Centre Beaugrenelle: les plans de suppressions d’emploi se suivent. Après la FNAC, Marks&Spencer.

18 Janvier 2017 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Luttes entreprises (services)

Centre Beaugrenelle: les plans de suppressions d’emploi se suivent. Après la FNAC, Marks&Spencer.

« L’emploi, l’emploi, l’emploi » : voilà ce qu’a été le prétexte démagogique à l’opération immobilière Beaugrenelle, agité, jusqu’à la crampe, par les promoteurs et leur marraine Anne Hidalgo.

Trois ans après l’ouverture du centre commercial, Beaugrenelle est en train de rimer avec « plan social », c'est-à-dire, « plan de suppressions d’emploi ». Déjà, fin 2015, la « Mission pour l’emploi », installée dans le centre était fermée. Maintenant, ce sont les plus grandes enseignes qui annoncent leur départ : coup sur coup, la FNAC et Marks&Spencer, deux des rares dont les activités correspondaient un peu aux besoins des habitants et des salariés du voisinage…

Le solde « emplois » du nouveau centre Beaugrenelle est également plombé, dans cette zone de chalandise saturée, par les fermetures dans les autres quartiers de Paris et de proche banlieue. L’ouverture du dimanche, permise par le classement surréaliste par Macron en ZTI (zone de tourisme international), et prévue hypocritement depuis des années par Hidalgo (voir les débats publics), aggrave la concurrence déloyale aux dépens des petits commerces.

Et pour autant, malgré les nuisances subies, le Centre Beaugrenelle ne marche pas bien, pas au niveau des attentes de profits de la FNAC (qui se rabat sur Darty qu’elle vient de racheter) et de Marks&Spencer. Du coup, les gestionnaires du centre accroissent les pressions sur les enseignes et leurs salariés, sur les services publics, sur la collectivité avec une municipalité complaisante. Cela ne suffira pas.

Mais pour certains, Beaugrenelle, ça rapporte ! Ce qui est confirmé, ce que nous n’avons jamais cessé de dénoncer, c’est que Beaugrenelle est avant tout une opération spéculative immobilière, que la municipalité de « gauche » a permise et soutenue de bout en bout. Pour les promoteurs, l’opération ressemble à la poule aux œufs d’or, grâce à l’argent facile que déversent les banques gavées par la Banque centrale européenne. De cette manne ne profitent pas l’industrie ou la production, même pas le commerce, encore moins les services publics, mais les spéculateurs qui, à Beaugrenelle, ont obtenu de la Ville tous les droits sur des terrains idéalement situés. Une double culbute en 10 ans, de 200 à 800 millions d’euros qui a permis à M. Bansay, PDG d’Apsys, de voir son patrimoine personnel bondir de 320 millions d’euros depuis 2011…    

Notre soutien aux salariés en lutte de Marks&Spencer s’inscrit dans cette dénonciation et cette lutte générales.

Marks and Spencer : une longue histoire de casse sociale

En 2001, le groupe britannique Marks&Spencer annonçait la fermeture de ses 18 magasins en France en informant ses 1 700 salariés de leur licenciement par un simple mail. Dix ans plus tard, en 2011, le groupe décide la réouverture de magasins à Paris et en proche banlieue. Mais l’histoire se répète puisqu’en novembre 2016, un communiqué de la marque annonce la fermeture de nombreux magasins dans le monde dont les sept magasins directement gérés en France, entraînant la suppression de 516 emplois.

Le plus grand magasin Marks&Spencer est situé dans le XVe arrondissement au sein du centre commercial Beaugrenelle. Ce sont donc 130 salariés de notre arrondissement qui sont aujourd’hui menacés de licenciement !

Fidèle à ses pratiques, le groupe n’a pour le moment donné aucun calendrier clair, et prévoit des conditions de licenciement minimum… un peu à l’image des conditions de travail dans le groupe ! L’enseigne britannique justifie ces fermetures par des difficultés économiques. Pourtant, à la bourse de Londres, ses patrons rayonnent après des ventes de Noël exceptionnelles. Et en France, le chiffre d’affaires a progressé de 6% au 3e trimestre 2016. Mais cela ne doit pas suffire pour les actionnaires!

La lutte des salariés s’organise !

Les salariés des magasins se sont organisés pour refuser les diktats inacceptables de la direction. Un syndicat CGT a été fondé.

Une première journée d’action, à son initiative, a eu lieu mercredi 11 janvier devant le centre Beaugrenelle. Plus de 200 salariés ont manifesté ce jour leur refus des licenciements. La CGT du 15ème, des habitants du quartier, représentés notamment par le Comité de défense de Beaugrenelle-Front de Seine, sont également venus apporter leur soutien à leur lutte. La présidente du comité, dans sa prise de parole a mis en lumière le fiasco de l’opération Beaugrenelle. Un représentant de la CGT-Fnac est également intervenu et a insisté sur l’importance de l’unité dans l’action.

Le centre Beaugrenelle ; un fiasco prévu de longue date

L’annonce de la fermeture du magasin Marks and Spencer intervient quelques semaines après l’annonce de la fermeture de la Fnac Beaugrenelle. Le centre commercial perd ainsi ses deux plus grosses enseignes.

Marks and Spencer est actuellement le plus gros magasin du site. Présent sur quatre étages, il occupe 7 000m² et représente près de 10% du chiffre d’affaires du centre. De l’aveu même de la direction de Beaugrenelle, aucun repreneur n’est trouvé pour occuper les surfaces laissées vides par le départ de Marks and Spencer et de la Fnac.

Tout cela ne vient que confirmer ce que nous dénonçons depuis des années. Si le centre commercial a été une opération juteuse en termes de profit pour les propriétaires successifs, il n’a jamais été et ne sera jamais un atout pour les habitants et travailleurs du quartier. Pire encore, depuis l’installation du centre on observe une augmentation du prix des logements ainsi qu’une désertification des services et commerces de proximité.

Malgré le refus des habitants et des travailleurs du quartier, la mairie de Paris s’est entêtée à vouloir servir ce projet immobilier plus utiles aux grands capitalistes qu’aux populations. Elle porte aujourd’hui une lourde responsabilité dans ce fiasco ! Face à une municipalité qui défend les intérêts de quelques financiers, nous devons nous battre pour des aménagements et des services publics dans les quartiers et pour une politique du logement qui répond aux intérêts des travailleurs.

Dans les espaces vacants, délaissés, du centre Beaugrenelle, rétablissons par exemple un centre de santé pour tous et implantons le 2ème conservatoire du 15ème ! Communistes du 15ème, notre soutien aux salariés de Marks&Spencer rejoint toutes ces luttes.  

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