Charles Palant est décédé

2 Mars 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Charles Palant est mort vendredi 26 février 2016 à l’âge de 93 ans. Nous saluons la mémoire de notre camarade du 15ème, de l’ami proche de certains de nos anciens, déjà disparus, la mémoire du résistant, du déporté, du militant de la mémoire des camps, du militant antiraciste qui dirigea le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, devenu Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP).

Charles Palant, c’était d’abord un orateur exceptionnel, du temps où les micros ne marchaient pas bien, où les discours étaient forts et écoutés, qui a mis sa voix au service de la cause ouvrière. Dès l’adolescence, les années 30, il s’était engagé pour le Parti communiste, pour l’amitié avec l’URSS, puis naturellement dans la résistance.

Dénoncé – les délateurs auront été trouvés et châtiés comme il se doit ainsi que nous le raconta son frère Max -, Charles a été déporté à Auschwitz avec sa mère et sa sœur qui n’en reviendront pas. Charles est « affecté » au camp d’Auschwitz III, Buna-Monowitz, cette usine d’esclaves du trust IG-Farben  censée produire un caoutchouc synthétique qui ne sera jamais mis au point. Avec Primo Lévy, Charles a été un des témoins les plus marquants de l’histoire de ce sinistre camp. Charles, personnalité publique de premier plan, aura toujours fait une priorité de la défense de la mémoire de la Déportation nazie.

Le combat contre le racisme et l’antisémitisme, pour la fraternité entre les travailleurs quelles que soient leurs origines, n’a jamais cessé de l’animer. Ses qualités l’ont amené à être choisi comme secrétaire général de 1950 à 1971 par les militants du MRAP dans lequel il continua à agir jusqu’au bout. Le combat antiraciste est un combat anti-impérialiste. Charles a consacré une énergie extraordinaire, comprenant d’importants sacrifices personnels et professionnels, dans la campagne mondiale contre l’assassinat des époux Rosenberg par le régime américain.

L’engagement politique dans les rangs du PCF coordonnait tous les autres. A la Libération, à peine rentré, meurtri, d’Allemagne, il failli être élu député dans le secteur sud de la Seine englobant notre 15ème arrondissement où il n’a cessé d’habiter, rue Blomet.

Depuis quelques années, il avait pris un peu de distances et trouvé un nouvel engagement dans la Ligue pour les droits de l’Homme.

Il participait chaque année, notamment les dernières, à la Journée de la Déportation dans le 15ème avec notre regretté camarade et son ami de 60 ans Emile Torner, en marge de sa présence aux grandes célébrations nationales.

Charles avait de la classe, une classe un peu aristocratique, un peu caustique, mêlée de beaucoup d’humour.

Nous adressons nos condoléances attristées à ses enfants, nièces et neveux ainsi qu’au MRAP. 

 

Intervention de Charles Palant pour la journée de la déportation, 25 avril 2010, Paris 15ème.

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