Agenda

15 mai 2008: journée nationale d'action des agents de la fonction publique, des personnels de l'Education nationale, des lycéens. Manifestation parisienne - départ 14h00 - place d'Italie

22 mai 2008: mobilisation pour la défense de la retraite solidaire par répartition.

Nos initiatives:

17 mai 2008
: débat public
"état et avenir du mouvement communiste en Italie" avec Andrea Catone, 16h30, 46 rue d'Ulm, Paris 5ème.
28 mai 2008: réunion publique dans le 15ème. "Organiser sa colère pour lutter et gagner une alternative politique". Propositions des communistes du 15ème. 18h30 au Patronage Laïque, 72 avenue Félix Faure, paris 15ème.


Dimanche 25 décembre 2005
Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes !

Communistes (que nous ayons la carte ou que nous ne l’ayons plus),
rassemblons-nous pour rompre avec la «Mutation-disparition» du PCF et développer l’action communiste!




33EME CONGRES DU PCF

PROPOSITION ALTERNATIVE DE BASE COMMUNE

25 DECEMBRE 2005




 

1)- Le 29 mai, les luttes ouvrent une voie.

2)- Les communistes peuvent et doivent relever le défi!

3)- La « Mutation » : un contresens par rapport aux exigences de la situation politique qui précipite le PCF dans le mur.

4)- La gravité des abandons théoriques, du contrefeu à l’idéologie dominante

5)- L’effacement du PCF toujours à l’ordre du jour !

6)- La rupture avec la « Mutation » ne peut être que l’œuvre des communistes eux-mêmes

A propos des candidatures communistes


PARTIE 2 :

UNE BASE POUR RELANCER L’ACTION COMMUNISTE PARTOUT OU SE TROUVENT LES COMMUNISTES

I)- Plus que jamais, l’exigence de rupture avec le capitalisme !


II)- La situation en France


III)- 55% : le commencement d’une majorité. Priorité au mouvement populaire.


IV)- Agir dans les luttes pour des ruptures immédiates, développer un programme communiste, dans une perspective de rupture avec le capitalisme: le socialisme

V)- Combattre l’Union européenne, instrument régional de la mondialisation capitaliste


VI)- Renforcer la lutte internationaliste


VII)- Faisons vivre et développons l’organisation révolutionnaire du PCF pour qu’il redevienne un parti de classe et de masse !


Le 29 mai, 90% de la classe politique s’est regroupée dans une « Union sacrée » pour le OUI à la « constitution européenne » au service de la mondialisation capitaliste.
55% des électeurs ont dit NON.

Ce résultat, révélateur de l’ensemble de la situation politique de notre pays, illustre à lui seul le rôle et la place que devrait et pourrait tenir le PCF dans notre pays. La période de la campagne a montré, dans une certaine mesure, que le PCF pouvait regagner de la crédibilité quand il semble reprendre une position de lutte.

Le 29 mai a fait apparaître aussi de façon encore plus flagrante le contresens des orientations stratégiques de la « Mutation » engagée par la direction du Parti depuis 1994, formulée en 2000 au Congrès de Martigues puis confirmée aux 31ème et 32ème congrès.
Ces choix d’effacement de l’identité du Parti, d’intégration dans la « gauche » réformiste qui gère loyalement les affaires du capital, d’abandon de l’action sur le terrain de classe pour privilégier la figuration dans les institutions, de sabordage de l’organisation de masse du Parti ont conduit au désastre des 3,37% en 2002,  à l’élimination des 4/5èmes des adhérents. Ils font perdre au Parti sa raison d’être et remettent en cause l’acquis historique décisif du Congrès de Tours. 

Dès le soir du 29 mai, la direction du Parti s’est placée ouvertement dans la poursuite de la ligne de la « Mutation » en tendant la main au oui « de gauche » et en réclamant, en dépit du vote populaire, la « renégociation » du projet de « constitution » européenne.
Son « projet de base commune » pour le 33ème congrès, adopté le 10 décembre, met à l’ordre du jour la continuation des choix de la « Mutation ». Pour ce faire, il tente même de soustraire complètement son bilan catastrophique, pourtant essentiel, des débats du congrès. Logique : sa perspective centrale est de créer les conditions du « rassemblement de toute la gauche » pour 2007, un remake de 1997/2002.

L’objectif du texte qui suit est d’exprimer au contraire le plus fortement possible la nécessité pour le monde du travail, pour le pays comme pour le Parti de rompre avec cette « Mutation-disparition ».
Il ambitionne de rassembler le maximum de camarades, avec ou sans carte, à l’occasion du congrès, mais également ensuite et de servir de base pour mener et relancer l’action communiste le plus largement possible, dans l’entreprise, le quartier, le village pour alimenter et animer les luttes, en s’émancipant de la ligne de la Mutation et des directions nationales et départementales qui la mettent en œuvre. Il vise à être un point d’appui pour faire vivre les structures de base abandonnées par la « Mutation ».
C’est la meilleure façon de la contrecarrer. C’est aussi et d’abord une nécessité pour combattre dès maintenant la politique de casse du pays, au service du MEDEF, poursuivie et aggravée par le gouvernement.

Ce texte s’adresse à tous communistes qu’ils soient adhérents du PCF ou qu’ils ne le soient plus, notamment depuis et à cause de la « Mutation ». L’avenir du PCF nous concerne tous. Nous n’avons pas de Parti communiste de rechange.

Ce que représente le PCF et ce que représente le parti de la Mutation sont profondément contradictoires. Les dirigeants « mutants », même s’ils tiennent la majeure partie de l’appareil, ne pourront pas éternellement tenir cette contradiction, surtout si les communistes ne les laissent pas faire.

Plus que jamais, il y a besoin d’un parti communiste pour une alternative anticapitaliste. Le monde doit changer de base. Le PCF doit retrouver la sienne !
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Dimanche 25 décembre 2005
La nécessité de rompre avec la mutation-disparition du PCF



1)- Le 29 mai, les luttes ouvrent une voie.

Le 29 mai, le peuple ne s’est pas « trompé de sujet » en faisant le lien entre les choix européens et les choix nationaux. Il a montré l’existence d’une perspective de résistance et de rassemblement pour mettre en échec la politique menée depuis plus de 20 ans dans notre pays, au nom de l’Europe, dans l’intérêt du MEDEF et des marchés financiers.

Suivi par le peuple néerlandais, le peuple français a infligé une réelle défaite à l’offensive du capitalisme mondialisé, à ses servants français et des autres pays de l’UE. Le NON majoritaire a mis en échec le projet de « constitution » européenne, destiné à imposer à perpétuité Maastricht, la concurrence de tous contre tous, le règne du tout marché, à lever les obstacles à la dictature de l’argent pour l’argent en liquidant le fondement des droits démocratiques nationaux, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il a ainsi battu en brèche la fatalité de la dictature de l’UE, montré que l’on peut résister et gagner au plan national, au bénéfice de tous les autres peuples. C’est un point d’appui décisif pour montrer qu’une issue existe au mouvement populaire en France, pour s’opposer à la mise en œuvre des traités et directives dont les gouvernements français successifs se servent pour démolir les acquis sociaux et démocratiques, les atouts économiques de notre pays.

