Avenir de l’Hôtel-Dieu, de l’AP-HP : Touraine et Hidalgo devant leurs contradictions

12 Octobre 2013 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

Avenir de l’Hôtel-Dieu, de l’AP-HP : Touraine et Hidalgo devant leurs contradictions

Pcf Paris 15, 11 octobre 2013   

131012_Hotel_Dieu_2.jpgNous avons diffusé plus de 3000 tracts, notamment à l’HEGP et à Necker, intitulés « Hôtel-Dieu, c’est le moment de faire reculer le gouvernement ».

En quelques années, la direction de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) est parvenue à démanteler 75% des activités du plus vieil hôpital de Paris. Elle cherche maintenant à en finir, à liquider le service des urgences, dans le but de nourrir une opération immobilière à tiroirs, de faire, encore davantage, le lit de l’hospitalisation privée. Mais elle se heurte à la conjonction entre la lutte des hospitaliers avec leur syndicat et leur comité de soutien et l’approche des élections municipales.

Le sujet est devenu l’un des plus sensibles de la pré-campagne électorale. Aucun candidat n’ose défendre un projet qui prive les 9 arrondissements du centre de Paris de leurs urgences (43.000 patients reçus par an).

Cette lutte suscite un écho important dans les autres hôpitaux dont les personnels subissent l’insupportable dégradation des conditions de travail due à la politique d’austérité. Les urgences de la Pitié ou de Lariboisière atteignent des taux de saturation de 200 à 300% aggravés par l’afflux de patients déjà détournés de l’Hôtel-Dieu.

Depuis 2012, le PS est aux commandes à tous les niveaux décisifs : ministère, présidence du Conseil d’administration de l’AP-HP en la personne de Jean-Marie Le Guen désigné par la Mairie de Paris… C’est aussi l’ancien ministre PS Claude Evin qui dirige l’Agence régionale de santé. Dans le même temps, la candidature d’Anne Hidalgo aux municipales à Paris est au cœur de ses intérêts politiques parisiens et même nationaux.

Face à cette contradiction, les responsables socialistes essaient pour l’instant de s’en tirer par des pirouettes.

En juillet, la ministre Marisol Touraine a essayé de désamorcer la lutte en « décalant » la date de fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu initialement prévue le 4 novembre. La ficelle est grosse : laisser passer la campagne électorale sans rien changer au projet de casse. Elle est d’autant plus visible que la direction de l’AP-HP s’efforce toujours, par tous les moyens – jusqu’à tenter des déménagements de nuit – de transférer les services d’aval subsistants (où sont dirigés les patients après le passage aux urgences).

Des militants syndicaux des hôpitaux ont réussi à l’empêcher. La direction de l’AP-HP tente maintenant d’intimider ceux qui luttent en traînant trois militants devant le tribunal administratif. Mme Touraine, Mme Hidalgo, couvrez-vous cette conception du « dialogue social » ?

La popularité du mouvement s’étend. Au tour d’Anne Hidalgo de tenter de le désamorcer et de ce sortir d’une embûche électorale ! Elle laisse entendre dans la presse (Le Parisien du 9 octobre) qu’elle réclame la tête de la directrice générale de l’AP-HP, Mireille Faugère, dont elle jugerait la gestion trop « brutale ». Changer de fusible sans changer de politique ! On apprend justement cette semaine que Montebourg vient de nommer Mme Faugère « chef de projet » de sa nouvelle et fumeuse « Nouvelle France industrielle ». Comme c’est téléphoné tout cela !

M. Le Guen, également responsable à la santé dans l’équipe de campagne de Mme Hidalgo et M. Evin n’ont pas besoin de masquer leurs intentions : la mort de l’Hôtel-Dieu, réduit à des bureaux et – pour donner le change - à un simple centre de santé.  

Les personnels, les syndicats ont un autre projet : le maintien des urgences et la reconstitution à l’Hôtel-Dieu d’un hôpital généraliste de proximité, doté d’une maternité. C’est l’intérêt des Parisiens, de toute l’AP-HP.

Ne nous laissons pas tromper ! Intensifions la lutte ! Communistes, nous y contribuerons, y compris, et même en particulier au cœur de la campagne électorale.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

FDG69 12/10/2013 17:11


Il va être difficile d'être à la fois dans l'équipe de Hidalgo et de la combattre.


Je vous souhaite toutefois bon courage, car je voudrais pass être à votre place.


En tout cas, j'ai du respect pour ceux du PCF qui soutiennent l'indépendance vis à vis du PS ! Le courage poure moi est de leur coté.