Hommage aux « Dames de Javel » : ce qu’il faut voir à côté de la plaque !

10 Mai 2013 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire

Hommage aux « Dames de Javel » : ce qu’il faut voir à côté de la plaque !


Pcf Paris 15ème, 8 mai 2013

 

De 1915 à 1918, quelque 6.000 femmes ont été recrutées pour travailler à la fabrication d’obus dans les usines Citroën de Javel dans le 15ème arrondissement. La plupart des ouvriers était partie au Front.

Les conditions de travail de celles qu’on a appelées les « munitionnettes » étaient effroyables : 11 heures par jour, 7 jours sur 7. Les accidents avec les matières explosives sont nombreux.

Le patronat utilise tous les avantages de la situation de guerre et de la condition féminine de cette nouvelle main-d’œuvre ouvrière pour tirer un profit maximal de son exploitation. Les salaires sont inférieurs de 50% à ceux, déjà faibles, des ouvriers avant-guerre. Il est « interdit de faire grève et de s’asseoir » !

Il est bienvenu que mémoire soit rendu à cet épisode. La guerre impérialiste, totale, jetait leurs fils, leurs frères et leurs maris dans la boucherie des tranchées. Elle n’a pas non plus épargné les femmes.

Cependant, on ne peut que s’étonner du texte de la plaque apposée à l’entrée du collège « André Citroën », 207 rue Saint-Charles, où se trouvait une usine.

Elle rend hommage davantage à la mémoire du patron qu’à celle des « Dames de Javel » qu’il a exploitées pour son compte et celui de la guerre.

André Citroën, nom en majuscules, est présenté comme un entrepreneur patriote, un « patron social », même comme un initiateur de l’émancipation de la femme. Plutôt que de rappeler l’exploitation et les souffrances de ces femmes, on célèbre leur sacrifice à la cause de la guerre, au soi-disant « salut du pays » comme a aimé à le souligner le maire UMP du 15ème, à l’origine de la plaque avec la municipalité de gauche de Paris.

La commémoration a eu lieu le… 8 mars 2013 !  

 

Lisez le texte :

130510_dames_de_Javel.jpg


Que cette période ait amené, de fait, à une émancipation financière et sociale de la femme travailleuse, c’est évident. Qu’il faille remercier, après coup, la guerre capitaliste et le patronat pour cela, c’est un comble !

Que l’on reconnaisse à André Citroën son travail d’ingénieur et d’inventeur, oui…

Que l’on célèbre les actes de patron de celui qui jouait au casino la paie de ses ouvriers, qui, avec ses amis banquiers, a profité de l’effort de guerre pour s’enrichir de façon éhontée et acquérir gratuitement, grâce à la puissance publique, les terrains et usines de Javel, non alors !

A propos, PSA devait revendre dans les années 70/80 ces terrains à prix d’or pour construire l’usine d’Aulnay-sous-Bois que maintenant, le groupe va revendre encore à prix d’or, toujours aux dépens des ouvriers et des ouvrières.  

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