Le NON majoritaire, profondément un vote de classe, a fait une démonstration éclatante du potentiel de résistance qui existe dans le pays pour mettre en échec cette politique. Il se situe dans la continuité des luttes, notamment des grèves de 95, des grandes mobilisations de 2003 contre la casse du système de retraite, de 2004 contre le changement de statut d’EDF-GDF, des luttes contre les délocalisations… Le peuple a pu s’exprimer cette fois sur le fond, et non, comme dans les autres scrutins, sur une « équipe » faute de mieux. Il a condamné sans ambiguïté le jeu politicien de l’alternance des gouvernements.

Le mouvement populaire est à la recherche plus que jamais d’un autre débouché politique, de façon plus ou moins consciente anticapitaliste. Le vote, relayant les luttes, a commencé à pointer la possibilité d’un rassemblement majoritaire dans ce sens. Il y a urgence. L’exaspération, la colère ne cessent de grandir devant la dégradation des conditions de travail et de vie, le chômage, la précarité, les bas salaires, l’envolée des loyers comme devant les délocalisations, la désindustrialisation, la casse des acquis sociaux et des services publics. Les récentes émeutes urbaines constituent une expression, extrême, de cette crise.


2)- Les communistes peuvent et doivent relever le défi!

Dans ce contexte, la responsabilité du PCF est déterminante pour ne pas laisser enfermer le mouvement populaire dans la résignation et le fatalisme, dans l’impasse politique dans laquelle il se trouve depuis vingt ans. Faute de quoi, on laisse le champ libre à la droite comme aujourd’hui pour accélérer la destruction du pays, l’exploitation des travailleurs télécommandées par le MEDEF. A terme cette situation porte le danger de faire le lit de l’extrême-droite sous toutes ses formes.

Le PCF représente dans l’Histoire et l’inconscient collectif de la France le seul parti de masse et de classe dont la raison d’être a été de représenter et organiser le monde du travail dans la lutte anticapitaliste contre l’idéologie dominante.

Il est significatif que le fait que notre parti soit le seul grand parti à appeler à voter NON a suscité un regain d’intérêt et un regain relatif mais réel, de l’activité des communistes. Beaucoup ont eu l’impression de retrouver le Parti qui avait toujours défendu les intérêts des travailleurs contre les puissances d’argent, qui avait toujours dit NON à l’UE du capital et défendu la souveraineté populaire, qui a mené une campagne exemplaire contre Maastricht.



3)- La « Mutation » : un contresens par rapport aux exigences de la situation politique qui précipite le PCF dans le mur.

La direction du PCF s’arc-boutant aux choix stratégiques de la « Mutation » prend la lourde responsabilité de tourner le dos aux perspectives mises en évidence le 29 mai. Perspectives ouvertes non seulement pour le pays mais aussi pour le parti lui-même.

Dès le soir du référendum, elle n’a pas hésité à tendre aussitôt la main aux dirigeants du PS qui ont fait outrageusement campagne pour le OUI, côte à côte avec la droite. Réconcilier le OUI et le NON, autant réconcilier l’eau et le feu ! Aujourd’hui le rassemblement de « toute la gauche » pour 2007, un remake de la « gauche plurielle » est son objectif prioritaire. Elle s’évertue à redonner un vernis de gauche au PS alors même que le dernier congrès de ce parti a scellé, sans surprise, le ralliement de toutes les composantes de la direction qui avaient fait tactiquement le choix du Non. Faire la Une de l’Huma en novembre sur les photos de François Hollande, Laurent Fabius ou Noël Mamère promettant de revenir sur la privatisation d’EDF qu’ils ont eux-mêmes activement préparée et défendue avant même que la privatisation partielle puis totale ne soit actée, c’est faire prendre aux salariés d’EDF, aux usagers et aux communistes des vessies pour des lanternes !

Toujours le soir du 29 mai, la direction du PCF a repris l’objectif de « renégocier » la « constitution » européenne que le peuple français venait de jeter dans les poubelles de l’Histoire pour s’inscrire maintenant dans la revendication de la mise en place d’un « processus constituant ». Dans la continuité de l’orientation « euroconstructive » qui avait conduit à la liste « Bouge l’Europe » en 1999 (dont trois anciens élus sur six ont appelé à voter Oui en 2005), la direction s’obstine à légitimer l’intégration européenne, l’UE et ses institutions.

La période 1997/2002 pendant laquelle la direction a participé à un gouvernement qui a « géré loyalement les intérêts de la bourgeoisie », comme l’avait écrit notre camarade Georges Séguy dans l’Huma et qui a abaissé le Parti à 3,37%, n’a pas été une erreur. Les autocritiques, les repentances actuelles, notamment des anciens ministres dont l’actuelle secrétaire nationale, qui donnent raison après coup aux communistes qui avaient dénoncé cette stratégie (ex : le soutien à la privatisation partielle de France Télécom), ne masquent pas la persistance des orientations stratégiques de la « mutation », de la mutation-catastrophe, de la mutation-disparition du PCF.

La direction du Parti s’arc-boute sur le choix fondamental, théorisé à Martigues, de privilégier la présence dans les institutions et les alliances électoralistes plutôt que les luttes et le terrain de classe. L’aspiration au  « tous ensemble » dans les luttes est dévoyée en un « tous ensemble » des organisations et des groupuscules de « gauche » pour se partager les places en 2007.

La spécificité historique, l’identité du PCF et de lui seul est de représenter, d’organiser, d’être l’émanation politique des catégories sociales qui ont objectivement le plus intérêt à renverser l’ordre capitaliste. Le vote de classe du 29 mai a justifié à nouveau l’existence et le renforcement de ce parti de classe. L’abstention populaire a été faible. 79% des ouvriers, 70% des paysans, 67% des employés, 71% des chômeurs, la majorité des jeunes, des enseignants, de nombreux techniciens et cadres ont voté NON. La poursuite de la « Mutation » va à l’encontre de cette raison d’être du PCF. Elle privilégie les « forums » où tiennent le crachoir les « personnalités », les « experts » et les « spécialistes de la spécialité », les représentants des autres organisations de « gauche ». Elle promeut maintenant ces « forums » aux contours et contenus flous et attrape-tout comme instances de décision pour cautionner des alliances de sommet.   
Parallèlement elle saborde l’organisation révolutionnaire, dans les statuts et dans les faits, les cellules, l’activité communiste à l’entreprise et dans les quartiers populaires, dépossédant le peuple de son organisation politique.


4)- La gravité des abandons théoriques, du contrefeu à l’idéologie dominante

L’abandon par la « Mutation » des « fondamentaux » théoriques du PCF, marxistes en particulier mais aussi léninistes, est un véritable contresens au moment où le capitalisme est mis en accusation comme jamais en France et dans beaucoup de pays du monde. Le 29 mai, c’est le refus de la dictature du capitalisme mondialisé qui s’est exprimé. Le capitalisme est même directement condamné en tant que tel aujourd’hui : un sondage du quotidien Libération indique que les deux tiers des Français rejettent le capitalisme.
Pourtant la direction du PCF préfère utiliser le vocable de « libéralisme » ou pire « d’ultralibéralisme » comme si la logique du capitalisme n’était pas globalement à combattre, ou pire comme s’il pouvait exister un capitalisme du moindre mal, à visage plus humain… Derrière l’introduction de la notion de « dépassement du capitalisme » en 1994, la direction n’avait-elle pas déjà lancé cette analyse profondément erronée et dangereuse ?

