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Jeudi 15 septembre 2005

Pour le droit de vivre dans le 15ème, nous exigeons le maintien du Foyer Duranton !

Les responsables politiques sont toujours prompts à répandre des larmes de crocodile et à s’agiter dans les media après les drames des grands froids, de la canicule ou des inondations. Mais ces jours-ci, certains n’hésitent pas à profiter des derniers jours de l’été pour fermer brutalement le foyer Duranton, l’un des seuls centres d’hébergement d’urgence pour les sans abri dans le 15ème. Les usagers et les salariés occupent le foyer depuis le 5 septembre pour dénoncer cette opération et demander le maintien du foyer. Depuis le départ, la section du PCF Paris 15ème soutient cette lutte.

La décision de la DDASS de Paris est injustifiable.

Le 4 septembre, la DDASS a décidé de fermer le Centre d’hébergement d’urgence pour l’accueil de nuit des sans-logis, géré par l’Armée du Salut, situé 22 rue Duranton dans le 15ème.

Cette décision est officiellement motivée par la surface insuffisante des bâtiments pour accueillir, conformément aux nouvelles normes, les 36 places de résidents actuelles.

Cette raison n’est absolument pas recevable pour justifier une fermeture brutale et précipitée à deux mois de l’hiver. Le centre, dans ses dimensions actuelles, fonctionne depuis 10 ans dans des conditions jugées par tous très satisfaisantes, grâce notamment au dévouement de ses personnels. Son caractère de structure de proximité, presque familiale, est propice à l’accomplissement de sa mission de réinsertion.

L’état de l’immeuble ne présente aucune menace particulière ou imminente de sécurité pour ses occupants.

Au contraire, c’est le choix de renvoyer chaque soir 36 sans logis de plus dans la rue qui les place en situation d’insécurité! La DDASS n’ouvre aucune autre structure équivalente dans le 15ème. Elle se borne à proposer aux résidents actuels un hébergement en hôtel pendant… 3 jours !

La DDASS veut ajouter de la précarité à la précarité!

Un manque déjà criant de structures destinées aux plus démunis du 15ème

Le 15ème arrondissement, le plus peuplé de Paris avec 230000 habitants, est déjà notoirement dépourvu de structure d’accueil d’urgence pour les sans-logis. Le foyer Duranton représente ainsi à lui seul 36 des 126 places recensées dans le 15ème par la Préfecture de police dans le plan d’urgence hivernal 2004/2005.

Où les sans-logis pourront-ils trouver un abri et un peu de chaleur humaine cet hiver ? Veut-on les inciter à investir des squats, des halls d’immeuble, des bâtiments insalubres, les pousser vers les services d’urgences des hôpitaux, déjà engorgés ou à rester coucher dans la rue? Des mesures de ce type préparent de nouveaux drames humains.  

La fermeture du Foyer Duranton s’inscrit pleinement dans la logique de ségrégation sociale et de spéculation immobilière qui frappe Paris en général et le 15ème en particulier. Nous la combattons comme nous combattons les politiques qui la favorise : pénurie organisée du logement social, vastes opérations spéculatives en cours ou à venir dans le 15ème notamment sur des terrains publiques (Imprimerie nationale, Beaugrenelle,…).  Les salariés, avec ou privés d’emploi doivent avoir le droit d’habiter dans le 15ème !

Exigeons le maintien du Centre Duranton!

Le centre Duranton doit rester en fonctionnement avec ses 36 places actuelles, jusqu’en mars de l’année prochaine. C’est une nécessité absolue pendant l’hiver.

 

A terme, nous exigeons le maintien définitif du foyer Duranton. Si une rénovation doit avoir lieu, une structure équivalente, dans le même quartier, doit prendre son relais le temps des travaux. Si le nombre de places d’accueil du foyer doit être diminué, un nombre au moins équivalent doit être créé dans le 15ème

Plaçons chacun devant ses responsabilités!

- La DDASS doit revenir sur sa décision. Nous interpellons le ministère des affaires sociales. Il est scandaleux et cynique que le gouvernement utilise les incendies dramatiques de ces dernières semaines pour accélérer sa politique de réduction des dépenses sociales pour le logement d’urgence et de ségrégation urbaine. On avait bien trouvé un appartement de super-luxe avenue Montaigne de 600M2 pour loger l’ex-ministre Gaymard pour 14000 euros par mois payés les contribuables et ce n’est qu’un exemple... 

- L’Armée du Salut, au lieu de défendre sa propre structure conformément à sa mission, abandonne le Foyer sans réagir et sanctionne même ses salariés qui résistent à sa fermeture. Etrange attitude de la part d’une fondation caritative. Qu’a-t-elle fait de l’argent versé par la DDASS pour la rénovation du bâtiment et les frais de fonctionnement jusqu’à la fin décembre?

