Aragon et l’art moderne : une exposition splendide et du plus haut intérêt (Musée de la Poste – Paris 15ème)

26 Avril 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Culture

Aragon et l’art moderne : une exposition splendide et du plus haut intérêt (Musée de la Poste – Paris 15ème)

 

 

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Le Musée de La Poste, 34, boulevard de Vaugirard, Paris 15ème a changé de nom. Il s’appelle maintenant « L’Adresse – Musée de la Poste ». Cette évolution traduit la volonté de La Poste de créer un espace d’exposition à côté du musée consacré à l’histoire des services postaux. Veillons à ce que cette mission principale ne soit pas remise en cause et intègre les évolutions récentes conformément à l’esprit de service public ! Le nouvel espace d’exposition ne doit pas devenir, non plus, un lieu de « prestige » dédiée à l’art facilement rentable.

 

Pour l’instant, nous ne pouvons que saluer la magnifique exposition inaugurée le 14 avril 2010 et qui restera en place jusqu’au 19 septembre. Nous recommandons vivement sa visite.

Elle est consacrée à « Aragon et l’art moderne ».

 

L’exposition vaut par la valeur des œuvres rassemblées de Matisse (dont les portraits d’Aragon et d’Elsa), Chagall, Klee, Picasso, Signac, Masson, Ernst, Miro, Duchamp (avec la fameuse Joconde LHOOQ prêtée par le PCF, mais sans doute pas le tableau le plus intéressant…), aussi Fougeron, Taslitsky… , souvent sorties de collections particulières.

Elle vaut par le souvenir de l’homme de lettres, par les extraits choisis de ses œuvres (nombreuses revues), par la reconstitution fascinante d’une pièce de son appartement parisien.

 

Mais elle vaut encore davantage par la confrontation entre les deux, entre la trajectoire de l’écrivain, de l’intellectuel communiste et les mouvements de l’art du 20ème siècle.

 

Conformément à la version, politiquement corrigée-correcte des choses, la notice de l’exposition insiste sur les moments de tension supposés entre Aragon et son parti (la une des « Lettres françaises » à la mort de Staline et le fameux dessin de Picasso en 1953, choisie comme date charnière, sans raison valable, Prague 1968, la suppression de la diffusion des Lettres en URSS en 1969…). Elle préfère évoquer la carte du parti déchirée tous les soirs plutôt que la carte recollée tous les matins.

 

L’exposition affirme le contraire avec la force de la contradiction permanente.

Aragon a pleuré avec des dizaines de millions d’autres à la mort de Staline, avec tout ce que la personne de Staline pouvait représenter (au point que la 4ème République fit mettre en berne les drapeaux sur tous les édifices publics).  

Aragon, comme le reconnaît l’exposition, a été fidèle jusqu’au bout.

Il a été fidèle au réalisme, sans que pour lui, ce mouvement qui a tant enrichi la création, comme d’autres, qui a traduit et porté de grandes espérances, ne puisse se résumer à des caricatures académiques (voir les toiles de Gromaire, de Fougeron, de Grüber).

Il a été fidèle aussi à ces peintres amis, Chagall, Léger, Picasso qui étaient bien éloignés de ces canons, aux courants des années 20 et 30, cubisme, dadaïsme, surréalisme.

 

Confrontations, contradictions, fidélité à l’engagement politique communiste, au parti, recherche permanente, voilà ce que transmet remarquablement cette exposition.

 

Merci à la commissaire de l’exposition et à tous ceux qui ont contribué.

 

 

« L’Adresse, Musée de la Poste », est ouvert de 10h00 à 18h00, sauf dimanche et jours fériés, 34 boulevard de Vaugirard, Paris 15ème, métro Montparnasse-Bienvenüe ou Falguière, 6,5 euros (quand même !).        

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