SALAIRES, STATUT, POINT D’INDICE, SERVICES PUBLICS, EMPLOI - REPRENONS LE CHEMIN DE LA LUTTE !

26 Janvier 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

Mardi 26 Janvier, les Fédérations de fonctionnaires CGT, FO et Solidaires, rejointes dans plusieurs départements par la FSU, appellent les agents des trois fonctions publiques à faire grève pour l’augmentation générale des traitements, le dégel du point d’indice, le retrait du texte PPCR, l’arrêt de la réforme territoriale, l’abandon du pacte de responsabilité, l’arrêt des suppressions de postes et des restructurations permanentes. Une manifestation partira à 14 heures de Montparnasse vers les Invalides. Cette mobilisation est très importante : c’est la première grande manifestation parisienne depuis les attentats du 13 Novembre 2015 et la proclamation de l’état d’urgence. Après la sidération et face à la tentative du pouvoir de limiter les libertés démocratiques, le monde du travail redresse la tête face à la politique qui ne cesse de précariser, d’appauvrir les fonctionnaires, les salariés, les retraités, les jeunes. Plus que jamais, la rupture politique ne peut passer que par le développement des luttes, de leurs convergences, par de premières victoires sociales. L'emploi et les salaires sont les priorités des salariés. Mais depuis 2010, au nom de la crise et de la réduction de la dette publique mise en place par les gouvernements successifs c'est « ceinture » pour les fonctionnaires. De Sarkozy à Hollande se poursuit et s’accélère le transfert d'argent du travail vers les profits capitalistes

 

La perspective politique institutionnelle est plus bloquée que jamais. Les dernières élections régionales montrent une situation paradoxale. La politique du pouvoir est profondément désavouée : les partis au gouvernement obtiennent les voix d’un électeur inscrit sur 8, moins d’un sur 5 avec leurs alliés de gauche. Mais Hollande et Valls entendent aggraver leur politique, et même l'accélérer.

Dans la suite des attentats de novembre, le pouvoir cultive un climat de peur : état d'urgence, interdiction des rassemblements, fouilles quotidiennes à l'entrée des administrations, des universités, des hôpitaux. Avec la déchéance de nationalité, soutenue par l'ensemble des partis du système de EELV au FN, le pouvoir alimente les tensions racistes, il pointe un « danger extérieur » venu de l'étranger. Le pouvoir prétend écarter toute parole qui ne rentre pas dans cette « Union sacrée » et écraser toute perspective de lutte de classe. Il cultive l’écœurement, la résignation, l’indifférence politique, quitte à alimenter électoralement l’abstention et l'extrême-droite.

La condamnation récente à des peines de prison ferme de 9 syndicalistes de Goodyear poursuit et complète l'opération d'intimidation de l'ensemble des salariés. La multiplication des actes de répression anti-syndicale, l'affaire « Air-France » montée en épingle par Valls, éclipse la casse sociale quotidienne menée par le Capital et tente d'opposer la masse des salariés « passive » aux syndicats, « minoritaires et violents ». Militants communistes et syndicaux, nous combattons la répression qui s'abat sur des ouvriers, « pour l'exemple », et nous refusons le piège du pouvoir : la lutte n'est pas l'affaire de quelques-uns, elle doit être celle de l'ensemble des travailleurs.

Les dégâts du « Pacte de responsabilité » s’aggravent. La TVA augmentée que nous payons, l’argent de nos hôpitaux, nos retraites, nos allocations familiales sont détournés – à la hauteur inédite de 40 milliards d’euros par an – vers le profit capitaliste. Engraissés, les patrons continuent à liquider emplois et entreprises en France. Ils en redemandent (les profits du CAC 40 ont bondi à 64 milliards d’euros en 2014).

