Inauguration « Bling-bling pour VIP » à Beaugrenelle : pas de place au peuple !

24 Octobre 2013 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #BEAUGRENELLE

Inauguration « Bling-bling pour VIP » à Beaugrenelle : pas de place au peuple !

Pcf paris 15, 24 octobre 2013

Mardi 22 octobre, même la voie publique était privatisée. La rue Linois a été bloquée une bonne partie de la journée pour l’inauguration en grande pompe du nouveau centre commercial Beaugrenelle. Combien de dizaines de milliers d’euros, ou plus, pour cette fête privée ?

Les embouteillages occasionnés devant cette entrée du 15ème ont donné une préfiguration de l’engorgement à venir de la circulation. D’autant que la ligne 10 du métro est déjà saturée et qu’il est techniquement impossible d’augmenter la fréquence des rames.

131024_inauguration_Beaugrenelle2.jpgLa cérémonie, « bling bling », a confirmé la nature de l’opération immobilière. On se serait cru à un gala d’anciens élèves d’école de commerce, aux costumes recouverts des confettis pulvérisés par des « canons ». L’inauguration elle-même était sur invitation. S’y sont retrouvés des « VIP » (un juré de la « nouvelle star », un ancien champion de tennis…), les dirigeants des groupes financiers et commerciaux impliqués et leurs subordonnés réquisitionnés, par milliers, pour faire la claque. Chacun, selon sa catégorie, aura pu assister à telle ou telle réception, goûter à tel ou tel buffet. Le peuple, retenu hors de la zone par de puissantes barrières, aura le droit ensuite aux gadgets promotionnels.

Les patrons des promoteurs immobiliers se sont extasiés à tour de rôle sur la grande scène qui bloquait la rue. Anne Hidalgo, relai politique de l’opération immobilière depuis l’origine, s’est jointe à leurs superlatifs. Sans retenue, devant ce public choisi, elle a vanté l’opération et insisté sur les soutiens politiques à son projet présents: l’ancien élu UMP du 15ème, l’ultra-libéral Alain Destrem, la caution de gauche, nommé par Bertrand Delanoë à la présidence de la Sempariseine, Ian Brossat. 131024_inauguration_Beaugrenelle.png

Il n’a pas échappé aux journalistes que les nouveaux commerces sont plutôt « orientés haut de gamme » et destinés à une clientèle internationale, notamment aux touristes chinois les plus riches. On est à l’opposé de la structure de proximité qu’osait présenter Mme Hidalgo. Les seules activités « tous publics » sont celles qui existaient déjà avant (électro-ménager, cinéma). La FNAC a déplacé son magasin du boulevard Saint-Germain en supprimant une cinquantaine d’emplois au passage.

Des militants de la CGT distribuaient un tract aux habitants et prenaient un premier contact avec les salariés du centre. Ils vont avoir besoin de se défendre. Déjà, dimanche prochain, les commerces resteront ouverts. Il y a fort à parier que, quelle que soit la future maire de Paris, la zone soit classée « touristique » et que le centre soit ouvert tous les dimanches. Mme Koskiusko-Morizet promet ouvertement l’extension des ouvertures du dimanche et du soir, Mme Hidalgo à demi-mots.  

Pour les riverains, la dégradation voire la disparition des services et équipements publics, transports, centre de santé, poste… est, elle, bien réelle.

Pour ce premier jour, il ne manquait pas de forces de l’ordre mises à la disposition des promoteurs, en plus d’une armée de vigiles. Il ne s’agissait pas d’approcher trop près, surtout lorsque l’on fait partie d’une association locale. Difficile pourtant de menacer « d’outrage à agent » des manifestants qui revendiquent – entre autres – le retour d’un commissariat de plein exercice. Difficile de leur demander de faire silence pour ne pas gêner la fête des promoteurs alors que ceux-ci leur a imposé dix ans de marteaux-piqueurs!

Marchera, marchera pas ? Beaucoup de nouveaux centres commerciaux battent de l’aile (Aubervilliers, la Vache noire à Arcueil-Cachan) quelques mois après leur ouverture. Pour l’instant, à Beaugrenelle, l’heure est à la méthode Coué dans les discours patronaux. La municipalité peut espérer que les effets réels de l’opération soient masqués jusqu’aux élections par l’éclat - relatif - de la nouveauté et par la publicité.

Mais le premier à donner un signal de défiance, c’est le promoteur principal lui-même, Gécina, resté d’ailleurs en arrière-plan de l’inauguration.

Il a mis en vente le centre commercial avant même son ouverture. Il doute d’en tirer un meilleur prix plus tard, quand le centre fonctionnera à son rythme normal… et préfère encaisser une solide plus-value dès maintenant, pudiquement décrite par son DG comme « une marge de promotion raisonnable » (Les Echos, 23 octobre).

Le promoteur et ses associés peuvent remercier la municipalité de Paris. Cette opération spéculative leur aura rapporté plusieurs centaines de millions d’euros. Le fonds chinois Safe serait prêt à enchérir jusqu’à 780 millions d’euros pour le rachat des lieux. Rappelons que la municipalité a garanti le profit de Gecina en lui accordant les pleins droits de propriété. Cela veut dire notamment que le repreneur pourra, en Front de Seine, modifier le volume et la destination des constructions.

Décidément, Gecina n’a vraiment pas à se plaindre de l’action de la municipalité de Mme Hidalgo. Elle lui donne des opportunités uniques de profit comme à Beaugrenelle. Elle lui rachète à bon prix des groupes d’immeubles qu’il menace de vendre à la découpe contre les locataires…   

L’opération financière, voilà le cœur du scandale qu’a dénoncé, à nouveau, le Comité de défense de Beaugrenelle, avec une bonne centaine de riverains, à l’écart des canons à confettis.

Sa lutte opiniâtre a fait reculer les promoteurs et la Ville sur plusieurs points importants : la propriété des terrains des logements sociaux, le système climatisation, la sécurisation des abords du chantier, le retour d’un bureau de Poste (trop exigu pour l’instant) etc.

A quelques mois des élections municipales, il intensifie son action – et nous la soutenons sans réserve – pour le rétablissement d’un centre de santé, le retour et la mise à niveau de la nouvelle fréquentation du quartier des équipements et services publics, un véritable plan de circulation etc.      

Anne Hidalgo et ses alliés choisissent résolument le camp du pot de fer. Est-ce cela être de « gauche » ? En face, il n’y a pas un pot de terre, mais des habitants et des salariés, conscients, déterminés à ne pas laisser faire la spéculation, dans leur intérêt, mais aussi dans l’intérêt du plus grand nombre des Parisiens.

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FDG69 05/11/2013 11:36


Ian Brossat était-il a la fête du "Foucquet socialiste"?

Gilbert Duroux 24/10/2013 18:37


Faudrait savoir. Vous débinez Mme Hidalgo comme vous débinez le gouvernement. Et pourtant vous allez vous allier avec Mme Hidalgo pour les municipales. Votre chef est même devenu son
porte-parole.