt !

Cette absence du vote communiste, cet effacement du Parti communiste dans le consensus de l’alternance est dramatique pour le pays. Le rejet de classe de la politique au service du capital est énorme. Des luttes conséquentes se développent et recherchent une perspective politique de rupture avec le capitalisme. Le danger fasciste, peut-être sous des formes différentes des expériences historiques, point.

Quel camarade de bonne foi aujourd’hui peut accepter l’idée que quelques élus PCF/FdG vont « tirer à gauche » la social-démocratie ou l’Union européenne ? L’heure est au changement de cap dans le parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France !

A notre niveau, section du PCF de Paris 15ème, nous allons continuer à y contribuer avec plus encore de détermination. Au plan régional, nous faisons ces propositions de lutte parmi d’autres :

  • Intensifier la lutte contre l’application régionale de la « réforme ferroviaire » et la « régionalisation » des transports contre les monopoles historiques SNCF et RATP. La création spécifique, unique en France, d’un comité d’entreprise régional en Ile-de-France de « SNCF Réseau » laisse voir la perspective d’un nouveau démantèlement de la SNCF comme le veulent les promoteurs du Grand Paris. Nous nous y opposerons.
  • La lutte au niveau régional s’impose contre la mainmise sur la politique du logement par le Grand Paris, remettant en cause les politiques sociales – et de mixité sociale – de certaines communes de banlieue au profit d’une logique de parcage des pauvres dans le logement social, aux frais du contribuable, et de stimulation de la spéculation ailleurs (ex : ville de Paris).
  • La « réforme territoriale » additionnée au « protocole sur les parcours professionnels et les rémunérations » - PPCR - dans la fonction publique, imposé en force par le gouvernement, fait peser de lourdes menaces sur les fonctionnaires territoriaux. Défendons-les, c’est aussi défendre le service public, notamment régional, face aux annonces précises de Pécresse.
  • Enfin, comme lutte rassembleuse contre la mainmise des multinationales sur notre région, nous proposons de lancer une grande campagne contre l’organisation des JO 2024 à Paris portant l’exigence d’un référendum régional, comme nos amis et camarades allemands de Hambourg l’ont obtenu et gagné.
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 13:58
Régionales 2015. PS, ex-UMP : ils ont fait le choix du pire et ils sont contents d’eux ! L’urgence d’une riposte politique partant des luttes avec un PCF qui retrouve sa raison d’être !

Régionales 2015. PS, ex-UMP : ils ont fait le choix du pire et ils sont contents d’eux ! L’urgence d’une riposte politique partant des luttes avec un PCF qui retrouve sa raison d’être !

Déclaration d’Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF, au soir du 2nd tour des élections régionales, 13 décembre 2015(voir notre analyse du 1er tour)

Les résultats du 2nd tour des régionales représentent tout sauf une surprise. Les tenants du système (capitaliste) et de la politique de casse générale des acquis sociaux et démocratiques ont de quoi se réjouir.

Les partis au service du système peuvent tous se dire gagnants.

Le PS au pouvoir parvient à masquer le désaveu massif de sa politique en conservant 5 régions métropolitaines sur 13. La droite « classique » va gagner 7 grandes régions dont les plus peuplées, malgré un score historiquement bas au 1er tour. Des « régionalistes » pro-capitalistes l’emportent en Corse. Le FN aura atteint un résultat inégalé, en pourcentage au premier tour 27,8% et même en voix au second, rejoignant avec 6,5 millions de suffrages le résultat de Marine Le Pen en 2012, mais cette fois dans le cadre d’une échéance locale.

L’idéologie dominante a réussi à écraser toute expression politique électorale de la contestation populaire de la politique menée par les gouvernements successifs.

La promotion éhontée du FN, ces derniers temps surtout par le PS, Valls et Hollande, a parfaitement fonctionné. Ces derniers n’ont pas hésité à instrumentaliser cyniquement les attentats du 13 novembre pour, d’abord, intégrer le FN dans l’Union nationale et valider certaines de ses positions racistes, avant d’ensuite, asséner à nouveau la rhétorique du « Front républicain » contre lui.

Finalement, le FN ne conquiert aucune région. En fait, cela fait bien l’affaire de sa crémerie. Une région ce n’est pas comme une commune. A la tête même d’une seule, l’extrême-droite aurait été amenée à dévoiler pleinement sa politique en faveur du patronat.

D’ici au moins 2017, sans hésiter à raviver les spectres fascistes, le système mise plus que jamais sur le FN comme dépotoir électoral, comme dérivatif des colères sociales vers les haines et le nationalisme, comme repoussoir validant notamment la politique de l’UE du capital. L’hypocrisie du président du MEDEF, Pierre Gattaz, appelant à voter contre le FN, en est le signe récent le plus éclatant. Les régionales ont montré que cela marche pour l’instant.

Il n’y a surtout aucun reproche à faire aux électeurs, qui, comme nous, se sont trouvés enfermés dans une alternative électorale insoluble : tout faire pour empêcher immédiatement le FN d’accéder à des positions institutionnelles mais en n’ayant comme moyen immédiat que le vote pour ceux dont la politique fait son lit.

Mais des reproches, nous en faisons tout autrement aux porte-parole de la « gauche de la gauche » et aux dirigeants de notre parti dont la faillite a pesé et pèse très lourd.

Le PCF et ses positions ont été invisibles. Pierre Laurent et la direction ont choisi de les effacer pour draguer, à droite, certains des plus opposés aux positions révolutionnaires, notamment EELV et ses leaders, suppôts de l’anticommuniste, militants pro-UE , comme Cohn-Bendit ou le marchand de shampoing Hulot. Ce « rassemblement » contre nature n’a rassemblé personne !

On peut faire une différence entre la « gauche » et la droite sans avoir besoin de s’aligner docilement derrière un baron du social-libéralisme comme M. Bartolone. Les images du meeting de Créteil du 10 décembre avec Pierre Laurent en première partie du sinistre numéro de Claude Bartolone sont rédhibitoires. C’est encore pire – mais cela nous regarde pas – pour les personnalités groupusculaires qui se disent « d’extrême-gauche », donneuses de leçons devant l’éternel, telles Mme Autain ou M. Piquet, mais qui ont lorgné, affamées, avec succès ou non, sur les miettes et places laissées par le PS ! Qu’avons-nous à faire, communistes, avec ces marionnettes politiques ?

