Elections régionales : déjouer la campagne de diversion !

13 Février 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #REGIONALES 2010

En version tract de masse PDF (sans les considérations internes)


Elections régionales : déjouer la campagne de diversion !

 

Les media annoncent déjà une abstention record pour les élections régionales du 14 mars. Tout est fait pour. Les principaux partis politiques se retrouvent pour mener une non-campagne, une campagne de diversion par rapport aux préoccupations du plus grand nombre. Ils s’évertuent à escamoter les questions de fond, celles qui posent la nécessité d’une alternative politique, au plan national et même au plan régional.

 

La droite au pouvoir lance coup sur coup les débats malsains sur l’identité nationale, la burqa, la sécurité, quitte à raviver un peu Le Pen. Dans la campagne, elle se concentre sur des questions régionales. En Ile-de-France, Valérie Pécresse se garde bien de mettre en avant qu’elle est la ministre de la loi LRU contre l’université publique.

De toute évidence, la droite cherche à minimiser l’impact de la sanction électorale prévisible de sa politique économique et sociale pour mieux la poursuivre malgré le développement des luttes. La nouvelle étape du démantèlement du système solidaire de retraite par répartition, celle de la marchandisation du marché de l’électricité sont, entre autres, inscrites à l’agenda d’ici juillet.

 

Du côté du PS et de la social-démocratie en général, on ne tient guère non plus à aller au fond des choses. Il faut dire que 20 régions sur 22 à « gauche » depuis 2004 n’ont guère servi à s’opposer à la politique des gouvernements de droite successifs. Bien souvent au contraire, elles l’ont très bien accompagnée.

Certains ont dû dire au président sortant d’Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, de tenir sa langue. En 2008, dans son livre « De battre ma gauche s’est arrêtée », il réclamait pas moins que la « régionalisation de l’éducation nationale » après avoir aidé au transfert à la Région des personnels techniques des lycées. De même, il affirmait ne plus voir de raisons pour qu’un service public ne soit effectué plutôt par une entreprise privée. Son choix de faciliter la marchandisation des transports franciliens, d’accompagner la casse du statut de la RATP a bien traduit sa pensée.

En 2010, dans la campagne, Huchon comme Anne Hidalgo, tête de liste à Paris, restent évasifs sur tout ou presque. Ils s’affirment de « gauche » sur les questions qui ne sont pas de leurs prérogatives, comme le logement ou l’hôpital. A toutes fins utiles, ils lancent quelques signaux discrets au Modem.

Au plan national, le PS a trouvé dans Georges Frêche un repoussoir commode pour se refaire une virginité de « gauche ». Mais quand il s’agit des retraites, Martine Aubry évoque le report à 62 ans de l’âge de départ et François Hollande le nécessaire allongement de la durée de cotisation. Le consensus sur les questions économiques et sociales avec le pouvoir demeure toujours aussi large.

 

Comme d’habitude, les écologistes jouent leur rôle de canalisation et stérilisation de l’électorat. Le NPA rentre dans le jeu du pouvoir en présentant une militante du voile islamique pour refaire parler de lui.

 

Communistes, nos priorités sont tout à fait ailleurs également pendant ces quelques semaines de campagnes. Nous mettons au centre de toute notre activité l’exigence de la construction de la convergence des luttes nécessaire pour ouvrir la perspective politique en commençant à faire reculer le gouvernement. La défense des services publics, du potentiel productif industriel, la bataille des retraites, sont autant de questions d’intérêts général sur lesquelles le rassemblement des salariés, des retraités, des jeunes peut gagner. Nous mettons en avant des propositions de rupture avec la politique menée dans l’intérêt du capital, comme la nationalisation des banques, condition de la création d’un vrai pôle public financier. Au plan régional, les choix de rupture que l’on doit imposer peuvent, par exemple, être le refus actif de toute régionalisation de l’éducation, le maintien et l’extension dans les faits d’un monopole public RATP/SNCF des transports.

 

Nous portons et porterons ces axes de lutte dans les entreprises et les quartiers du 15ème en lien avec le mouvement social, fort et diversifié.

 

Le vote communiste devrait pouvoir les relayer dans les urnes. La stratégie du « Front de gauche », que nous ne partageons pas, l’a compromis. Pendant des mois, d’interminables tractations pour les listes avec des groupes divers ont détourné notre parti de ses priorités. Le PCF se retrouve dilué, très dilué, dans un assemblage hétéroclite de groupuscules et de « personnalités » issues de la social-démocratie, tel l’opportuniste M.Mélenchon qui déclenche ouvertement une OPA hostile sur le PCF, tout en tendant la main à Cohn-Bendit. Ce n’est pas notre conception de l’union. Pas de programme, pas de contenu à ce Front, pas de rupture affichée avec la gestion Huchon en Ile-de-France : c’est un vrai gâchis, c’est grave dans la situation politique.

 

Le temps viendra d’en tirer les enseignements. Nous nous sommes exprimés et nous exprimerons dans notre parti. Pour l’instant, nous donnons la priorité à l’action dans les luttes pendant la campagne et, ce qui va de pair, à la vie et au renforcement du PCF.

 

 

 

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