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Jeudi 31 mars 2005

Menaces réelles sur la Laïcité en France

En France, cent ans après la loi de séparation de l’église et de l’Etat, les croyances religieuses et les églises n’interfèrent pas dans la vie publique et restent strictement dans la sphère privée. C’est l’acquis du principe de laïcité. Les religions représentent une autorité morale pour leurs adeptes et pour ceux qui les reconnaissent, pas pour l’Etat. La « constitution » européenne qui primerait sur le droit français nie totalement ce principe de laïcité et met en péril son avenir en France.

Illustrations:

1– Le mot laïcité est absent de tout le texte.

2– A l’article II-70, on lit: « Toute personne a droit à la liberté de pensée de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement en public ou en privé par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ». « En public et en privé »? Pourquoi avoir fait voter une loi sur le « port du voile » à l’école pour donner ensuite un fondement législatif à l’expression de l’appartenance religieuse sur les lieux publics? C’est la porte ouverte au prosélytisme, à l’embrigadement, au communautarisme.

3– L’article I-52 stipule: « Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les églises... ». Cette disposition en rupture totale avec le principe de la République française, offre aux réligions un fondement juridique qui leur permettrait de faire pression sur la République et de s’inviter, au nom de croyances particulières, dans les affaires relevant du bien commun et de l’intérêt général.  

 

4– La laïcité de l’Etat est quasiment une exception française. Demain, avec la primauté accordée aux décisions de l’UE et le système de prise de décision dit à la majorité qualifiée (55% des Etats représentant 65% de la population de l’UE), la France perdrait sa possibilité juridique de s’opposer à tous les règlements européens à venir qui bafoueraient notre principe de laïcité.

Pour préserver la Laïcité en France et lutter contre le communautarisme, il faut voter NON! 

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Samedi 19 mars 2005

 « Directive Bolkestein »,  le révélateur:

 - des objectifs de la « constitution » européenne

- de l’hypocrisie des tenants du OUI.

 La « directive Bolkestein », du nom de l’ancien commissaire européen néerlandais a été adoptée par la Commission européenne le 13 janvier 2004. Son contenu, directement en cohérence avec le projet de « constitution » européenne, est éclairant sur la course aux délocalisations, au dumping social et fiscal que l’UE veut imposer.

 Une lourde menace pour 70% des salariés français!

  Elle stipule notamment que les entreprises de service (70% de l’économie) doivent bénéficier du « principe du pays d’origine ». Cette « innovation juridique » signifie que les réglementations applicables lors d’une prestation de service seraient celles du pays d’origine de l’entreprise prestataire et non plus celle du pays où s’effectue la prestation.

 En clair, c’est mettre les travailleurs français directement en concurrence en France même avec les conditions sociales de l’Estonie, de la Slovaquie, demain de la Turquie!

 Les secteurs du tourisme, de la maintenance, de la distribution, toutes les activités recourant à l’intérim sont notamment concernés. Nous sommes face à une forme de « délocalisation intérieure ». Pour les activités non délocalisables physiquement, on pourrait faire appel sur le territoire national, pour des périodes renouvelables de 18 mois, à des entreprises étrangères non astreintes à nos règles fiscales, sociales, sanitaires, salariales...

 Ce serait la généralisation du principe des « pavillons de complaisance » à toutes les activités de service. On imagine sans mal les conséquences (que subissent déjà en partie les routiers) pour les salaires, le droit du travail, la Sécurité sociale, le budget de l’Etat, d’une telle disposition. La plupart des activités de service public sont touchées: santé, énergie, transport, poste,… L’UE et le projet de « constitution » nient d’ailleurs cette notion, la remplaçant par les SIEG, « service d’intérêt économique général » livré à la concurrence.

 Le bal des hypocrites

 Apeurés avant le référendum et la progression du NON dans l’opinion, les partisans du Oui font semblant de découvrir cette directive et de vouloir la remettre en cause. C’est pourtant eux (Chirac et Jospin) qui l’ont commanditée avec les autres chefs d’Etats et de gouvernement européens au sommet de Lisbonne en 2000. Ce sont les commissaires européens Lamy (PS) et Barnier (UMP, actuellement ministre des affaires étrangères) qui l’ont adopté en janvier 2004. Contrairement à ce que disent les partisans du oui,

 Bolkestein est directement inscrit dans le projet de « constitution »:

 L’article III-148 du projet de « constitution » stipule: « Les Etats membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services... ». L’article I-3 ins  crit le « marché ouvert où la concurrence est libre et non faussée » comme objectif primordial de l’UE. Voir encore l’article I-138 qui prévoit l’établissement sans contrainte des entreprises dans tous les pays.

