CN du PCF des 24 et 25 octobre - Régionales 2010 - Intervention d'E. DANG TRAN

28 Octobre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #REGIONALES 2010

Conseil national du PCF des 24 et 25 octobre 2009, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Une nouvelle fois, la réunion du CN largement en dehors des réalités de la lutte des classes dans le pays, du développement d’un rapport de force pour commencer à rompre avec la politique du pouvoir. Le terme détestable, je l’avais déjà dit, « d’offre politique », traduit par lui-même le caractère politicien de la démarche proposée pour les élections régionales.

 

La perspective proposée reste toujours la même : le rassemblement institutionnel de la « gauche » dans les exécutifs régionaux en attendant 2012.

La stratégie proposée aussi : la poursuite du processus d’effacement du PCF au nom d’un « Front de gauche », sans contenu, élargi à rien, associant le PCF aux mêmes petits partenaires qu’en juin, pour ne pas dire groupuscules.

 

La bataille actuelle de La Poste, illustre exactement l’impasse que représente la stratégie reprise dans « l’offre ».

Que propose-t-on aux postiers qui étaient dans l’action à près de 100.000 le 22 septembre, qui poursuivent de multiples luttes locales, aux centaines de milliers d’usagers, qui, pour reprendre le mot du rapport, ont manifesté leur disponibilité à agir ?

On leur répond « union de la gauche ». On les renvoie aux parlementaires de gauche, à un référendum virtuel. On ne gagnera pas cette bataille de La Poste, c'est-à-dire le retrait du projet de loi, en esquivant les questions qui dérangent le PS, la mise en concurrence par les directives européennes qu’ils ont approuvées, l’expérience de l’ouverture du capital de France Télécom par la « gauche » ou de la loi Quilès, etc.

Les collectifs de défense de La Poste ont un penchant à l’alignement des sigles d’organisation, comme les collectifs antilibéraux ou le Front de gauche mais pas davantage à la mise en avant des axes de lutte décisifs. Le PG de Mélenchon donne le ton en renvoyant dès le titre de son tract au futur « gouvernement de gauche qui rétablira le service public postal ». D’ici là…

 

Alors que la journée d’action des cheminots du 20 octobre a été un vrai succès qui en annonce d’autres, que les syndicats enseignants appellent à une grève le 24 novembre, on en a parlé, que les salariés de l’industrie sont mobilisés, ne devrions-nous pas mettre au centre de nos préoccupations la convergence des luttes, notamment autour de La Poste, en portant les contenus pour gagner ?

 

La même logique pourrait et devrait inspirer notre préparation des élections régionales. Ce n’est pas le cas.

 

Le texte proposé exclut d’emblée l’option qui y correspond et qui devrait être un choix naturel : celle de présenter, en tant que PCF, partant des positions communistes, des listes de rassemblement, largement ouvertes au mouvement social.

 

J’entends qu’on veut élargir le Front de gauche à des syndicalistes, des personnalités du monde associatif. Mais qu’est-ce qui nous empêche de le faire, comme nous l’avons toujours fait, sur des listes présentées par le PCF ? Rien sinon la poursuite d’un schéma de recomposition politique et de reclassement politique d’ici 2012.

Rien d’autre ne peut expliquer l’option du « Front de gauche » où le PCF a tout à perdre et qui rentrent dans les calculs de Mélenchon, et peut-être demain du NPA.

 

Que soit proposée et défendue, ici comme dans les régions, l’option de se ranger dès le 1er tour sur les listes dirigées par le PS, me paraît au contraire logique et cohérent. Mais c’est un choix que je ne peux que rejeter, par rapport à la situation nationale et aux bilans des régions de gauche, du moins ceux que je connais.

 

En Ile-de-France, le bilan de la majorité Huchon est éloquent. Huchon tend la main au Modem. Mais même sans le Modem, son programme et son action sont « sociales-libérales ». Partisan entre autres de la régionalisation de l’éducation nationale, Huchon cherche aussi à s’emparer de la propriété des infrastructures de la RATP pour organiser la mise en concurrence, malgré l’opposition de la CGT et des autres syndicats. Les conseillers régionaux, dont les communistes, élus en 2004 sur la liste de la « gauche populaire et citoyenne », préfiguration du « Front de gauche », ont tout cautionné dans l’exécutif. C’est à méditer !

 

Pour finir, puisque mon temps est compté : il n’est pas acceptable que les communistes ne puissent pas se prononcer sur la base d’un bilan des régions de gauche et de la participation des élus de leur parti. Il n’est pas acceptable que soit éliminée l’option de listes de rassemblement présentées par le PCF sur des positions communistes. Il faudra l’imposer dans les conférences régionales. Il n’est pas acceptable que le contenu de la campagne se limite à quelques formules générales. Ce devrait être le point de départ de notre réflexion, avant les combinaisons de liste.

 

Encore un point [le président de séance presse l’orateur]: dans notre rejet de la réforme territoriale, nous devons absolument expliciter notre refus de l’Europe des régions.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Marie-George BUFFET 04/12/2009 19:23


« Oublier le Cantal, ça peut être fatal ! » : Marie-George Buffet écrit à Roseline Bachelot

Vous trouverez ci-dessous la lettre de Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF et de Laurence Cohen, Responsable nationale « Droits des femmes/féminisme » du
PCF, à Roseline Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports à propos de la publicité vantant les mérites d’un fromage « le Cantal ».