L’échec de l’expérience socialiste en URSS et dans les pays de l’est exige une analyse critique communiste approfondie à laquelle la direction du PCF se refuse. Au contraire, elle reprend les patins des anticommunistes de toujours pour constamment s’auto-flageller sur l’histoire du mouvement communiste international et français et pour renier des principes qui gardent toute leur valeur et qui ne peuvent que servir le mouvement populaire. Le « Manifeste du Parti communiste » de 1848, l’ensemble de la pensée marxiste demeurent d’une fulgurante actualité à l’heure de la nouvelle phase de la mondialisation capitaliste.

Concrètement, l’abandon par la direction du PCF de la référence et de l’objectif du socialisme (à la française), de l’appropriation publique et sociale des principaux moyens de production et d’échange prive aujourd’hui le mouvement populaire de propositions de rupture immédiate pour s’opposer efficacement à la politique du gouvernement et aux attaques du MEDEF. 

Au nom d’une « visée communiste » nébuleuse et œcuménique, d’objectifs toujours plus lointains, on rentre dans la logique du réformisme. Ainsi, sous prétexte de défendre une visée, (pour les calendes grecques) de création de vastes « pôles publics », dans la suite du concept frelaté de « mixité publique et sociale » (29ème congrès 1996), on a abandonné entre 1997 et 2002 la lutte contre les privatisations partielles puis totales, par exemple France Télécom, Air France, Autoroutes du Sud…, on a laissé passer la transposition en France des directives d’ouverture à la concurrence et au marché privé des activités de service public.

La même logique conduit la direction du Parti à défendre des propositions illusoires, notamment au nom de l’emploi, qui objectivement favorisent les revendications du MEDEF : l’objectif de régulation des aides publiques aux entreprises légitime les cadeaux au patronat, l’objectif de « modulation » des cotisations sociales légitime les milliards d’exonération qui ne font que nourrir les profits en sapant le financement de la Sécurité sociale, légitime la remise en cause de la part socialisée du salaire au nom du dogme de la « baisse du coût du travail ».

Depuis 2002, dans une posture d’opposants à la droite, la direction du parti, la plupart des élus s’appliquent à apporter un soutien de témoignage, certes bienvenu, à ceux qui luttent mais sans être en mesure d’identifier les véritables responsabilités et de donner d’autre perspective que les échéances électorales.


5)- L’effacement du PCF toujours à l’ordre du jour !

La direction du Parti poursuit avec acharnement ses manœuvres pour effacer l’identité du PCF.

Le nouveau bulletin d’adhésion affiche la couleuvre avec l’intitulé: « fiers d’être à gauche !». Il est significatif que la direction ne lance plus aucune initiative politique nationale digne de ce nom sous les couleurs du Parti.

Les « forums » sont un instrument central de ce processus d’effacement. Ils constituent les prémices de la tentative de fondre progressivement le Parti dans ce que certains appellent « un pôle de radicalité » avec des « personnalités », des mouvements qui n’ont rien de commun avec l’histoire et l’identité communistes, qui pour beaucoup n’ont cessé de combattre le PCF dans le passé quand il était sur une position de classe dite « dure ».

A l’autre bout, l’adhésion forcée (obtenue par le vote biaisé d’à peine 20% des adhérents encartés) au Parti de la « Gauche » européenne, le PGE, participe de la même logique. Le PGE, placé sous la tutelle des institutions de l’UE et contribuant statutairement au processus d’intégration européenne, regroupe des partis dont le point commun est de tourner le dos à la référence communiste.
Cette volonté d’effacement a également abouti aux élections régionales de 2004 au choix de s’intégrer dès le premier tour aux listes du PS dans la majorité des régions ou encore à composer des listes de type « Bouge l’Europe » non présentées par le PCF (ex en Ile-de-France). Dans quelques régions cependant, notamment la région Nord Pas-de-Calais, ces choix n’ont pas prévalu. 



6)- La rupture avec la « Mutation » ne peut être que l’œuvre des communistes eux-mêmes

L’ensemble du processus de la « mutation », les décisions stratégiques engagées maintenant tourne ainsi le dos à la responsabilité historique du PCF dans la période, condamnent le Parti à court terme. La rupture avec la mutation s’impose. Elle ne viendra pas des différentes tendances qui composent maintenant l’essentiel de sa direction, elle ne pourra être l’œuvre que des communistes eux-mêmes. C’est aujourd’hui leur responsabilité, qu’ils aient encore la carte du PCF ou qu’ils ne l’aient plus.

L’un des résultats principaux de la « Mutation » a été depuis 1994 de vider le Parti de ses adhérents, de la plupart des communistes. Officiellement, les effectifs se seraient effondrés de 590 000 membres à 120 000 aujourd’hui. Certains camarades ont déchiré leur carte devant les reniements de la période 1997/2002. Beaucoup d’autres ont simplement été éliminés dans les faits, notamment les camarades des entreprises et des cités populaires, avec la déstructuration de l’organisation et la mise à mort des cellules. Ils constituent une majorité qui d’une façon ou d’une autre n’a pas accepté la « Mutation ».

Pour autant il serait illusoire d’imaginer reconstruire à l’heure actuelle un parti communiste hors du PCF.

Ce serait abandonner le formidable capital de luttes attaché à son nom, ce dont le référendum vient à nouveau d’attester.
Par ce qu’il représente dans l’Histoire de notre pays, le PCF constitue un acquis essentiel du mouvement ouvrier. Il a pris une part décisive dans toutes les conquêtes sociales du 20ème siècle, dans la lutte contre le fascisme, dans la Résistance pour la libération du pays, contre les guerres coloniales, pour la solidarité internationale…
Aucune autre formation politique ne peut s’en prévaloir. Sa théorie marxiste, sa forme d’organisation originale ont fait leurs preuves. Elles en ont fait un parti de classe et de masse implanté dans les entreprises et les quartiers, sur le lieu de l’exploitation, apte à contrecarrer le capitalisme et son idéologie.
Ces racines profondes dans le pays, cet héritage, même si la direction « mutante »  n’hésite pas à le dilapider, restent liés au PCF dans l’inconscient collectif du pays et en particulier du monde du travail.

L’avenir du PCF concerne tous les communistes. C’est encore cette question qui peut rassembler les communistes qui ont quitté le Parti ou dont le Parti s’est éloigné, qui peut faire le lien avec les groupes locaux et nationaux de camarades qui se sont organisés dans et hors du Parti en opposition avec la « Mutation » et les préserver de l’éparpillement.

Des résistances importantes à la « Mutation-disparition » continuent d’exister et même se renforcent dans le Parti sous différentes formes. La direction est obligée d’en tenir compte. Elle a dû renoncer à changer le nom du Parti à Martigues comme elle en avait l’intention. Elle n’a pas suivi les précurseurs de la Mutation, comme Philippe Herzog et Charles Fiterman, qui ont appelé à voter oui au référendum.
Elle accomplit ses coups de forces successifs (modifications des statuts, PGE…) en catimini, avec un soutien minoritaire lors des votations internes (par rapport aux inscrits).
Dans bien des fédérations, l’appareil ne tient que sous la perfusion des élus satellisés au PS.

Des cellules, des sections, des « réseaux », des collectifs, des groupes de communistes restent organisés ou se réorganisent pour mener une activité communiste autonome de la direction mutante au cœur des luttes.

L’enjeu primordial de ce 33ème congrès est de rassembler le plus possible de camarades, avec ou sans carte du PCF pour engager la rupture avec la « Mutation» réformiste du Parti.

Il s’agit d’abord, à l’occasion du congrès, de faire monter le plus haut possible l’exigence de cette rupture dans le Parti et publiquement.

