A la veille de la manif contre la loi El-Khomri, le PDG des « Cars rouges » (bus touristiques à impériale) tente de licencier – abusivement - un délégué syndical

9 Mars 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Luttes entreprises (services)

Les bus touristiques à impériale offrent une belle image aux touristes : celles des monuments parisiens. Mais la société des « Cars rouges », basée quai de Grenelle dans le 15ème arrondissement, donne une bien piètre image de l’industrie touristique parisienne !

Une grève fin 2013 a dénoncé et dévoilé des conditions de travail lamentables. Les salaires sont au plancher. Les bus sont vétustes et mal entretenus. C’est limite question sécurité. Il n’y a pas de dépôt à Paris 15 mais à la Courneuve. Les conducteurs doivent faire la navette, revenir au dépôt en fin de service par les transports publics et sur leur temps personnel, etc.

Deux ans après, le DG réagit mais il faut voir comment ! Il tente de licencier le délégué syndical CGT, Alexandre Collas. Le DG porte une accusation grave mais gratuite, dénuée de tout commencement de preuve, techniquement impossible (billetterie). Le conseil de discipline du 19 février l’a reconnu et a donné un avis négatif à la demande de l’employeur. Qu’à cela ne tienne, le patron a maintenu la mise à pied et convoqué le comité d’entreprise sur le licenciement pour le 8 mars.

L’Union locale CGT a organisé un rassemblement ce jour. Des syndiqués d’autres entreprises du 15ème sont venus soutenir Alexandre et ses collègues. Ils n’ont pas manqué de faire le lien avec la première grande journée d’action contre le projet de loi El-Khomri prévue le lendemain. Le patron des Cars rouges est certainement un fan de la ministre et du gouvernement. Si la loi El-Khomri passe, il peut espérer avoir bien moins à payer s’il est condamné aux prud’hommes pour licenciement abusif. Surtout, avec la loi, l’inspection du travail perdrait encore des moyens et des prérogatives pour empêcher le licenciement d’un salarié protégé comme Alexandre.

Avec les dispositions du code du travail qui existent encore et que nous défendons, avec la mobilisation solidaire des collègues, avec l’appui de la CGT, le licenciement arbitraire d’Alexandre peut et doit être mis en échec.

Communistes, nous lui apportons à notre tour notre soutien. Nous saurons notamment informer largement la population, interpeler aussi la municipalité de Paris et son adjoint au tourisme sur la situation des Cars rouges. Elle est socialement et économiquement scandaleuse !

Il ne s’agit pas d’une brave PME mais de la filiale d’une multinationale « Big Bus » capable de spéculer sur plusieurs continents mais pas d’entretenir ses véhicules à Paris. Les actionnaires de Big Bus se partagent entre des financiers britanniques et des fonds de pension anglo-saxons ou arabes du Golfe.

La filiale française « Big Bus – Cars rouges Paris » a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 16,95 millions d’euros et un bénéfice net de 4,21 millions d’euros. Rendons-nous bien compte !

Le profit représente un quart du chiffre d’affaires. C'est-à-dire que chacun des 500.000 touristes qui paye 30 euros pour une journée de circulation en donne directement 7,5 aux actionnaires !!

Et cela pour un effectif de seulement 84 salariés. Le chiffre d’affaires par salarié se monte à 202.000 euros par an et le profit réalisé sur le dos de chaque salarié à 50.000 euros par an.

Pas besoin d’avoir étudié l’œuvre de Marx dans son ensemble pour mesurer le niveau de plus-value tirée de l’exploitation ! Et le patron rechigne à la moindre augmentation des salaires de misère…

Ne serait-il pas temps que la municipalité, la Région qui misent tant sur le tourisme, qui se répandent en bonnes intentions sociales, agissent contre cette situation scandaleuse (similaire probablement à celle des autres opérateurs privés) ? Il serait temps d’impulser le développement d’un service public de bus panoramiques, sous statut RATP. Cela permettrait aux touristes de dépenser leur argent pour leurs loisirs, dans la gastronomie par exemple, plutôt que pour engraisser les actionnaires de Big bus. Cela soutiendrait l’économie parisienne. Cela permettrait un respect minimum des règles de sécurité et des droits sociaux des travailleurs des bus.

Partout, sur chaque cas, deux logiques s’affrontent. « Big bus » n’est pas un petit exemple.

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