Congrès du PCF : communiqué de 8 membres du CN

20 Juin 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Pour le 35ème congrès du PCF, notre section a adopté le texte, alternatif à celui de la direction sortante, "Face au capital, aujourd'hui plus que jamais, notre peuple a besoin du PCF". Ci-dessous le communiqué de ses initiateurs à l'ouverture du congrès, le 18 juin 2010.

Un compte-rendu du congrès où nous avons une déléguée suivra.

Communiqué de presse à l'ouverture du congrès extraordinaire du PCF

Face au capital, aujourd’hui plus que jamais,

notre peuple a besoin du PCF !

 

Communiqué à l’occasion de l’ouverture du Congrès extraordinaire du PCF, 18 juin 2010

 

Le « congrès d’étape » du PCF n’a rien d’un congrès normal. Il a été organisé dans des conditions de précipitation qui ont tenu à l’écart une grande majorité des adhérents. Le choix de la direction de ne pas soumettre de texte à amendement a transformé les conférences locales et départementales en assemblées « cause toujours ». Sur tous ces points et d’autres, ce congrès si situe hors des statuts du Parti. Il est même illégal.

 

La réunion « au sommet » du Front de gauche le 9 juin, plusieurs déclarations de dirigeants du parti ont confirmé l’impression que les conclusions du congrès sont ficelés d’avance, en particulier la poursuite de la stratégie du Front de gauche, les candidatures communes jusqu’en 2012, la structuration du Front.

 

Nous n’admettons pas qu’un congrès non statutaire avalise ces choix au nom des communistes.

 

Nous avons déposé un texte alternatif intitulé « face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF ». Il est signé par plus de 700 communistes de 61 fédérations, dont 9 membres du Conseil national et 28 secrétaires de section ou de fédération. Il a été adopté par trois congrès départementaux : Haute-Saône, Tarn et Meurthe-et-Moselle.

 

La direction du Parti l’a réceptionné mais a refusé de l’envoyer à tous les adhérents et de le soumettre au vote conformément aux statuts. Elle n’a pas tenu l’engagement de Marie-George Buffet de le publier dans le bulletin « Info-Hebdo ».

 

Le débat contradictoire qu’ouvre notre texte doit faire peur.

 

Le 34ème congrès du PCF n’a pas décidé du Front de gauche. Les communistes y ont clairement fait le choix de maintenir et de renforcer le PCF.

 

Nous affirmons que le Front de gauche poursuit et aggrave le processus de mutation-disparition du PCF, que c’est une fuite en avant.

Le Front de gauche n’est pas un choix de rassemblement et d’ouverture mais représente un enferment du PCF dans une logique politicienne et électoraliste.

 

On peut le mesurer à l’aune des débats stériles et piégés dans lesquels s’enferme ce congrès. Le PCF devrait-il se diluer dans un cartel d’organisations (« une unité de petits ») ou bien laisser se structurer une organisation factice du « Front de gauche » qui va le supplanter ? Ni l’un, ni l’autre ! Pourtant les deux sont programmés avec le « comité de liaison » avec le PG et GU, la proposition de Marie-George Buffet de créer une association des « amis du front de gauche ».

Le PCF doit-il s’embourber dès à présent dans des négociations politiciennes pour la présidentielle ou renoncer à une candidature communiste ? Là encore, le choix préalable du Front de gauche et de candidatures communes nous entraîne, sous la pression inévitable de Mélenchon, vers les deux perspectives à la fois.

 

En rien non plus, le Front de gauche n’émancipe le PCF de la social-démocratie. Sa perspective politique, centrée sur 2012, en fait une force d’appoint de l’alternance autour du PS avec l’illusion de le « tirer à gauche ». On a déjà donné entre 1997 et 2002.

 

Ce congrès extraordinaire est l’illustration de l’impasse dans lequel la poursuite de la stratégie du « Front de gauche » jette notre parti.

Plus que jamais, nous devons avancer nos positions communistes dans les luttes, nous écarter du piège institutionnel de 2012. La bataille des retraites se gagne maintenant et sur des positions offensives, non dans des promesses pour 2012 et sur la ligne du PS.

 

Il y a une attente dans le monde du travail, parmi les militants syndicaux, dans le peuple, face à la violente offensive antipopulaire, l’attente d’un parti de classe et de masse, du parti que seul le PCF a été, l’attente de propositions et d’actions nationales en rupture avec le consensus de l’idéologie dominante, par exemple contre l’UE du capital, pour des nationalisations, pour la défense du financement solidaire de la Sécurité sociale…

 

Face au discrédit du capitalisme avec la « crise », la perspective socialiste et internationaliste que notre parti a portée depuis sa naissance, il y a 90 ans à Tours, est plus que jamais à l’ordre du jour.

 

A l’occasion de ce « congrès d’étape » du PCF, nous lançons un appel à tous les communistes, aussi aux dizaines de milliers de camarades qui sont à l’égard du Parti depuis notamment le congrès de Martiques en 2000, à se réapproprier leur parti, à faire vivre et renforcer ses organisations de base.

Ne laissons pas les calculs de groupes dirigeants, qui pensent que le PCF n’aurait plus de raison d’être, que le PCF ne pourrait vivre que sous perfusion du PS ou qu’il faudrait se rallier à tel ou tel « sauveur », entretenir une image de déliquescence du parti.

 

La raison d’être du PCF est plus actuelle que jamais. Le peuple a besoin du PCF. Voilà ce que nous allons exprimer avec force à ce « congrès ».  

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cotty 20/06/2010 10:47



Bravo, voilà un texte on ne peut plus clair! il faut une bonne dose de cynisme de nos dirigeants pour se diriger vers le sens de la social-démocratie.Mais l'histoire a toujours donné raison à
ceux qui contre vents et marais vont vers un humanisme guidé par l'intérêts des peuples et contre le capitalisme destructeur qui broie les êtres humains pour son seul profit. Vive le parti
communiste français, le faire vivre et le renforcer est d'une urgence vitale. Salutations fraternelles. Jean-Louis