Le rétablissement des centres de santé du 15ème : une exigence de plus en plus incontestable !

18 Mars 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

150318_centres-de-sante.pngLe rétablissement des centres de santé du 15ème : une exigence de plus en plus incontestable !

PCF Paris 15, 17 mars 2015

Nous reproduisons ci-dessous la dernière intervention du Comité de défense de Beaugrenelle demandant le rétablissement des centres de santé Beaugrenelle et Anselme Payen, dans le cadre du projet de « budget participatif » lancé par la municipalité de Paris.

Nous poursuivons parallèlement le même combat depuis presque 10 ans pour Beaugrenelle, comme l’Union locale CGT du 15ème et plusieurs amicales de locataires de la Confédération nationale du logement. Pour Anselme Payen, nous nous retrouvons aussi avec le syndicat CGT du Centre d’action sociale de la Ville.

Comme nos amis du Comité de défense, nous ne souhaitons pas nourrir d’illusions sur l’opération de communication lancée par la municipalité de Paris de « budget participatif » avec comme slogan publicitaire « Madame la maire, j’ai une idée ». Elle vise en réalité à intégrer les citoyens parisiens à la logique d’austérité des dépenses publiques et sociales municipales, en leur faisant croire qu’ils peuvent « participer » aux choix d’investissements secondaires, revus à la baisse, à peine du niveau de la couleur de la peinture des vestiaires. Les 3,4 millions d’euros pour tout le 15ème arrondissement sont à comparer avec les projets immobiliers soutenus à bout de bras par Anne Hidalgo, hier le Centre commercial Beaugrenelle, aujourd’hui la Tour Triangle à la Porte de Versailles, 700 millions d’euros chacun…

Mais nous sommes d’accord pour prendre la municipalité dans ses contradictions, avec son « budget participatif » et nous utilisons cette occasion pour mettre en avant des besoins essentiels des habitants et travailleurs du 15ème et les moyens que devrait y consacrer la collectivité.

Concernant les centres de santé et la réouverture de ceux de Beaugrenelle et d’Anselme Payen, l’argumentation intelligemment reprise par le Comité de défense est difficilement contestable.

Lors de la séance du Conseil de Paris du 16 mars 2015, les orateurs de tous les partis ont reconnu que la crise de l’offre de santé à Paris, en médecine générale et spécialisée conventionnée accessible à tous s’accentue rapidement. Le constat est alarmant, y compris dans le 15ème et même dans le sud du 16ème, éligibles aux dispositifs d’aide spécifique selon l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France.

Après la Côte d’Azur, Paris intra-muros compte la forte concentration de médecins pratiquant des dépassements d’honoraire (42% des généralistes, la quasi-totalité des spécialistes à Paris). Mais toutes les études, dont celle de l’ARS et les données recueillies par l’Ordre des médecins et les syndicats médicaux mettent en garde devant la faiblesse de l’offre de santé conventionnée de secteur 1 : DES DESERTS MEDICAUX EN PLEINE CAPITALE. Dans le 15ème, elle est déjà inférieure à la moyenne nationale. La démographie médicale – les départ à la retraite non-remplacés -, le coût irrationnel de l’immobilier l’aggrave de mois en mois. Les services d’urgences des hôpitaux sont sollicités de plus en plus, parfois hors de leur vocation, alors que leur nombre et leurs moyens ont été diminués.   

La municipalité de Paris prétend répondre au problème Conseil de Paris du 16 mars par un dispositif coûteux faisant prendre en charge par la collectivité certains frais immobiliers  (spéculatifs) et des aides à l’installation pour aider de nouveaux médecins libéraux. Mais elle ne répond pas sur les structures qui, dans la diversité de l’offre, entre le cabinet et l’hôpital, hors secteur libéral-lucratif, répondent le mieux au besoin immédiat et à la latitude d’intervention de la Ville: la création de centre de santé.

Le nouvel adjoint à la santé de la maire de Paris,  l’ « écologiste » M. Bernard Jomier ne s’engage qu’à ne pas laisser fermer d’autres centres de santé dans la mandature en cours mais ne semble pas imaginer le rétablissement d’anciens centres municipaux ou associatifs, notamment Beaugrenelle et Anselme Payen, victimes directes des municipalités précédentes.

Pourtant, sur un autre aspect, comme cela a été rappelé au Conseil de Paris, 63,4% des jeunes médecins qui se sont inscrits à l’Ordre des médecins en 2013 ont préféré la qualité des conditions d’exercice de leur travail et de vie apporté par le statut de salariés.

Le PCF Paris 15 fait de l’intensification de cette lutte une de ses priorités pour le 15ème arrondissement.

 


BUDGET PARTICIPATIF – « MADAME LA MAIRE – J’AI UNE IDEE » : CONTRIBUTION DU COMITE DE DEFENSE DE BEAUGRENELLE – FRONT DE SEINE – CHARLES MICHELS

 

Rétablissement des centres de santé Beaugrenelle et Anselme Payen dans le 15ème arrondissement

 

Objectif de l'idée

Rétablissement des centres de santé Beaugrenelle et Anselme Payen dans le 15ème arrondissement

Descriptif de l'idée proposée

Il s’agit de reconstituer l’offre de santé dans sa diversité dans le nord-ouest du 15ème arrondissement après la destruction du centre de santé Beaugrenelle, rue Linois, en 2006 et la non-réouverture du centre de santé Anselme Payen après la réhabilitation de l’EPHAD, en juillet 2014.. Les centres de santé, au sens du code de la santé constituent des structures sanitaires de proximité dispensant principalement des soins de premier recours. Ils mènent également d’importantes actions de prévention et de formation. Ouverts à tous et à vocation sociale, pratiquant le tiers payant et des tarifs raisonnés pour les soins dentaires notamment, ils sont gérés par des organismes à but non lucratif, avec des médecins salariés, complétant l’offre de proximité de la médecine libérale, en cabinet ou en maison de santé, et allégeant les urgences de l’hôpital public.