Il s’agit ensuite de contrecarrer à plus long terme dans les actes les orientations et les effets de la « Mutation ».
La préparation du congrès doit ainsi contribuer à créer les conditions du développement, de la revivification, de la recréation d’organisations communistes de base du PCF, cellules, sections, collectifs, abandonnées par la « Mutation » dans les entreprises, les quartiers, les zones rurales du pays.
Elle doit contribuer à alimenter l’action communiste immédiate pour alimenter les luttes et renverser dans les faits la priorité accordée par la « Mutation » à la figuration dans les institutions.
Elle doit viser à combler le déficit idéologique et l’absence de projet de rupture dans lequel 10 ans de « Mutation » ont laissé le Parti.

C’est l’objectif et l’ambition de cette base alternative de discussion: remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes, envers et contre la direction « mutante ».
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Dimanche 25 décembre 2005
A propos des candidatures communistes en 2007 :

L’absence de candidat communiste à l’élection présidentielle irait dans le sens d’effacer encore davantage le Parti. C’est pourquoi une candidature communiste est nécessaire comme dans chaque circonscription aux élections législatives.

Pour autant ce débat ne peut constituer la question centrale du congrès. La tentative de polariser les discussions sur ce sujet peut se révéler un piège destiné à esquiver d’autres vraies questions plus fondamentales.

La présence de candidats communistes, notamment d’un ou d’une candidate, membre du PCF, aux élections présidentielles n’est absolument pas synonyme de rupture avec la poursuite du processus de « Mutation-démolition » du Parti. La candidature de R. Hue en 2002 et son résultat catastrophique le prouvent.

Le fait de présenter des candidats communistes est nécessaire mais absolument pas suffisant pour que le Parti soit en phase avec les exigences exprimées par le mouvement populaire le 29 mai et dans les luttes, pour qu’il joue tout son rôle dans l’affrontement de classes d’aujourd’hui, pour qu’il amorce son redressement.

Une candidature même plus ou moins estampillée PCF aux présidentielles mais qui ne présenterait comme horizon que de rabattre les électeurs, et en premier lieu les électeurs du NON, dans la perspective d’un nouveau gouvernement d’alternance et de « gauche plurielle » ne ferait que torpiller le mouvement populaire, d’éloigner encore davantage et dangereusement la rupture politique qu’il recherche, également de discréditer à terme le Parti.

En tout état de cause, ce n’est pas la stratégie électorale qui doit définir la stratégie du Parti, mais l’inverse, sinon on retombe dans le pire travers de la « Mutation ».

Quand la stratégie de la direction du PCF est d’assurer en 2007 la victoire d’un représentant de « toute la gauche » sur la base de «contenus communs» négociés bien avant le scrutin, on comprend qu’elle doute de l’opportunité, de l’utilité et de la possibilité de rassemblement d’une candidature PCF.

Notre place de communistes, c’est de se donner les moyens de mettre en échec tout de suite  les choix politiques du gouvernement, non de se contenter d’apporter un soutien ou de manifester une opposition de témoignage en attendant 2007.
Notre rôle de communistes, c’est de travailler à la convergence des luttes et à les alimenter par des perspectives politiques de rupture. C’est la meilleure et la seule façon pour qu’une issue apparaisse en 2006, en 2007 et après. Les candidatures communistes en 2007 ne prendront tout leur sens que si elles prolongent cette démarche et portent un contenu communiste.
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Dimanche 25 décembre 2005
Une base pour relancer l’action communiste partout où se trouvent les communistes



I)- Plus que jamais, l’exigence de rupture avec le capitalisme !


En ce début de 21ème siècle, le capitalisme est entré dans une phase de mondialisation accélérée.
Le capitalisme s’est renforcé dans la lutte des classes internationale à la faveur de l’effondrement de l’URSS, également de part les effets de sa propre crise commencée dans les années 70. Il est en mesure d’imposer de plus en plus rapidement les conditions sa mondialisation.
Géographiquement, il a étendu sa domination à la quasi-totalité de la planète après sa restauration dans les pays de l’est et cela d’autant plus que la Chine se convertit rapidement à l’économie de marché.
Le capitalisme opère sa mondialisation par l’élimination des entraves à la « libre » circulation des capitaux, au «libre» échange des marchandises, y compris maintenant des services, par l’unification des marchés.
Les évolutions technologiques sont utilisées par le capitalisme pour accélérer ces processus mais il est faux de prétendre qu’elles en sont à l’origine et les rendent inévitables.

Les grandes puissances capitalistes, réunies dans le G7/G8 derrière la superpuissance US, sont les fers de lance politiques du processus de mondialisation. L’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont les structures dont le rôle est d’organiser et de mettre en œuvre ce processus au plan mondial. Les zones de libre-échange et d’intégration supranationale, UE, ALENA, ASEAN… en sont les relais régionaux.

La mondialisation se caractérise aussi par le renforcement inédit des multinationales (ou transnationales) qui s’alimentent des privatisations et de l’extension des marchés et se regroupent dans un vaste mouvement de fusions-acquisitions-absorptions. Ce mouvement de concentration conduit à la constitution d’oligopoles privés au plan mondial. Leur chiffre d’affaires arrive à être plus important que le PIB des Etats.

La mondialisation a d’importantes conséquences sur les conditions de la lutte des classes dans chaque pays. Le renforcement de la concurrence internationale entre les travailleurs, les menaces de délocalisation des activités, accroissent la pression sur les salaires et les conditions de travail. L’éloignement, au moins apparent, des lieux de pouvoir nourrit un sentiment d’impuissance et de fatalisme que cultive l’idéologie dominante.

Les gouvernements des pays capitalistes, conformément aux intérêts des multinationales et des patronats locaux, utilisent ce rapport de forces défavorable au monde du travail pour privatiser toujours plus, démanteler les acquis des luttes de peuples en terme de protection sociale, de droit du travail… pour écraser les salaires.

Nous vivons une période d’intensification de l’exploitation capitaliste, de régression sociale et démocratique sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale.

Le maintien d’une seule superpuissance, les Etats-Unis et la mondialisation étaient présentés comme garant de la paix pour l’Humanité. Bien au contraire, la guerre impérialiste ravage la planète. Successivement en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, l’impérialisme US a frappé dramatiquement les peuples pour satisfaire ses intérêts stratégiques, pour « sécuriser » l’approvisionnement pétrolier de son économie et même pour assurer des débouchés sur les marchés de reconstruction à ses transnationales. Il s’est doté d’un appareil répressif, au nom de la lutte contre le terrorisme, prêt à s’abattre sur la moindre forme d’opposition à sa domination.
Détenteurs d’un leadership incontestable dans le maintien de l’ordre impérial, les Etats-Unis voient néanmoins émerger des blocs impérialistes, notamment l’Europe et peut-être la Chine potentiellement concurrents à terme.
Le capitalisme est plus que jamais à son « stade suprême », l’impérialisme où il met en danger l’avenir même de l’Humanité.

