Maintenant que la stratégie d’effacement du PCF avec les « collectifs » est en échec, va-t-on enfin pouvoir faire voter communiste en 2007 ? Déclaration du PCF Paris 15, vendredi 22 décembre 2006
Marie-George Buffet devrait annoncer sa candidature à la Présidence de la République jeudi 5 janvier 2007, au lendemain de la réunion du Conseil national de notre parti. Les leaders autoproclamés des « collectifs » de la gauche antilibérale l’ont d’avance récusée parce qu’elle est secrétaire nationale du PCF. L’opération d’effacement du PCF derrière ces « collectifs » à l’occasion des échéances électorales se trouve ainsi en échec. Nous nous en félicitons. Voilà trop longtemps, plus de six mois, que le parti est englué dans les calculs électoralistes de la « gauche de la gauche », à mille lieues des préoccupations du monde du travail et de ceux qui luttent contre la politique au service du capital. Le spectacle affligeant de la réunion nationale des « collectifs » les 9 et 10 décembre a fini de révéler leur caractère politicien, peu populaire, le vague de leurs positions « antilibérales », mais l’anticommunisme affirmé d’une bonne partie de leurs composantes. Il n’est que temps de sortir de l’impasse totale qu’ils représentent aussi bien pour l’avenir du PCF que pour l’alternative politique.
Cela n’est en rien contradictoire avec le développement d’actions unitaires ponctuelles. Ces dernières semaines, l’attachement actif manifesté par de nombreux communistes à leur Parti et à son identité, comme a contrario l’allergie parfois hystérique à toute référence communiste de certains tenants des collectifs, notamment des plus arrimés à la social-démocratie, ont montré la persistance et la résistance du fait communiste dans notre pays. Pour certains, il est insupportable, pour d’autres, dont nous faisons partie, il est irremplaçable. Un potentiel existe toujours pour faire vivre le PCF malgré les choix d’effacement et de reniements idéologiques mis en œuvre depuis la « Mutation » par la direction de notre parti. Maintenant l’ensemble du Parti, mais singulièrement la direction nationale sont au pied du mur.
Le Parti doit cesser d’enter en campagne à reculons, de mettre notre drapeau dans la poche. Persévérer dans ces choix, après le désaveu des derniers jours, serait proprement aberrant. Toutes les concessions à la stratégie des collectifs sont caduques. Marie-George Buffet ne doit pas se mettre en congé de ses responsabilités dans le PCF. Le Parti n’a aucune raison de payer un siège de campagne en dehors de ses locaux. Il est inconcevable de laisser M.Debons ou Mme Autain être directeur et porte-parole de la campagne, de leur donner le temps de parole du PCF dans les media… Enfin, après la leçon des collectifs pour la présidentielle, ceux qui souhaiteraient la reproduire pour la désignation des candidats aux législatives sont masochistes ou malveillants. Désignons tout de suite nos candidats !
Le PCF doit rompre clairement avec les orientations qui ont conduit aux 3,37%.
Le résultat de 2002 est la sanction d’une politique de reniement de la raison d’être de notre parti, marquée par la participation active à un gouvernement qui a loyalement servi les intérêts du capital. Il n’est pas la sanction « historique » du parti communiste en tant que tel. Il est incroyable d’entendre certains dirigeants prédire déjà un score de 2 ou 3%. Ce sont des positions de capitulation ! Elles correspondent à une orientation qui refuse de sortir des choix de la « Mutation ». Il va de soi que nous sommes tout autant opposés à ceux qui continuent de se replier sur une conception étriquée du PCF, satellisé au PS, pour garder quelques positions institutionnelles sur le terrain politicien qu’à ceux qui cherchent l’effacement du PCF et l’arrimage à la social-démocratie via la gauche mouvementiste et les « collectifs ».
Dans une certaine mesure, les résultats des listes indépendantes, présentées clairement au nom du PCF, aux régionales de 2004, notamment dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Auvergne, ont montré des possibilités de relèvement électoral.
Pour notre part, nous nous prononçons pour une campagne communiste se fixant comme priorité de nourrir le rapport de forces contre la politique au service du patronat tel qu’il se développe dans les luttes et dans la suite du 29 mai 2005. Les ruptures avec le modèle de la « gauche plurielle », avec le consensus autour de l’intégration européenne, à l’heure où le projet de « constitution » est remis en chantier, sont fondamentales. Retraites, services publics, défense de l’industrie, du droit du travail…, seul le PCF peut et doit faire monter dans le pays les positions de classes qui rendront impossibles les mauvais coups que les forces de l’alternance programment pour 2008.
Sur ces bases, la campagne électorale doit être l’occasion de faire vivre le PCF. En ce qui nous concerne, nous nous engageons à continuer à le faire.

à l’écart de la Porte de Versailles où avaient lieu la cérémonie mais aussi plusieurs tables rondes organisées par France 3. Des manifestants qui voulaient exprimer leur opposition au tramway colonial israélien (construit par la même société) dont le tracé spolie les Palestiniens de leurs terres ont eux été embarqués avec violence dans des bus – un blessé grave. Le dialogue, l’avis des personnels, des syndicats sur l’avenir des transports en Ile-de-France n’avait donc pas sa place pour les décideurs politiques samedi. Il était inopportun pour eux de laisser dire que le T3, très bel équipement technologique, projet initié par la droite avant d’être repris par la municipalité actuelle, n’était peut-être pas le plus approprié sur ces boulevards où, sans surveillance policière comme samedi aux 38 passages à niveau sans barrière, il ne pourra guère rouler plus vite que les bus pour des raisons de sécurité. Il était sans doute malvenu de dire que de tels investissements devraient être prioritairement consacrés à une augmentation de l’offre Paris-banlieue, plutôt qu’à des opérations de « requalification urbaine », comme aime Mme Hidalgo à décrire le T3 dans des secteurs très convoités par la spéculation immobilière. Quant à demander des moyens et des effectifs nécessaires pour assurer le fonctionnement du tram et l’allongement des amplitudes horaires des autobus sans dégradation du service en journée ni des conditions de travail, ce devait être déplacé. Le gouvernement, la direction de la RATP mais aussi le STIF et la Région redoutent visiblement que l’on puisse expliquer et contredire les axes de leur politique qui vont dans le sens de la rentabilité financière, de la marchandisation et de la privatisation rampante. L’expression déterminée des grévistes, notamment du dépôt de la Croix Nivert, n’en a été que plus importante pour la suite de la lutte pour la sauvegarde et le développement des services publics.