Il s’agit aussi de faire suite aux promesses et engagements des dernières municipalités, faites à la populations après la disparition des centres de santé préexistants. Il s’agit précisément de reconstituer un centre de santé interdisciplinaire, destiné à tout public, à Beaugrenelle, d’une surface au moins équivalente à l’ancien centre (320 m2) reprenant ses spécialités et ajoutant les disciplines dont l’offre conventionnée est particulièrement déficitaire comme la radiologie et la chirurgie-dentaire dans cette partie du 15ème.

Il s’agit de rouvrir la structure précédente à Anselme Payen dont les activités, ouvertes à la population, partaient des besoins des résidents, personnes âgées, de la maison médicalisée. Le futur centre de santé Anselme Payen ne peut se concevoir que comme une structure municipale adossée à l’Ephad et située dans ses locaux. L’ancien centre de santé Beaugrenelle était géré par une association qui avait fait l’objet de critique de la municipalité. Pour des questions d’efficacité de gestion, pour renforcer les capacités d’intervention démocratique de la Ville sur cette question sensible, la constitution d’un centre de santé municipal ou départemental semble préférable au recours à une institution privée à but non lucratif.

 

Lieux précis : Pour la réouverture du centre de santé Anselme Payen, le lieu dédié existe. Il a été spécialement aménagé dans cet objectif en sous-sol de l’EPHAD. Pour le futur centre Beaugrenelle, il est nécessaire de rappeler l’origine de la destruction de l’ancien. L’opération spéculative associée à la construction du nouveau centre commercial en est la cause directe. La municipalité de Paris, sa société d’économie mixte agissant sur place, aujourd’hui la Sempariseine, se sont engagées en 2006 à reconstituer un centre médical. Depuis, les bénéfices pour les promoteurs ont été rendus publics, après la revente fin 2013 du centre commercial : presque 400 millions d’euros. Dans l’intérêt des populations et des salariés, la Ville est plus que fondée à réclamer une participation financière des tenants du centre commercial pour des locaux permettant la relocalisation du centre de santé dans la proximité de l’ancien, à Beaugrenelle.

 

Evaluation du coût du projet : L’installation du centre de santé pluridisciplinaire de Chemin Vert devait coûter, suivant les informations communiquées en Conseil de Paris en décembre 2011, autour de 950.000 euros pour 420 m2. Les coûts principaux sont liés aux immeubles. Sur ce point, dans nos cas présentés ci-dessus, la participation financière de la Ville de Paris pourrait être minimale, nulle à Anselme Payen, limitée à une subvention compensatrice de loyer à Beaugrenelle pour la ou les premières années. Une contribution financière de la Ville de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’euros est envisageable pour constituer et soutenir la constitution des équipes médicales. Cet investissement, réel, est d’abord politique. Cette « idée » n’est pas une invention imaginative mais la réponse à un besoin pressant de la population et des salariés du 15ème arrondissement.

 

Situation actuelle - diagnostic

Les évolutions des besoins d’un côté, de l’offre de l’autre évoluent en ciseaux depuis des années. La population de cette partie du 15ème augmente, également la population âgée. Les ménages économiquement faibles sont nombreux notamment parmi les anciens propriétaires résidents et parmi les locataires du parc social. Plus de 25% des logements du Front de Seine sont des logements sociaux, proportion supérieure à la situation du 11ème arrondissement où a été ouvert en 2013 le centre de santé Chemin Vert avec l’appui de la municipalité de Paris. L’ouverture du centre commercial Beaugrenelle a entraîné également une relocalisation importante d’emplois et un afflux de visiteurs. Ces quartiers du 15ème, comme toute la capitale, sont concernés par la raréfaction de la médecine libérale conventionnée, en particulier de secteur 1.

La démographie médicale, les coûts d’installation à Paris laissent clairement envisager une pénurie, perspective dont s’inquiète la municipalité.

A l’autre bout, les urgences de l’Hôpital européen Georges Pompidou, les seules subsistant dans le 15ème depuis la fermeture de celles de l’ex hôpital Saint-Michel, sont saturées comme l’a souligné la grève des personnels de 2012. La réorganisation du service n’a permis que d’aménager la pénurie. Le développement des centres de santé est un moyen de réorienter les patients vers une structure souvent plus adaptée à leur demande, de prévenir les cas d’urgence, comme les complications de la récente épidémie de grippe. L’ancien centre de santé Beaugrenelle comptait déjà 23.000 patients que le centre de la rue Viala, plus éloigné, diminué et précarisé financièrement depuis son transfert des Allocations familiales à une mutuelle étudiante fragile, a été hors d’état d’absorber.

En ce qui concerne Anselme Payen, le retour des résidents après la réouverture de la maison médicalisée a recréé le besoin de base du centre de santé. Côté médecins, une tendance s’affirme, celle de la recherche chez de nombreux jeunes praticiens d’un cadre solidaire, d’un fonctionnement en équipe, de la qualité de travail et de vie liée au salariat et aux structures à vocation sociale comme les centres de santé. Des milliers de pétitions ont été collectées par des associations de quartiers pour la réouverture du Centre Beaugrenelle, par des organisations syndicales pour la réouverture du Centre Anselme Payen.

 

Le projet a déjà été expérimenté au sein d'un autre organisme?

L’ouverture du centre de santé Chemin Vert dans le 11ème arrondissement, votée en 2011, effective en 2013, constitue le précédent le plus récent et le plus assimilable à notre proposition.

   

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