« Identité nationale », Burqa,… : où va André Gerin ? Notre total désaccord avec ses positions.

29 Décembre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

« Identité nationale », Burqa,… : où va André Gerin ? Notre total désaccord avec ses positions.

 

 

André Gerin fait partie de ceux qui revendiquent leur liberté de parole et leur positionnement personnels. Nous n’avons nulle intention de le contredire sur ce point.

Mais son étiquette de député du PCF est systématiquement mise en avant par les media notamment sur des questions qui polluent actuellement le débat politique comme la Burqa ou « l’identité nationale ». Par ailleurs, dans les débats internes au parti, il s’est trouvé signer des textes que nous avons portés de notre côté.

 

Aussi, dans la période, nous tenons à ne laisser aucune ambiguïté sur nos désaccords profonds avec plusieurs positions qu’André Gerin diffuse, comme c’est son bon droit.

 

 

Ne pas rentrer dans le jeu des diversions malsaines, burqa, identité nationale, immigration, utilisées par le pouvoir pour faire passer sa politique de casse sociale.

 

Toutes les craintes que nous avions exprimées lors du déclenchement du débat sur la Burqa initié par André Gerin, en juin 2009, se confirment (voir notre article du 25 juin 2009).

 

D’un problème marginal, sans rapport avec les préoccupations essentielles des travailleurs, (ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas grave pour les victimes), le pouvoir a réussi à faire une diversion omniprésente. La publicité médiatique a dopé le prosélytisme et davantage de femmes sont concernées.

 

D’un phénomène sectaire qui faisait la quasi-unanimité contre lui, il a réussi à faire une question divisant le monde politique et la société et plaçant effectivement l’immigration originaire des pays où la religion musulmane est dominante au cœur de la polémique sur une éventuelle loi spéciale.

 

Le débat sur la Burqa enfonce aussi un nouveau coin dans la laïcité républicaine quoiqu’affirment ses instigateurs.

Des dignitaires religieux sont devenus consultants de la mission parlementaire présidée par André Gerin, y compris le mielleux prédicateur islamiste Tariq Ramadan. A l’opposé des principes de laïcité, la mission retient comme critère la conformité ou non de la Burqa avec les préceptes religieux. Pour la Burqa, c’est non, mais quel précédent d’intrusion des religieux dans les affaires de la République ! André Gerin va même jusqu’à affirmer (Figaro du 26 novembre 2009) que « tout dispositif législatif devra être accepté par les responsables du culte musulman qui prônent un islam apaisé ».

 

Enfin, comme nous le dénoncions, l’irruption de la question de la Burqa rentre précisément dans le jeu de Nicolas Sarkozy et de l’UMP.

Le Président l’a aussitôt intégrée à son discours de juin au Congrès de Versailles. Assez logiquement, André Gerin s’est retrouvé conduit à saluer «  ses propos positifs et pondérés » (journal Lyon-capitale du 23 juin).

 

Le pouvoir a pu embrayer sur la campagne, encore bien plus nocive, sur « l’identité nationale ».

 

Imaginons que l’affaire de la Burqa soit restée celle d’hommes de droite comme le député nationaliste Jacques Myard, auteur de la première proposition de loi, jamais le pouvoir sarkozyste n’aurait pu ainsi la monter en épingle.

Sur « l’identité nationale », comme sur la Burqa, nous avons exprimé notre position : il faut dénoncer et couper court à ces débats malsains pour pouvoir affronter les vrais problèmes et la politique du gouvernement (voir notre article : Dénonçons la manœuvre dangereuse sur « l’identité nationale » destinée à faire faire passer la politique antipopulaire ! )

Peut-être André Gerin s’est-il laissé entraîner dans une affaire dont les prolongements dépassent des intentions initiales visant à défendre la liberté de femmes et la laïcité.

Mais outre que, comme s’était prévisible, le résultat est inverse, nous constatons que son initiative sur la Burqa s’inscrit dans une continuité de positions sur les questions de l’immigration que nous réprouvons complètement.

