Salariés, usagers, ensemble, nous pouvons gagner la bataille de La Poste.

13 Août 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #La Poste

Ete 2009 : la nouvelle étape de la privatisation de La Poste est engagée.

 

Le gouvernement espère faire passer d’ici décembre, « en urgence », le projet de loi destiné :

 

-         d’une part à livrer à la concurrence et au marché privé l’ensemble de la distribution du courrier à partir de 2011, en transposant la 3ème directive européenne de « libéralisation »

-         d’autre part à supprimer le statut d’établissement public de La Poste en la transformant en société anonyme.

 

L’objectif est évidemment de lever l’obstacle juridique que représente ce statut à la privatisation du capital, à la mise en Bourse.

Le prétexte du gouvernement, selon lequel La Poste aurait besoin d’argent pour financer ses investissements, tombe de lui-même quand on sait que le PDG Bailly est prêt à faire racheter pour 1 milliard d’euros la banque italienne « Palatine » par la Banque postale. Songeons encore aux milliards d’euros accordés aux banques privées alors que la Banque postale publique n’a rien perdu dans la « crise financière ».

La promesse que le capital de la SA La Poste resterait détenu par des acteurs du secteur public n’engage que ceux qui veulent bien y croire. On l’a déjà vu pour France Telecom, GDF…

 

Dans la suite d’un processus entamé depuis 20 ans.

 

Le processus de privatisation de la Poste ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 1990, les gouvernements successifs s’y sont attaqués progressivement (droite, PS ou « gauche plurielle » au niveau français comme européen) : casse des PTT, « libéralisation » du courrier au dessus de 50 grammes, transformations des services financiers de la Poste en « banque postale » de droit privé…

 

Ses conséquences multiples se font déjà lourdement sentir : suppressions de dizaines de milliers d’emplois, dégradation des conditions de travail, dégradation du service rendu (ex : levée du courrier de plus en plus tôt, distribution de plus en plus tard), augmentation des tarifs, multiplication des prestations facturées…

 

Ce qui est en jeu avec la lutte pour le retrait de la nouvelle loi anti-postale, c’est d’empêcher ce processus de continuer mais aussi de commencer à l’inverser.

Cela implique d’aller sur le fond politique de cette loi qui est le même que celui des contre-réformes précédentes.

 

Pour défendre et reconquérir le service public postal, nous nous battons

 

-         contre le changement de statut de La Poste qui ouvre la porte à la phase finale de la privatisation

-         contre l’application en France des directives européennes qui détruisent les services publics dans tous les pays. Elles n’ont aucune légitimité.

-         pour le maintien et la reconquête du monopole public postal, gage de l’égalité des usagers et des territoires, d’une logique de réponse aux besoins contre une logique de ponction pour les profits.

-         pour des services financiers de la Poste qui continuent d’échapper à la spéculation et aux « crises financières », garantissent l’accès de tous aux services bancaires, drainent l’épargne populaire vers le financement des priorités nationales. Cela implique la réintégration de la « Banque postale » dans l’établissement public.

 

Un véritable front de lutte peut se construire :

 

L’attachement du pays au service public de la Poste est à la hauteur de ce qu’elle représente dans la vie de tous les jours. Pour ne citer que cela, 2 millions de personnes se rendent chaque jour dans un bureau de Poste.

 

Des mobilisations diverses contre la privatisation et ses effets se sont multipliés, des salariés avec leurs organisations syndicales, comme des usagers.

Depuis 2005, il y a eu ainsi des actions dans plus de 200 centres de distribution contre les suppressions de tournées et postes de facteurs, avec la compréhension et souvent le soutien des usagers.

De nombreuses batailles ont lieu contre les fermetures de bureaux de Poste, leur « restructuration », la suppression de guichets… D’autres fois, c’est contre la suppression de boîtes aux lettres que se fait la mobilisation. Dans notre arrondissement par exemple, 1600 usagers du quartier, avec une association de riverains, se sont exprimés contre la restructuration du bureau de Beaugrenelle (voir en lien).

 

Tous ces mouvements permettent de freiner le mouvement de casse du service public.

Aujourd’hui la réunion de toutes ces luttes, qui s’opposent à la privatisation, leur développement, renforcés par l’expérience et le bilan désastreux de la privatisation partout dans le monde, peuvent converger pour gagner le retrait de la Loi de privatisation.

 

La convergence de lutte dépasse aussi La Poste.

Sarkozy a choisi de reporter le dépôt du projet de loi, initialement prévu pour le début de l’année, pour éviter qu’il ne coïncide avec les grandes mobilisations de salariés du 29 janvier ou du 19 mars.

Il a lui-même indiqué la voie pour le mettre en échec : la réunion de toutes les luttes des salariés de tous services publics, du privé, des usagers autour d’objectifs précis comme la défense de La Poste.

 

Des initiatives dès septembre :

 

Localement, nationalement, des mobilisations se préparent pour la rentrée. Communistes, nous y prendrons toute notre part comme force politique de lutte et de propositions.

 

Quatre organisations syndicales de salariés de La Poste de Paris viennent par exemple de décider d’appeler à une grève illimitée des agents des bureaux de Poste à partir de la « Fête » de La Poste, opération de propagande, organisée par la direction fin septembre. Nous appelons les usagers à soutenir ce mouvement. 

 

Des consultations populaires seront organisées sous des formes diverses le 3 octobre « contre la privatisation de La Poste ». Nous appelons à en faire autant de rendez-vous d’explication et de mobilisations précises pour faire monter l’exigence du retrait du projet de loi anti-postale, de la défense et la reconquête du service public national de La Poste.

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daubie 22/08/2009 23:07

Que proposes-tu ? Toujours la même rhétorique que ceux qui ne font parler (ceux que j'évoquais dans mon premier commentaire...) !Je l'ai dis... la lutte continue dans l'entreprise, tout du moins nous tentons de l'organiser (je suis un télécommunicant) au sein de notre syndicat départemental ! Rien de très original en soit quand on est militant.Mais, en dehors, du PC et quelques "sudistes/trotskistes/Nulle Part Ailleurs qu'à la télé", je ne vois vraiment pas comment le rapport de force politique au Congrès pourrait être inversé ?!

Marie T 22/08/2009 12:25

D'accord avec tes réserves camarade, mais maintenant, que proposes-tu ?

Franck 22/08/2009 09:42

Si je partage l'essentiel de ce que je lis sur la Privatisation de La Poste consécutivement à d'autres privatisations -dont, selon moi, la plus emblématique est celle de France Télécom car directement issue de "l'Administration des PTT" ; car peuplée de fonctionnaires qui ont eu un goût particulier de mettre au monde le réseau téléphonique le plus fiable du monde (à une époque !) ; car engagée par Rocard et Quilès (de gauche), relancée par Fillon (déjà !), enterinée par Jospin et finalisée par Raffarin- permettez-moi de faire quelques griefs à votre appareil.Vous critiquez à un moment donné les différents gouvernements : n'en faisiez-vous pas partie avec M.Gayssot qui d'une certaine manière a contribué à la séparation fonctionnelle de la SNCF et de RFF ? Dans ce gouvernement Jospin, n'est-ce pas celui qui a le plus privatisé depuis les années 80 etc... ?Sinon la lutte continue dans l'entreprise La Poste mais, quand les dirigeants de la 1ère Organisation Syndicale de La Poste sont si abscons, sectaires voire staliniens (pardon messieurs, mesdames), il y a malheureusement peu de chances pour que ces luttes s'agrègent, se fédérent et gagnent la bataille finale... Désolant car je fais moi-même parti de ce syndicat !