- La Ville de Paris est propriétaire du bâtiment. Ses représentants, dans une lettre au Préfet, « s’étonnent » que la décision de la DDASS « n’aie pas fait l’objet d’une concertation préalable avec la collectivité parisienne et sans solution préalable de fonctionnement ». Ils souhaitent « le maintien d’une vocation d’hébergement social » pour le 22 rue Duranton et la « reconstitution des places fermées dans les arrondissements à faible capacité d’accueil ». Nous en prenons acte mais il y a urgence pour sauvegarder le Foyer Duranton et les 36 places qu’il abrite aujourd’hui. Nous demandons que la Ville de Paris exige que le Centre soit maintenu intégralement en fonctionnement dans les conditions actuelles au moins jusqu’en mars. Nous demandons que la Ville aide matériellement la lutte des occupants du foyer pour continuer à intervenir vis-à-vis de la DDASS.

- La Mairie du 15ème pourrait manifester un soutien à l’égard de nos concitoyens les plus démunis. M. Galy-Dejean, maire, rencontré le 13 septembre, se retranche derrière les mauvais prétextes de la DDASS , se défausse de toute responsabilité et ne recherche aucune solution.

- Nous appelons la population et les salariés à intervenir en signant la pétition (au dos) lancée par l’Union locale CGT du 15ème

par PCF - Section Paris 15ème ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 12 septembre 2005

Appel aux communistes, aux sympathisants diffusé sur le stand à la fête de l’huma

Le 29 mai : Un vote de classe qui appelle un parti de classe.

Le peuple français a fait une démonstration extraordinaire de sa force politique.

Malgré la pression énorme de toute la classe dominante, il a d’abord infligé une réelle défaite à l’offensive du capitalisme mondialisé et à ses servants français et européens. Il a mis en échec la « constitution » européenne destinée à imposer à perpétuité la concurrence de tous contre tous, le règne du tout marché, à lever tous les obstacles à la dictature de l’argent pour l’argent, en liquidant le fondement des droits démocratiques nationaux, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le peuple ne s’est pas « trompé de sujet » en faisant le lien entre les choix européens et les choix nationaux. Dans la continuité du référendum de 1992, des grèves de 95, des grandes mobilisations de 2003 contre la casse du système de retraite, de 2004 contre le changement de statut d’EDF-GDF, des luttes contre les délocalisations… le vote du 29 mai a montré le potentiel de résistance contre la politique de casse sociale et économique menée dans notre pays depuis 20 ans, au nom de l’Europe.

Un vote de classe

Le 29 mai, l’abstention populaire a été faible. 79%, les ouvriers, 70% les paysans, 67%, les employés, 71% les chômeurs, la majorité des jeunes, des enseignants, de nombreux cadres et techniciens ont voté NON. Cette vague de fond a exprimé leur ras-le-bol devant la dégradation des conditions de travail et de vie, le chômage, la précarité, les bas salaires, l’envolée des loyers… leur exaspération devant les délocalisations, la désindustrialisation, la casse des acquis sociaux, des services publics.

Débarrassée du jeu politicien de l’alternance, la sanction populaire a pu s’exprimer sur le fond et non, comme dans les autres élections, sur une « équipe » faute de mieux.

90% de la classe politique a appelé à voter oui, 55% des électeurs ont voté NON.

Le problème est là : le vote populaire se trouve confronté à l’absence de débouché politique.

C’est ce qui permet à la droite de continuer et même d’accélérer la destruction du pays télécommandée par le MEDEF. Les 100 jours de Villepin tentent d’assommer l’élan populaire. A terme, cette situation d’impasse politique, porte le danger de faire le lit de l’extrême-droite.

L’alternative politique ne peut pas être représentée par les tenants du « NON de gauche ». Personne n’est dupe de l’opération tactique du PS qui n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Que peut on attendre des maastrichiens Fabius ou Emmanuelli qui ont privatisé, baissé les impôts des riches…? Les individus ou organisations (comme la LCR ) qui n’ont cessé de clamer leur « besoin d’Europe », leur « amour de l’Europe », et qui se posent maintenant la question d’aller avec le PS en 2007, ne peuvent davantage prétendre porter la plus grande partie du vote populaire.

Les responsabilités du PCF sont immenses. Sa direction leur tourne le dos.

Pour nous, le PCF est le seul parti susceptible de répondre à l’exigence de débouché politique. Il représente dans l’Histoire et dans l’inconscient collectif de notre pays, le seul parti de masse et de classe dont la raison d’être devrait toujours être de représenter et organiser le monde du travail dans la lutte anticapitaliste contre l’idéologie dominante.