Dans le même temps, la contestation des peuples s’étend. Des résistances montent des quatre coins de la planète, des paysans sans terre du Brésil et de l’Inde aux ouvriers coréens. Devant le gâchis dramatique, les souffrances endurées, tous accusent le capitalisme. 
Des avancées très encourageantes pour les révolutionnaires du monde entier se produisent en Amérique Latine. Cuba continue de défier le blocus et l’agression permanente des USA, et réussit à approfondir sa révolution socialiste originale.
Au Vénézuela, le peuple parvient à défendre la « révolution bolivarienne », qui tend de plus en plus ouvertement vers le socialisme, face à la bourgeoisie locale soutenue massivement par les USA.
Dans les pays d’Europe, les luttes sociales s’intensifient. Des grèves et des manifestations, réunissant des millions de personnes ont ainsi eu lieu successivement depuis 2003 en France, en Autriche, en Italie et en Belgique contre la casse des systèmes de retraite par les gouvernements.
La très forte mobilisation de l’opinion publique internationale contre la guerre en Irak a également attesté de la volonté et de la capacité de résistance des peuples.

La rupture avec le capitalisme est mise plus que jamais à l’ordre du jour. Ce constat souligne le contresens total de l’abandon des fondamentaux théoriques du marxisme avec la « Mutation » du PCF. L’idée même de rupture a été abandonnée avec la suppression de l’objectif du socialisme et avec la notion de « dépassement du capitalisme », qui est le synonyme de l’impasse réformiste. Ces révisions et les choix stratégiques qui en ont découlé ont coûté très cher au Parti qui s’est comme « tiré une balle dans le pied ». Elles pèsent lourdement sur les possibilités de rupture et d’alternative politique en France.
Ce 33ème congrès doit être l’occasion pour les communistes de refixer certains repères.

En premier lieu, pour nous communistes, les mots ont un sens et il est très important de le repréciser face aux confusions entretenues par l’idéologie dominante. Il n’y a pas un bon et un mauvais capitalisme, ni un mauvais capitalisme et capitalisme qui serait pire, il y a le capitalisme tout court dont notre raison d’être est de combattre la dictature.

Les expressions fréquemment employées d’ « anti-libéralisme » et encore davantage d’ « anti-ultralibéralisme » portent cette idée nocive d’un capitalisme à visage humain.
Le « libéralisme économique », faisant référence à une école de pensée économique née au 18ème siècle, est l’expression flatteuse par laquelle les capitalistes désignent les politiques économiques conduites depuis la fin des années 70, d’abord aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, menées au nom de la « libération » de l’économie de l’intervention de l’Etat. En fait le libéralisme désigne la phase, alors que le rapport de forces s’est dégradé pour les travailleurs, pendant laquelle les forces du capital peuvent revenir sur les acquis (privatisation, démantèlement des systèmes sociaux, baisse des dépenses publiques et sociale, dérégulation), qu’elles avaient été obligées de concéder devant les luttes, notamment après la guerre. Le libéralisme n’est pas un système, c’est une modalité du système capitaliste.

De même, il n’y a pas lieu de distinguer un capitalisme financier d’un capitalisme productif qui serait plus sain, voire à défendre. L’augmentation de la financiarisation de l’économie est un objectif et un résultat de la mondialisation capitaliste. Le transfert de l’épargne des salariés ou du financement des retraites vers des fonds de pension en est un exemple. Mais les « profits financiers », comme ceux issus de l’envolée sans précédent de la spéculation immobilière, ne sont jamais qu’une captation de la plus-value issue d’une exploitation accrue du travail humain (avec un décalage possible dans le temps et l’espace), seule source de création de richesses.

La différence entre réformisme et révolution est toujours fondamentale.
Cette situation économique actuelle démasque l’illusion réformiste entretenue traditionnellement par les partis socio-démocrates. Il n’y a plus de « grain à moudre ». Ces partis ne peuvent plus se prévaloir de l’obtention de réformes (gagnées en fait principalement par la lutte et l’action des partis révolutionnaires, en France du PCF) pour ne pas s’opposer au capitalisme. Du coup, ils se révèlent aux yeux des travailleurs comme des gérants dévoués du capitalisme, loyaux ou même zélés, comme Blair en Grande-Bretagne, selon l’état des rapports de forces nationaux.
La stratégie d’alliance électoraliste et de priorité à l’union de toute la gauche au gouvernement poursuivie par la direction du Parti aurait toutes les raisons d’être remise en cause et non d’être érigée avec la « Mutation » comme une priorité.

Le socialisme doit plus que jamais être notre objectif de rupture avec le capitalisme comme étape nécessaire à l’édification à terme de la société communiste. La question de la propriété des moyens de production reste absolument décisive. On s’en rend compte avec la propriété capitaliste qui se permet de délocaliser des usines ultra-performantes ou avec les effets des privatisations. L’exigence de l’appropriation publique des grands moyens de production et d’échange monte partout où le capitalisme est contesté. L’ignorer ou en minimiser l’enjeu (sans revenir sur l’acceptation des privatisations partielles de la gauche plurielle) conduit le PCF à passer à côté de l’exigence de rupture avec le capitalisme. La nécessité de rétablir le socialisme comme objectif du PCF s’accompagne de la nécessité de mener à bout notre propre critique communiste du socialisme qui a existé en URSS et dans les pays d’Europe de l’est. Cessons d’être des communistes honteux de cette histoire, encore moins de notre histoire en France pour devenir des communistes conséquents qui assument leur héritage dans ses bons et mauvais aspects. Cette posture d’autoflagellation, de soumission aux analyses des idéologues anticommunistes, adoptée par la direction a considérablement nui à notre crédibilité. Le stalinisme, la dérive bureaucratique ne peuvent occulter le fait que l’existence du camp socialiste a constitué un formidable point d’appui pour les luttes émancipatrices dans le monde entier, que la restauration capitaliste s’est traduite par un formidable bon en arrière pour ces peuples.

Notre engagement est internationaliste, pas « altermondialiste »

La mouvance « altermondialiste » a fait irruption dans le débat politique, relayée largement par les media. Dans son extrême diversité, les communistes trouvent parfois des analyses critiques intéressantes du capitalisme. Mais nous ne pouvons pas nous inscrire dans la logique de ce mouvement parce qu’il reprend les présupposés de la mondialisation capitaliste. Nous ne pouvons accepter l’effacement du cadre principal de la souveraineté des peuples, de leur expression démocratique, de la lutte des classes : l’Etat-nation. Le mythe d’une mondialisation progressiste ne tient pas. La mondialisation ne peut être et pour très longtemps encore que la mondialisation capitaliste. C’est bien pour cela que les capitalistes en sont les premiers promoteurs. L’altermondialisme est un altercapitalisme (peut-être keynésien). La même question se retrouve exactement au niveau du relais régional de la mondialisation qu’est l’Union européenne. L’orientation « euroconstructive » imposée par la « Mutation » du Parti, maintenant la défense par la direction de l’intégration européenne dans l’UE du capital (aussi avec le PGE) sont incompatibles avec la recherche d’une rupture en France.

« Les ouvriers n'ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu'ils n'ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s'ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot.»
Manifeste du Parti communiste, K.Marx, F.Engels, 1848.
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Dimanche 25 décembre 2005
La situation en France


Le capitalisme français poursuit sa restructuration dans le cadre de la mondialisation. Il participe d’abord pleinement au mouvement de concentration internationale, notamment les grands groupes industriels (Renault, Arcelor, Péchiney dans Alcan…). Ce mouvement s’accompagne presque à chaque fois de fermetures de sites et de milliers de suppressions d’emplois. L’éloignement des centres de décision stratégiques affaiblit la position des salariés et permet à l’Etat de se défausser plus facilement de ses responsabilités.

