Ils montrent la voie: bilan des 17 jours de grève des facteurs de Paris 15ème

21 Novembre 2011 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #La Poste

 

Le courage des facteurs grévistes a payé et paiera

Après 17 jours, les facteurs du 15ème arrondissement ont suspendu leur grève le samedi 12 novembre 2011. Le mouvement, à l’appel des organisations syndicales CGT et SUD, a été largement suivi, jusqu’à 70%  avec un noyau dur qui a manifesté un courage encore plus remarquable.

Il faut saluer ce mouvement pour ce qu’il représente dans le contexte général.

La direction de La Poste, comme les autres entreprises privées et publiques, profitent de l’orchestration nationale du chantage à la dette publique, à la « crise », pour faire passer suppressions d’emploi, remise en cause des conditions de travail, baisse des salaires réels. Les patrons se passent le mot : pas le moindre compromis, écrasons tout mouvement. La situation politique leur est très favorable. Tout espoir de changement est renvoyé par les media et l’idéologie dominante vers les élections de 2012 et une molle alternance. D’ici là subir pour après cela subir encore…

Les postiers grévistes du 15ème font partie de ceux qui disent non, qui ne renoncent pas à la lutte. Comme les agents hospitaliers de l’hôpital Vaugirard qui se battent en ce moment pour l’intégration des CDD de la filière hôtelière. Comme les agents du nettoiement de la Ville de Paris qui feront grève contre les privatisations, pour les salaires le 29 novembre. Comme les agents du Pôle emploi. Comme, hors du 15ème, les ouvriers de la sidérurgie, des raffineries etc.

111118_greve_postiers.jpgLes facteurs grévistes ont obtenu de vrais résultats, certes encore loin du compte : 7 titularisations de CDD, la sacoche limitée à 6 kilos, des repos compensateurs… Ils ont affronté un encadrement hargneux payé pour intimider, menacer le personnel et non pour travailler. On est loin des beaux discours sur le « dialogue social ». Il a fallu 10 jours pour obtenir des négociations. Le « management » des privatiseurs, tel qu’il est apparu au grand jour à France Télécom, c’est la violence, jusqu’à des conséquences tragiques.

Face à cela, de lutte en lutte, les postiers du 15ème, notamment de nombreux jeunes, s’aguerrissent, retrouvent la culture de résistance.

Les communistes de la section du PCF Paris 15 ont diffusé massivement des tracts de soutien au mouvement. De très loin, dans les entreprises et les quartiers du 15ème domine la sympathie pour ceux qui se battent, l’accord avec leurs revendications. Même les élus du 15ème, dont les amis au gouvernement pilotent la déstructuration de La Poste, se sentent obligés, hypocritement, d’affirmer leur attachement au service public.

Le rapport de force, tel qu’il s’est exprimé l’an dernier pour défendre les retraites, existe toujours dans le pays. Le pouvoir travaille à diviser les salariés. Il est facile de le déjouer. Quand les postiers se battent pour l’emploi, pour le service public, pour leur statut, pour augmenter leurs salaires de misère, ils mènent une bataille qui concerne tous les travailleurs, tous les usagers.

Que sont devenus les 24 emplois supprimés au courrier dans le 15ème à compter du 21 novembre, les 200 emplois supprimés depuis 2000 ? Des chômeurs en plus, des conditions de travail intenables à La Poste, des emplois déqualifiés dans le privé, ultra-précaires, de coursiers ou de porteurs de journaux payés au lance-pierre.

Les gouvernements successifs ont vidé les caisses de l’Etat pour brader notre pays au patronat et aux capitalistes (les « marchés financiers », c'est-à-dire les grosses fortunes). Maintenant, ils veulent faire payer une deuxième fois les travailleurs, les retraités, les jeunes, toujours dans l’intérêt des mêmes, sur nos salaires, notre protection sociale, nos services publics.

Lorsque le gouvernement en place n’est plus capable de mener cette politique, on le change par l’équipe de réserve. Le 20 novembre ont lieu des élections anticipées en Espagne parce que la « gauche » a compris qu’il était temps de passer la main à la droite pour faire passer la même politique « d’austérité ». Même programme en France en 2012 ?

Quand ça ne marche pas avec les élections, notamment parce qu’une opposition trop forte s’exprime dans les luttes, comme en Grèce sous l’impulsion du Parti communiste, l’UE remplace elle-même arbitrairement les équipes gouvernementales. Des Eurocrates, des banquiers sont placés au pouvoir en Grèce ou en Italie sans autre forme de procès.

En France, avant comme après les élections de 2012, une seule chose comptera pour freiner la politique antisociale, pour que cela change: le niveau des luttes. Communistes, nous ne comptons pas nous perdre dans les calculs politiciens, les répartitions de circonscriptions et de ministères éventuels, mais contribuer au développement et au succès de ces luttes.

Voilà pourquoi, nous soutenons la bataille, qui continue, des facteurs du 15ème.

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cotty jean-Louis 21/11/2011 20:00


Vive la lutte  des facteurs grévistes! quelle combativité, honneur à ces résistants de la pensée totalitaire capitaliste.