Six semaines sans classe pour des CM2 de l’école Olivier de Serres : Inadmissible !

26 Février 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Education nationale

Depuis le début du mois de janvier, une classe de l’école Olivier de Serres du 15e arrondissement a manqué l’équivalent de six semaines de cours, faute d’enseignants remplaçants. Cet exemple n’est malheureusement pas un cas particulier. Au plan national, les associations de parents d’élèves et les syndicats d’enseignants estiment qu’entre 6 000 et 10 000 journées de classe n’ont pas été assurées dans le 1er degré depuis la rentrée. Il s’agit de la conséquence logique d’une casse du système de remplacement à l’éducation nationale et de la persistance de la pénurie générale organisée des postes d’enseignant qui se poursuit sous Hollande, malgré les promesses.

A l’école primaire Olivier de Serres, des CM2 viennent de louper six semaines de classe, soit presque l’équivalent d’un cinquième d’une année scolaire. Pendant tout ce temps, soit les élèves sont restés chez eux, soit ils ont été répartis dans les autres classes ou encore ils ont été pris en charge par des remplaçants nommés par le rectorat pour seulement une journée ou deux.

Le 15e subit un contexte général de manque d’enseignant, particulièrement criant en région parisienne. En Seine-Saint-Denis, le syndicat SNUIPP-FSU estime que tous les jours entre 250 et 400 classes se retrouvent sans enseignant ni remplaçant. Ramené à une année scolaire, voire à une scolarité entière, cela peut se compter en trimestres entiers de cours non suivis pour un élève.

Il s’agit évidemment d’un constat inacceptable pour les élèves et leurs familles privés du droit élémentaire à l’école publique. Mais c’est aussi un constat inacceptable pour les enseignants qui sont obligés de prendre en charge les classes des collègues non remplacés, pour les remplaçants balancés au jour le jour par le rectorat dans des écoles toujours différentes rendant impossible tout travail suivi.

Face à cet état de fait hautement préoccupant, la ministre Najat Vallaud-Belkacem pratique la langue de bois. Elle récite les promesses du candidat Hollande, jure qu’elles seront tenues malgré les faits. Hollande s’était engagé à compenser les 60.000 postes supprimés par Sarkozy. Malgré la hausse du nombre d’élève, à la rentrée 2015, il en était à 31.000, toutes catégories confondues. Vallaud-Belkacem en promet maintenant 6639 pour la rentrée 2016. Même le plus nul en calcul comprend que le compte n’y sera pas d’ici les élections de 2017… Pire encore, le gouvernement et les rectorats tentent de boucher les trous en faisant appel à des contractuels, privés de réelles formations, travaillant dans des conditions de travail inacceptables.

A l’opposé, il serait temps de lancer un vaste plan de recrutement en ouvrant des postes aux concours d’enseignants, de revaloriser la profession. Il faudrait également rétablir les conditions d’exercice des remplaçants pour leur mission spécifique et difficile. Pour tout cela, les moyens existent ! Un seul avion de guerre Rafale de Dassault - sans équipement - coûte à l’Etat 110 millions d’euros. C’est l’équivalent de 3000 postes d’enseignants par an !

Communistes, nous refusons la dégradation continue de l’éducation nationale par les gouvernements socialistes et de droite. Que chaque élève puisse avoir un enseignant, c’est le minimum ! Après la dernière rentrée, les parents d’élèves du groupe Morillons-Cherbourg ont obtenu la création d’une classe, nécessaire vu l’accroissement des effectifs mais que le rectorat refusait obstinément. Les actions, auxquelles, communistes, nous avons participé contre les destructeurs « rythmes scolaires » ont permis de limiter les dégâts dans la prise en charge des enfants dans le périscolaire. Les petites luttes font les grands mouvements.

De l’argent pour l’éducation, pas pour la guerre !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article