Le capitalisme français participe également du mouvement général de financiarisation. Dans le sillage du groupe de M. Seillères ou de celui de la famille Taitinger, il se tourne vers la gestion d’actifs financiers. Inversement, des fonds de pension étrangers ou maintenant français s’emparent du capital d’entreprises industrielles ou de services. Cette mutation s’accompagne d’une augmentation des objectifs de taux de profit souvent « à deux chiffres » et en conséquence de l’exploitation des salariés.

Les grandes entreprises françaises ont recours de plus en plus à l’externalisation. Une grande partie des PME ne sont en fait aujourd’hui que des sous-traitants à la merci d’un seul ou de quelques donneurs d’ordre. Les bas salaires, la précarité dans ces petites structures permettent là aussi une exploitation plus forte. La plupart des « aides » publiques, politiquement plus faciles à accorder aux PME, sont aussitôt captées vers les profits des grandes entreprises, donneurs d’ordre.

Au premier semestre 2005, les profits des entreprises du CAC 40 ont grimpé de 40%. L’annonce de 5000 suppressions d’emplois à EDF fait remonter le cours de l’action de la société partiellement privatisée.

La situation économique et sociale de notre pays se caractérise en conséquence par la montée de l’exploitation des salariés, victimes du dogme de la baisse du coût du travail. Elle se traduit par l’augmentation des inégalités et par une nette dégradation des conditions de vie et de travail pour une majorité des salariés, des retraités, des jeunes.
Le chômage reste très élevé, officiellement à près de 10% de la population active. Ce chiffre est très sous-estimé. 80% des RMIstes ne sont par exemple pas comptabilisés. La précarité tend à devenir la règle créant une véritable insécurité sociale. Tous les statuts sont remis en cause.
Le pouvoir d’achat réel du plus grand nombre est en retrait, surtout lorsque l’on prend en compte les dépenses nouvelles issues des déremboursements de la Sécurité sociale ou de la baisse des dépenses sociales du budget de l’Etat.
Le phénomène des « travailleurs pauvres » s’étend dans le sillage des sociétés anglo-saxonnes. De plus en plus de personnes, y compris des salariés en activité, renoncent à certains soins, voire même n’ont plus de logement stable. Le logement devient un problème majeur avec l’envolée des loyers et du foncier dus à un mouvement de spéculation immobilière effréné.
Pendant ce temps, le nombre de redevables de l’impôt sur la fortune augmente très rapidement et le PDG de Carrefour est remercié avec un chèque et des stock-options pour 35 millions d’euros.

Au plan national, l’économie du pays est mise à mal et ses atouts sont peu à peu saccagés.
La désindustrialisation s’accélère dangereusement sous l’effet de la concurrence et des délocalisations. Le nombre de filières que notre pays ne maîtrise plus s’accroît.
La PAC n’en finit plus d’étrangler les petites et moyennes exploitations agricoles. De même, la plus grande partie de la pêche française est condamnée à disparaître par Bruxelles.
La qualité des services publics malgré le dévouement des personnels se dégrade sous le coup des privatisations ou de la pénurie de moyens dans laquelle on les laisse. Cela contribue à creuser les inégalités sociales et territoriales.
C’est le cas de la santé, de la recherche, de l’éducation et de l’enseignement supérieur avec tout ce que cela représente comme menaces pour l’avenir du pays.

Un modèle de réorganisation de l’activité du pays, censé répondre aux « contraintes » de la mondialisation, est avancé par les gouvernants dans le cadre de la division internationale du travail et du libre-échange mondial. La France aurait vocation à conserver principalement deux types d’activités : d’un côté des activités de service à faible valeur ajoutée, non « délocalisables » avec des emplois peu qualifiés, subventionnés par la collectivité, de l’autre des « activités de pointe ». C’est une illusion car la concurrence étrangère des pays à bas coût de main d’œuvre est en mesure rapidement de s’opérer sur la plupart de ces créneaux. Entre les deux, il serait plus difficile à terme de sauvegarder des pans entiers de la vie économique. Quel grand dessein pour la France !

La société se ressent durement de ces difficultés économiques. Mêmes si les résistances restent fortes, les tensions sociales, le racisme s’exacerbent, souvent attisés par le pouvoir. Les valeurs de la marchandisation font irruption de façon totalitaire dans tous les domaines de la vie, notamment la culture.


L’ensemble de cette situation est le résultat de plus de 20 ans de politique de gouvernements successifs répondant aux exigences du MEDEF et des marchés financiers mondialisés. Pendant cette période, la part du travail dans la répartition de la valeur ajoutée a chuté de 10% au profit du capital.
Le gouvernement Villepin/Sarkozy actuel poursuit et aggrave cette politique en s’appuyant sur l’héritage de ses prédécesseurs. Il met tout en œuvre pour accompagner la restructuration du capital.

On peut identifier 5 axes :
  • Intégrer la France dans la mondialisation capitaliste, via l’UE. Le gouvernement adopte en Conseil européen les directives, notamment de mise en concurrence puis les fait transposer par le Parlement.
  • Renforcer l’emprise du capital privé sur l’économie avec la réduction des prestations sociales solidaires, la poursuite des privatisations. C’est maintenant même l’ensemble de l’Etat qui est engagé sur la voie de la privatisation.
  • Contribuer à « baisser le coût du travail », à renforcer l’exploitation, au nom des contraintes de la concurrence internationale et de la lutte contre le chômage: exonérations de cotisations sociales patronales, extension des contrats de travail précaire (ex : contrat nouvelle embauche)… Avec la prime pour l’emploi, dans le sillage de son prédécesseur, le gouvernement va même jusqu’à faire assumer à la collectivité une partie de la rémunération nette du travail.
  • L’injustice sociale est ouvertement érigée en modèle. Les budgets d’austérité des dépenses publiques et sociales se succèdent comme les cadeaux aux ménages les plus aisés avec la baisse des tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu.
  • S’attaquer à la cohésion sociale et nationale du pays avec la remise en cause des services publics, notamment de l’Education nationale, de la laïcité, de l’égalité républicaine, avec une décentralisation ayant pour but d’abaisser globalement la dépense publique tout en instaurant une logique de mise en concurrence des territoires. Un arsenal judiciaire et policier de plus en plus répressif est mis en place.
  • Tenter d’intégrer davantage les salariés et les organisations syndicales à leur propre exploitation en développant une logique de cogestion. L’orientation de « l’épargne salariale » vers l’actionnariat, le primat du contrat sur la loi dans les relations sociales à l’entreprise, le développement d’instances « paritaires » vont à des titres divers dans ce sens.

S’il peut y avoir des différences d’intensité et de calendrier, dans aucune de ces orientations fondamentales, il n’y a de divergences véritables entre la politique économique du gouvernement actuel et celle de son prédécesseur de « gauche plurielle ».

Face à ce tableau noir, l’autre trait marquant de la situation dans notre pays, c’est la persistance et le renforcement, déjà évoqués, du mouvement populaire en quête de débouché politique.
L’ampleur du rejet de la politique gouvernementale, du discrédit des forces de l’alternance, marqués par des sanctions électorales à répétition, par les luttes de plus en plus déterminées et rassembleuses, par le vote du 29 mai qui vient de changer la donne, posent les responsabilités considérables, historiques du PCF, responsabilités passées de sa direction et responsabilités futures des communistes.
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Dimanche 25 décembre 2005
55% : le commencement d’une majorité. Priorité au mouvement populaire.