 

Sur « l’identité nationale », André Gerin accompagne le débat malsain voulu par le gouvernement. A ceux qui redoutent une dérive pétainiste, il répond « qu’ils sont en décalage complet avec les attentes profonde des milieux populaires » (Figaro du 29 octobre 2009). Dans son dernier discours comme maire de Vénissieux, le 16 juin dernier, il fait le même parallèle détestable que le pouvoir entre « identité nationale » et immigration : « face à la mondialisation qui favorise le laisser-faire, le terrorisme – un choc aggravant – détruit la confiance en la civilisation, l’immigration non maîtrisée met en péril le creuset d’intégration civique et met en cause l’identité nationale du peuple français. »

 

Ce n’est pas non plus la première fois que Gerin se laisse utiliser comme caution de gauche au double langage sur la laïcité et l’immigration de certains milieux de droite

L’extrémiste UMP Eric Raoult est devenu maître en la matière. On le retrouve rapporteur de la mission parlementaire sur la Burqa. En 2007, Gerin lui avait demandé de préfacer son livre « Les Ghettos de la république » avant de le dédicacer dans sa mairie du Raincy.

 

ghettos-copie-1.jpgPour André Gerin, les solutions aux problèmes des banlieues ne seraient ni de gauche, ni de droite. Quand il suit M. Raoult et d’autres, ses recettes ne sont plus des solutions mais elles sont bien de droite, même si l’on peut penser effectivement qu’une certaine droite républicaine ne les préconiserait pas.

 

Ne citons qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, plus que déconcertants, du livre, les « Ghettos de la République ».

Page 125, on peut lire : « Prenons le débat sur l’immigration. Droite et gauche ont agi de la même façon depuis trente ans en noyant le poisson ou en évitant de dire la réalité. On a refusé de reconnaître que des différences importantes existaient dans les modes de vie, les cultures et les traditions entre le monde musulman et la culture judéo-chrétienne. Tout le monde s’est tu. Après avoir évoqué dans un discours de 1991 les fameuses "odeurs", Jacques Chirac a dû pratiquement se renier et s’excuser d’avoir usé d’un tel terme. Cela lui a valu une campagne de dénigrement incroyable. Pourtant il n’avait dit que la vérité. Mais nous étions incapables de l’entendre. Moi-même j’ai dû dire à l’époque "il parle comme le Front national" ».

Le propos est encore pire que celui de Chirac lui-même puisqu’il place les « odeurs » juste après les « différences de culture » entre le monde musulman et le monde judéo-chrétien. Raoult, qui a pris la précaution d’écrire une préface sans aspérités, a dû boire du petit lait.

 

Les propos d’André Gerin n’engagent que lui mais on comprend l’émoi de camarades, de sympathisants qui lisent dans les journaux qu’il serait le porte-parole des communistes qui combattent la liquidation du PCF.

En dehors des questions liées à la burqa sur lesquelles on entend et lit principalement André Gerin en ce moment, il s’exprime également sur quantité d’autres sujets, de façon souvent contradictoire. Notre préoccupation n’est pas de retrouver une cohérence dans ses positions mais de nous dégager de propos qui pourraient semer le trouble sur nos propres conceptions.

 

Aucune alliance imaginable avec une partie du capital !

 

De façon récurrente, André Gerin fait l’apologie « du capitalisme des métiers et des savoir faire », allant jusqu’à considérer les « capitaines d’industrie » comme des « alliés », les chambres de commerce et l’UIMM comme des partenaires. Nous sommes totalement en désaccord avec de tels points de vue, erronés et nuisibles pour le mouvement ouvrier.

 

Des camarades de la RATP les ont condamnées telles qu’elles sont apparues dans un article du Nouvel économiste (10 avril 2008). Dans le même article, André Gerin affirme aussi son axe de gestion municipale privilégiant les entreprises privées aux services publics municipaux quand « elles sont moins chères ». Inconcevable !

Dernièrement, le 26 novembre 2009, aux côtés des ministres Lagarde et Estrosi pour les états-généraux de l’industrie, le journal Le Progrès relate qu’il s’est taillé un franc succès devant un parterre de 560 patrons en affirmant qu’il « faut aider le petit capital ». Etc.