"Madame la Ministre,


Nombreuses et nombreux ont été celles et ceux qui nous ont fait part de leur indignation concernant les publicités « Oublier le Cantal, ça peut être fatal ». Après avoir pris
connaissance de celles- ci, nous tenons à nous associer à cette vive protestation.


Cette publicité qui devrait promouvoir un fromage « Le Cantal » en est loin. Elle est déclinée de plusieurs manières, mettant en scène une jeune femme à qui l’on reproche d’avoir oublié
ce fromage et qui, pour cela, est punie et notamment laissée sur le bord de la route, avec le slogan « Oublier le Cantal, ça peut être fatal » !


Cette publicité est tout à fait l’inverse de l’évolution des mentalités vers le partage des tâches et la non violence à l’égard des femmes.


C’est le contraire de la promotion pour l’égalité et la non violence entre femmes et hommes. Nous nous interrogeons sur le but recherché : est-ce une publicité visant à la promotion d’un
produit ou est-ce une publicité, comme de nombreuses autres, qui met en avant l’obligation de soumission des femmes à la suprématie de l’autorité des hommes ?


La publicité a un impact énorme sur les consciences, elle forge autant les préjugés que les croyances. Nous souhaitons dénoncer tout sexisme présent dans les publicités. Ces images sont pour nous
aliénantes, elles ont des conséquences dans les rapports sociaux homme/femme, elles sont contraires à l’évolution d’une société respectueuse de l’égalité. Une fois de plus, la publicité est
utilisée pour valoriser des normes sexistes et non pour communiquer sur l’idée d’acheter un produit pour lequel elle devrait être conçue.


Loin de nous l’idée de nous placer en censeurs, mais à propos de cette pub, nous demandons qu’un autre message publicitaire, valorisant le produit, soit diffusé. Nous exigeons que cette publicité
programmée sur trois années, financée avec de l’argent public à hauteur de 2 millions d’euros (Ministère, Conseil Régional d’Auvergne, Conseil Général du Cantal), soit retirée des écrans de
télévision ainsi que sur le net.


En Juillet 2001, un groupe d’experts a remis aux autorités gouvernementales un rapport sur l’image des femmes dans la publicité. Ce rapport ouvre la possibilité pour les femmes et les
associations qui se sentent agressées par ces publicités, de faire appel à la justice Ces recommandations sont restées lettre morte, nous les réitérons. Nous proposons également la mise en place
d’un numéro vert afin que les femmes ou les associations puissent interpeller les autorités.


Par ailleurs, le groupe des Députés communistes, républicains et parti de gauche et le groupe Communistes, républicains et citoyens de l’Assemblée nationale et du Sénat ont déposé une loi contre
les violences faites aux femmes en décembre 2007, nous demandons qu’elle puisse être discutée au niveau de ces 2 assemblées, afin d’être votée dans les plus brefs délais. On voit bien que des
moyens pour son application pourraient être trouvés, comme le financement de ce genre de publicité sexiste le suggère.


Dans l’attente, nous vous demandons d’agir pour le remplacement de ce message publicitaire en faveur du produit, appréciable au demeurant. D’autant que vous participez au financement de cette
campagne."


Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF Laurence Cohen, Responsable nationale du PCF « Droits des femmes / féminisme »



Guy Carlier 29/10/2009 10:55


Même Guy Carlier ne s'y retrouve pas dans les changements du PCF.

http://www.europe1.fr/Radio/Videos-podcast/Douche-froide/Fatal-cantal


pc.duclos.cuers 29/10/2009 08:34



Si la politique consiste à gérer les affaires de la cité ou d'un pays une offre en la matière équivaut à changer de cap pour aller vers une politique sociale, plus juste, plus humaine où l'homme
sera au centre des décisions. Est que tout seul et je le défends bec et ongle, le PCF peut y parvenir ?...En s'alliant avec d'autres formations, il n'est pas question de perdre son identité dans
une mmouvance d'union de la gauche, bien au contraire. C'est ainsi qu'on agit les communistes cuersois et varois dans le cadre de la défense de la Poste en protant bien haut leur couleur. C'est
ainsi qu'il on agit dans mon village dans le cadre des élections européennes et c'est ainsi que les élus agissent dans le cadre des institutions. Ca porte ses fruits. A cahque occasion les
communistes dont je suis mettent en avant leur proposition, notamment en matière de réappropriation publique du système bancaire, des télécommunications etc...Mais la difficulté réside d'après
moi au manque de lien entre le mouvement associatif et syndical et celui des organisations politiques de classe dont je pense que le PCF fait encore parti. Tout n'est pas parfait certes, la
critique est parfois nécessaire mais le pire c'est de ne rien faire. En investissant le terrain et en étant auprès de citoyens chaque jour, les lignes bougent, à nous de las faire bouger encore
plus en restant nous même,mais en ayant conscience que nous ne sommes pas seuls. Simplement un petit avis. Bien fraternellement aux camarades de Paris 15