Le fait que notre parti soit le seul grand parti à appeler à voter NON a suscité un regain d’intérêt. Des électeurs ont eu l’impression de retrouver le parti qui a toujours dit NON à l’UE du capital et défendu la souveraineté populaire, qui a mené une campagne exemplaire contre Maastricht. Cela montre qu’il pourrait rapidement regagner de l’influence s’il revenait à une base de classe.

Mais trois mois après ce vote historique, nous constatons que la direction du PCF choisit de tourner le dos aux perspectives ouvertes par le référendum.

Sa stratégie est ouvertement de préparer le rassemblement de « toute la gauche » pour 2007. Elle s’évertue à redonner un vernis de gauche aux dirigeants du PS qui ont fait outrageusement campagne pour le oui, côte à côte avec la droite. Réconcilier le oui et le non, autant réconcilier l’eau et le feu !

De même, alors que les peuples français et néerlandais viennent de balayer la « constitution » européenne, les dirigeants de notre Parti invite à la « renégocier » pendant que « l’Appel des 200 », dont ils font partie, réclame la réunion d’état généraux européens et une assemblée constituante pour écrire une nouvelle « constitution ». La direction du PCF s’obstine à légitimer l’intégration européenne et l’UE au service du capital alors que le peuple vient de rejeter cette machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Elle s’obstine à nier la capacité des peuples à l’échelon national de résister à l’ordre capitaliste européen alors que les Français et les Hollandais viennent de prouver le contraire au bénéfice de tous les autres peuples.

Pas plus que la sanction cinglante de 2002 (3,37%), le résultat du 29 mai ne détourne la direction du PCF de la « Mutation-démolition » du parti entreprise depuis 1994 marquée par la priorité à la présence dans les institutions et aux alliances électoralistes sur les luttes, par éloignement délibéré du lieu de l’affrontement de classe avec la suppression des cellules, par les tentatives récidivées pour gommer le nom et l’identité du Parti et pour le fondre dans la gauche « réformiste » (ex : intégration dans le Parti de la « gauche européenne » ou listes dans certaines régions aux régionales).

Aux communistes de relever le défi du 29 mai

Pour nous, moins que jamais, le PCF ne se réduit à sa direction. Aussi, nous continuons à exiger la rupture avec les choix de la « mutation » du PCF. Le 33ème congrès sera une occasion d’intervenir et faire progresser nos analyses.

Mais nous considérons qu’il est primordial que les communistes, avec ou sans carte, mènent une action communiste immédiate pour alimenter les luttes, émancipée des directions nationales et départementales, fassent vivre leurs structures de base abandonnées par la « Mutation » commencent à combler le vide idéologique laissé par la désertion de la direction du PCF.

L’alternative politique se joue dans la capacité à mettre en échec tout de suite le gouvernement. Le rapport de forces potentiel exprimé le 29 mai, dans la continuité des grands mouvements de 2003 et de 2004 ouvre des perspectives de gagner contre la privatisation partielle de l’EDF par exemple, contre la casse du droit du travail, de l’assurance chômage…

Notre place de communistes n’est pas de se contenter d’apporter un soutien ou de manifester une opposition de témoignage en attendant 2007. Notre rôle de communistes est de travailler à la convergence des luttes et à les alimenter par des perspectives politiques de rupture. C’est la meilleure et la seule façon pour que le scénario prévisible de 2007 ne se produise pas.

Avançons vers un programme de rupture anticapitaliste ! Quelques premières pistes.

- NON à la fatalité de la dictature de l’UE. Elle vient d’être battue en brèche par le vote populaire. Tous les traités européens comme les directives dont se servent les gouvernement pour détruire le pays ont été désavoués. C’est un point d’appui essentiel pour lutter contre leur application dans notre pays.

- La question de l’appropriation des grands moyens de productions et d’échanges est plus jamais à l’ordre du jour face à la mondialisation des mouvements de capitaux, aux délocalisations massives, à l’exigence de défense et de développement des services publics. Les (re)nationalisations de l’eau, des télécoms, des groupes pétroliers, des services financiers et de la grande distribution sont prioritaires.

- Notre protection sociale repose sur un principe d’avant-garde, le financement par la cotisation sociale directement prélevée sur la création de richesse, sans accumulation financière, la part socialisée du salaire. Nous devons cette conquête de la Libération aux  ministres communiste. Ne transigeons jamais sur ce système !

- Contre la mise en concurrence des salariés au plan international par le dumping social, exigeons la sortie de la France de l’OMC.

Pour nous, plus que jamais, la construction du socialisme en France reste l’objectif. 

par PCF - Section Paris 15ème - de Infos 15 n° 50 ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 septembre 2005
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