 Si la « constitution » était adoptée, la directive Bolkestein pourrait être décidée même si les représentants de la France s’y opposent et elle s’appliquerait à notre pays. Le système dit de la « majorité qualifiée » permettrait en effet son adoption avec l’accord de 55% des chefs d’Etat ou de gouvernement représentants 65% de la population de l’UE.

 Demain, le Parlement français ne serait plus qu’une chambre d’enregistrement. Les « directives » européennes comme Bolkestein rentreraient automatiquement dans notre droit national.

 Le président de la « Commission », Barroso soutient sans réserves Bolkestein.  Demain sa Commission, totalement antidémocratique et illégitime, composée de technocrates nommés, aurait tout pouvoir, notamment le monopole de l’initiative législative. Elle serait déclarée « promoteur de l’intérêt général de l’Union » (article I-26).

 L’enjeu de la « constitution » européenne et du référendum, c’est de faire abdiquer par les peuples leur droit à disposer d’eux-mêmes, leurs possibilités légales de résister aux lois du « marché ouvert où la concurrence est libre et non faussée » autrement dit à l’ordre capitaliste européen.

 La persistance du consensus entre les « partis de gouvernement » se manifeste aujourd’hui pleinement derrière le oui au référendum.

L’enjeu de la victoire du NON, c’est de vaincre la résignation, d’exprimer le rejet de ces politiques, de mettre en échec tout de suite les directives européennes, d’engager tout de suite une véritable alternative politique pour la France!

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Mercredi 2 mars 2005
 OTAN, UE, USA, même(s) combat(s)! 

NON à l’OTAN, NON à l’impérialisme, NON à la guerre, NON au projet de « constitution » européenne!

 George Bush vient de passer en Europe, au sommet de l’UE puis au sommet de l’OTAN qui avaient lieu coup sur coup. Il a réaffirmé son soutien au processus d’intégration européenne. De son côté, Jacques Chirac ouvrait le sommet de l’OTAN. Un symbole qui suit l’organisation par les autorités françaises d’une rencontre de l’OTAN à Nice les 9 et 10 février, pour la première fois depuis le retrait (décidé par de Gaulle en 1966) de notre pays du commandement intégré de cette « alliance ». Le projet de « constitution » européenne vise explicitement à « intégrer » les politiques extérieures et de défense des pays de l’UE et à les placer sous l’égide de l’OTAN. C’est une grave menace pour l’avenir de la politique de défense de notre pays, pour la paix.

 L'administration Bush vient de réaffirmer crûment, par la voix de la secrétaire d’Etat Condoleeza Rice, sa stratégie néo-impérialiste d’hégémonie globale et de « guerre préventive » pour écraser tout pays ou peuple qui résisterait d’une façon ou d’une autre à l’ordre capitaliste mondialisé. Ce terrorisme US planétaire a fait plus de 200000 morts en Irak en un an.

La France avait à juste titre refusé de se joindre à l’agression militaire contre l’Irak. Refusera-t-elle encore de suivre l’aventurisme militaire et meurtrier des Etats-Unis, pourra-t-elle encore le faire?  M. Chirac (et les partisans du OUI) semblent en train de rentrer dans le rang avec la réunion de Nice comme avec leur appui au « projet » de constitution européenne!

L’OTAN est l’outil majeur de la politique de domination mondiale des Etats-Unis. Ils veulent y impliquer encore davantage politiquement, militairement et financièrement les pays d’Europe. C’est dans cette voie que les principaux dirigeants européens veulent entraîner leurs peuples avec le projet de « constitution » européenne. L’article I-41 du projet prévoit ainsi la « définition progressive d’une défense commune de l’Union », « la mise à sa disposition par les Etats-membres de capacités civiles et militaires ». Il fixe comme objectif l’augmentation des dépenses militaires de chaque pays (alinea 3). Il stipule que « les engagements et la coopération (dans le domaine de la défense) demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre ». 

