Delanoë dans le 15ème : mépris et anticommunisme.

6 Novembre 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Delanoë dans le 15ème : mépris et anticommunisme.

 

(thèmes abordés entre autres : Les Halles, Beaugrenelle, la grève des agents du nettoiement, la vie politique à Paris…)

 

Le Parisien-Aujourd’hui en France publie une interview de Bertrand Delanoë le 5 novembre 2010. Le maire de Paris s’y flatte d’être à l’aile « gauche » du PS.

La veille au soir, il était dans le 15ème arrondissement pour son « compte-rendu » annuel de mandat, une sorte de faire-valoir de la « démocratie participative ». Il y a montré un autre visage, celui de la superficialité et du mépris pour masquer une politique parisienne subordonnée aux puissances d’argent.

 

Il faut dire qu’il y avait peu de monde pour l’écouter. L’affluence était à peu près deux fois moindre que les années précédentes.

101105_hiddel.jpgLa municipalité du 15ème, le député-maire P.Goujon, le député Lamour ont fait le choix de boycotter le rendez-vous. Nous y voyons la difficulté de la droite à s’opposer sur le fond à la politique de Delanoë. Ne viennent-ils pas tous ensemble, UMP et PS, Sarkozy et Delanoë de pactiser pour travailler à l’impunité de Chirac ?

Beaugrenelle, Tour Triangle, Boucicaut : l’opposition de l’UMP locale tient avant tout de la posture pour tenter de ne pas se déconnecter d’un électorat frappé par les conséquences de la spéculation immobilière dans le 15ème. Delanoë s’est même aligné sur le sécuritaire Goujon en installant 100 caméras de vidéosurveillance, aussi coûteuses qu’inefficaces et attentatoires aux libertés.

 

Jeudi 4 novembre, il s’est trouvé des habitants, des représentants associatifs de différents quartiers, également des militants communistes pour porter les vrais débats, obtenir de vraies réponses.

 

Dans sa brève introduction, B.Delanoë a jeté quelques considérations, toutes contestables, sur les aides personnelles au logement de la Ville, sur le développement de bureaux et pépinières d’entreprises, du commerce (qui lui vaut les félicitations de la Chambre des métiers, « pas des gauchistes pourtant »). Il a été en fait plus long que sur tout autre sujet à décrire dans le détail les clichés pornographiques de Larry Clark dont l’exposition au Palais de Tokyo a suscité une polémique microcosmique. Personne n’a rebondi dans la salle.

 

Seize personnes ont pris ensuite la parole, en général pour poser des questions.

 

Pour ne pas répondre sur les sujets les plus sensibles, Delanoë a eu recours à l’invective et à la caricature.

Il a voulu évacuer d’abord par cette méthode le problème des grandes opérations immobilières qui défraient justement la chronique, notamment les Halles et Beaugrenelle.

 

Il s’en est pris d’emblée à la « dame à la chemise rouge, militante communiste » qui a soulevé cette question et se lance dans une critique complètement déplacée des centres commerciaux étatisés en URSS et en Chine (« dont le Président est en visite en France… ») pour conclure avec une phrase aussi rédhibitoire qu’élégante: « vous êtes à côté de vos pompes ».

Avec ces pirouettes lourdes, aux relents d’un anticommunisme nauséabond, Delanoë a été content d’esquiver toutes les vraies questions.

 

Aux Halles, le promoteur Unibail paie 238 millions d’euros à la Ville de Paris pour en récupérer en définitive 260, outre le contrôle sur un emplacement clef au cœur de la Ville. Pas de réponse de Delanoë, qui se garde de réfuter ces chiffres ! Pourtant, c’est sérieux. Non, il préfère attaquer personnellement la présidente de l’association de défense des Halles « Accomplir ».

La grande braderie des droits à construire et des baux à construction à Beaugrenelle, au profit en particulier du promoteur Gécina ne suscite pas de réponse  du maire.

Sur le projet largement contesté, irréaliste, comme en témoignent les années et années de retard et d’hésitation des promoteurs, de centre commercial régional à Beaugrenelle : pas de commentaire.

Sur l’emploi : la méthode Coué ! Toujours les mêmes annonces d’emplois qui ne viennent jamais. Où est la « mission  pour l’emploi » promise à l’époque à Beaugrenelle pour faire passer le projet ?

La Tour Cristal sur le Front de Seine et ses 120 mètres de bureaux sont vides depuis 2 ans mais il faut construire plus haut encore à la Porte de Versailles avec la Tour Triangle (au bénéfice d’Unibail) : pas d’appréciation de Delanoë.

Les emprises cédées à la Cogedim dans le 7ème (ancien hôpital Laënnec) et le 17ème (Batignolles) pour des appartements de grand luxe dont les prix dépassent l’imagination, jusqu’à 20.000 euros le m2 : le Maire ne relève pas.

Quand Mme Marie-Claude Beaudeau, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, dénonce les prédateurs financiers et une politique au service de l’argent, M. Bertrand Delanoë l’accuse d’être communiste et de ne pas le suivre. Il n’aime que les « communistes » qui sont à sa botte. Lamentable !

