Présidentielles : Communistes, pourquoi nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour.

26 Avril 2017 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Dès le soir du 1er tour, sur les plateaux de télévision, Pierre Laurent a annoncé que le PCF appellerait à voter pour Macron au 2nd tour des présidentielles pour « battre Le Pen ». Cette prise de position unilatérale, sans consultation des camarades, court-circuitant le Conseil national, censé être la direction du Parti, est irrecevable. Elle ne coule pas de source. Le CN se réunira mercredi 26 avril. Nous demandons à ses membres de reconsidérer la position de Pierre Laurent.

Communistes, nous faisons, tous, depuis toujours, partie des adversaires les plus résolus de l’extrême-droite. Nous ferons tout pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Cela signifie, comme notre théorie et l’histoire nous l’ont enseigné, tout faire aussi pour combattre le capitalisme, tenté d’avoir recours au fascisme devant l’aggravation de sa crise.

Nous laissons chaque camarade, chaque électeur opposé au FN, juger, en son âme et conscience, de l’imminence d’un risque d’élection de Le Pen. Nous respecterons chaque décision.

Pour notre part, nous analysons, avec gravité, le risque, non d’une élection de Le Pen le 7 mai, mais d’une nouvelle montée de l’extrême-droite dans son ensemble d’ici 2022 et dès les prochains mois.

Nous estimons que le PCF ne doit pas se ranger, de quelque façon, derrière le nouveau représentant des pyromanes, Macron, pour combattre l’incendie.

La présidentielle a montré la décision des capitalistes français, via les médias de idéologie dominante, de dépasser l’alternance droite/ « gauche », qui servait depuis 30 ans à poursuivre la politique à leur service. Après 5 ans de Sarkozy et 5 ans de Hollande, le modèle risquait de ne plus tenir face à la colère populaire. Ils ont donc poussé une candidature confusionniste, Macron, « ni droite, ni gauche » qu’ils ont réussi à exonérer du bilan de quinquennat Hollande auquel il était pourtant totalement lié.

La posture anti-FN est un élément essentiel de la légitimation aujourd’hui de la candidature Macron, demain de la politique ultracapitaliste de sa présidence et de son gouvernement.

Il cultive des clivages privilégiés avec Le Pen, notamment sur le multiculturalisme, l’immigration, la Russie etc. (et réciproquement). Avec l’élection de Macron, le système érige plus que jamais le FN comme principale opposition, canalisant vers le pire la contestation que sa politique et la crise du capitalisme ne manqueront pas de susciter. C’est hautement dangereux pour les travailleurs et le pays. D’autant plus que la campagne a montré que le FN a affiné sa démagogie sociale, ce qui le rapproche encore d’un parti fasciste et qu’il passe aisément pour le plus opposé à l’UE du capital qui est la référence centrale de Macron.

Le FN a obtenu un nombre de voix jamais atteint, 7,7 millions. Les élections ont montré qu’il disposait encore de réserves, notamment face à Macron. Il en a parmi la droite ultraréactionnaire qu’a tenté d’attirer Fillon après son lynchage médiatique ou parmi les 4,7% de Dupont-Aignan tout près à tendre la main à Le Pen.

Mélenchon, issu de la social-démocratie traditionnelle, a choisi d’axer sa campagne sur sa personne, sur le rejet des partis, sur un populisme assumé (« qu’ils dégagent !»). Il fixe comme perspective politique un renversement de régime. Sur ces terrains, l’extrême-droite, là aussi l’histoire nous l’a montré, est la plus à l’aise.

Nous appelons le CN, tous les camarades à se donner le temps pour approfondir la réflexion collective du Parti sur ces questions très graves de la montée et des formes nouvelles de l’extrême-droite. Cette analyse ne peut pas être court-circuitée par un alignement, maintenant (pour quelles motivations ?) sur la candidature Macron au 2nd tour. Ce choix peut peser très lourd, se retourner contre le mouvement populaire et notre Parti pendant 5 ans. Mesurons déjà les effets du ralliement dès 20h05 le soir du premier tour de 2012, « sans conditions, comme s’il s’agissait de voter pour lui-même », de Mélenchon sur Hollande.

Nous ne sommes plus dans les conditions de 2002. Alors, on pouvait encore espérer montrer la marginalité relative de Le Pen et le tenir à l’écart. Et puis Chirac était clairement le représentant de la droite « républicaine », sans confusion possible avec la gauche.

La bataille contre l’extrême droite sera indissociable de la bataille contre la politique de Macron. Elle passera par l’élévation de la lutte des classes qui devrait être, aujourd’hui comme toujours, la raison d’être de notre parti.

Voilà les raisons pour lesquelles, militants, dirigeants d’organisations du PCF, nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour des présidentielles.

Le 1er mai, pas question de défiler tout en appelant à voter Macron ! Préparons un 1er mai d’ampleur afin d’élever le rapport de force et de préparer les travailleurs à la riposte dès les premières attaques de Macron !

Contacts pour s’associer à cette déclaration (ou signer en ligne, ci-dessous) :

-Corinne Bécourt, PCF Saint-Quentin, corinnebecourt@hotmail.fr

-Emmanuel Dang Tran, PCF Paris 15ème, membre du CN du PCF, emmanuel.dang-tran@orange.fr

-« Cahiers communistes », cahierscommunistes@orange.fr

 

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