Médecine de proximité : le 15ème devient un désert médical ! Pour la réouverture et le renforcement de nos centres de santé : Beaugrenelle, Payen, Viala,… !

3 Mars 2017 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

Médecine de proximité : le 15ème devient un désert médical ! Pour la réouverture et le renforcement de nos centres de santé : Beaugrenelle, Payen, Viala,… !

Médecine de proximité : le 15ème devient un désert médical ! Pour la réouverture et le renforcement de nos centres de santé : Beaugrenelle, Payen, Viala,… !

PCF Paris 15, 28 février 2017 

Cette réalité peut surprendre : le 15ème arrondissement compte moins de médecins généralistes de proximité que la moyenne française : 7,2 pour 10.000 contre 8,3 (hors exercices particuliers). Les déserts médicaux ne se trouvent pas qu’en zones rurales. En termes de médecins conventionnés de secteur 1, c’est bien pire encore (plus 35% des praticiens en secteur 2 ou non-conventionnés). Javel et Grenelle sont les quartiers les plus touchés. Depuis 2006, 30% des généralistes ont disparu et la démographie médicale annonce le pire (un tiers de plus de 60 ans).

Il est absurde – comme le font quelques mauvaises foi - d’opposer les services des quelques hôpitaux publics proches restants, à cette situation inquiétante.

Toute l’offre de santé de proximité souffre de la même politique de restriction des dépenses de l’assurance maladie et de privatisation. Les urgences de l’hôpital Pompidou (ou de Saint-Joseph dans le 14ème, depuis la liquidation de Saint-Michel) sont engorgées, notamment à cause de la raréfaction des structures de quartier. L’épidémie annuelle de grippe n’est pas un scoop : il est anormal et scandaleux qu’elle paralyse nos hôpitaux. Le lien est direct avec la dégradation de la médecine de ville.

Par ailleurs, la logique comptable imposée aux hôpitaux les incitent à développer « l’ambulatoire » : on vous enlève un bout de poumon et le lendemain, vous rentrez chez vous ! C’est irresponsable, y compris financièrement. Si, dans la plupart des cas, on peut rentrer le soir sans danger d’une cataracte opérée le matin, ce n’est absolument pas prudent pour toutes les interventions. La complication possible, probable, va peser encore sur l’offre de proximité, voire sur l’hôpital (qui facturera une deuxième hospitalisation !!) et sur l’état du patient.

Les responsabilités relèvent des politiques de restriction de l’offre publique menées par la gauche et par la droite depuis 30 ans. Comptez les défunts dans le 15ème : Boucicaut, Laënnec, Broussais, Saint-Michel… les centres de santé Tiphaine, Beaugrenelle, Balard, Anselme Payen etc. et le tiers des cabinets libéraux.

Cela fait 30 ans que cette politique de pénurie de l’offre de santé, de numérus clausus (limitation des formations de médecins), de suppression d’établissements, de services, de lits, sous de faux prétextes comptables, est à l’œuvre.

D’un côté, on détourne l’argent de l’assurance maladie – cette partie de notre salaire que sont nos cotisations maladie – pour le profit capitaliste. Ils appellent ça « baisse de charges » pour les patrons. De l’autre côté, on développe une médecine – pas meilleure – mais plus chère pour ceux qui en ont les moyens. La fin des choses : les USA qui dépensent 30% de plus par tête pour une espérance de vie de 6 ans inférieure.

Parmi les candidats aux présidentielles, les successeurs de ces casseurs, Fillon a été le plus clair avant de se rétracter. Il a avoué leur politique à tous : transférer aux complémentaires privées la prise en charge des soins banals et  rentables, restreindre la prise en charge publique aux interventions lourdes et coûteuses. Les autres n’en sont que plus hypocrites.

