Hommages des autorités municipales de Paris à Emile Torner

20 Mars 2014 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #HOMMAGE A EMILE TORNER

img-0684.jpgPhilippe Goujon, Maire du 15ème arrondissement de Paris, Bertrand Delanoë, Maire de Paris, Catherine Vieu-Charier, adjointe au Maire de Paris aux anciens combattants nous ont envoyé ces messages de condoléances

 

Message d’hommage de Philippe GOUJON, maire du 15ème arrondissement à l’occasion de la disparition d’Emile TORNER.

 

12 mars 2014

 

« Le 29 avril 2013, Emile TORNER prononçait une allocution devant le Monument aux Morts situé sur le parvis de la Mairie du 15ème : « Jusqu’au bout tout doit être fait pour établir la vérité, pour établir dans la société  « l’impossible oubli »   de « l’indicible horreur »

Président de l’Association des Déportés Internés Résistants et Patriotes de Paris, il  aura tenu parole en luttant jusqu’à son dernier souffle.


Issu d’une famille juive, il s’engage à 18 ans dans la Résistance au sein de la Compagnie Surcouf et est arrêté en juillet 1944 dans le maquis Creusois.

 

Très vite déporté en Allemagne, il connaitra l’enfer concentrationnaire de Buchenwald sous le numéro 81 655 avant d’être libéré par les armées alliées en mai 1945 ne pesant plus que 28 kilos.

 

Arrivé à Paris à l’Hôtel Lutétia, ses propres parents auront du mal à le reconnaître.

Depuis près de 40 ans, Emile TORNER témoignait sans relâche, notamment dans les collèges et lycées, en évoquant la barbarie nazie et sensibilisait ainsi les plus jeunes pour qu’ils n’oublient rien et soient eux-mêmes des remparts contre la « bête immonde ».

Emile TORNER manquera au 15ème, à la démocratie et  à l’Humanité .


Qu’il repose enfin en paix, ayant accompli tous les devoirs qu’il s’était fixé comme l’homme libre et intransigeant qu’il était.

 

 

 

Message de condoléances de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, 12 mars 2014 (adressé à Emmanuel Dang Tran)

 

Monsieur,

 

Je viens d’apprendre avec tristesse le décès d’Emile Torner, Président de l’Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes de Paris.

 

Lui qui avait survécu aux terribles conditions de la déportation dans le camp de Buchenwald, n’eut de cesse de témoigner auprès des jeunes générations afin que ne soient jamais oubliés ceux qui, comme lui, s’étaient courageusement engagés dans la Résistance.

 

Présent à toutes les cérémonies du souvenir, il n’omettait jamais d’évoquer ses camarades qui avaient payé de leur vie cet engagement. « Résister, c’est exister », le titre de son livre illustre le parcours de toute sa vie.

 

En ce moment douloureux, je m’associe à votre peine et vous assure de toute ma sympathie.

 

Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments attristés.

 

Bien à vous,

 

Bertrand DELANOË

 

 


Message de Catherine Vieu-Charier, élue communiste de PARIS, adjointe au maire de paris, chargée de la Mémoire du Monde Combattant

 

Chers camarades,

 

Au nom du Parti Communiste français je veux rendre hommage à cette personnalité si forte et attachante qu’était Emile Torner, communiste, juif, ancien déporté à Buchenwald-Langenstein, Président de l’Association départementale des déportés, internés, résistants et patriotes de Paris

 

Chaque fois que j’assiste aux obsèques de camarades de cette génération, j’ai une émotion particulière. 

 

Emile était un grand communiste. Tout son itinéraire le prouve. C’était un militant communiste engagé, plein du courage politique nécessaire à changer un monde injuste et dur au monde ouvrier.

 

Cela façonnera son engagement et sa détermination à changer le monde qu’il a mis en œuvre infatigablement tout au long de sa vie. 

 

Marqué par son époque, celle issue de la révolution russe de 1917 et de l’immense espoir pour les peuples, qu’elle a généré, Emile a grandi dans les années 30, les années de son enfance.

 

Ces années qui ont vu la France repousser le fascisme intérieur, et la classe ouvrière arriver au premier rang de l’Histoire.

1934 et le combat contre les ligues fascistes.

1936 et le Front Populaire avec les ouvriers et les employés qui relèvent la tête.

Mais les heures sombrent reviennent, plus fort encore.

La république espagnole est à l’agonie, l’Italie est fasciste, l’Allemagne devient nazie.

Puis vient la guerre  et la défaite de 1940 ; C’est  la France des  années noires, celle de la capitulation, celle  du régime de Vichy, de la collaboration et de la déportation.

 

Emile s’engage dans la résistance.

Emile Torner a 15 ans quand ses parents, juifs, décident de quitter la France, craignant l'arrivée imminente de l'armée allemande. Emile, lui, s'engage dans la Résistance. Au sein de la Compagnie Surcouf, il est arrêté en juillet 1944, dans le maquis creusois. Il est aussitôt envoyé en Allemagne, à Cologne, Stolberg, puis Buchenwald. Là, il passe à la désinfection et reçoit son numéro de matricule : 81 655.

 

Il reviendra, libéré en mai 1945. Il pèse 28kg. 

Par son engagement au Parti Communiste, et ses activités à l’association des Déportés Internés Résistants et Patriotes de Paris, il faisait partie de ces gens qui ont contribué à lutter après la guerre contre l’ordre ancien et construire une société nouvelle, basée sur toutes les grandes réformes comme la création de la sécurité sociale, les droits à la retraite, les nationalisations, les libertés syndicales.

 

Emile meurt à un moment crucial de notre histoire, ou toutes les grandes conquêtes sociales sont remises en question et battues en brèche.

 

Je connaissais bien Emile, avec qui j’ai travaillé sur les questions de Mémoire.

 

Pour moi militante communiste et élue, le respect, pour nous tous ici, la fidélité à des hommes comme Emile, derniers témoins d’une époque, aide à être plus forts dans les combats d’aujourd’hui, et fidèles à leur idéal, car malgré toutes les déceptions et les difficultés, l’idéal communiste reste une des grandes idées de l’Humanité.

 

Emile Torner fait partie de ces camarades qui ont rêvé de changer le monde, qui y ont contribué.

 

Son héritage reste infiniment précieux. Il est de ces femmes et de ces hommes dont nous avons besoin aujourd’hui.


Nous ne laisserons pas disparaître ce à quoi ils ont cru.

 

Catherine Vieu-Charier

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