Pierre Laurent s’est présenté en tête de liste en Ile-de-France pour renforcer sa notoriété en vue des présidentielles de 2017, dans le cadre du Front de gauche. Le résultat coupe court à cette perspective politicienne, d’autant que l’échec du Front de gauche, éclaté, est acté. Pierre Laurent a avancé de 6 mois la tenue du congrès du PCF à juin 2016 : cela ne saurait être, pour nous, dans le but d’aggraver encore le processus de dissolution du Parti entamé par Robert Hue et Marie-George Buffet. Prenons plus de temps éventuellement ! En tout cas, les communistes n’accepteront pas une nouvelle fuite en avant.

La soumission à la social-démocratie, au mythe de l’Europe sociale, au réformisme sont moins que jamais acceptables. Le soutien effréné de Pierre Laurent et des parlementaires derrière André Chassaigne à Alexis Tsipras et sa politique violemment antisociale en Grèce, leur alignement sur l’union nationale de Hollande et l’état d’urgence montrent à quel point ils vont à contre-courant des attentes du mouvement populaire, de ce qu’il attend du grand parti historique de la classe ouvrière dans notre pays.

Avec des camarades de toute la France, après ce nouveau désastre électoral, nous sommes décidés à ce que qui doit changer dans notre parti change vraiment. A ce que l’on cesse d’entraver le dynamisme révolutionnaire de ces membres honnêtes, éloignés de toute préoccupation alimentaire, de tous les ceux qui attendent qu’il se reprenne.

Dans les semaines qui viennent, face aux tentatives d’intimidation et aux provocations du patronat et du pouvoir, sous l’état d’urgence, à Air France, à Goodyear, dans les services publics, nous affirmerons qu’il y a des communistes, des organisations du PCF prêts à opposer, au service de la lutte des classes, des positions de rupture politiques conséquentes.

Contre la politique d’exploitation, contre l’état d’urgence, contre la guerre impérialiste, contre les ferments du fascisme, pour la rupture socialiste, les communistes montreront qu’ils sont là, avec, sans ou malgré la direction en faillite de leur Parti, mais pour leur parti car pour le changement révolutionnaire.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 14:31
COP 21 ? 100 suppressions d’emploi à Météo France en 2016 !

COP 21 ? 100 suppressions d’emploi à Météo France en 2016 !

Brève, vivelepcf, 11 décembre 2015

A Météo France, le climat social se refroidit encore. Les agents des 53 sites nationaux ont fortement répondu à l’appel à la grève, le jeudi 10 décembre 2015, lancé par la CGT, FO et Solidaires. La direction devait annoncer encore 93 suppressions de poste pour 2016. En 8 ans, les effectifs auront fondu de 550 agents, soit plus d’un sur six de l’établissement public.

L’annonce a lieu en pleine COP21. La contradiction est flagrante. D’un côté, des climatologues sont lourdement subventionnés pour produire des hypothèses de réchauffement climatique à 100 ans, des milliards d’euros sont déjà prélevés chaque année pour doper les marchés « écologiques », de l’autre côté, la prévision météorologique publique subit de plein fouet la politique d’austérité budgétaire.

Qui peut nier pourtant l’importance de la prévision météo publique – plus indépendante des puissances d’argent –pour l’activité économique, pour la prévention des effets des intempéries.

La prévision à court terme : On vient de le voir, encore une fois, avec les inondations d’octobre sur la Côte d’Azur, au bilan dramatique (lié principalement à la spéculation littorale et au relâchement des règles d’urbanisme). Les études plus générales : les baisses de moyens entraînent une dégradation du traitement et de la diffusion des données satellites, les seules considérées comme fiables en matière d’estimation de la température planétaire.

Quand l’opinion est sensibilisée comme jamais par les médias à la météo et au climat, soutenons la lutte des agents de Météo France pour le maintien et le renforcement du service public de prévision et de recherche météorologiques !

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 08:21
Banquet/Meeting du 6 décembre 2015: intervention de Joran Jamelot, secrétaire de l'Union locale CGT du 15ème

Fixé de longue date pour des raisons de salle au 6 décembre, notre banquet fraternel de fin d'année a coïncidé avec plusieurs événements politiques graves. Nous avons décidé de solliciter plusieurs prises de parole sur cette situation, en cette occasion de rassemblement de camarades et amis. Notamment celle de Joran Jamelot, secrétaire de l’Union locale CGT du 15ème. La CGT a refusé l’état d’urgence après les attentats, constatant que « le gouvernement Valls/Macron n’a pas attendu les attentats pour procéder par coups de force, pour pratiquer l’intimidation, la provocation, la répression du mouvement social. » Le secrétaire de l’UL revient sur les luttes principales menées dans le 15ème en 2015 et leur situation actuelle, sur les traits nouveaux de la bataille idéologique menée par le gouvernement et le patronat et la nécessité d’adapter la riposte, sur recherche de convergences et de perspective politique de changement exprimée dans les luttes.

 

 

PCF Paris 15ème, repas fraternel du 6 décembre 2015, rencontre politique

Intervention de Joran Jamelot, secrétaire de l’Union locale CGT de Paris 15ème

Chers camarades, chers amis,

A l’invitation de la direction du PCF Paris 15, j’interviens ce matin avec la casquette CGT, pour vous faire part de quelques réflexions et analyses qui traversent nos syndicats et l’UL du 15ème sur les récents événements et les perspectives pour 2016.

Je vous transmets les salutations d’Alain Casale qui a envoyé au PCF Paris 15 son soutien personnel aux positions prises après les attentats. Il est en vacances, bien méritées, au Brésil. Comme vous le savez sans doute, Alain est parti à la retraite cette année et j’ai été désigné pour lui succéder au secrétariat de l’UL avec une direction collective, en charge de soutenir et animer l’activité syndicale de plus de 2000 syndiqués parmi 140.000 salariés travaillant dans notre arrondissement…

La CGT est l’une des très rares grandes organisations du pays à ne pas s’être entièrement alignée sur « l’Union nationale » demandée par Hollande. Elle s’est notamment opposée à la pérennisation de l’état d’urgence. Elle a annoncé au pouvoir qu’il ne devait pas compter sur une quelconque « trêve sociale ».

Cette réaction correspond à ce qu’ont vécu les salariés en général, ceux qui luttent en particulier, notamment cette année. Le gouvernement Valls/Macron n’a pas attendu les attentats pour procéder par coups de force, pour pratiquer l’intimidation, la provocation, la répression du mouvement social. Ils profitent maintenant cyniquement de l’état d’urgence d’aller plus loin jusqu’à restreindre le droit de manifester.

