Les plus de 90% des régulateurs des bus RATP en grève le 19 juin attendent toujours des réponses de la nouvelle PDG, Elisabeth Borne

23 Juin 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #RATP

Les plus de 90% des régulateurs des bus RATP en grève le 19 juin attendent toujours des réponses de la nouvelle PDG, Elisabeth Borne

Les plus de 90% des régulateurs des bus RATP en grève le 19 juin attendent toujours des réponses de la nouvelle PDG, Elisabeth Borne

PCF Paris 15, 22 juin 2015

Usagers, les dysfonctionnements de la régulation des autobus, nous les vivons tous les jours. Par exemple, nous constatons combien les temps d’attente sont (re)devenus élastiques. Des fois, on attend 20 minutes avant de voir arriver deux bus quasiment d’affilée (le premier bondé). D’autre fois, nous compatissons avec le machiniste – conducteur – d’un bus en panne à bout de patience (voir aussi les coupes claires dans la maintenance).

Les machinistes subissent quotidiennement la dégradation de la régulation, devenue insuffisante, lointaine, déshumanisée. D’une fonction support, la direction de la RATP tend à faire dériver la régulation vers une fonction de contrôle et de pression à la productivité qui pèse sur les conducteurs, parfois au mépris des règlements. Dans d’autres situations, vu le manque d’effectifs, les machinistes sont laissés à eux-mêmes.

Pour les régulateurs, la tâche est très ingrate. Ils se trouvent entre deux chaises : soumis eux-mêmes directement à la politique des directions visant à la « compétitivité » à tout prix et chargés de la répercuter contre les machinistes. C’est typiquement une situation propice à la souffrance au travail. En parallèle, le sous-effectif organisé accroît la charge de travail et la frustration de ne pas le faire comme il faudrait. L’absence de contact direct avec les machinistes et les dépôts rend également le travail abstrait, coupé de la réalité du service public.

La dégradation à une cause : le choix de la direction de la RATP, opéré de 2013 à 2015, de sortir les régulateurs dépôts et de les concentrer sur un seul site dans le CRIV, le Centre de régulation et d’information voyageurs, présenté comme « ultra-performant ». Au passage, la direction a supprimé 200 postes sur 500. Les régulateurs étaient en charge complètement de deux lignes de leur dépôt. Maintenant, ils sont amenés à intervenir sur 6 à 10 lignes voire 18 en heure de pointe. Il n’y a plus de temps pour comprendre les problèmes et les résoudre au mieux, encore moins pour développer des relations professionnelles de confiance avec les machinistes. Drôle de « productivité » !

Témoignant de la gravité de la situation, le 19 juin 2015, à l’appel de toutes les organisations syndicales représentatives, les régulateurs du CRIV ont fait grève à 95% pour réclamer un minimum de 62 embauches immédiates.

La direction est encore très loin du compte. La nouvelle PDG de la RATP, Elisabeth Borne, s’est félicitée de la constitution du CRIV par ses prédécesseurs, malgré l’évidence et le signal d’alarme des salariés : «On a, à juste titre, voulu réorganiser la régulation des bus» avec l’objectif d'«offrir un meilleur service».

Communistes, dans l’intérêt du service public, nous soutenons les revendications et actions des régulateurs, la convergence d’action montante avec les machinistes.

Nous rappelons que le CRIV a été créé avec la bénédiction de la Région Ile-de-France. Son président sortant, également président du STIF, Jean-Paul Huchon, a inauguré en grande pompe ses locaux en 2014. Sur ce sujet comme sur d’autres concernant les transports franciliens, avant comme après la signature de la nouvelle convention entre la RATP cet été, avant les élections régionales de décembre, nous saurons intervenir et mobiliser auprès des responsables politiques.

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