 

Nous aurons d’autres occasions d’aller au fond des choses mais toute notre réflexion, qui essaie d’être marxiste, nous amène à ne pas établir de distinction de nature entre le capitalisme financier et le capitalisme industriel, qui sont entièrement solidaires. Il n’y a pas un « bon » capitalisme, qui serait productif (et patriote !). De la même façon, nous voulons pousser la réflexion sur la déconcentration des grandes entreprises et la multiplication de PME (hors artisanat) sous-traitantes, relais de l’exploitation pour le grand capital, bien loin du discours dominant sur la pauvre petite entreprise qu’il faudrait aider à tout prix, auquel André Gerin emboîte le pas.

 

Sur un autre point enfin, nous tenons à bien préciser que les positions d’André Gerin n’engagent que lui-même. Le dimanche 20 mars 2009, il présidait avec Daniel Gluckstein dans sa ville de Vénissieux, le meeting régional du PT-POI (Parti ouvrier indépendant ex- des travailleurs). A l’issue du meeting, il lançait un appel national commun avec cette organisation historiquement anticommuniste, qui tente depuis des années d’égarer les camarades qui réprouvent la ligne d’abandon de la direction du PCF.

 

Dans le PCF, les positions et la stratégie personnelle d’André Gerin n’engagent que lui-même.

 

Dans l’interview au Figaro du 29 octobre 2009, après avoir affirmé sa volonté de s’emparer du débat sur « l’identité nationale », André Gerin indique qu’il « est toujours candidat à la candidature pour prendre la direction du parti ».

 

Six mois avant le début des travaux du 34ème congrès, il avait déjà fait de même et s’était déclaré dès mars 2008 « candidat au poste de Marie-George Buffet ».

Une semaine avant le début de la phase finale du congrès, il se ravisait estimant alors que « Marie-George Buffet devait rester » (Huma du 8 décembre 2008) avant de rechanger d’avis en rejoignant la liste alternative du congrès. 

Entre temps, après s’être opposé à l’idée, il s’était rallié en septembre 2008 à la démarche du texte alternatif de congrès, qui allait devenir « Faire vivre et renforcer le PCF », dont nous avons été l’une des organisations du PCF parties prenantes pour continuer à combattre la stratégie d’effacement des postions communistes et du parti qui les porte.

 

Aujourd’hui, le constat doit s’imposer à ceux qui partageant cette démarche de rassemblement des communistes.

Les stratégies personnelles et les positions incohérentes de certaines « personnalités » sont plus un handicap qu’un atout, malgré l’accès facile que les media leur offrent, même plutôt à cause de celui-ci.

 

Cela, malgré aussi l’exigence apportée au contenu des appels, déclarations communs auxquels ils ajoutent leurs noms.

Sur la base de ces textes, l’action pour « faire vivre et renforcer le PCF » ne peut partir que d’organisations du parti et de militants impliqués dans les luttes sociales et politiques essentielles, en un mot, dans la lutte des classes.

Après le 34ème congrès du PCF, dans une situation de crise persistante du parti, plusieurs avancées importantes ont été réalisées dans ce sens en 2009

De notre côté, nous nous inscrivons pleinement dans le processus de coordination de ces organisations du PCF.


Car plus que jamais, les travailleurs, le pays ont besoin d'un PCF renforcé sur des positions de classe pour construire les convergences de luttes, mener nationalement la bataille pour, sans distinction et sans tomber dans les entreprises de diversion du pouvoir, mettre en échec sa politique au service du capital.

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Pcf Paris 15 26/02/2010 22:52


En réponse au commentaire précédent.

Effectivement, le rapport (d'ailleurs signé d'Eric Raoult) de la mission, accessible gratuitement sur internet, est souvent très intéressant.

Nous ne sommes pas responsables des commentaires variés. Mais nous assumons toujours autant la position développée dans notre article (et dans d'autres).