Avec des arrière-pensées politiciennes, le gouvernement a fait passer la loi Macron à coups de trois recours à l’article 49-3. Elle fait déjà ses ravages que ce soit avec la concurrence déloyale permise aux autocars contre le service public ferroviaire SNCF ou avec la banalisation du travail du dimanche. Sur ce dernier point, avant les attentats et la période de Noël, les sections CGT notamment de la FNAC se sont mobilisées. L’UL les a soutenues alertant les salariés des autres commerces du 15ème devant le risque pour les conditions de travail voire pour leur emploi même et la population. Cette lutte va s’intensifier sous des formes qui ne sont pas encore définies.

Les directions des entreprises publiques ne sont pas en reste. A la RATP, au dépôt d’autobus de Croix-Nivert notamment, la direction sanctionne et révoque à tour de bras frappant des militants syndicaux ou n’importe quel salarié pour créer un climat de peur et, en même temps, supprimer des emplois. Les motifs sont plus futiles les uns que les autres, jusqu’à reprocher à un machiniste d’avoir conduit le pantalon retroussé un jour de canicule ! L’action des camarades de la section CGT – que je salue – est remarquable. A chaque fois, elle mobilise sur la base de la solidarité ouvrière et mets, indissociablement, les revendications contre la casse du service public en avant. Après les attentats, le pouvoir et les médias pointent un phénomène religieux particulier à la RATP. Nous ne découvrons pas que la direction de l’entreprise s’est, dans certains dépôts, délibérément appuyée sur des militants communautaristes pour mieux faire passer sa politique. Mais, pour les camarades, il est absolument hors de question de laisser soupçonner des collègues, quel que soit leur niveau de piété, d’être des assassins en puissance. Ils mobilisent dans les luttes contre la direction, face aux réactionnaires et aux collabos, les agents quelles que soient leurs origines. C’est notamment là que se créent la solidarité et la fraternité, mots si galvaudés depuis les attentats.

Parmi les coups de force qui doivent faire parler et lutter encore, il y a le PPCR dans la fonction publique : le « protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations » des fonctionnaires. Il rentre dans une logique de casse du statut de la fonction publique. La CGT s’est exprimée contre. Contre son engagement solennel, le gouvernement fait passer le PPCR malgré l’opposition de syndicats représentatifs majoritaires ensemble aux élections. Voilà le vrai visage du « dialogue social » ! Dans l’immédiat, les fonctionnaires territoriaux, notamment régionaux, risquent d’être les plus concernés. Leur mobilisation se développe.

Les fonctionnaires hospitaliers sont aussi concernés. L’année 2015 aura été marquée par une lutte d’une ampleur inédite à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris. Nos syndicats CGT de l’HEGP, de Necker et de Vaugirard s’y impliquent pleinement. Le directeur général Martin Hirsch, ex ministre de Sarkozy nommé par la gauche, est obligé de combiner passage en force et hypocrisie. La mobilisation et les manifestations du printemps ont été tellement puissantes contre son plan de suppression de jours de repos qu’il est obligé de recourir au « dialogue social ». Mais il revient à la charge cet automne avec un accord signé par la seule CFDT, ultra-minoritaire et contestée dans ses propres rangs. Cette provocation ne passe pas. La bataille du printemps a également détruit l’argumentation absurde de Hirsch qui prétendait faire travailler plus pour moins supprimer d’emplois. Enfin, un très large soutien dans l’opinion publique s’est exprimé. Le soir du 13 novembre, nos services étaient à cran. La qualité du service public, le dévouement des personnels ont été salués par tous. Hirsch s’en vante dans les revues américaines. Et en récompense au personnel, il veut encore et toujours les faire travailler plus et supprimer des postes ! Pendant que Hollande promet des embauches de policiers ! Non, cela ne passe pas, ne doit pas passer. La CGT a déjoué l’interdiction de manifester en occupant au début de cette semaine le siège de l’AP-HP. La colère et la détermination des agents sont toujours très fortes. Pour l’instant, elle ne peut plus s’exprimer de la même façon qu’en juin. Mais la partie est loin d’être gagnée pour Hirsch, comme pour la ministre Touraine au plan national. Je salue les camarades de Necker présentes.

La suite des attentats et l’état d’urgence font nationalement ressortir les provocations du pouvoir à Air France. Au soir de l’histoire de la chemise déchirée, Valls utilisait les mêmes mots que le soir des attentats du 13 novembre. Des salariés d’Air France ont été arrêtés au petit matin comme, un mois plus tard, de présumés terroristes. En octobre, cela ne passait pas parmi les salariés et dans l’opinion. Après le 13 novembre, cela ne passe plus du tout. D’autant plus que, depuis, on sait tout sur la stratégie délibérée de la direction et du DRH d’opposer les catégories de personnel, de les faire chanter sur leur emploi à chacun. Une grande solidarité de classe s’exprime derrière Air France. Plusieurs d’entre nous étaient à la manifestation de mercredi 2 à Bobigny, congestionnés par les CRS. Cégétistes, nous ne séparons pas cette solidarité des revendications essentielles : la mise en échec du plan de suppression de 2900 emplois et la poursuite du démantèlement de ce qui reste du service public d’Air France entamé par la privatisation de Jospin.

Méfions-nous des manipulations et provocations perfides du pouvoir, sous l’état d’urgence : la simple expression de la colère n’est pas la forme de lutte la plus efficace en ce moment. La répression incroyable et scandaleuse qui s’est abattue sur les militants écologistes dimanche dernier à République – certains sont assignés à résidence – nous révolte mais ne saurait nous faire adopter leur cause et leur moyens d’action comme modèles et références.

Chers amis, chers camarades, les conditions encore plus dures de la lutte des classes qui s’annoncent en France nous amènent une fois de plus au rapport entre le politique et le syndical. La grande journée d’action du 9 avril a montré l’existence d’une avant-garde prête à lutter, à faire grève, par centaines de mille, à la recherche de points de convergence et d’unité.

Dans la CGT, nous réfléchissons sur l’objectif de la semaine de 32 heures. Mais son actualité, quand les 35 heures n’existent pas en réel, est peu évidente. Et nous ne saurions défendre la supercherie des lois Aubry.

Le changement en 2017 ? On nous a déjà fait le coup en 2012, en cassant notamment la force du rassemblement pour la retraite à 60 ans de 2010.

D’ici 2017, je voudrais attirer l’attention sur la grave signification des récents propos de Gattaz appelant à faire barrage à Marine Le Pen aux régionales. Gattaz a osé assimiler les positions de Le Pen à des positions de gauche. Il a apporté sciemment une vraie aide à la démagogie sociale du FN. Dans le même temps, suivant la logique d’union contre le FN, il tente de se présenter comme étant du même côté que les syndicats qui appellent, de leur côté, ensemble à s’opposer à Le Pen. Leur plateforme commune qui vante l’Union européenne est très également très discutable et pose problème à bien des camarades. Ne laissons pas le rejet du FN effacer les oppositions de classe fondamentales !