Communistes, nous combattons inlassablement cette politique. En 2015, les agents hospitaliers ont tiré le signal d’alarme sur leurs conditions de travail devant la prétention du pouvoir, à Paris du directeur général de l’Assistance publique, de les faire travailler encore plus pour gagner moins (Hirsch ex-ministre de Sarkozy, nommé ensuite par Hollande). Le 7 mars 2017, une manifestation nationale aura lieu, à l’appel des principaux syndicats, CGT en tête, reprenant toutes les revendications.

Au plan parisien et local dans le 15ème, nous dénonçons l’action de la municipalité de Paris, d’Anne Hidalgo et de son adjoint soi-disant « vert » Jommier.

A la présidence de l’Assistance publique, ils n’ont jamais soutenu les personnels. Ils prennent sur eux, notamment pour des calculs immobiliers indécents, le projet de destruction des hôpitaux Beaujon et Bichat pour une opération ruineuse qui diminuera l’offre de soins.

Dans le 15ème, Jommier a été, lors d’un conseil d’arrondissement spécial en mai 2015, infect de mépris en annonçant brusquement la liquidation du centre de santé municipal Anselme Payen et le refus de toute réouverture des centres précédemment détruits, dont Beaugrenelle sous les bulldozers des promoteurs, amis de la Ville.

Depuis, la situation s’est encore dégradée avec les menaces qui pèsent sur le centre de santé de la rue Viala. Les Allocations familiales (AF) l’ont cédé en 1997, avec réduction des activités, à une mutuelle étudiante bancale, ce que nous avions dénoncé. Incapable de faire face, ces « étudiants » se sont placés en liquidation judiciaire en 2016. Les AF, toujours propriétaires de l’immeuble demandent un surcroît de loyer inacceptable. Le tribunal de commerce n’a trouvé comme repreneur de dernière minute qu’un spécialiste de ces affaires branlantes, le groupe Docte Gestio du financier Bernard Bensaïd, actif aussi bien dans le tourisme, l’hôtellerie, les thermes que dans la santé. Bensaïd affiche la couleur : oui aux non-lucratif dans la santé si ça peut développer le lucratif. Son passif antisocial est connu nationalement comme son sérieux en affaires. Et la municipalité de Paris se tait ! Et, après une première réaction, la municipalité du 15ème aussi.

Non, la réponse – bidon – de la municipalité d’Hidalgo (proposition aussi de Macron), appuyée par la municipalité de droite du 15ème, de subventionner les premières années des médecins libéraux dans des maisons médicales (à ne pas confondre avec des centres de santé conventionnés), n’est pas valide.

Pour soulager les médecins conventionnés, qui n’en peuvent plus, pour répondre aux demandes croissantes des jeunes médecins d’exercer leur profession avec le temps nécessaire, suivant leur vocation, y compris comme salarié, il faut développer l’offre publique sous toutes ses formes.

Nous appelons professionnels, hospitaliers, population à la manifestation du 7 mars.

Nous demandons à la municipalité de Paris, ville la plus riche de France, de cesser de sacrifier l’offre de santé de proximité. Nous savons, que suite à la tarification à l’activité et à la loi Bachelot (aggravée par la loi Touraine), les centres de santé récupèrent en moyenne 12% de ressources en moins du fait de la tarification à l’activité et des difficultés de remboursement vis-à-vis des complémentaires (tiers-payant pour tous).

Aussi nous appelons la Ville de Paris à cesser de soutenir le plan de démolition de Bichat et Beaujon, à désavouer la politique antisociale de Hirsch, à montrer l’exemple, suivant nos nécessités locales en rouvrant un centre de santé municipal, place Violet (Anselme Payen), où les locaux existent, à travailler, financièrement et pratiquement, à la réouverture du centre de santé Beaugrenelle, à sauvegarder, dans des conditions réellement sociales pour les salariés et patients, le centre Viala.

Dans cet esprit, nous rejoignons la pétition initiée par le Comité de défense du quartier Charles- Michels-Beaugrenelle-Front-de-Seine pour le centre Viala.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article