Elections locataires : bonne résistance des militants et amicales CNL.

30 Décembre 2014 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Droit au LOGEMENT

Elections locataires : bonne résistance des militants et amicales CNL.

PCF Paris 15, 29 décembre 2014

Les élections des représentants des locataires aux conseils d’administration des organismes HLM se sont déroulées entre la mi-novembre et la mi-décembre. Tous les résultats sont maintenant connus.

Au plan national, la Confédération nationale du logement, CNL, reste la première organisation représentative.

Dans les principaux organismes HLM présents dans le 15ème arrondissement de Paris, la CNL l’emporte à nouveau à l’immobilière 3F, premier groupe bailleur social privé du pays (Saint-Charles-Emériau, Anselme Payen et une dizaine d’autres immeubles dans le 15ème), arrive 2ème à quelques voix près à Coopération et Famille (Tour Keller), 2ème à Paris Habitat.   140122 peignot

Nous nous félicitons de ces résultats parce qu’ils traduisent la juste reconnaissance de l’action de militants organisés en amicales de locataires. La CNL porte encore, en général, un modèle d’association de lutte dont les représentants dans les instances sont l’émanation, à laquelle les « spécialistes » notamment juridiques sont une force d’appoint. Les batailles générales pour le droit au logement, contre la politique du logement rare et cher, relayée par les bailleurs sociaux, contre les augmentations de loyers ne sont pas dissociées des actions et luttes dans le groupe d’immeubles, de la construction de solidarités entre locataires.

Nous savons combien le contexte politique rend de plus en plus difficile, mais aussi encore plus importante, cette forme d’organisation d’action et de masse.

Le logement « social » subit de plein fouet les conséquences de la politique antisociale des gouvernements successifs. La population tend à se paupériser. De nombreux ménages sont confrontés à de multiples problèmes sociaux en même temps, dont le logement - une fois établi en HLM, avec les aides publiques – n’en est qu’un. Les ménages de salariés et retraités, moins pauvres, font l’objet d’une campagne politique outrancière de culpabilisation sur le thème qu’ils seraient des « privilégiés » d’habiter en HLM et/ou qu’ils n’ont pas intérêt à se mélanger avec les plus pauvres. La loi Boutin reprise intégralement par les ministres de « gauche », Duflot et maintenant Pinel, a aggravé cette logique de pénurie de moyens et de ségrégation sociale.

Les amicales de locataires font face également – sans parler du clientélisme local - aux entreprises des pouvoirs politiques et des bailleurs d’institutionnaliser les droits des locataires, d’intégrer des associations bureaucratisées à leurs politiques. Les subventions, maintenant généreuses, aux niveaux supérieurs, ont été développées comme des outils de tentation. Le financement des campagnes électorales suit la même logique.

Ainsi, à l’Immobilière 3 F – 180.000 logements -, le bailleur a réparti entre les listes 90.000 euros de remboursements de frais de campagne, dont 45.000 à répartir à égalité entre les listes, sans condition. Il y en a eu, en conséquence, inflation de listes, 9 au total : même la plus insignifiante a touché au moins 5000 euros, pour seulement 6 noms de candidat...

Le nombre de listes, l’afflux de propagande électorale stéréotypée, désincarnent l’élection. L’action réelle et concrète des amicales et de leurs représentants est noyée. L’abstention atteint des records.

Les organisations de collaboration, d’inspiration social-démocrate, comme la CLCV, font campagne nationalement avec le relais des médias sur actions symboliques relevant du lobbying et se posent en prestataires de service juridiques.

D’autres organisations s’adonnent à de la démagogie électoraliste plus ou moins ciblée et parviennent à gagner des places et des moyens qui leur permettront de s’auto-légitimer.

nous ne comprenons pas bien – sauf situations très locales – pourquoi la structure d’information des consommateurs de la CGT, Indecosa, a présenté, dans ce mouvement de confusion organisée, tant de listes contre la CNL, normalement association amie, dont la défense des locataires (et propriétaires résidents) est la raison d’être comme la défense des salariés est celle de la CGT.

L’immobilière 3 F, directement liée au Medef, fait des bénéfices, de 150 millions à 200 millions d’euros par an, après investissement. Cela montre que logement est une affaire rentable, très loin des loyers spéculatifs. Dans ces conditions, le représentant CNL des locataires a été le seul, année après année, à voter contre les augmentations infligés aux locataires, en concordance avec la mobilisation des amicales CNL. Vérification et limitation des charges, aménagements locaux, parfois personnels, lutte contre les expulsions et bataille politique pour le droit au logement ne font bien qu’un.

Avec nos camarades locataires des 3 F, nous remercions notre camarade Henri Derrien pour ses vingt ans de combat en tant que membre élu CNL du Conseil d’administration des 3 F. Nous félicitons notre ami et camarade Paul Pinchon qui lui succède, toujours secondé de notre camarade Claude Fainzang.

Le PCF Paris 15ème soutient et partage plus que jamais les luttes des amicales CNL qui contribuent à faire vivre nos quartiers sur la base essentielle de la solidarité et de la lutte.

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