Le lien entre syndicalisme et politique, et notamment entre CGT et partis de gauche, ne peut pas se concevoir par l’affichage d’élus en écharpe « aux côtés » de ceux qui luttent ou par la présence, cooptés en casting, de syndicalistes sur des listes électorales.

Je pense que les cégétistes du 15ème ont apprécié l’action de leurs collègues communistes et de la section du PCF à La Poste lors de la grève de l’an dernier mettant au centre l’emploi, à la SNCF contre la réforme ferroviaire, contribuant à faire changer le vote des députés Front de gauche – à l’hôpital, en lien avec l’opposition à la fermeture des centres de santé municipaux, etc.

Mais le besoin de politique pour les syndicalistes, pour les cégétistes va au-delà.

Comme le PCF, la CGT tient son congrès confédéral en 2016. Des questions cruciales seront – espérons-le – posées. Notamment celle de l’appartenance à la Confédération européenne des syndicats, la CES, partie prenante institutionnelle de l’UE capitaliste. En septembre, le congrès de la CES s’est déroulé à Paris sous le patronage de Hollande et de Juncker. Nous avons été beaucoup à protester. Nous sommes beaucoup à penser que les luttes nationales et internationales contre le capitalisme ne peuvent s’imaginer avec la CES. Le rapport avec les analyses de partis politiques comme le PCF est direct.

Récemment, dans Le Monde, notre nouveau secrétaire confédéral, Philippe Martinez, a, d’une certaine façon, lancé le débat du congrès en affirmant que le « syndicalisme est par essence réformiste ». Les turpitudes connues en 2015 avec l’affaire Lepaon ne sont peut-être pas si étrangères à cette affirmation.

Nous sommes très nombreux à penser toujours la nécessité d’un syndicat révolutionnaire, se battant pour des réformes immédiates…

A l’UL du 15ème, les camarades sans appartenance politique ou d’appartenances différentes travaillent en bonne intelligence.

L’existence d’un parti communiste, plus communiste, plus révolutionnaire, et pas seulement dans le 15ème, est – je crois pouvoir le dire -, en tout cas je le pense, très souhaitable ! Encore plus dans la période actuelle.

 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 07:40
Banquet/Meeting du 6 décembre 2015: intervention de Corinne Bécourt pour le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF"

Fixé de longue date pour des raisons de salle au 6 décembre, notre banquet fraternel de fin d'année a coïncidé avec plusieurs événements politiques graves. Nous avons décidé de solliciter plusieurs prises de parole sur cette situation, en cette occasion de rassemblement de camarades et amis. Notamment celle de Corinne Bécourt, secrétaire du PCF à Saint-Quentin et coordinatrice du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" , après les inquiétantes nouvelles prises de position de la direction du PCF, à contresens de la raison d'être de notre parti, en faveur de "l'unité nationale", l'état d'urgence, la guerre impérialiste après les attentats, en soutien à la politique antisociale de Tsipras en Grèce, ou encore en alliance avec les pro-UE d'EELV aux régionales etc.  Corinne Bécourt expose l'état d'esprit de lutte qui anime des camarades de toute la France décidés à faire vivre le PCF "sur les rails de la lutte des classes".

 

 

Banquet fraternel de la section du PCF Paris 15ème, dimanche 6 décembre 2015,

Intervention de Corinne BECOURT, secrétaire de la section du PCF Saint-Quentin

Chers amis, chers camarades,

Je suis heureuse d’être à nouveau avec vous et de partager ce moment de fraternité. Notre première réunion ensemble remonte à 2008.

Aujourd’hui la direction du PCF Paris 15 m’a sollicitée pour vous présenter notre situation nationale dans le PCF à ce moment grave où la direction du Parti vient d’approuver l’intensification d’une guerre impérialiste et l’état d’urgence.

D’abord, avec les quelques camarades de Saint-Quentin qui sont venus avec moi, nous témoignons de notre expérience. Depuis plusieurs années, nous nous renforçons dans les quartiers populaires, dans la jeunesse mais aussi, de nouveau, dans les entreprises. En 3 ans, plus d’une cinquantaine d’adhésions sérieuses. Cela, nous le devons à notre activité mais aussi au travail en commun avec des camarades comme ceux de Paris 15 qui nous permis par exemple d’être très présents dans la lutte contre la « réforme ferroviaire ». Notre poids et l’écoute de ce nous disons dans l’Aisne augmente d’autant.

Au plan national, nous travaillons avec une trentaine de sections, aussi avec les fédérations de Haute-Saône et du Tarn, et des centaines de camarades plus ou moins isolés. Cela ne nous empêche pas d’être entièrement dans le Parti mais cela compense le déficit organisé d’échanges réels dans les fédérations et au plan national. D’une façon ou d’une autre, aussi par ma présence sur les « réseaux sociaux » (sourires), je participe à construire ce réseau pour l’instant informel, par choix. Mais à l’approche du congrès du Parti, avancé par Pierre Laurent en juin, nous sentons qu’il faut passer à une autre étape.

Dans les derniers mois, l’absence de point de vue communiste organisé s’est fait lourdement sentir. La défaillance, la faillite de la ligne direction du PCF aussi. Au moins sur trois points.

Le premier, le plus récent, je l’évoquais à l’instant, c’est le ralliement unilatéral, sans consultation du Conseil national du Parti, de la direction du PCF à l’Union nationale demandée par Hollande. Cela s’est traduit notamment dans les interventions des parlementaires à Versailles le 16 novembre, alignées. Puis les députés « Front de gauche » ont approuvé la prolongation de l’état d’urgence et l’intensification des bombardements en Syrie.

L’état d’urgence est destiné à réprimer la contestation du système dominant dans la société française et n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Nous l’avons montré, en nous appuyant sur les analyses de nos camarades députés de 1955…

Je tiens à faire savoir notre condamnation totale des récents propos du député Alain Bocquet approuvant les déclarations sur la « déchéance nationale » faites par Hollande après les attentats avec le sous-entendu évident d’aider les partis xénophobes.

La guerre impérialiste et le terrorisme sont les deux faces de la même pièce. Daesh, Al Qaïda sont des monstres produits par l’impérialisme, l’OTAN et son alliée l’UE. La direction de notre parti se trouve même aujourd’hui dépassée sur sa gauche par le Parti travailliste britannique qui refuse les frappes sur la Syrie et met en cause les alliés saoudiens, turcs et qataris de l’OTAN, soutiens directs du terrorisme.