 Le texte prévoit aussi la nomination d’un « ministre européen des affaires étrangères de l’UE ». L’actuel « haut représentant pour la politique étrangère de l’UE », qui n’est autre que Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN pendant la guerre de Yougoslavie, est pressenti pour le devenir. Il considère que ce « ministère » doit être une « administration sui generis (sic) indépendante du Conseil européen », donc des chefs d’Etats et de gouvernements nationaux, une sorte de proconsul qui n’aurait de comptes à rendre à aucune instance démocratique....  

Si les promoteurs de l’UE ont toujours le mot « paix » à la bouche, c’est pour mieux dévoyer l’aspiration profonde des peuples! Ce qu’ils veulent c’est constituer un bloc militarisé supranational européen aligné sur l’OTAN.

 Nous n’en voulons pas (qu’il soit aligné sur l’OTAN ou pas d’ailleurs).

  NNous nous prononçons pour une politique strictement de défense nationale indépendante.

 

Nous demandons le départ de la France de l’OTAN. 

Nous combattons la politique de démantèlement et de privatisation des industries nationales de défense (GIAT, Société nationale des poudres et explosifs, arsenaux avec la Direction des constructions navales…) au profit des multinationales capitalistes, des marchands de canons, les fauteurs de guerre de l’Histoire.  Nous nous battons pour que la France s’investisse dans des politiques de développement et de coopérations partout dans le monde. La Paix ne passe pas par la militarisation mais par la justice sociale et le respect du droit des peuples à disposer d’eux mêmes. L’OTAN, la « politique extérieure de sécurité » de l’Union européenne menacent la paix. Disons NON au projet de « Constitution » européenne!

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Mardi 1 mars 2005
Hervé Gaymard ou Thierry Breton:  « maladroit » ou pas, des serviteurs de leur classe sociale et du grand capital! 

Hervé Gaymard a démissionné. C’est justifié.  14000 euros de loyer par mois payés par l’Etat pour un appartement de fonction de grand luxe, sans compter les  85000 euros de travaux… On ne peut pas demander aux salariés et retraités de se serrer encore plus la ceinture et mener un tel train à leurs frais. M. Gaymard est imposé sur la fortune, on comprend qu’il ait affiché l’intention de continuer à abaisser l’ISF… 

Mais que penser de Thierry Breton?

Cet autre poulain de M. Chirac et de M. Raffarin a un passif beaucoup plus lourd! Un passif, plutôt un actif pour lui-même! A France-Télécom, son salaire (décidé par le Conseil d’administration où les représentants de l’Etat sont majoritaires) atteint 1,35 million d’euros par an. Il bénéficie aussi des stock-options qu’il s’est attribués quand il était PDG de Thomson. Il est aussi prévu qu’il reçoive de France Télécom 21 mois de salaire (2,35 millions d’euros) « s’il devait quitter ses fonctions » de PDG. 

Celui qui vient de décider la hausse des tarifs de France Télécom (26% pour les abonnements), ne connaît pas de problème de pouvoir d’achat!

 Le salaire de la privatisation et de la casse sociale!

 Depuis 15 ans, M. Breton est grassement récompensé pour… son œuvre de démantèlement et de braderie des entreprises nationales. Bull, Thompson, France Télécom, chaque fois le scénario est le même. Le gouvernement sabote l’entreprise publique et creuse les déficits. Breton arrive. L’Etat renfloue aux frais du contribuables. L’entreprise est privatisée. Breton s’en va après avoir joué son rôle de « sauveur-fossoyeur ».

L’exemple de France-Télécom est le plus éclatant: La privatisation partielle décidée par la « Gauche plurielle » conduit à une dette colossale, due à des rachats d’entreprises à l’étranger au prix fort alors que l’exploitation en France reste bénéficiaire. A partir de fin 2002, Breton arrive pour régler la dette qui atteint 70 milliards d’euros.

Qui profite: les banques, les marchés financiers, les concurrents privés. Qui paye: les contribuables (recapitalisation), les usagers avec la hausse des tarifs et la baisse de la qualité du service et les salariés. Thierry Breton supprime 8000 emplois par an, applique des méthodes de « gestion » du personnel destinées à se débarrasser des agents fonctionnaires pour précipiter la privatisation totale. Un livre a relaté ces méthodes: « France-Télécom: la machine à broyer, quand les privatisations tuent ». A la tête du ministère de l’économie et des finances, Thierry Breton va poursuivre la politique de Gaymard et de Sarkozy. Nous la combattrons hier comme aujourd’hui, quel que soit les hommes qui la conduisent. Ce ne sont que des mercenaires du MEDEF et du capital... 

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