Suicide d'un infirmier à l'hôpital Pompidou: communiqué du syndicat CGT

28 Février 2017 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie, #15ème

Suicide d'un infirmier à l'hôpital Pompidou: communiqué du syndicat CGT

Nous reproduisons le communiqué du syndicat CGT de l'Hôpital "européen" Georges Pompidou après le suicide d'un infirmier dans la nuit du 5 au 6 février. Un tel événement est toujours - nous ne le savons que trop après notre expérience et nos luttes à France-Télécom - à prendre avec grande précaution. Chaque cas individuel est spécifique, avec des motivations enchevêtrées. De tels actes dramatiques suscitent l'émotion mais aussi le désespoir et la démobilisation. Il ne peut cependant pas ne pas y avoir une réaction politique face à la dégradation des conditions de travail et de vie des personnels, correspondant à la politique de sabotage de l'offre publique de soins et des financements de l'assurance maladie. L'infirmier est revenu à l'hôpital, en dehors de son service, après avoir revêtu sa tenue de fonction, pour se jeter de la terrasse du 8ème étage, un an après le suicide du professeur Mégnien dans les mêmes conditions. Une des premières réponses de la direction est édifiante: elle envisage de bloquer l'accès aux terrasses...  

Suicide de notre collègue, Emmanuel, communiqué du syndicat CGT de l’HEGP, 7 février 2017

Notre collègue Emmanuel, infirmier à la suppléance, s’est donné la mort dans la nuit du 5 au 6 février en se jetant du 8ème étage de l’hôpital.

Comme tous les personnels, vos délégués et représentants CGT sont sous le choc. Nos premières pensées vont à sa compagne, ses deux enfants, sa famille. Nous assurons ses collègues proches de notre soutien et de notre disponibilité.

Un suicide est un acte individuel dramatique dont les motivations personnelles s’enchevêtrent et ne peuvent jamais être totalement élucidées.

Mais comme tous les collègues, nous sommes frappés par le fait qu’Emmanuel soit revenu à l’hôpital pour se tuer, en dehors de ses heures de service, et en tenue de travail.

Son acte s’ajoute à plusieurs autres tragiquement similaires à l’AP-HP ces derniers mois. Les enquêtes se poursuivent sur le suicide d’un cardiologue de l’HEGP, il y a à peine un an, et soulignent un lien accablant avec la dégradation de son cadre professionnel. Il faut arrêter l’hécatombe !

Représentants du personnel, nous ne cessons de mobiliser pour s’opposer à la politique de course à la productivité et de réduction des moyens, notamment humains.  Après des années de casse du service public de santé, l’Hôpital Pompidou est devenu une usine à soins, une machine à broyer les agents.

La dégradation des conditions de travail au jour le jour, les horaires déstructurés, la diminution des moments d’échanges humains et de fraternité dans les services, entraînent fatigue, stress, souffrance, mal-être aussi bien dans nos vies professionnelles que, en répercussion, dans nos vies familiales.

Ni les alertes, ni les recommandations des instances du personnel (CHSCT, CTE) ne sont prises au sérieux par une direction au fond uniquement préoccupée de « l’efficience » économique dictée par les lois successives de santé (T2A, HPST, loi Touraine). L’intention de bloquer les accès aux terrasses, après le drame, comme nous l’avons entendu hier, illustre le raisonnement technocratique, coupé des réalités humaines, des serviteurs de cette politique.

Instruits par le sinistre exemple de France Télécom, nous refusons le « management » des ressources humaines par la souffrance au travail. Nous appelons, à nouveau, dans chaque service, à alerter, dénoncer et combattre chaque application de cette politique, à créer les rapports de force pour mettre en échec chaque dégradation.

Contre le plan Hirsch, ensemble, nous avons montré que nous pouvions être forts pour résister, pour nous faire entendre aussi des patients et de la population sur des questions vitales.  

Syndicalistes CGT, nous refusons le fatalisme et la résignation, nous œuvrons à la transformation de la détresse et de la colère et en riposte collective. Plus que jamais aujourd’hui.

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