1- Nous désapprouvons totalement l'opportunité de la création de la mission, idée de députés de droite, reprise par André Gerin, ce qui en a fait un outil dans la campagne sarkozyste sur l'identité
nationale etc.
2- Cette initiative va contre la bataille pour la laïcité. Elle érige les réligieux en censeurs de la Loi, fait de Tariq Ramadan, entre autres, un conseiller de la république etc. Le message de la
mission, c'est le "voile islamique" oui puisqu'il est religieux, la burqa non parce qu'une majorité de théologiens ne la reconnaît pas.

3- Cette initiative est contreproductive dans la bataille contre les atteintes aux droits des femmes. 
Elle contribue, même si nous n'aimons pas le mot, à la "stigmatisation" de la population originaire de pays où la religion musulmane est dominante. Elle la renvoie vers des pratiques soi-disant
"communautaires".
Elle banalise la burqa et donne une publicité inédite aux prosélites de cette pratique ultra-réactionnaire.
Voilà autant de raisons pour lesquelles nous désapprouvons totalement l'initiative d'André Gerin, comme nous ne pouvons accepter ses positions pour le moins ambiguës sur les questions d'immigration
et de sécurité.

PCF Paris 15


Goux Françoise 26/02/2010 21:43


Je conseille à tous ceux qui ont écrit sur ce blog (s'ils s'intéressent réèllement au sujet) de lire le rapport de la mission d'information sur le port du voile intégral, présidée
par notre camarade André Gérin. Je l'ai commandé par internet à la librairie de l'assemblée nationale (grâce au lien donné par A. Gérin sur son site) et reçu 2 jours après pour
seulement 15,50 €. C'est passionnant,  extrêmement enrichissant pour la réflexion communiste, et bien loin de  ce qu'en disent les médias. Merci à André gérin pour son intelligence
et son courage politiques. Françoise Goux


Michel Lamer 24/02/2010 01:00


André Gerin est stupéfiant! Maintenant il veut armer sa police municipale de flash-ball! Décidément Raoult est contagieux, les deux font la paire...


valenton rouge 30/01/2010 20:07


il est demandé légitimement de respecter la position de Monsieur gérin, bon respectons, seulemnt l'argument  qui consiste à mettre en avant que ce dernier reçoit le soutien (unanime? ) de sa
section et que cela suffirait à légitimer sa démarche relève d'une argumentation pour le moins fragile. Jacques Doriot avait la majorité dans le rayon de Saint denis, avait-il raison pour autant ?
Robert Hue vaiat la majorité dans les congrès, cela en fait il le marxiste léniniste du siècle ? Les communistes(unanimes) ne se trompent ils jamais, individuellment ou collectivement ? Nous prend
on pour des enfants pour croire à une telle chose ?!
Penser qu'André Gérin se fourvoie relèverait du lèse-majesté et André Gérin précise qu'il ne prend plus ses ordres depuis longtemps à Fabien mais il ne les prend pas plus auprès des communistes qui
ont soutenu le texte 3.
Je me suis battu pour que Gérin soit le "porteur", le leader de ce texte 3 , j'ai commis là une lourde faute politique et moi et mes camarades en payons le prix.
Lorsque l'on est élu au Conseil National du PCF la moindre des choses et d'une part, de respecter celles et ceux qui vous y ont porté, et d'autre part la restitution de l'activité politique cela
existe, c'est démocratique et cela conforte l'unité des communistes, je n'ai rien v de cela, je ne trouve que les élus représentant leurs organisations pour avoir  ce respect et cette démarche
démocratique.
J'ai voté, fait voter le texte 3 par la burqa et si division il y a,elle est du fait d'électrons libres et bravo pour les camarades de cette section qui apportent une clarification bienvenue,
rassurante et communistes.
Je viens de découvrir ce texte avec André Gérin qui fera miam miam avec Besson au diner du Crif, mêm MGB ne s'y rnd pas à ce genre de raoult, euh opardon de raout.
Certes il est en Palestine et à Gaza occupée sans doute des burqa à traquer mais que cela ne trouble pas l'appétit de nos dineurs, les obus au phosphore blanc d'obama utilisés par Tsahal s'en
occupent fort bien. C'est d'ailleurs une idée ça tiens, plutôt que de coller des PV une grenade au phosphore blanc, en plus on peut suivre les traces et y pourront pas aller dans les hostos,
because lieux publics.
Je vous quitte pour l'instant, je dosi sortir, je vais avoir froid, je peux plus mettre de bonnet ni de cagoule pour cause de délinquance anticipée et quand je pense qu'une campagne contre le Sida
nous disait de sortir coiffés...
Je me dis, en dérision, que cette affaire pourrait rapporter gros, je vais de ce pas créer le radar à burqa, c'est cela ou vomir.
Alain Girard secrétaire de la section de Valenton 94 ce qui ici n'engage que lui.


