Sur France Inter, le 29 mai 2015, Martin Hirsch n’arrive pas à tenir le débat face aux revendications des personnels de l’HEGP en lutte

30 Mai 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

Sur France Inter, le 29 mai 2015, Martin Hirsch n’arrive pas à tenir le débat face aux revendications des personnels de l’HEGP en lutte

PCF Paris 15, 30 mai 2015

On peut remercier la rédaction de France Inter d’avoir consacré sa « matinale » du 29 mai 2015 à l’hôpital public et de l’avoir diffusée en direct de l’Hôpital Pompidou, au lendemain d’une deuxième grande journée de grève et de manifestation des agents de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris.

Nous rappelons au passage combien, communistes du 15ème, militants syndicaux de l’HEGP et de Necker, nous avons soutenu la récente grève des personnels de Radio-France contre le plan de suppressions d’emploi du PDG Gallet.

Les reportages de France Inter dans l’HEGP, puis le débat entre le directeur général Martin Hirsch et des représentants syndicaux ont apporté encore plus d’éléments justifiant le retrait pur et simple du plan Hirsch de suppression des jours de repos et d’intensification de la journée de travail.

Sobrement, mais avec détermination, une soixantaine d’agents en lutte ont rappelé en chœur cette revendication lors du débat retransmis depuis le hall de l’hôpital, à chaque manifestation de mauvaise foi embarrassée de Martin Hirsch (il y en a eu plusieurs).

Les reportages ont attesté de l’état actuel général d’épuisement et d’exaspération des personnels. Ce que M. Hirsch appelle la réorganisation des temps de travail ne peut que l’aggraver encore.

On ne peut pas présenter les suppressions de repos et les journées de 10 heures comme un moindre mal ! 10, voire 12 heures d’affilée, dans les services et les blocs, cela veut dire une non-vie personnelle et familiale pendant la moitié de la semaine, le reste étant passé à récupérer. Cela conduit nécessairement à un risque de moindres concentration et attention envers les patients. En quelques années – toutes les enquêtes le montrent – les personnels se retrouvent usées comme des piles déchargées.

Le chef des services des urgences de l’HEGP, M. Juvin (par ailleurs député européen UMP), s’est gardé d’envenimer les choses et a décrit le réel. Si à 8h00, il n’y avait pas engorgement à l’accueil des urgences, c’est parce que les patients étaient répartis dans des boxes. Toute la nuit, le service a fonctionné à plein. Beaucoup de cas pourraient être traités en amont, dans d’autres structures. Voilà à quoi a fait écho la très juste intervention du représentant CGT de l’intersyndicale de l’AP-HP, Christophe Prudhomme contre les fermetures de centres de santé et la généralisation des dépassements d’honoraire dans le secteur libéral. Dans le 15ème, c’est une lutte essentielle que nous portons.

Le même a pu rappeler que la RTT en 2002 s’était faite sans les emplois promis et avait déjà aggravé les conditions de travail et d’accueil. M. Hirsch propose de « rebattre les cartes » aujourd’hui. Il le justifie par une prétendue révolution des formes d’hospitalisation depuis 10 ans. Il n’a pas pu cacher qu’il ne faisait que relayer le plan d’austérité du gouvernement et de la ministre Touraine, synonyme de 22.000 suppressions d’emploi à l’hôpital public par an d’ici 2017, 4000 à l’AP-HP. Hirsch est amené à pratiquer le chantage à l’emploi, au logement, pour essayer de le faire passer.

On a pu entendre heureusement Hirsch refuser que l’on considère l’hôpital comme une entreprise. Bien d’accord : Il n’a pas pour but le profit et les patients ne sont ni des clients, ni des marchandises. Très bien ! Pourquoi alors se comporter comme les patrons du privé ?

Les interventions des syndicalistes ont permis de montrer que les sacrifices que le gouvernement veut imposer à l’hôpital correspondent aux cadeaux qu’il fait, à hauteur de dizaines de milliards d’euros par an, au patronat et au grand capital, sous forme d’exonérations de cotisations sociales, à son souci de soutenir le secteur de santé privé lucratif, à nourrir les intérêts de la finance en endettant l’hôpital public, comme un syndicaliste l’a démontré dans l’émission.

Hirsch a reconnu chercher à faire 25 millions d’euros d’économie par an. Le représentant de la CGT lui a, très justement, renvoyé le gâchis des dépenses militaires en plein boom. Un seul avion Rafale, tel que l’armée française est obligée d’en acheter 12 par an à Dassault, coûte 110 millions d’euros (sans son équipement !). La construction et l’entretien du Balardgone, le super-ministère de la défense qui est en train de s’installer dans le 15ème, coûtera 140 millions d’euros aux contribuables par an, pendant 38 ans, en redevances aux promoteurs immobiliers ! Ce « partenariat-public-privé » est des plus grands scandales de l’ère Sarkozy, confirmé par Hollande, à deux pas de l’HEGP.

Décidément, M. Hirsch, votre plan risque de faire une fausse route ! Retirez-le !

Sur France Inter, le 29 mai 2015, Martin Hirsch n’arrive pas à tenir le débat face aux revendications des personnels de l’HEGP en lutte

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