Il se trouve que personnalité communiste, Marie-Claude Beaudeau est aussi présidente de l’Association de défense de Beaugrenelle – Front de Seine – Charles Michels, une association on ne peut plus pluraliste, dont le combat inlassable a permis d’assurer l’avenir de plusieurs immeubles de logement sociaux, d’empêcher la construction de tours aéroréfrigérantes malsaines, de sauvegarder plusieurs équipements publics, de faire connaître la réalité des projets des promoteurs et de la Ville…

 

Toutes ses batailles restent malheureusement toujours d’actualité.

Aux riverains des Tours de logements sociaux Beaugrenelle et Keller et des immeubles Sageco, frappés pour des mois et des mois pas les nuisances, bruit, poussière, circulation d’un chantier gigantesque, en zone inondable, qu’ils n’ont pas réclamé et qui ne leur rapportera rien, Delanoë répond : « je compatis, moi-même j’ai vécu près d’un chantier. Paris est en mouvement ». Merci ! Mais pas question de dédommagement pour les riverains dont la vie est impossible ! Sur une opération de plusieurs de centaines de millions d’euros, facilitée par la Ville : pas une miette pour les gens !

La dégradation des services publics, la diminution des équipements, à cause de l’opération spéculative : Delanoë s’en lave les mains. « Je ne suis pas PDG de La Poste ou Préfet de police ».

A propos de l’exigence du rétablissement d’un centre de santé conventionné, accessible à tous, sans dépassement d’honoraire, à la place de l’ancien Centre médical Beaugrenelle, abattu par les bulldozers, Delanoë et Hidalgo ne s’embarrassent plus de promesses dilatoires. Les belles phrases dans la brochure distribuée ne valent pas ici ! Les promoteurs veulent un centre lucratif.

 

Sur Boucicaut, interrogé par un riverain, Delanoë ose encore parler de concertation alors que cela fait 10 ans que les réunions se suivent et que les projets sont figés : 50% de logements livrés au marché privé (les plus grands), pas de maison médicalisée pour les personnes âgées comme promis initialement (juste une poignée d’appartements aménagés)…

 

Un de nos camarades a soulevé une question d’actualité, la grève des agents du nettoiement et l’occupation de l’usine de traitement des déchets d’Ivry.

Delanoë s’est montré dans les manifestations pour la défense des retraites mais il n’apporte aucun soutien aux éboueurs, au contraire.

En réponse, Delanoë se fait le chantre du dialogue social. Il « respecte » les agents, il les reçoit, va à leur rencontre. C’est eux « qui ne donnent pas de nouvelles ».

Mais il ne suffit pas de se voir (et encore, la CGT du nettoiement donne une toute autre version du « dialogue » pratiqué, du « silence radio » d’Anne Hidalgo !), encore faut-il s’entendre !

Le Maire se garde bien de dire aux habitants du 15ème qu’il refuse d’augmenter les salaires, qu’il a étendu la privatisation du ramassage des ordures à 3 autres arrondissements, que la Ville sollicite des sociétés privées qui écrasent les conditions de travail et de rémunération de leurs salariés et nuisent d’autant au financement des retraites.

Non, pour M. Delanoé, pour être de « gauche », il suffit d’être contre Sarkozy. Les éboueurs ne devraient rien dire parce qu’ils risquent de « dédouaner Sarkozy ».

Puis il galèje, toujours avec la même finesse. « D’un côté, on me dit que je finance des permanents de la CGT, de l’autre, on me reproche de ne pas accéder aux demandes de la CGT, il y en a bien un qui dit des conneries (sic), sans doute les deux ».

 

Quelle classe, ce Maire !

Surtout quand il parle de « beauté » ! Avec sa municipalité, tout n’est que « beauté », les voies sur berges, les futures Halles, les réalisations culturelles. Il répare les « massacres à la beauté » d’un « 20ème siècle débile ». Il offre aux « pauvres » la « beauté qu’ils ne peuvent pas se payer », aux pauvres, aux salariés dont les loyers et les impôts ne cessent d’augmenter, qui doivent payer leur abonnement de transports 7% plus cher que l’an dernier, comme l’a fait remarquer un autre intervenant.

 

Quelle contraste entre l’image que les media s’efforcent de donner de Delanoë et la réalité de sa politique !

En entamant sa série de réponses à la salle, Delanoë a regretté la nature des questions et les limites de ce type de réunion. Il aurait préféré que soit organisé un débat thématique. Il aurait préféré en somme que ses services écrivent eux-mêmes les questions. C’est beau la démocratie participative.

 

Communistes, nous pratiquons la lutte par et pour les travailleurs, la population, en cherchant à rassembler sur chaque combat tout ceux qui y ont intérêt. A Beaugrenelle, à Boucicaut, partout dans le 15ème, à la RATP, avec les agents du nettoiement, avec nos amis et camarades des autres arrondissements, nous continuerons.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article