Gerin va dîner avec le CRIF et Besson! 29/01/2010 04:24


Extrait du quotidien Le Progrès de Lyon. Gerin va bouffer au dîner du CRIF! En plus avec Besson! Rien ne l'arrête.


Besson au Crif divise la gauche et la communauté juive


Le 22 janvier dernier, le passage à Lyon d'Eric Besson, avait donné lieu à un rassemblement de trois cents personnes, à l'extérieur
de la préfecture, hostiles au débat sur l'identité nationale / AFP



Une partie de la gauche boycotte le dîner annuel du Crif Rhône-Alpes, ce soir à Charbonnières. Le choix de l'invité divise également le Conseil représentatif des institutions juives
de France


Est-ce le syndrome Peillon ? Une grande partie de la gauche lyonnaise a décidé de bouder le dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) ce soir à Charbonnières, dont
l'invité est le ministre de l'immigration Eric Besson. Les parlementaires PS Pascale Crozon, Jean-Jack Queyranne, Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine, le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret
ou encore le patron de la fédération socialiste du Rhône Jacky Darne, ont retourné leur carton d'invitation à fin de non recevoir. « Avoir invité Besson est maladroit » estime Jacky Darne. «
C'est cohérent avec notre non-participation au débat sur l'identité nationale » ajoute Pierre-Alain Muet qui, s'il n'est pas « coincé ce jeudi à l'Assemblée nationale » passera boire l'apéritif
au Casino Le Lyon Vert. « Pour y saluer les gens du Crif ». Jean-Jack Queyranne a lui aussi envisagé passer à l'heure de l'apéro, avant de se rétracter. « Si j'ai des choses à dire à Besson, je
le ferai à l'Assemblée nationale » a déclaré cette semaine le président de Rhône-Alpes.


Toute la gauche ne pratique pas la politique de la chaise vide. Le député communiste André Gerin se rendra au dîner, de même que le sénateur-maire de Lyon. Gérard Collomb qui a déploré l'absence
de Vincent Peillon face au ministre de l'Immigration sur le plateau de France 2 le 14 janvier, est, avec le maire de Bron Annie Guillemot et le maire du 3e arrondissement Thierry Philip, un des
six signataires d'un communiqué diffusé hier soir. Ces élus y justifient leur participation au dîner « par respect et par amitié envers la communauté juive » mais précisent que leur présence ne
constitue « évidemment pas une caution de la politique du ministre invité ». Pour eux, la façon dont est mené le débat sur l'identité nationale « constitue une faute grave. Elle tend en effet à
diviser la communauté nationale là où il est impératif de rassembler ». Si la gauche est divisée, la communauté juive l'est tout autant. « Il y aura des absents, d'autres viendront mais n'en
pensent pas moins » reconnaît l'adjointe au maire de Lyon Evelyne Haguenauer, membre du Crif et co-signataire du communiqué de Gérard Collomb. L'Union juive française pour la Paix, va plus loin,
qui dénonce « la collusion du Crif, prétendument représentatif des Juifs de France, avec la politique la plus réactionnaire qui soit du gouvernement ».


Quant à chercher à interpeller Eric Besson ce soir, autant dire tout de suite que c'est mission impossible. A l'issue de l'allocution du ministre, seuls quatre invités choisis par le Crif auront
droit à prendre la parole.


Bref, le dîner du Crif Rhône-Alpes, devenu au fil des ans un rendez-vous politique majeur, est source d'une véritable polémique cette année.


Jacques Boucaud