Comment s’expliquer ces positions de la direction du PCF ? Par électoralisme avant les régionales, vu la pression de l’idéologie dominante ? Par soumission au PS pour garder quelques places ? Et/ou parce qu’elle a viré sa cuti. En 1999, la liste « Bouge l’Europe » a fait élire, déjà, 3 députés européens ouvertement favorables aux bombardements de la Serbie par l’OTAN…

Deuxième défection grave récente et révélatrice de la ligne de la direction du PCF : la Grèce.

Vous avez sans doute suivi le voyage la semaine dernière de Tsipras en Israël et son alliance diplomatique, économique et militaire avec Netanyahou. Cela ne modifie pourtant rien au soutien indéfectible du Parti de la gauche européenne et de son président, Pierre Laurent, à Tsipras. Syriza est érigé en modèle politique de la « gauche alternative » en Europe alors que ce parti est en train d’infliger la pire politique antisociale qu’un peuple a eu à subir sur le continent. Tsipras et Hollande s’embrassent. Le Parti communiste grec – le KKE - alerte. Rien n’y fait : La direction du PCF reste collée à son anti-modèle. Quel projet de société pour notre pays ! De nombreux camarades ne comprennent pas, n’acceptent pas ces positions et sont en colère.

Le troisième point que je veux relever, c’est l’immédiat, la stratégie politique telle que la direction du PCF la prépare à l’occasion des élections régionales.

Je le dis tout de suite : nous ne sommes pas, communistes, tous dans la même situation. Dans certaines configurations régionales et locales, des camarades peuvent porter le sens du vote communiste à ces élections. Dans d’autres endroits, à Saint-Quentin ou à Paris 15, nous avançons nos propositions dans les luttes dans la période. Dans les régions où les directions du PCF sont parvenues à s’allier aux socio-démocrates d’EELV et à s’aligner derrière eux, aucune campagne n’est possible. Pour nos camarades de Haute-Garonne ou du Tarn, comment appeler à voter pour un co-rédacteur de la constitution européenne de Giscard, anticommuniste patenté et supporter de Cohn-Bendit 2017. Dans les Bouches-du-Rhône, comment supporter la candidature d’une soi-disant « écolo » qui en appelle à la candidature en 2017, du marchand de déodorant, Nicolas Hulot. On ma transmis un tract de cette région où les candidats EELV-Front de gauche promettent d’améliorer le dialogue social pour réduire la « conflictualité » (quel vocabulaire de patron et RH !) à la SNCF. C’est un front anti-luttes !

Les régionales traduisent une option politicienne indéfendable du PCF, néfaste pour les luttes. Les élus PCF seront restés jusqu’au bout dans les exécutifs régionaux PS qui ont relayé les pires mauvais coups du gouvernement, notamment en termes de marchandisation des services publics.

Pour s’en distinguer, les directions du PCF choisissent de faire des offres d’alliance à un parti sans réalité populaire dont la raison d’être est la collaboration avec l’UE du capital : EELV. « Europe, écologie les verts » : ils portent bien leur nom.

Les pauvres propositions en découlent : l’humain d’abord comme si quelque se présenterait en appelant à l’humain derrière ! Des aides au patronat plus ou moins contrôlées. Du baratin.

Il est significatif que la direction du Parti, qui finit de faire son deuil du Front de gauche, dont Mélenchon conserve la propriété, ne sache pas comment dénommer sa nouvelle formule d’alliance réformiste.

Stop ! Pierre Laurent nous discrédite complètement lorsque, tour à tour, il annonce qu’il ne sera pas candidat avant de changer d’avis et se désigner tête de file aux régionales en Ile-de-France pour gagner en notoriété face à Mélenchon et aux Verts dans la perspectives d’une candidature aux présidentielles.

Ils appellent cela « une nouvelle façon de faire de la politique ». Je préfère l’ancienne du PCF, le parti de la classe ouvrière et de la lutte des classes ! Celui auquel j’ai adhéré !

Plus aucun camarade ne doit se laisser posséder par le discours résigné et opportuniste selon lequel le rassemblement passerait par l’effacement du parti et de nos positions communistes, marxistes et léninistes.

Communistes, nous ne pouvons pas être autrement qu’à contre-courant de l’idéologie capitaliste dans l’intérêt des travailleurs et du peuple, et sur le fond !

Nous serons amenés, encore davantage ce soir, à mesurer le jeu dangereux que jouent les possédants, avec le FN, notamment pour éteindre les contradictions de classes, comme avec l’union sacrée contre le terrorisme, éventuellement contre le climat. Nous serons amenés à réagir sans doute dès ce soir.

En aucun cas pour nous, communistes, l’objectif ne doit être d’occuper un espace politicien, « à gauche de la gauche », sous des couleurs tantôt rouge, verte ou rose, suivant des postures préparées par l’idéologie dominante. En vue d’une place de figurant aux présidentielles ou pour autre chose.

20 ans maintenant de « mutation » du parti ont fait leur démonstration par le vide et la destruction. Ce parti, unique dans l’histoire de France, ils ont voulu le détruire nous voulons le préserver et le faire vivre !

Nous ne voulons pas d’un parti petit bourgeois, qui offre des espaces de discussions stériles, le soir, à ceux pour qui c’est un passe-temps de réfléchir à des combinaisons politiques. Plus que jamais, nous avons besoin d’un parti tourné vers l’entreprise, la lutte contre l’exploitation, les quartiers populaires et les campagnes, acteur de la vie syndicale.

20 ans d’adaptation au réformisme et de résignation à l’UE ont montré tout leur contre-sens. L’internationalisme, la défense de la souveraineté des peuples, la promotion de leur coopération sont inconciliables avec l’UE du capital.

La rupture avec l’UE, ses directives, avec l’idée illusoire du réformisme, que l’on pourrait la changer, la rupture avec l’OTAN sont des priorités pour nous.

Pour des nationalisations démocratiques, pour la défense du financement solidaire de le Sécurité sociale, nous devons être intransigeants.

Je ne veux pas m’étendre maintenant sur toutes les luttes que nous voulons mettre en avant, convaincus que l’alternative politique aujourd’hui, ne peut provenir que du mouvement populaire.

Le PCF, par ce qu’il représente historiquement, par la légitimité qu’il continue à posséder dans le mouvement syndical, ne peut être laissé à ceux qui renient sa raison d’être.