En 1995, le mouvement social le plus puissant depuis 1968 avait permis de mettre en échec le plan Juppé, la casse des statuts des personnels de la SNCF, de la RATP… Les grèves de novembre/décembre 1995 ont indiscutablement contribué à la victoire de la « gauche plurielle » en 1997. Un mois après son accession au pouvoir, L. Jospin revenait sur sa promesse électorale et engageait la privatisation de France-Télécom avec l’appui remarqué de J.-C. Gayssot. Ce dernier trahissait la sienne en scindant la SNCF. Ce gouvernement devait entre autres par la suite mettre entièrement en œuvre le Plan Juppé.
Ce dernier épisode d’alternance « à gauche » a conduit à l’effondrement électoral de 2002 qui a atteint d’autant plus le PCF qu’il a déboussolé voire écoeuré ses électeurs.

Aujourd’hui, la direction refuse de tirer les conséquences de cette expérience éloquente comme de celle de 1981/1984. Elle fait du rassemblement de « toute la gauche » en 2007 la principale sinon la seule perspective politique qu’elle propose aux travailleurs et rentre dans la « préparation d’un programme de gouvernement » proposée par le PS.

Ce choix fondamental est extrêmement lourd de conséquences pour le mouvement social et pour l’avenir du Parti.

Cette stratégie laisse d’abord le champ libre à la droite d’ici 2007.
Elle démobilise les luttes immédiates et brise l’espoir d’un débouché politique de rupture avec la politique du MEDEF et de la bourse. Elle alimente le fatalisme et la résignation et limite la perspective, dans le meilleur des cas, à la logique du moindre mal.

Elle est injustifiable, irresponsable, dangereuse.

- Les positions du PS n’ont absolument pas bougé depuis 2002. Il vient de le manifester d’une façon frappante aux yeux de tous les salariés. Ses dirigeants ont mené la campagne pour le Oui au référendum côte à côte avec la droite. La photo de Paris-Match montrant les deux anciens condisciples Hollande et Sarkozy bras dessus, bras dessous pour le oui restera imprimée dans les mémoires.
Ce consensus sur le fond se situe dans le prolongement du sommet européen de Barcelone lors duquel Jospin et Chirac ont signé ensemble la marchandisation de l’électricité et l’objectif de report de 5 ans de l’âge de départ à la retraite. D’ailleurs, le socialiste Lamy vient d’être promu directeur de l’OMC par les Etats-Unis…
Le congrès du Mans a levé les illusions que certains pouvaient encore nourrir envers les dirigeants du PS qui avaient appelé à voter Non. Le clivage tactique s’est effacé de lui-même dans le ralliement à la synthèse de la direction sortante, laissant les électeurs socialistes du Non à leur mouchoir.
La gestion aujourd’hui des régions et de certaines grandes villes par des majorités de « gauche plurielle » trahit également l’ampleur du consensus « droite/PS » sur le fond.

  • * Les discussions sur un éventuel « programme commun » des partis de gauche ne serviront qu’à donner l’illusion d’un gauchissement. L’expérience des promesses passées est suffisamment parlante. « Rasera-t-on gratis » en 2007? Oui, à en croire Fabius, responsable de la première mise en concurrence de l’électricité en 2000, qui annonçait en novembre qu’il ne fallait pas se tracasser et qu’il renationaliserait EDF s’il revenait aux affaires, alors même que la lutte contre la privatisation partielle battait son plein.

  • * Le deuxième prétexte que certains, notamment des membres de la direction du PCF, avancent pour justifier cette union, c’est le danger du vote Front National et le risque d’un deuxième tour comme en 2002. Or c’est précisément le manque de débouché politique avec l’impasse de l’alternance qui alimente principalement le vote FN. Cette analyse n’enlève rien à la nécessité permanente de combattre la démagogie raciste et fasciste de Le Pen (et successeurs) et de faire apparaître l’accord profond avec la politique de la droite sur les questions économiques et sociales au moins.

Il est temps que les communistes fassent preuve de lucidité vis-à-vis des travailleurs et disent clairement qu’il n’y a aucune alternative crédible à attendre d’une combinaison politique de type « gauche plurielle » en 2007. Il est temps de dégager le PCF, dans la suite du référendum, du jeu politicien de l’alternance. Disons tout de suite qu’aucune alliance de gouvernement n’est envisageable avec ceux qui ont fait campagne pour le Oui !

Aujourd’hui, la question primordiale, c’est que le PCF retrouve son indépendance d’analyse et d’action sur la base de classe qui est naturellement et historiquement la sienne pour redevenir la force politique dont le monde du travail, les catégories les plus exploitées, ont besoin.
Il faut s’assurer une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste qui fait le choix plus que jamais de servir loyalement les intérêts du capital. L’union électoraliste, ce choix fondamental de la « Mutation », n’a déjà coûté que trop cher au mouvement social et a porté un grand coup au PCF.
Indépendance totale aussi vis-à-vis de la nébuleuse des groupes et groupuscules de la gauche dite « radicale » dont l’identité, l’histoire souvent marquées par l’anticommunisme, l’opportunisme et l’engagement en faveur d’une intégration européenne sont très éloignés de notre engagement et de notre forme d’organisation. C’est principalement le vide politique de la « Mutation » (la période 1997/2002) qui leur laisse des prétentions électorales.

Cet impératif ne signifie pas pour autant isolement, absence d’échanges et rassemblements ponctuels. Il ne ferme pas non plus la porte à des alliances électorales sur le plan local sur la base d’un accord limité et de l’intérêt des populations concernées.

Relevons le défi du 29 mai et des luttes!

Le PCF a vocation à agir politiquement dans le pays. La question de la conquête du pouvoir politique le concerne directement. Mais comme à d’autres périodes de l’Histoire (1936, 1968…), en ne participant pas au gouvernement il peut jouer un rôle dans l’opposition plus décisif qu’en recherchant à tout prix des strapontins dans les ministères.
La question n’est pas de battre uniquement la droite mais de battre toutes les politiques qui servent les intérêts du capital et du MEDEF.

Les 55% de Non constituent un début de majorité et ouvrent des possibilités nouvelles de rassemblement, dans les luttes sur des questions politiques mais essentielles.
C’est sur cette majorité que le PCF doit s’appuyer, comme il en a la légitimité, pour changer la donne et ouvrir un véritable débouché politique. La place de l’action communiste est de travailler aux convergences de lutte afin de gagner le rapport de forces nécessaire pour battre les choix politiques du gouvernement sur les questions les plus brûlantes : la sauvegarde du service public, de la Sécurité sociale, du droit du travail… Le « Contrat nouvelle embauche » a été par exemple presque unanimement condamné.

Gagner des batailles sur ces questions essentielles, c’est commencer à redonner confiance au mouvement populaire, à recrédibiliser une perspective politique.

Donner la priorité au mouvement populaire, manifester notre indépendance totale notamment vis-à-vis du Parti socialiste, c’est la condition pour renforcer l’organisation du parti et pour redonner une utilité et une crédibilité au vote communiste en 2007 pour le changement.
Le vote de classe du 29 mai a montré la possibilité et le besoin d’un renforcement considérable du PCF.
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Dimanche 25 décembre 2005
Agir dans les luttes pour des ruptures immédiates, développer un programme communiste, dans une perspective de rupture avec le capitalisme: le socialisme


Nous venons de vivre deux conflits de longue durée, particulièrement déterminés, portant sur les sujets cruciaux du service public et de l’emploi, les grèves des salariés de la SNCM et de la RTM à Marseille. Si les grévistes ont le sentiment d’avoir ouvert une voie, s’ils renforcent aujourd’hui leur organisation syndicale de classe en vue des luttes à venir et ne cèdent pas à l’abattement (et ils ont raison), on peut déplorer que ces luttes emblématiques n’aient pas donné lieu à un grand mouvement national qui leur aurait sans doute permis de gagner.

