Usagers excédés d’attendre nos bus RATP : tournons notre colère vers le CRIV !

3 Mars 2016 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #RATP

Usagers des autobus, ça nous arrive au moins une fois toutes les semaines. Nous arrivons à l’arrêt, regardons le panneau d’information et voyons, même en pleine journée, que le prochain est dans 15 ou 20 minutes. Quand il arrive enfin, il n’est pas rare qu’il y ait deux voire trois bus d’affilée… Enervement, consternation puis ça passe (surtout parce que le machiniste est sympa et aussi consterné que nous) mais à la longue…

Samedi 27 février, à 22 heures, sur le 95 qui traverse tout notre arrondissement de Montparnasse à Brancion, c’était presque un record. Comme en témoigne la photo ci-contre, il y avait 59 min d’attente ! Sachant que le plan de marche prévoit un départ du terminus toutes les 15 minutes avant 22h puis tous les 20 minutes entre 22 heures et la fin de service, cela veut dire que ce sont au moins 2 autobus qui ont manqué à l’appel.

Un impondérable, une mauvaise coïncidence, sont toujours possibles : accidents, malaises voyageurs, pannes, travaux exceptionnels etc. Mais statistiquement, cela ne peut pas expliquer la tendance lourde.

Ce sont des choix de gestion qui causent les dérèglements de la marche des autobus : ceux de la direction de la RATP et de ses commanditaires, Région et STIF soucieux de dégager des profits sur l’exploitation en Ile-de-France, les usagers et les agents, pour financer des placements ailleurs ou alléger les versements du patronat régional. Le souci de régularité proclamé par le STIF relève de la langue de bois.

De plus en plus de pannes, de moins en moins bien prises en charge : c’est d’abord le résultat d’une politique de suppression d’emploi d’ouvrier de maintenance dans les dépôts, d’externalisation à des sous-traitants au rabais. On préfère moins bien entretenir et vérifier les bus au jour le jour et payer un dépannage de temps en temps. Parce que ça « coûte moins cher ». Ce mode de gestion s’appelle le « risque calculé ». La dedans, la gêne occasionnée aux usagers ne compte pas pour grand-chose, ni même le danger d’accidents plus graves.

Usagers, il y a un autre responsable au désordre dans les lignes de bus, sans parler de sous-effectifs chroniques, c’est le CRIV.

CRIV ? Le Centre de Régulation et d’Information Voyageurs. En quelques années, la régulation des lignes a été centralisée. Les régulateurs, sont censés organiser, au fil des événements, les lignes dont ils ont la charge, répondre aux problèmes rencontrés par les machinistes. Ils ont été sortis des dépôts et sont désormais coupés d’eux. Cette déshumanisation est allée avec de nombreuses suppressions de poste : 200 sur 500. Les régulateurs suivaient deux lignes. Dans le CRIV, ils peuvent intervenir sur 6 à 10 lignes, voire 18 qu’ils ne connaissent pas. La direction leur assigne de surcroît une fonction de contrôle – sinon de flicage – des conducteurs qui tend à supplanter leur travail de support.

La mise en place du CRIV – nous le vivons – n’a visé en rien une amélioration ou une rationalisation du réseau. En réalité, elle correspond à un objectif d’ici 2024 de privatisation des dépôts et de l’exploitation des bus, suivant un règlement européen désastreux. Les opérateurs privés successifs, différents, se chargeront uniquement de la partie exécution, supposée rentable. Les fonctions centrales, dont la régulation, restant à la charge du public…

Dans l’immédiat, les organisations syndicales demandent au moins 60 créations de poste de régulateurs uniquement pour souffler. Dans les dépôts, ils luttent contre la déshumanisation, les pressions absurdes à la « compétitivité » qui vident de sens le travail des ouvriers et des conducteurs.

Usagers excédés, intervenons au bon niveau, avec les autres voyageurs à l’arrêt ou dans le bus bondé : mettons en accusation ces choix de gestion, ces choix politiques de privatisation, ceux de la direction de la RATP, du gouvernement, de la région et la municipalité…

Pour un Pass Navigo qui a augmenté de 25 euros par mois depuis 10 ans en zones 1&2 …

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JLR 08/03/2016 00:50

Où est la fin de l'article SVP ?