Telle est plus que jamais notre conviction. Je mentionnais tous les camarades, de toute la France, qui travaillent et militent suivant la même conviction que nous. Nous allons continuer.

La direction du PCF a décidé d’avancer le congrès à juin. Est-ce pour mieux le ficeler ? Est-ce pour mieux le concentrer sur une candidature bidon aux présidentielles ? Est-ce pour nous rejouer la mascarade de « rallumer les étoiles » le texte fumeux envoyé à la dernière minute en 2013 ?

Les camarades du 15ème ici présents et les autres peuvent être certains que nous ferons tout, pour le congrès, et d’ici-là dans les luttes, pour que le PCF se soit pas identifié à cette sinistre perspective.

Ensemble, nous pouvons faire vivre un PCF sur des bases de classes ! C’est une nécessité !

Merci à vous !

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 05:40
Banquet/Meeting du 6 décembre 2015: intervention d'Antoine Bimbeau pour la JC Paris 15

Fixé de longue date pour des raisons de salle au 6 décembre, notre banquet fraternel de fin d'année a coïncidé avec plusieurs événements politiques graves. Nous avons décidé de solliciter plusieurs prises de parole sur cette situation, en cette occasion de rassemblement de camarades et amis. Notamment celle de la JC Paris 15 qui donne principalement son analyse sur les conséquences politiques des attentats du 13 novembre en France: "La réaction de notre parti, le Parti Communiste, et de son organisation de jeunesse, la Jeunesse Communiste, en cette période si troublée devrait être celle d’une mobilisation générale pour mettre en échec le gouvernement dans sa volonté d’intensifier les guerres impérialistes et de priver de façon durable les travailleurs et la jeunesse de leurs libertés."

 

 

Intervention d’Antoine Bimbeau pour la Jeunesse communiste Paris 15

Chers camarades,

J’interviens aujourd’hui au nom de la Jeunesse communiste du 15e arrondissement de Paris. Comme tous, en tant que jeunes communistes, nous avons été durement frappés par ce qui s’est déroulé dans les rues de Paris le 13 novembre au soir. Ces actes ont frappé des innocents, des travailleurs, des jeunes qui n’ont aucune responsabilité dans les guerres impérialistes qui mettent à feu et à sang une partie du Moyen-Orient.

Mais derrière cette tragédie, il faut réussir à dépasser rapidement le stade de l’émotion. Le gouvernement, avec Valls et Hollande en tête, n’a cessé de tomber dans le pathos, de verser des larmes de crocodiles et ce, aidé par l’ensemble des médias. Tout cela a culminé lors de l’hommage rendu aux victimes dans la cour des Invalides. L’objectif de cela est clair ; créer en France un climat de terreur afin d’éteindre toute contestation de leur politique anti-sociale mais aussi d’embrouiller les esprits pour éviter d’établir les responsabilités de ces terribles actes. Les responsables de ces attentats sont évidemment les terroristes qui ont semé la mort dans les rues de Paris, mais ils sont loin d’être les seuls. Il faut en effet comprendre pourquoi un tel acte de barbarie a pu avoir lieu. Les responsables de tout cela sont avant tout les semeurs de guerre et de misère en France et à travers le monde !

Ce sont ceux qui en France mettent en place des politiques anti-sociales, anti-jeunes, anti-populaires, détruisant ainsi toute perspective d’avenir pour une partie de la jeunesse et créent ainsi un terreau fertile à la radicalisation de quelques-uns.

Ce sont ceux qui ailleurs soutiennent indirectement les groupes terroristes en entretenant des relations économiques ou diplomatiques avec des Etats réactionnaires comme le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie d’Erdogan.

Ce sont ceux qui soutiennent directement les terroristes et utilisent ces groupes fascistes pour déstabiliser des Etats et assurer leurs intérêts économiques. Cela va des Etats-Unis créant de toute pièce Al Qaïda au gouvernement français, par la voix de Laurent Fabius, apportant son soutien direct au front Al Nosra en Syrie.

Ce sont ceux enfin qui depuis des décennies mènent partout dans le monde des guerres impérialistes pour les intérêts des monopoles privés capitalistes et contribuent par cela à détruire des Etats entiers qui deviennent alors de vastes zones où peuvent prospérer les pires groupes fascistes.

Les véritables responsables de ces attentats ne sont pas à chercher dans les banlieues ou de l’autre côté de la planète, les véritables responsables de ces attentats sont à deux pas de nous. Ce sont nos bourgeoisies nationales et leurs représentants politiques ; Messieurs Hollande, Valls, Sarkozy, Fabius et autres !

Ces terribles évènements sont désormais utilisés par le gouvernement pour renforcer son offensive contre les travailleurs et en faveur du capital. Le soir-même des attentats l’état d’urgence a été instauré puis prolongé pour trois mois, avec l’accord presque unanime des députés lors du vote à l’assemblée. Cet Etat d’urgence n’apporte rien pour lutter réellement contre le terrorisme, mais bien pire, il instaure un Etat policier supprimant de nombreuses libertés individuelles. Cela devrait être inacceptable pour tout communiste ! Le gouvernement n’a pas attendu pour se servir de ce prétexte pour étouffer un peu plus les contestations politiques, alors que dans le même temps les attaques contre les travailleurs n’ont pas cessé. Depuis les attentats, plus de 2 000 perquisitions ont eu lieu et les « dérapages » ou « erreurs » ne se comptent plus. Plus grave encore, de nombreuses mesures sécuritaires sont aujourd’hui prises pour des motifs politiques. Combien de perquisitions et d’assignations à résidence ont touché ces derniers jours des militants écologistes ? En tant que communistes, nous n’avons certes que peu de points d’accord avec les courants touchés par ces mesures, mais nous ne pouvons soutenir ces actions liberticides qui, quand le pouvoir en aura besoin, se retourneront facilement contre les travailleurs et leurs organisations de lutte. L’Etat d’urgence n’est d’ailleurs pas voué à disparaître rapidement, plus un jour ne se passe sans que le gouvernement ou les chiens de garde que sont les médias mettent en avant la nécessité de prolonger encore et encore sa durée au-delà du mois de février.

Mais ces attentats servent aussi de justificatif idéal au pouvoir pour continuer et intensifier ses guerres impérialistes. Les guerres qui détruisent des pays, des Etats, sont à l’origine de ces actes barbares. Plutôt que de prendre acte de ce fait, le gouvernement a décidé au contraire d’accentuer encore les frappes sur la Syrie. L’Irak, la Libye, le Mali n’ont semble-t-il pas suffit, c’est désormais la Syrie qu’il va falloir totalement détruire. Cette nouvelle guerre va favoriser l’industrie militaire française qui ne s’est jamais aussi bien portée et va permettre d’assoir les intérêts des monopoles dans la zone. Tout cela se fera évidemment au détriment des populations locales et des travailleurs français.

