Le calendrier des mauvais coups peut devenir le calendrier de la convergence des luttes

10 Octobre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

Le calendrier des mauvais coups peut devenir le calendrier de la convergence des luttes

 

Un rapport de force très favorable existe pour s’opposer et mettre en échec dès à présent la politique du pouvoir. Ce n’est pas de l’optimisme, c’est un constat que nous faisons mais que le gouvernement fait aussi de son côté.

 

Tout ce qui a motivé la force des journées de grèves et de manifestations, exprimant le rejet de la politique du gouvernement, des 29 janvier et 19 mars demeure.

Les nombreuses luttes qui se développent depuis l’été, aussi bien dans une multitude d’entreprises privées, notamment industrielles que dans les grands services publics, France Télécom, SNCF, transports urbains en général (Lyon) en témoignent.

Le bide prévisible et prévu de la journée d’action syndicale unitaire du 7 octobre n’y change rien. Le mot d’ordre international « pour un travail décent », si vague et ambigu, était peu rassembleur.  

Au contraire, le niveau atteint par la première journée de grève du 22 septembre à Poste, l’ampleur de la mobilisation des usagers depuis, montrent le point de convergence et de rassemblement populaire que peuvent devenir la lutte pour le retrait du projet de loi de transformation de la Poste en société anonyme et de mise en concurrence de toutes les activités postales au nom de l’UE, la lutte pour le service public, contre les privatisations, en général.

 

La convergence des luttes, c’est bien ce que craint le gouvernement. Il le montre en jonglant avec le calendrier, à la fois pressé par le Medef d’aller vite en besogne et méfiant devant le risque de coïncidence entre plusieurs grands mouvements.

 

La loi contre La Poste était initialement programmée pour le début de l’année. Il a préféré la reporter au deuxième semestre pour qu’un mouvement ne se développe pas en même temps que les grandes journées de manifestation.

En décembre 2008 déjà, devant le début du mouvement lycéen, Darcos a préféré repousser d’un an le projet de loi contre le lycée, pour qu’il ne coïncide pas avec le mouvement étudiant. Voilà maintenant que Sarkozy va le reporter encore. Il ne faudrait pas que les lycéens rejoignent les postiers.

La loi Bachelot a fédéré et fédère toujours presque toutes les catégories contre elle. et ses conséquences. Le gouvernement a réussi à la faire voter pendant les élections européennes qui ont servi de diversion.

Le deuxième volet de la « réforme » Fillon de 2003 (les 41, 42… annuités entre autres) contre la retraite solidaire était prévu pour 2009. Il a été reporté sans mot dire à 2010, selon le ministre Woerth qui annonce aussi pour l’année prochaine, dans le Figaro du 10 octobre, la poursuite de la casse des hôpitaux publics (pardon « la modernisation du système hospitalier »), celle de l’administration (pardon « la montée en puissance des réorganisations administratives »), la suppression de 35.000 emplois dans la fonction publique avec le budget 2010 et la (contre-)réforme territoriale.

 

Les convergences de luttes ne se décrètent pas. Mais elles se construisent. Et c’est indispensable devant un tel programme qui va frapper durement le plus grand nombre. Sans parler de l’accompagnement par le gouvernement du recul des activités industrielles et agricoles.

 

Dans les semaines qui viennent, il se présent aussi plusieurs dates consécutives du côté du mouvement social.

 

Le 20 et le 21 octobre, les syndicats cheminots ont annoncé un mouvement de grève contre le démantèlement et la perspective de filialisation de l’activité fret de la SNCF.

Le 22 octobre, une nouvelle manifestation nationale est organisée pour l’industrie après celle du 17 septembre qui a déjà mis côte-à-côte les salariés de toutes ces usines, Molex, Goodyear, Continental… dont toute la population a découvert les noms au fil des luttes.

A partir du 3 novembre, l’examen du projet de loi contre la Poste va débuter. De multiples mouvements locaux se poursuivent à La Poste contre les « restructurations », cette privatisation rampante que le projet de loi veut accélérer.

 

Nous le disons, en laissant aux organisations syndicales et aux syndiqués toutes leurs prérogatives, ces jours sont propices au développement de vastes convergences de luttes, permettant une ou plusieurs premières victoires.

C’est la que se situe la perspective d’une alternative politique maintenant. Non dans la préparation à « gauche », indécente, des candidatures aux élections présidentielles de 2012, dans 32 mois, dont on ne pourra attendre, comme cela, qu’une nouvelle alternance.

 

Nous plaçons nos propositions et nos initiatives au service de ces convergences de lutte, notamment dans l’immédiat la poursuite et l’approfondissement de la batail pour le service public de La Poste.

 

Ensemble, faisons en sorte que le calendrier devienne favorable aux luttes pour arrêter le gouvernement et le Medef!

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