La coupe du monde dans l’intérêt de qui ? Des élites capitalistes brésiliennes ! Selon le Parti communiste brésilien.

15 Juin 2014 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Solidarité internationale

La coupe du monde dans l’intérêt de qui ? Des élites capitalistes brésiliennes ! Selon le Parti communiste brésilien.

Repris de AC, http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Avant la Coupe du monde de football, les pouvoirs publics brésiliens, les sponsors/multi-nationales, la FIFA de Blatter et Platini se sont inquiètés : et si le printemps des luttes brésilien venait contester cette fête de moins en moins populaire et toujours plus mercantile ?

La grève du métro de Sao Paulo, entamée le jeudi 5 juin, a fait monter la pression d'un cran : c’est la plus grande ville du pays, son poumon économique, la cité qui accueille le match inaugural dans la « Corinthians Arena ».

Grèves, manifestations dans tout le Brésil : une majorité de Brésiliens contre le Mondial

Le Brésil est en ébullition sociale, pas une semaine sans qu'une grève n'éclate. En avril dernier, 16 syndicats catégoriels représentant 4 millions de travailleurs se déclaraient prêts à mobiliser avant et pendant le Mondial pour réclamer des augmentations salariales.

Ce fut le cas non seulement des salariés des transports mais aussi des policiers, en grève depuis le 7 mai (pour la Police fédérale), comme les enseignants de Rio et de Sao Paulo depuis la fin du mois d'avril.

Du côté des mouvements sociaux, le « Mouvement des sans-abri » a mené des manifestations dans les rues des villes-hôtes, réunissant plusieurs milliers de personnes.

Il serait réducteur de faire de cette colère l'expression uniquement de mouvements catégoriels, isolés, à contre-courant. Une majorité de Brésiliens est mécontente de l'organisation de ce Mondial, plus de 54 % selon le dernier sondage, un comble au pays du football.

Il y a de quoi être en colère : la facture de 10 milliards d'euros en fait la Coupe la plus chère de l'histoire (trois fois plus qu'en Allemagne, en 2006).

Une facture payée à 85 % par l'Etat … pour des bénéfices exclusivement privés, puisque l'intégralité des 12 stades sera exploitée par des opérateurs privés.

Il est en de même pour les aéroports, ports, massivement cédés à des opérateurs brésiliens et internationaux. Une politique suicidaire pour le budget de l'Etat brésilien déjà grevé pour moitié (48%) par le paiement des intérêts de la dette : 230 milliards d'euros par an !

Et pourtant, il ne manque pas de besoins urgents dans un pays comme le Brésil où 3 millions d'enfants et adolescents sont exclus du système scolaire, où la santé privatisée se révèle incapable d'assurer les soins de santé dans des zones entières du pays … forçant la 6ème économie du monde à appeler les médecins cubains à la rescousse !

140615_bresil.jpgLe Parti communiste brésilien du côté des luttes contre cette « Coupe des élites capitalistes »

Le Parti communiste brésilien (PCB), héritier du parti communiste historique, se place résolument du côté des mouvements sociaux, des travailleurs en lutte, des 250 000 gens du peuple chassés de leur domicile, contre une Coupe du monde « élitiste, privatisatrice et anti-populaire ».

Dans toutes les initiatives, généralement organisées par des mouvements sociaux, que ce soit à Rio, à Sao Paulo, mais aussi à Goiania, Brasilia, on retrouve des drapeaux du PCB, agrémentés de banderoles où on pouvait lire entre autres : « FIFA go home ! ».

Le PCB a apporté récemment son soutien à la grève des travailleurs du métro de Sao Paulo, avec l'appel de solidarité lancé par sa branche syndicale « Unité de classe ».

Le Parti s'était également associé à l'appel lancé par 10 mouvements sociaux et populaires (dont celui des sans-abris) le 15 mai dernier pour organiser des manifestations sur six séries de revendications :

Logement (contre la spéculation immobilière), justice (contre les lois anti-manifestation), santé (plus d'argent pour la santé publique), éducation, transport (gel des tarifs), souveraineté (« FIFA go home »!).

