Défaite du NON au Traité de Lisbonne en Irlande : tous les moyens réunis de l’UE, du patronat européen et leurs alliés sont parvenus à déplacer 462.000 voix.

3 Octobre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #"Europe": NON à l'UE du capital

Défaite du NON au Traité de Lisbonne en Irlande : tous les moyens réunis de l’UE, du patronat européen et leurs alliés sont parvenus à déplacer 462.000 voix.

 

A l’échelle de l’UE, l’Irlande est un petit pays avec 4 millions d’habitants. C’est une constatation objective.

 

En rien, elle n’autorisait les propos méprisants des eurocrates revanchards et leurs interventions indignes pour bafouer la souveraineté du peuple irlandais en forçant l’organisation d’un 2ème référendum après la victoire du NON au Traité de Lisbonne en 2008.

Quand on pense qu’aucun de ces politiciens, Merkel, Brown, Berlusconi… n’a osé demander son avis à son propre peuple, sans parler de Sarkozy qui a lui-même violé l’expression souveraine du peuple français en 2005 contre la « constitution européenne », en se gardant bien de le faire revoter sur Lisbonne.

 

Mais, toujours objectivement, face à peuple peu nombreux, malgré tout le fil à retordre que les Irlandais, ceux qui ont fait la campagne du Non, particulièrement les militants progressistes (dont les communistes) leur ont donné, les puissants de l’Union européenne ont réussi cette fois à emporter le morceau.

 

Vendredi 2 octobre 2009, le Oui au Traité de Lisbonne l’a emporté avec 67% des suffrages exprimés. Il n’obtient cependant que l’approbation de 40% des électeurs inscrits, l’abstention atteignant 42% (en baisse de 5% par rapport à l’an dernier).

Au total, le Non a perdu 257.000 voix et le Oui a gagné 462.000 voix.

 

Ce déplacement de 462.000 voix est à mettre en rapport avec les moyens, politiques, médiatiques, financiers qu’ont déployés les tenants du pouvoir et des milieux d’affaires d’Irlande comme de toute l’Europe et leurs alliés.

 

Tour à tour, ils ont alterné les promesses et les menaces sur un pays si fortement dépendant économiquement des multinationales qui l’ont plongé dans la « crise ».

Le patron de Ryanair a ainsi lancé une campagne planétaire pour faire pression sur ces compatriotes, n’hésitant pas comme d’autres, à jouer le chantage à l’emploi.

De leurs côtés, les politiciens irlandais ont fait semblant de croire que Barroso leur octroyait des « garanties » sur l’application de Lisbonne, bidon sous tous les aspects.

(La nécessité, soi-disant obtenue, d’un accord préalable du Parlement irlandais avant l’engagement de troupes irlandaises à l’extérieur par la future agence européenne de défense en dit long sur ce que les élus français de l’UMP et du PS ont accepté.)

 

Autre soutien de poids au Oui qui doit faire réfléchir dans tous les pays, celui de la Confédération européenne des syndicats (dont toutes les centrales françaises sont maintenant membres). La CES a non seulement appelé au vote oui mais a fait directement pression sur le Congrès irlandais des syndicats, qui s’était prononcé pour le Non l’an dernier.

Voici des extraits des propos tenus par John Monks, secrétaire général de la CES : "avant de voter "non", pensez à ceux qui ailleurs en Europe espèrent la victoire du "non" : les conservateurs britanniques, les nationalistes bornés, les racistes et les fascistes. L'Europe est un bien meilleur choix pour les travailleurs que tout ce que ces groupes pourront jamais offrir". "L'Europe n'est pas un menu à la carte où vous choisissez ce qui vous plaît. C'est un "paquet" entier qui a fait de grandes choses pour l'Irlande et d'autres et qui devra en faire davantage pour que nous puissions sortir de cette crise économique". No comments !

 

Le résultat de 2009 n’efface en rien la magnifique démonstration de résistance qu’a donnée le peuple irlandais. Elle a fait reculer pendant deux ans les eurocrates. Elle a contribué, après les votes de 2005 en France et aux Pays-Bas, de 1992 au Danemark à montrer l’absence totale de légitimité et les méthodes antidémocratiques de L’UE du capital.

 

Pour la suite, la balle reste dans le camp des progressistes de tous les pays européens.

Ils ont fait ce qu’ils ont pu pour soutenir les Irlandais dans la campagne (voir l’appel des partis communistes et ouvriers).

Mais il était et est primordial d’intensifier dans chaque pays, dans les conditions nationales, le combat contre l’UE du capital. Communistes français, c’est bien ce que nous pensons, notamment concernant notre pays.

 

La victoire du Non en 2005 a montré le niveau de discrédit du l’UE, notamment parmi les travailleurs. Il n’a cessé de se confirmer depuis, par exemple, avec l’abstention record aux élections européennes de cette année.

Au plan national, un clivage politique essentiel ne cesse de se confirmer : les partisans du Oui à l’UE du capital ne s’engageront pas fondamentalement pour une politique progressiste, alternative à celle du gouvernement et président actuels.

S’opposer avec plus de force à l’application des traités, directives et autres règlements européens, instruments et prétextes à la politique antisociale du pouvoir est une priorité. Comme refuser et dévoiler le mirage de « l’Europe sociale », telle qu’on vient encore de la servir aux Irlandais.

Prenons un sujet très actuel : pour arrêter le processus de privatisation de La Poste, il est nécessaire de gagner le retrait du projet de loi qui transpose la troisième directive européenne de marchandisation, en plus de changer le statut de l’entreprise.

On le voit, défendre et reconquérir le service public de La Poste, nous n’y arriverons pas dans l’union avec ceux, même de « gauche », qui ont voté ces directives, appliqué les précédentes, approuvé Lisbonne et qui persévèrent dans ces choix.

 

Encore tous nos remerciements aux Irlandais et aux organisations progressistes irlandaises qui ont fait gagné le Non en 2008 et se sont si bien battus en 2009 !

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