22000 emplois par an d’ici 2017 vont ainsi être supprimés dans les hôpitaux publics alors que la situation est tendue à l’extrême et que les besoins de soins montent. La loi fourre-tout de la ministre Touraine poursuit la politique de privatisation de la santé. La loi fourre-tout du valet de la finance, Macron, continue la casse du droit du travail. Le démantèlement des services publics s’accélère. La liste des mauvais coups serait trop longue à dresser.

Le blocage politique n’est pas à trouver dans l’efficacité de la propagande officielle. Les discours sur les déficits ne convainquent plus personne quand le pouvoir les creuse lui-même, par dizaines de milliards, en cadeaux au patronat, en dépenses militaires, en scandales divers (1 milliard balancé pour « l’écotaxe », ou les concessions autoroutières). L’idéologie dominante n’ose plus agiter le prétexte européen tant l’UE du capital est profondément rejetée par les peuples, 10 ans après le vote NON – bafoué – du peuple français au référendum sur la « constitution » européenne.

Les partis de l’alternance, qui poursuivent la même politique depuis 30 ans tour à tour, ont de plus en plus de mal à se différencier quand ils sont dans l’opposition. LR(UMP) et ses satellites n’ont même pas obtenu le vote de 20% des inscrits aux régionales.

Le FN sert d’auxiliaire au pouvoir depuis 30 ans. Il se voit assigné un rôle accru. Le FN sert à la fois à détourner et stériliser la colère et, comme repoussoir, à laisser passer la politique au service du capital – leur camp à tous. La démagogie technocratique de Philippot et l’image extrémiste de Jean-Marie Le Pen se complètent. Archi pro-européen dans les années 80, le FN sert en particulier à diaboliser le refus de l’intégration dans l’UE du capital, à dévoyer l’opposition de classe des travailleurs à l’UE dans le nationalisme.

Valls a lourdement insisté : la vie politique doit être polarisée sur les élections de 2017 et sur le danger Le Pen, pour qu’il puisse mieux continuer sa politique antisociale d’ici là. La droite offre déjà le spectacle dégoûtant, sur fond d’affaires et de coups bas, des « primaires » politiciennes pour 2017. La « gauche » s’y prépare. Une soi-disant « gauche de la gauche », avec ces députés PS « frondeurs » (qui ont avalisé toute la politique du gouvernement et dont la référence est le programme Hollande 2012), les « écolos » maastrichiens et quelques autres commencent à rejouer leur rôle de second fer au feu de la social-démocratie de Hollande ou Valls.

Pour nous communistes, il est grand temps que se manifeste l’expression politique des travailleurs dans la lutte des classes. La solution n'est pas à chercher dans une quelconque recomposition politicienne avec les professionnels de la social-démocratie (les « primaires »), elle est dans la reprise des luttes, dans l'organisation de la riposte générale. Le 26 janvier en fournit une occasion.

Les attaques répétées contre les statuts de la Fonction publique, les provocations et le jeu de théâtre de l'équipe Hollande-Macron-Valls, le blocage du point d'indice, le manque de personnel sont autant de raisons de se battre.

Le statut des fonctionnaires est le socle de défense du CDI, gravement attaqué lui-aussi. L'augmentation de la valeur du point d'indice est un socle de défense pour les salaires dans le privé. Pour les communistes aucun doute  : privé, public, même combat !

 

 

Communistes, nous serons présents le 26 janvier avec nos propositions de rupture et de luttes nationales, notamment :

- Pour la revalorisation du point d'indice, l'abandon du PPCR, la création massive d'emplois dans les services publics

- Pour la défense de la Sécurité sociale, le rétablissement de son financement solidaire, la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales

- Pour la reconquête des services publics nationalisés, des grands monopoles publics, contre les hausses de tarif

- Pour un vaste programme de nationalisations démocratiques dans la banque, l’industrie et le commerce

- Pour la vraie semaine de 35 heures

- Contre l’application des directives européennes et pour la rupture avec la politique de l’UE et son instrument l’euro

 

Le 26 janvier, notre mobilisation comptera ! Pour nos salaires, pour défendre les services publics, pour amorcer la riposte générale !

 

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