Réunion sur la dégradation de l’offre de soins à la Mairie du 15ème : face à l’entêtement ultra-libéral et à la mauvaise foi de la municipalité de Paris, élargissons encore la lutte pour nos centres de santé!

23 Mai 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Réunion sur la dégradation de l’offre de soins à la Mairie du 15ème : face à l’entêtement ultra-libéral et à la mauvaise foi de la municipalité de Paris, élargissons encore la lutte pour nos centres de santé!

PCF Paris 15, 23 mai 2015

Le 13 mai se tenait en Mairie du 15ème la réunion commune du Conseil d’arrondissement et du Comité d’initiative et de consultation d’arrondissement (le CICA) qui regroupe plusieurs dizaines d’associations du 15ème.

Devant l’inquiétude croissante des associations et des habitants face à la dégradation rapide de l’offre de santé de proximité (dite « de premier recours ») conventionnée, le Maire du 15ème a accepté de mettre cette question à l’ordre du jour et a invité plusieurs intervenants, dont l’adjoint « écolo » à la santé de Mme Hidalgo, M. Bernard Jomier.

En cette veille de jeudi de l’Ascension, le public était fourni, 80 personnes, dont des médecins généralistes, des responsables associatifs, des représentants de la CGT et plusieurs du PCF qui ont pris la parole.

Du côté des élus d’arrondissement, la moitié des conseillers de droite était présente. A gauche, un seul conseiller était là. Il n’est pas intervenu. S’il on peut comprendre l’absence d’Anne Hidalgo, il est peu correct que son adjointe Dominique Versini (ex-ministre UMP…) responsable de l’action sociale de la ville ne se soit même pas excusée.

Pour le CICA, Marie-Claude Beaudeau, présidente du Comité de défense de Beaugrenelle-Front de Seine- Charles Michels, a dressé, avec précision, le tableau de l’offre de soins de proximité dans l’arrondissement. Elle a souligné notamment que le 15ème se situe en dessous de la moyenne nationale en présence médicale généraliste de secteur 1 et que la situation se dégrade rapidement. La démographie médicale est très défavorable. La fermeture de trois centres de santé coup sur coup – Beaugrenelle, Balard, Anselme Payen – a lourdement aggravé les choses. Elle a rappelé également les causes et les responsabilités de chacun et en particulier celle de la municipalité de Paris dans l’opération immobilière spéculative de Beaugrenelle ou dans la non-réouverture du centre municipale Anselme Payen après la réhabilitation de la maison de retraite. Avant d’autres, elle a mis en avant la recherche de nombreux jeunes médecins de bonnes conditions d’exercice de leur profession, de plus en plus incompatibles avec la loi de l’argent qui s’impose au secteur libéral. Elle a rappelé les milliers de pétitions recueillies.

Ces questions ont nourri l’essentiel du débat, mis à part quelques informations, notamment donnée par Philippe Goujon, maire du 15ème, sur les modernisations de l’Institut Pasteur et de l’hôpital Necker. Le représentant de l’Agence régionale de santé s’est appliqué à dévier le débat vers des questions annexes et anesthésiantes, sans succès.

Personne n’a contesté le diagnostic préoccupant de Mme Beaudeau. Un médecin généraliste de l’avenue Félix Faure a décrit la surcharge de travail, le sacrifice que représente – il est l’un des derniers à les pratiquer – les consultations à domicile.

Bernard Jomier a délivré un très long exposé de la politique parisienne en matière de médecine de proximité de secteur 1. Il prétend qu’elle repose sur trois piliers, les centres de santé (Ndrl : structures non lucratives avec des médecins salariés), les maisons de santé (Ndrl : regroupement de médecins libéraux) et l’aide à l’installation de médecins libéraux. Mais il est apparu clairement que le volontarisme de la municipalité de Mme Hidalgo se concentrait sur ce dernier point, la médecine libérale. Jomier a lourdement vanté le dispositif d’aides voté par le Conseil de Paris comprenant des facilités immobilières dans les immeubles des bailleurs sociaux municipaux, un soutien pour les charges annexes etc.

Sur les centres de santé, devant les interrogations pressantes, il s’est contenté de dire que la municipalité n’en fermerait plus à partir de maintenant.

A Anselme Payen pourtant (place Violet), les locaux existent : ils ont été spécialement conçus par les architectes pour en complémentarité avec l’EPHAD rénové. Pas de problème d’immobilier ! Le centre fonctionnait. La promesse de réouverture a été faite pendant la campagne des municipales.

Et tout d’un coup, M. Jomier nous apprend que la municipalité de Paris l’excluait maintenant et avait décidé d’installer la pharmacie centrale des maisons de retraite en lieu et place du centre de santé !