Tout cela se met en place dans un climat politique délétère en France. Le PS, aidé par la droite, se lance dans la surenchère droitière faisant le lit de l’extrême-droite en légitimant ses idées. La réaction de notre parti, le Parti Communiste, et de son organisation de jeunesse, la Jeunesse Communiste, en cette période si troublée devrait être celle d’une mobilisation générale pour mettre en échec le gouvernement dans sa volonté d’intensifier les guerres impérialistes et de priver de façon durable les travailleurs et la jeunesse de leurs libertés. La décision des députés « communistes » de voter en faveur de l’état d’urgence, le ralliement de la direction de nos organisations à « l’union sacrée » ne peut que nous révolter. Plutôt que de mettre en avant nos positions révolutionnaires et pacifistes, notre direction ne fait que propager les idées de l’idéologie dominante. Leur position est insoutenable et incomprise par la plupart des camarades de nos organisations. Il faut que cela cesse ! En cette fin d’année, nous devons, à l’intérieur de la JC et du PCF, faire monter l’exigence d’une rupture nette avec cette direction qui se rallie aux positions de plus en plus droitières de la social-démocratie.

A l’inverse, en tant que jeunes communistes, nous mettrons en avant dans nos actions à venir les mots d’ordre suivant :
-la ruptu
re des relations diplomatiques avec les Etats soutenant le terrorisme.
-la nécessaire asphyxie économique de Daesh, ce qui passe par l’arrêt des soutiens économiques au terrorisme.
-la fin immédiate des guerres impérialistes et la mise en avant du droit à l’autodétermination des peuples. Plus un soldat hors de France !
-l’arrêt en France des politiques anti-sociales, anti-jeunes menées par le gouvernement.
-le refus du ralliement à l’état d’urgence et à l’union nationale.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:24
Elections régionales 2015 – Déclaration de la section du PCF Paris 15

PCF Paris 15, 9 décembre 2015

Les résultats du 1er tour des élections régionales traduisent à nouveau le niveau de désaveu de la politique du gouvernement Valls, qui est celui – rappelons-le – qui a opéré le plus grand transfert des revenus du travail vers le profit capitaliste, aux dépens des salaires, de l’emploi, de la sécurité sociale, du droit du travail, des services publics…

Malgré le matraquage légitimiste qui a suivi les attentats du 13 novembre, le parti au pouvoir n’obtient même pas 24% des suffrages exprimés, soit le soutien de moins d’un électeur inscrit sur 8.

L’abstention dépasse à nouveau 50%. Nous considérons qu’elle traduit tout à la fois un phénomène dangereux de désengagement de la vie politique dans la durée et un rejet légitime de l’impasse politique électorale actuelle.

La droite dite « classique » obtient un résultat historiquement mauvais avec moins de 30%, soit moins d’un inscrit sur 6. Ses positions économiques et sociales, pro-européennes, sont identifiées à juste titre à celle du pouvoir en place et logiquement tout autant rejetées. Les récentes sorties aussi bien de Hollande et Valls que des Le Pen lui coupent en outre l’herbe sous le pied sur les questions de société, notamment en matière de démagogie sécuritaire et de sous-entendus xénophobes.

Le FN obtient un résultat jamais encore atteint en pourcentages des suffrages exprimés : 27,8%. Il arrive en tête en tant que parti. Il étend son influence électorale géographiquement et sociologiquement. En voix, il reste en-deçà du résultat de Marine Le Pen en 2012 (6 millions au lieu de 6,5 millions).

Communistes, nous serons toujours au 1er rang pour combattre l’extrême-droite, le fascisme, le racisme et la xénophobie, mais aussi tout ce qui fait leur lit.

Le vote d’extrême-droite se nourrit – pour les dévoyer – des colères et des peurs sociales, de la précarisation de la vie, résultant notamment des politiques de casse sociale. Depuis 30 ans, le vote FN se développe sur la base des politiques menées successivement par la droite et la « gauche » au service de l’exploitation capitaliste. Mais il prospère aussi grâce à leur aide politique directe et délibérée. On se souvient du coup de main de Mitterrand à Jean-Marie Le Pen.

Aujourd’hui, nous dénonçons avec la plus grande force les dirigeants du PS, qui, depuis des mois, derrière Hollande et Valls, se livrent à une promotion calculée et cynique du FN. Nous transmettons le sentiment d’écœurement ressenti par nos camarades à la vue des scènes de joie à la télévision, le soir du 1er tour, chez les cadres du PS au QG de Claude Bartolone. Ils escomptent limiter les dégâts en termes de pertes de régions et d’élus grâce à la poussée du FN et s’en réjouissent. Nationalement, ils font la part du feu dans le Nord et en Provence pour se donner bonne figure. De tels calculs politiciens sont misérables et ils peuvent conduire au pire.

On sait à quoi sert le FN pour les tenants du système. D’une part, comme dépotoir, il stérilise une partie de la colère sociale, la renvoie vers les seules échéances électorales, la détourne des luttes, vers la haine et le nationalisme. D’autre part, comme repoussoir, il permet à l’idéologie dominante d’enrégimenter le reste de la population vers un soi-disant « moindre mal », une résignation à la politique du pouvoir, aujourd’hui notamment celle de l’Union européenne capitaliste. Il est, à ce titre, particulièrement à remarquer comme le président du MEDEF, Pierre Gattaz s’est lourdement engagé dans la campagne électorale prétendument contre le FN.

Hollande et Valls se sont cyniquement servis des attentats du 13 novembre pour intégrer le FN et les Le Pen dans « l’unité nationale », en validant même certaines de leurs prises de position les plus perfidement xénophobes (déchéance de nationalité). Puis ils ont recommencé à marteler dans les médias la nécessité du « Front républicain » contre ce même FN.

La perspective politique apparaît plus bouchée que jamais. La direction de notre parti, le PCF, porte sa lourde part de responsabilité dans cette sombre impasse.

Elle a choisi de rendre impossible le vote communiste, dans le nom comme dans le contenu, au profit de la recherche d’un regroupement politicien avec des groupes issus du PS et avec EELV, anticipant une recomposition politicienne d’ici 2017.

