Défense des bureaux de Poste : un exemple de mobilisation dans le 15ème.

13 Août 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #La Poste

La colère des usagers devant la déstructuration des bureaux de Poste monte. Certains ont décidé de passer à l’action.

 

Le Comité de Défense de Beaugrenelle – Front de Seine – Charles Michels a fait signer une pétition (ci-dessous) pour protester contre la dégradation des services rendus après la transformation du bureau de poste du quartier dans le cadre de l’opération immobilière à laquelle il s’oppose. 1600 signatures ont été rassemblées au niveau du quartier.

 

Cette expression de colère rejoint celle générale d’usagers-clients devant la réorganisation des bureaux partout à Paris.

 

Les motifs d’exaspération sont nombreux causés par une organisation incompréhensible, des prestations réduites, des aberrations.

 

- Des bureaux restent fermés des mois pour travaux. Dans plusieurs cas, des bureaux ont été détruits et reconstruits plusieurs de suite.

- Le problème n°1 dans les bureaux de poste, c’est la queue aux guichets, le manque de guichets ouverts (à cause des suppressions d’emploi, encore 140 en 2009 à Paris). Eh bien, dans les bureaux restructurés, on supprime physiquement la majorité des guichets ! Il n’y a plus que 2 en tout, 3 au mieux ! Evidemment, il y a encore plus de queue.

- La multiplication des automates ne facilite pas les choses. Ils sont peu « conviviaux » comme on dit en informatique, et pas que pour les personnes âgées. Souvent en panne, on se demande combien ils coûtent en fait.

- Dans plusieurs bureaux, les horaires d’ouvertures sont changés, notamment retardés à 8h30 le matin semaine. En revanche, certains restent ouverts le samedi après-midi. Mais enfin ! La visite dans un bureau de poste n’est pas une distraction à passer en famille le week-end, c’est un service dont on a besoin et qui est d’autant plus satisfaisant qu’on peut y aller avant ou après le travail et ne pas trop attendre.

- Les usagers n’ont rien à faire d’écrans de télévision pour les faire patienter ou leur faire absorber de la publicité. Ils n’ont rien à faire de l’espace « boutique », envahissant : La Poste, ce n’est pas une épicerie ou une papeterie !

Quant aux conditions de travail des agents, elles deviennent de plus en plus invivables. L’ambiance des bureaux se détériore. Certains agents ont désormais des postes en station debout sans aucun espace personnel.

 

Usagers et agents des bureaux ne font pas les frais d’erreurs de « management » de la direction de la Poste. Les « restructurations » du réseau correspondent à une stratégie délibérée visant à préparer la privatisation.

 

En zone rurale et dans les petites villes, les bureaux sont progressivement transformés en « agences postales » ou remplacés par des points de contact. Les usagers n’ont plus accès à toute la gamme des prestations offertes normalement par un bureau de plein exercice. En tant que contribuables locaux, ils financent une bonne part du maintien d’une « présence postale » diminuée.

 

Pour les bureaux restants, en particulier dans les grandes villes, les bureaux sont restructurés de fond en comble pour devenir de petits centres de profit, en grande partie identifiables à des agences bancaires.

Les activités courrier courantes sont considérées comme rapportant peu. C’est pour cela qu’elles devraient être massivement automatisées (à 50%) d’ici 2012. C’est pareil pour toute une série d’activités bancaires de base quand elles ne sont pas renvoyées vers des centres d’appels téléphoniques extérieurs privés.

En concordance, la direction de La Poste supprime des dizaines de milliers d’emplois et entend ne plus renouveler 4 départs à la retraite sur 5.

Le nouveau bureau de poste est conçu pour soutirer le plus argent possible à l’usager-client tout en économisant au maximum sur le service rendu. C’est la logique de privatisation.

 

Peu importe que, dans les faits, la casse des bureaux de Poste, se solde pour l’instant, en plus de la casse du service public, par un insondable gâchis financier : coût des travaux, non-rentabilité absolue de l’espace « boutique » parasitaire (dont le but réel est d’imposer une logique marchande)… Dans le 15ème, pourquoi louer une boutique à Convention et fermer le bureau historique de la rue d’Alleray ?

Puisque c’est la collectivité, les salariés, les usagers qui paient la note dans l’intérêt des futurs actionnaires privés.

 

Dans le « plan de relance » de Sarkozy, 600 millions d’euros sont comptés au titre de la Poste. 600 millions pour quoi faire ? Précisément pour continuer de casser physiquement le service public (« accélérer la modernisation des bureaux de poste… à travers mille chantiers modestes mais visibles » Bailly, PDG in le Figaro du 13 mars 2009). C’est proprement scandaleux.

 

Avec le projet de loi de changement de statut de La Poste que le gouvernement veut faire adopter avant la fin de l’année, la perspective de privatisation est encore plus claire.

L’exemple de l’action à Beaugrenelle, qui a reçu notre soutien actif et celui de la CGT montre que l’on peut construire de larges mobilisations locales, d’habitants, de salariés, aussi de commerçants contre les effets de la privatisation, donc contre la privatisation elle-même.

 

Dans les mois qui viennent, unissons ces mouvements pour gagner le retrait de la loi anti-postale !

 

 

 

 

 

P E T I T I O N  - USAGERS DU BUREAU DE POSTE DE BEAUGRENELLE

 

Depuis le transfert du Bureau de Poste de la rue Linois, rue Zola, en raison du projet d’extension du centre commercial de Beaugrenelle, les habitants du quartier constatent la détérioration du service de la poste, tant au niveau de l’accueil que du fonctionnement.

 

L’espace réservé aux opérations courantes est largement insuffisant. La diminution du nombre de guichets conduit à des temps d’attente très importants. La mise en place d’une Boutique pour la vente de produits crée une très mauvaise organisation dans le fonctionnement du Bureau.  Le personnel malgré son dévouement n’est plus à même de répondre à l’attente des usagers.

Nous n’admettons pas cette situation. Nous la dénonçons et nous exigeons en conséquence de la Direction de la Poste :


- LE RETABLISSEMENT DE GUICHETS en nombre suffisant et, bien entendu, avec les moyens humains nécessaires pour qu’ils soient ouverts.

- L’UNICITE DE LA POSTE afin de pouvoir effectuer toutes les opérations postales (financières, courrier, colis) à tous les guichets.

- L’INSTALLATION D’UNE BOITE A LETTRES au carrefour rues Linois – rue Emeriau.

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