L’assistance a été outrée par cette annonce, cette duplicité. M. Goujon a tenu à dire que la décision de la municipalité de Paris lui a été communiquée seulement deux jours avant la réunion et qu’il la condamnait (il a beau jeu…). Pour se justifier, Jomier a décrié l’ancien centre, trop peu productif à son goût. On en déduit qu’il se juge incapable de renforcer un centre de santé public.

En réalité, la municipalité Hidalgo, après Delanoë fait le choix du « libéral », du marché contre la diversité et l’offre publique de soins. Jomier se plaint que les centres de santé de proximité sont durs à équilibrer financièrement. Mais il trouve toujours de l’argent pour soutenir le privé. Dans la salle, le rapprochement a été fait avec la décision inacceptable d’Hidalgo de fermer la maison de retraite de la Ville de Paris située à Sarcelles (Le Cèdre) qui dépend, comme le centre Anselme Payen, du Centre d’action sociale de la Ville.

L’ancien adjoint à la santé, sous Delanoë, l’actuel ministre Jean-Marie Le Guen, avait été moins hypocrite en rejetant au Conseil de Paris le vœu pour le rétablissement du centre de santé Beaugrenelle. Il avait estimé que pour le 15ème, la réponse « libérale » aux besoins suffisait.

A propos de Beaugrenelle, Jomier n’a rien dit, surtout pas sur les 450 millions de plus-value qui ont enrichi les promoteurs grâce à l’action de Mme Hidalgo, à côté desquels un centre de santé est une bouchée de pain.

Pour donner le change, le directeur du Centre de santé de la rue Armand Moisant (Montparnasse) a été également invité. Il s’est livré à un exercice de promotion de son établissement, qui de plus en plus s’éloigne des principes de la Mutuelle des travailleurs des PTT (maintenant transformée en « MG ») qui l’a fondé. Il s’est vanté notamment d’avoir fait l’acquisition d’un IRM. Entendons-nous bien. Nous nous battons pour des centres de santé de proximité, de « premier recours », pluridisciplinaires (médecine générale, ophtalmo, chirurgie dentaire, radiologie…) mais pas pour de mini-cliniques, détournant le statut de centre de santé, pour concurrencer l’hôpital public.

Anne Costa, directrice du groupe hospitalier HEGP était également présente. Plusieurs intervenants, dont le secrétaire de la CGT de l’hôpital Pompidou, ont essayé de l’amener à donner son avis sur la complémentarité entre les centres de santé et les urgences qu’ils contribuent à désengorger. Elle est restée globalement hors du débat, réfutant les pics de surcharge des urgences. Mme Beaudeau avait rappelé que les urgences de Boucicaut et celles de Saint-Michel avaient été fermées et, du coup, remplacées par un seul service.

Sur l’hôpital, M. Jomier s’est livré à un exercice de publicité malhonnête de la politique du directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, de liquidation d’hôpitaux. La discussion s’est un peu éloignée du 15ème même si le projet de fermeture de la plus grande partie de l’hôpital Bichat, de l’hôpital Beaujon et de parties de l’hôpital Lariboisière est la réplique exact du scandale de la fermeture de Boucicaut/Laënnec/Broussais et Saint-Lazare, il y a 15 ans, pour financer l’HEGP. Le projet « d’hôpital nord » est synonyme aujourd’hui de suppressions de 600 lits, 1200 postes et d’une opération immobilière peu reluisante.

A force de voir les équipes de Delanoë et Hidalgo, on finit par perdre le sens de l’orientation, de la droite et de la gauche. Le « Vert », M. Jomier, a mis à peu près toute la salle contre lui du PCF et de la CGT à associations qui ne se considèrent guère comme « progressistes », en passant par les amicales de locataires. Pas étonnant que les élus du 15ème de gauche aient préféré la chaise vide. La droite n’étant pas aux affaires, elle peut récupérer certaines colères, « prendre de gauche la municipalité » sans se mouiller. Cela a été le cas ce 13 mai.

A la fin de la réunion, Mme Beaudeau a mis en exergue les contradictions du discours de M. Jomier. Elle a rappelé l’expérience de la mobilisation pour l’ouverture dans le 11ème du centre de santé du Chemin Vert. Elle a appelé à amplifier l’expression, la mobilisation et les luttes, y compris par le truchement du soi-disant « budget participatif » lancé par la municipalité de Paris.

La démocratie est vraiment un combat à Paris ! S’agissant de l’offre de santé, il peut se révéler vital.

Réunion sur la dégradation de l’offre de soins à la Mairie du 15ème : face à l’entêtement ultra-libéral et à la mauvaise foi de la municipalité de Paris, élargissons encore la lutte pour nos centres de santé!

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