La place du PCF est plus que jamais au cœur des luttes. Aujourd’hui arriver à battre la politique de la droite, c’est commencer à ouvrir la perspective d’une alternative politique. Le rôle du Parti ne peut pas se cantonner à apporter un soutien de témoignage et à relayer par l’intermédiaire des élus les revendications. Le rôle du PCF, même si sa direction ne le tient pas, le rôle des militants communistes est de travailler à la convergence des luttes, d’essayer d’apporter les repères politiques dont les luttes ont besoin pour gagner. Cette démarche se conjugue avec le développement à plus long terme d’un programme communiste placé dans la perspective politique de rupture que nous voulons porter : le socialisme.

Dans la période, plusieurs objectifs de lutte immédiats, directement situés sur le front de la lutte des classes, susceptibles de constituer des points de vaste convergence, sont à privilégier dans notre action. Nous soumettons 6 propositions au Congrès, liste naturellement non exhaustive.

1- La défense et le développement des services publics, la lutte contre les privatisations.

La question de la défense des services publics est décisive pour construire l’alternative politique tout de suite. Ils tiennent en effet une place structurante dans l’organisation et l’économie du pays. Ils constituent une référence sociale pour l’ensemble des salariés. La capacité de mobilisation  et d’entraînement des salariés du secteur public est un atout déterminant pour l’ensemble du mouvement social.

Le démantèlement, l’établissement des critères du privé, la privatisation de tous les services publics sont l’un des axes de la politique du pouvoir. Le processus de privatisation suit un schéma similaire pour chaque entreprise, marqué notamment par la mise en concurrence et la marchandisation de l’activité sous prétexte d’une directive européenne, la remise en cause des statuts de l’entreprise et des personnels. Le gouvernement envisage de remettre en cause les retraites de la Poste et de la RATP dans les mois qui viennent, après EDF-GDF en 2004 et avant la SNCF qui viendrait juste ensuite. C’est précisément sur cette question que le mouvement de 1995 avait démarré. Les points de convergence entre salariés des différents services publics n’ont jamais été aussi grands et aussi cruciaux à établir.

Les points de convergences avec les usagers et l’ensemble des citoyens sont également très importants. La volonté de défendre les services publics a été l’une des motivations principales du vote NON le 29 mai. L’expérience est faite des premières privatisations. Dans l’ensemble de la population, la colère monte devant la dégradation du service rendu, la remise en cause du principe d’égalité, les menaces de désertification de régions entières, les hausses de tarifs, les suppressions d’emplois.

Pour nous communistes, la question des services publics et des entreprises nationales est  essentielle parce qu’ils constituent un point de résistance fondamental au marché capitaliste, une première étape dans l’appropriation publique des moyens de production, le socle d’un développement de l’économie basé sur la réponse aux besoins. Nos camarades, à l’image de Marcel Paul, ministre communiste à la Libération, auteur de la nationalisation de l’électricité et du gaz, ont joué un rôle déterminant dans leur conquête.

Notre efficacité dans cette lutte suppose une clarification sans ambiguïté de nos positions :
- dénonciation de la période 1997/2002,
- refus de l’application en France des directives et règlements européens de mise en concurrence des activités de service public (en s’appuyant politiquement sur le résultat du référendum qui les a invalidés),
- conception du service public « à la française » : la notion de service public est indissociablement liée à la propriété publique de l’opérateur.

La bataille pour la sauvegarde et le développement des services publics tout de suite doit aussi être dirigée vers les collectivités locales, régions, communautés d’agglomération, municipalités. La (re)municipalisation ou la création de régie par exemple pour assurer un service public de distribution de l’eau ou des transports urbains… est une revendication d’autant plus importante qu’elle invite les « élus de gauche » à prendre leur responsabilités, 18 mois avant les échéances électorales de 2007, notamment quand des concessions arrivent à renouvellement.

2- La Sécu, on s’est battus pour la gagner, on se battra pour la garder !

La grande mobilisation pour défendre le système de retraite par répartition en 2003 a laissé des traces. Elle s’est heurtée à l’organisation décousue du mouvement et surtout à l’absence d’alternative à la loi Fillon en ce qui concerne le financement de la Sécurité sociale (horizon unique au PS : augmenter indéfiniment la CSG). Mais elle a rappelé à un grand nombre de salariés le fondement solidaire de notre système de retraites. C’est un point d’appui alors que des batailles d’envergure sont à attendre. La contre-réforme Fillon a programmé une nouvelle dégradation des conditions de départ à la retraite pour 2008, lors du départ massif des « baby-boomers ». La vigilance est de mise chez des millions de salariés pendant que la colère des retraités monte devant leur perte constante de pouvoir d’achat et que les régimes de retraites du secteur public sont plus que jamais dans le collimateur.

Côté assurance maladie, la contre-réforme Douste-Blazy a approfondi les inégalités, les difficultés de l’hôpital public. L’offre et la qualité des soins sont en régression constante. Les conditions de travail des agents hospitaliers et des médecins sont de plus en plus intenables. Le déficit de moyens menace un des systèmes pourtant les plus performants du monde. La privatisation larvée entraîne notre système sanitaire vers le gâchis généralisé que connaissent les Etats-Unis (50% de dépenses de santé en plus par habitant pour des résultats moindres).

Nous avons une revendication d’urgence simple mais qui touche au fond : abrogation de toutes les exonérations de cotisations sociales patronales ! Celles-ci représentent 23 milliards d’euros en 2005, c'est-à-dire plus que le déficit comptable de l’ensemble de la Sécurité sociale. Les deux tiers d’entre elles ont été adoptés par la « gauche plurielle » au nom des 35 heures.
Cette proposition pose la question fondamentale du financement que nous voulons prépondérant de la protection sociale par les cotisations sociales proportionnelles, la part socialisée du salaire qui permet une solidarité entre les salariés, entre les générations, simultanée, exempte de toute accumulation financière. Nous voulons défendre cet acquis fondamental du mouvement ouvrier dont nous devons la généralisation à notre camarade ministre à la Libération Ambroise Croizat. Elle est directement menacée par le « dogme de la baisse du coût du travail ».
A l’opposé, nous condamnons toute forme de fonds de pension, ou fonds de réserve, alimentant les marchés financiers pour financer les retraites, fussent-ils cogérés par les syndicats. Nous demandons la suppression de la CSG remplacée par le rétablissement des cotisations sociales et l’établissement d’une taxe équivalente sur les revenus financiers des ménages étendue à ceux des entreprises.
L’abrogation des lois Fillon, Weil-Balladur, le retour pour tous au droit à la retraite à 60 ans à taux plein, calculé sur les 10 meilleures années (revalorisées d’après l’indice d’augmentation des salaires et non des prix), après 37,5 années de cotisations est la revendication que nous soutenons.
La démocratisation de la gestion de la Sécurité sociale est aussi notre objectif. Nous demandons l’organisation de nouvelles élections des administrateurs salariés (les dernières datent de 1983) et le retour sur les ordonnances de 1967 afin que les administrateurs salariés redeviennent, comme c’est la logique, majoritaires dans la gestion du salaire socialisé.