Casse de la médecine du travail : Darcos essaie encore, même privé du prétexte du « dialogue social » !

20 Janvier 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Médecine du travail - santé au travail

Casse de la médecine du travail : Darcos essaie encore, même privé du prétexte du « dialogue social » !  

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« Une loi avant l’été prochain » pour contre-réformer la médecine du travail, voilà ce qu’a annoncé le ministre du travail, Xavier Darcos. Le projet de loi pourrait être adopté par le Conseil des ministres fin février. Un calendrier proche de la nouvelle attaque annoncée contre la retraite solidaire.

 

Tout au long de 2009, le gouvernement a tenté de gagner la signature d’au moins un syndicat au projet du Medef pour pouvoir le reprendre au nom du « dialogue social ».

Une dizaine de rendez-vous de « négociations » n’y ont rien fait. Même les centrales syndicales les plus coopératives n’ont pas pu rejoindre le patronat. L’action des collectifs de médecins du travail, notamment de l’Appel « Sauvons la médecine du travail » (http://www.slmt.fr/SLMT/Accueil.html ), y a été pour beaucoup. 

 

Malgré ce désaveu, point d’appui essentiel pour la bataille à venir, Darcos remet ça. Ce qui prouve à nouveau, si besoin était, combien le « dialogue social », la « culture de la négociation » sont des attrape-nigauds pour les salariés et leurs représentants.

 

Les axes annoncés par Darcos suivent étroitement les désirs du Medef, tels qu’il les proposait dans son texte.

 

Point de départ intangible, le nombre de médecins du travail serait destiné à baisser de façon inélucatable. Le gouvernement fait de l’effet de sa politique une fatalité démographique.

 

A nouveau en conséquence, il prétend recourir à des médecins de ville et remettre en cause la formation initiale pour pallier les manques les plus criants, au mépris d’une spécialité construite depuis la Libération sur la connaissance du lieu de travail, de l’entreprise.

 

Puisque fatalement selon lui, il n’y aura plus, de toute façon, assez de médecins du travail, le ministre propose de remettre en cause, dans la pratique sinon dans le principe, la visite médicale périodique tous les deux ans.

 

D’autres professionnels, psychologues, ergonomes, infirmiers, n’ayant pas la même formation et non protégés par le statut de médecin, pourront être substitués aux médecins du travail.

 

Pour mieux vendre son piège à nigauds, Darcos agite comme son prédécesseur Xavier Bertrand le principe d’une nouvelle « gouvernance » partenariale des services de santé au travail laissant aux représentants des salariés un tiers des places, pouvant aller jusqu’à la moitié tant que le patronat gardera la voix prépondérante.

 

Il n’y a aucune raison que ce que tous les syndicats ont déjà refusé hier, puisse être imposé aujourd’hui. Les bases d’une mobilisation de grande ampleur des salariés ont été jetées, sur une question primordiale, même si tout est fait pour qu’un grand nombre de salariés ne le mesure pas.

Mais la médiatisation, devant la situation extrême de certaines entreprises, des conditions d’exploitation méprisant la santé des travailleurs qui règnent dans de plus en plus d’entre elles, rend cette lutte d’autant plus d’actualité et rassembleuse.

La coïncidence avec l’attaque contre les retraites peut permettre aussi de lier les batailles, notamment à partir de la question piégée de la « pénibilité ».

Le but étant de mettre en échec gouvernement et Medef tout autant que de gagner la formation du nombre de jeunes médecins du travail dont le monde du travail a besoin.

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