Enquête Brétigny: L’urgence de stopper le processus de privatisation de la SNCF, de mettre en échec la « réforme ferroviaire »

21 Janvier 2014 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #SNCF

Résultats de l’enquête sur la catastrophe de Brétigny :

L’urgence de stopper le processus de privatisation de la SNCF, de mettre en échec la « réforme ferroviaire »

Pcf Paris 15, 21 janvier 2014

140121_bretigny.jpgLe 12 juillet dernier, le déraillement du Paris-Limoges tuait 7 passagers et en blessait 32 autres. Ce drame a eu lieu en gare de Brétigny-sur-Orge, sur les voies qu’emprunte le RER C.

Le premier rapport du « Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre » vient d’être rendu public. Il exclut les hypothèses de l’acte de malveillance et de l’erreur humaine. Mais il pointe l’insuffisance des règles générales de maintenance, notamment de la surveillance des rails et de la boulonnerie, les effets désorganisateurs du développement de la sous-traitance.

Il y aurait pu, il pourrait y avoir d’autres Brétigny. Dans tout le pays, en 2012,  il s’est produit 211 déraillements, heureusement la plupart sans conséquences graves. En novembre, une autre catastrophe ferroviaire est évitée de justesse : une équipe de cheminots a découvert in extremis qu’un tronçon de rail de plus d’un mètre manquait.

Il impossible de ne pas faire le lien avec la politique de privatisation décidée par les gouvernements successifs et mise en œuvre par les directions de la SNCF et de RFF. Dans le secteur de Brétigny, depuis 2005, les effectifs de la brigade SNCF chargée du contrôle des voies ont été ramenés de 19 à seulement 9 cheminots.

On est passé d’une sécurisation maximale des infrastructures à la politique du « risque calculé », une forme de calcul de probabilités, faisant la balance entre le critère de sécurité et celui du profit. La direction de la SNCF a supprimé 7750 emplois à l’équipement. Elle fait appel à des sociétés extérieures, des filiales ou des sous-traitants privés, encadrées par un minimum de personnels statutaires qualifiés.  

L’accident de Brétigny tombe mal pour le PDG de la SNCF Pépy et le ministre des transports Cuvillier. Ils voudraient justement faire passer au Parlement leur « réforme ferroviaire », nouvelle étape de la privatisation du rail sous l’égide de l’Union européenne. L’éclatement de la SNCF - avec le détachement d’une filiale « infrastructures » de l’exploitation -  en est l’un des points clés. Mais, en difficultés, le ministre a déjà dû reporter l’examen de la « réforme » de 6 mois.

Les objectifs de ce schéma politique sont connus. On isole l’exploitation des trains les plus rentables, destinée à être livrée au privé et à ses actionnaires. On laisse à la collectivité, notamment aux régions au nom de la « décentralisation », le soin de payer pour les lignes les moins rentables et pour les infrastructures.

Comme contribuables et usagers, nous sommes doublement ponctionnés, sur nos impôts et avec les augmentations considérables des tarifs. Pendant ce temps la finance prospère sur la « dette » fabriquée de la SNCF et de RFF. Le service rendu ne cesse de se dégrader : horaires, accueil en gare et aux guichets, sécurité. L’emploi et les conditions de travail sont sacrifiés. Voilà le capitalisme européen ! Usagers des transports, nous le subissons tous les jours, comme nous subissons la soumission des gouvernants français à ce modèle.

Il est temps de dire STOP ! Partout en France, des collectifs d’usagers se mobilisent contre les fermetures de gare, de ligne, le ralentissement des trains locaux, les tarifs prohibitifs. Partout en France, des cheminots, avec leurs organisations syndicales, luttent pour défendre leur travail et le service public, parfois même simplement leur sécurité et leur santé.

Maintenant, ça suffit comme ça ! Refusons d’être exposés au risque Brétigny ! Refusons la casse du service public !

Exigeons les moyens pour l’entretien des voies et des infrastructures, pour le maintien et l’extension du réseau !

Exigeons le retrait de la Réforme ferroviaire et la réunification du transport ferroviaire dans le monopole public intégré SNCF !

Refusons l’application en France des traités et directives de l’Europe de l’argent !

Soutenons les mouvements à venir des cheminots !

 

 

Hausse de la TVA sur les transports : scandaleux !

Depuis le 1er janvier, les tarifs des billets SNCF/RATP et de la plupart des abonnements ont été augmentés de 3%, correspondant à la hausse du taux de TVA intermédiaire. La ponction est de 24 euros par an pour un titulaire du Pass Navigo 2 zones. En 2011, la TVA sur les transports en commun avait déjà été élevée de 5,5% à 7%. C’est inacceptable. Les hausses de TVA « antisociales » accordées par le gouvernement (Hollande suivant Sarkozy) au nom de la « compétitivité » ne servent qu’à gonfler les profits du grand patronat, de ceux qui exploitent et délocalisent. Continuons à protester contre les hausses de TVA !       

 

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