 A la question « une Coupe pour qui ? », le PCB répond sans équivoque : pour les élites capitalistes du pays.

Un gouvernement de « gauche » et un ministre des sports (PC do B) qui condamnent « la démagogie de la rue » !

La dénomination du « Parti communiste du Brésil », qui participe au gouvernement, avec justement le poste de ministre des sports, ne doit pas tromper. Il ne doit pas y avoir confusion entre le PCB et le PC do B.  

Le PC do B est né d'une scission pro-chinoise de 1964 du PCB. Originairement sur des positions gauchistes, le PC do B a glissé depuis les années 1990 vers des positions d'accompagnement du développement capitaliste brésilien.

Alors que les deux partis communistes ont apporté leur soutien au départ à l'expérience Lula, le PCB s'en est vite distancié au vu de la continuité de la politique de libéralisation-privatisation, de soutien au patronat local, d'impérialisme régional poursuivie par le PT.

Le PC do B a fait quant à lui allégeance au PT, obtenant en échange des positions dans l'appareil d'Etat. Une de ces positions, aujourd'hui d'une grande importance, celle du ministère des Sports depuis 2003.

Le ministre actuel, Aldo Rebelo, est ainsi sur le devant de la scène depuis le début de l'année. Il se distingue par sa description idyllique de la Coupe du monde, sa dénonciation acerbe des manifestations ainsi que par sa foi dans les vertus économiques du Mondial.

Il serait vain de détailler toutes les dernières déclarations de Rebelo. La dernière : il se dit « confiant dans la fin de la grève des travailleurs du métro », saluant « la décision de la justice fédérale, qualifiant la grève d'abusive et demandant sa fin ».

Un bon attaché de presse du gouvernement Dilma … au ton étonnant pour quelqu'un qui porte l'étiquette « communiste ».

En effet, il y a un mois jour pour jour, il participait à l'émission télévisée « Bom dia ministro » (Bonjour ministre), où il prédisait un Mondial « qui sera celui de la fête et de la fraternisation » (sic), où « les manifestations seront des actes isolés » car « je ne crois pas que les gens veuillent que la Coupe soit perturbée par des manifestations violentes ».

Rappelant les manifestations de l'an dernier lors de la Coupe des Confédérations, il faisait noter que celles-ci n'ont pas empêché le déroulement de l'épreuve : on croirait entendre une voix familière, celle du « maintenant quand il y a une grève au Brésil, personne ne s'en aperçoit » !

Mais M.Rebelo a foi en … les forces de police : « je crois que les forces de sécurité vont faire leur travail et protéger l'intégrité des joueurs, des supporters ».

Il a foi en la loi également qui « préviendra les abus en termes de manifestations ». Abus comme des grèves des travailleurs du métro ?

Ce 1er juin, Aldo Rebelo en a remis une couche dans le Diario de Sao Paulo, qualifiant les protestations de « démagogie dans les rues », pestant contre les corporatismes, ces professeurs qui ont osé perturber un entraînement de la sainte Selecao. Exactement le discours de droite !

Certes, la situation est complexe, les manifestations ne sont pas exemptes de manœuvres politiciennes de la part de la droite traditionnelle, de coups bien calculés de la part de syndicats à la tradition corporatiste très puissante au Brésil.

L'arrêt à quelques jours de la Coupe du monde de la grève des policiers, puis celle des enseignants et enfin celle des travailleurs du métro hier incite à la prudence sur la vigueur de ce « printemps brésilien ».

Mais comment soutenir avec autant de zèle une Coupe du monde aussi impopulaire, aussi manifestement liée aux intérêts des grands groupes capitalistes brésiliens, aussi ouvertement entachée de détournement de fonds publics ?

La Coupe du monde a lieu. Avec les camarades du PCB, espérons que la compétition serve à réunir les travailleurs de tous les métiers, les exploités de toutes les villes d'un pays où la coupe est pleine … de corruption et des privatisations !

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