Le PCF après les régionales - Conseil national des 27 et 28 mars 2010

31 Mars 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Conseil national du PCF – 27 et 28 mars 2010

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris, section Paris 15ème

 

manu-96ppp.gifLes interventions lors de ce CN le reflètent. Dans la plupart des régions, l’expérience du Front de gauche a conduit à de profondes divisions dans le parti, à un fort mécontentement des communistes, pour le moins, à une demande d’un vrai débat sur le sens de cette orientation stratégique.

Dans ce contexte, tenir un congrès précipité ressemble à une fuite en avant de l’équipe dirigeante. En deux mois, entre le CN du 16 avril et le début de la phase finale le 17 juin, nous savons tous pertinemment que ce congrès se fera largement sans les communistes. La direction prend même la précaution de ne pas mettre en question la poursuite du Front de gauche.

Le rapport de ce matin confirme la volonté de passer en force. Il relève de la méthode Coué à destination des communistes. Même du point de vue des objectifs affichés du Front de gauche, on ne peut pas, on n’aurait pas intérêt à tourner la réalité à ce point là.

 

Comment parler de succès électoral du Front de gauche ?

Je ne vais pas ergoter sur les chiffres. Par rapport aux européennes de 2009, il n’y a pas de progrès sensible. Par rapport aux régions où il y avait des listes PCF en 2004, il y a globalement recul, gros recul en voix.

Mais le plus grave est ailleurs. Le Front de gauche est passé, il a fait passer le PCF, à côté de la colère populaire. Le vote sanction ne s’est pas ou très peu porté sur le Front de gauche mais, avant tout, de façon inquiétante sur l’abstention voire sur le PS, pire encore sur le FN. La déconnexion entre Front de gauche et montée des luttes devrait être aussi au centre de nos préoccupations.

 

Quand j’entends Marie-George expliquer à nouveau que le but c’est que le FdG soit « plus fort dans la gauche pour faire bouger le curseur de la gauche plus à gauche », je constate ce décalage avec la perspective d’alternative politique que recherche le mouvement social.

 

Qu’apporte le FdG au PCF ?

Des voix ? Non ! Les partenaires ont un ancrage insignifiant. L’apport du Parti de gauche, drainant une petite part de l’électorat social-démocrate, est marginal. Les voix des listes aux régionales sont principalement des voix qui se seraient portées sur le PCF mais il en manque beaucoup.

Des sièges ? Encore moins. Beaucoup d’autres en ont fait le dur constat : le parti perd la moitié de ses sortants, sans qu’on voie un intérêt à ce sacrifice.

Le FdG n’a en effet apporté aucune lisibilité, aucune visibilité aux positions communistes, mais au contraire un nouvel effacement du Parti et du sens du vote communiste. Les listes se sont constituées, dans la douleur, sans contenu, sans bilan.

Je l’ai dit, le FdG a provoqué de nouvelles divisions dans le Parti et un recul de notre propre organisation.

Enfin ceux qui attendaient du Front de gauche une rupture avec l’alignement sur le PS sont lourdement détrompés. Les images des trois dames ensemble entre les deux tours, Marie-George avec Martine Aubry et Cécile Duflot a un effet catastrophique pour nous. La gauche plurielle revient avec un PCF encore plus réduit à une force d’appoint. A deux exceptions, dont le Nord-Pas-de-Calais, nos élus restent ou rentrent dans les exécutifs des présidents de région PS réélus.

Le comble, c’est aussi qu’on laisse le beau rôle à Jean-Luc Mélenchon qui se démarque, sans se gêner, du parti où il a fait toute sa carrière.

Il est temps de réfléchir au rôle qu’on laisse jouer ou que l’on fait jouer à Mélenchon. Avec le FdG, on lui permet d’être mis en valeur partout. Dans le même temps, dans le PCF, c’est un repoussoir. Sans parler des contacts tendus avec les adhérents du Pg, souvent prétentieux et anticommunistes.

 

Qu’ils partagent ou non mon analyse, les communistes ont tous besoin d’un débat de fond qui remettent toutes les choix stratégiques, imposés précédemment, à plat. Pas d’un congrès précipité qui laisse de côté les communistes et tous ceux qui dans les luttes ont besoin du parti communiste. D’une façon ou d’une autre, il faudra que les communistes trouvent les moyens de reprendre la main sur les débats et la vie de leur parti.

 

Il est plus que regrettable que la question principale de la période, les luttes et notamment la bataille des retraites, soit éludée de ce CN. Sur quoi contribuons-nous au rapport de force pour mettre en échec le gouvernement et dégager la perspective politique sans laisser patienter jusqu’en 2012 ? Sur une unité de la gauche de la gauche ? Ou sur un rassemblement contre tout allongement de la durée de cotisation et tout report de l’âge de départ ? Défendre le système solidaire par répartition, pour un départ effectif à 60 ans dans de bonnes conditions implique de reposer la question du retour aux 37,5 annuités et de défendre, sans transiger, la place centrale de la cotisation sociale dans le financement. Discutons-en ! Agissons !

 

Je vois que je n’ai plus le temps d’évoquer la situation en Grèce (la dette publique) et l’action du Parti communiste grec…

 

Voir aussi : CN du PCF des 27 et 28 mars 2010 - débat sur la tenue d'un congrès "d'étape"

 

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ZADIG 05/04/2010 15:55



Que sont aller faire des repésentants de Gauche Communiste à la réunion des liquidateurs alias la FASE?


Je croyais que Karman était de gauche?


Je sais en tout cas que BraouezeAnd co ne se sont pas et que miss Autain est la coqueluche des médias pro-capitaliste.


 


Il ne faut pas confondre la dénociation du Front de gauche, que ne remet pas en cause la FASE et les complicités de Buffet/hue and co et l'appui aux liquidateurs.


 


Karman devient trés confus....