L’alliance derrière EELV a finalement été scellée dans seulement deux régions du sud, mais l’offre a été maintenue jusqu’au dernier moment ailleurs. Cette alliance donne l’idée du complet contresens politique commis par la direction de notre parti. Outre son insignifiance dans le pays, EELV a été le suppôt des mesures (à grande implication régionale) que les communistes ont le plus fortement combattues, en premier lieu la « réforme » territoriale et la « réforme » ferroviaire. Par ailleurs, la promotion par ces « écologistes » de l’UE du capital, que nous combattons, est constante : elle est inscrite dans leur nom. La tête de liste en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Gérard Onesta, derrière lequel se sont présentés les candidats PCF, a même co-rédigé le projet de « constitution » européenne de 2005 avec Giscard ! Comment les communistes et l’électorat communiste peuvent-ils se reconnaître dans les soutiens de l’ultralibéral anticommuniste Cohn-Bendit ou du marchand de shampoing Hulot ?

La direction du PCF soutenait au 1er tour, dans toutes les régions, d’autres listes que celles du PS mais en quoi étaient-elles « autonomes », émancipées de la social-démocratie au pouvoir ?

En rien ! Car, de surcroît, les élus sortants du PCF seront restés jusqu’au bout dans les exécutifs régionaux, dont ils partagent le bilan, dirigés par le PS, comme caution de gauche à ces relais des politiques nationales d’austérité. En Ile-de-France derrière Jean-Paul Huchon, chantre de la mise en concurrence des services publics…

Les résultats, selon les régions, sont en recul en moyenne d’un tiers par rapport à ceux des listes du Front de gauche en 2010. De plus de la moitié dans les deux régions où elles étaient menées par EELV (par rapport aux voix cumulées EELV/FdG de 2010). Les reculs sont les plus nets dans les zones ouvrières et rurales où le vote communiste était traditionnellement fort. En Ile-de-France, la liste conduite par Pierre Laurent récupère une toute petite partie (0,08%) des 3,13% qui s’étaient portées sur la liste conduite par Besancenot en 2010. A Paris, la ville la plus chère du pays, elle est au-dessus de la moyenne avec 6,81% des suffrages. Mais la liste départementale était conduite par un PG (ex-PS) et le PG seul, sans candidats PCF, a obtenu 4,94% aux municipales de 2014.

Ce vote a encore été plus incapable de porter l’aspiration au changement et de relayer les intérêts et les luttes des travailleurs et des couches les plus victimes de la crise après plusieurs prises de position de Pierre Laurent et des parlementaires du FdG.

Notre section du PCF a exprimé son total désaccord avec leur alignement dans l’union nationale derrière Hollande après les attentats, avec leur soutien à l’état d’urgence et à sa prolongation, avec leur soutien à l’intensification de la guerre impérialiste. Nous n’avons pas été les seuls dans le Parti et dans le syndicalisme révolutionnaire. Les porte-parole du PCF en sont arrivés à reprendre cette position consensuelle, « voter (pour n’importe qui sauf le FN), c’est résister », démobilisatrice pour leurs propres listes.

Par ailleurs, Pierre Laurent continue de prendre pour modèle pour 2017 en France l’expérience en Grèce de Syriza et Tsipras. L’illusion est pourtant tombée depuis longtemps. Tsipras inflige à son peuple le pire plan antisocial d’Europe, dont son ami Hollande n’ose pas rêver et pour lequel son autre ami Netanyahou le félicite.

Nous avons exprimé notre désapprobation totale de la stratégie imposée par la direction du Parti pour les régionales. Depuis les résultats, la révolte gagne de nombreux autres camarades et organisations du Parti. On peut compter sur nous pour tout faire pour mettre en échec la poursuite du processus de mutation réformiste et de disparition du PCF, dans les mois à venir, d’ici le congrès annoncé. Il en va de l’intérêt des travailleurs et de notre peuple.

Avant le 1er tour, nous avions décidé de poursuivre nos actions en soutien des luttes sociales, notamment dans les transports et la santé. Nous continuons.

Nous tenons cependant à faire savoir publiquement notre désaccord, à nouveau, avec le choix de la direction du PCF pour le 2nd tour en Ile-de-France (comme aussi en Rhône-Alpes). Comment être sourd à ce point au message du 1er tour ? La fusion des listes, la campagne commune, bras dessus bras dessous, avec Claude Bartolone montrent des dirigeants du PCF, du PG (ou encore Mme Clémentine Autain) prêts à toutes les compromissions pour quelques bonnes places. L’image est désastreuse pour notre parti. Les gens doivent savoir que les communistes, le PCF, ne se résument pas à ces attitudes.

Nous pensons qu’il reste une différence historique entre la gauche et la droite, même quand la « gauche » mène une politique de droite. Nous pensons qu’il reste une profonde différence entre la droite et la gauche d’un côté et l’extrême-droite de l’autre, même quand des politiciens de droite ou de gauche sombrent dans le populisme fascisant. Mais cela ne peut pas justifier tous les reniements dans la situation actuelle.

Nos camarades dans les régions où le FN risque de l’emporter sont confrontés à un dilemme électoral complexe : tout faire pour contribuer, tout de suite, à empêcher le FN d’accéder à des positions institutionnelles dangereuses mais sans disposer d’autre moyen électoral que le vote pour ceux qui mènent la politique qui, à terme, fait son lit. Aucune des 2 solutions électorales dimanche n’est satisfaisante.

Avec eux, nous jugeons que la priorité est à développer les solidarités de classes, la résistance aux politiques patronales, les luttes dans une perspective de rupture. C’est ce qui permet de démasquer la démagogie sociale du FN, ses contradictions, son rôle au service du pouvoir capitaliste. C’est ce qui permet aussi de lutter contre le racisme, de contrer les tendances à la peur, au repli individuel ou communautariste, faisant le jeu des conservatismes et de la réaction, que le pouvoir s’efforce de favoriser, encore davantage depuis les attentats.

A propos d’Air France, pour une fois, Philippot a réagi spontanément sans réfléchir : il s’est placé dans son camp, celui des DRH, des technocrates, des patrons, des actionnaires.

Face aux tentatives d’intimidation, de répression du pouvoir, face à l’état d’urgence, nous, communistes, nous sommes dans le camp des salariés d’Air France, des salariés venus les défendre, contre la casse des emplois et des activités de la compagnie, pour la construction de convergences de lutte, pour une alternative politique au capitalisme qui passe, pour nous, toujours par le socialisme.

Published by PCF - Section Paris 15ème - dans REGIONALES 2010
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Site internet de la section du PCF Paris 15ème.

"Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes" La situation politique exige plus que jamais l’existence d’un grand parti communiste dont la nécessaire indépendance de pensée doit être entièrement mise au service des travailleurs et de la lutte des classes.