Les orientations du PCF Paris 15 pour novembre et pour les régionales

5 Novembre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Section du PCF du 15ème arrondissement de Paris

 

Compte-rendu et conclusions de l’assemblée générale du 3 novembre 2009

 

Notre assemblée de section s’est tenue ce 3 novembre 2009, à la suite des réunions de notre Comité de section du 26 octobre, du Conseil national des 24 et 25 octobre, avant celle du Conseil départemental du 4 novembre.

 

 

Le développement de la mobilisation des ouvriers de l’industrie, des cheminots après la première journée d’action du 20 octobre, des enseignants en vue de la grève du 24 novembre… permettent d’envisager un mouvement rassemblé dans les prochaines semaines.

 

- Dans les entreprises et les quartiers du 15ème, nous allons, à l’occasion de l’examen du budget de la Sécurité sociale, reprendre notre action pour la défense de l’hôpital public, après la campagne menée au printemps contre la Loi Bachelot.

 

- Nous poursuivrons nos initiatives dans la bataille pour le service public de La Poste et notamment la signature de la pétition « arrêtons la privatisation de la Poste, retrait du projet de loi ». Plusieurs camarades relatent l’excellent accueil de nos initiatives et la qualité des échanges sur le fond, notamment avec les postiers : 2900 signatures par la section.

Le succès des mobilisations récentes, des postiers et des usagers, montrent le potentiel de rassemblement sur cette question majeure et les possibilités de victoire, à condition de poser les vraies questions :

l’objectif immédiat = le retrait du projet de Loi,

le fond = l’arrêt du processus de privatisation par la mise en échec du changement de statut et de l’instauration de la concurrence intégrale avec la transposition de la directive européenne

les acteurs essentiels : les postiers, les salariés des autres services publics, les usagers et non les parlementaires surtout pas ceux de « gauche » qui refusent de mettre en cause la marchandisation et les directives.

Des camarades de La Poste ont évoqué l’expérience de la trahison de 1997 sur France Télécom.


- En lien avec nos camarades de la RATP, et dans le cadre du début de la campagne des élections régionales et du projet de « Grand Paris », nous nous associons à leurs actions pour la défense du service public national, la défense et la reconquête du monopole public RATP/SNCF des transports d’Ile-de-France.

La section se propose de s’associer à toute initiative syndicale dans la période (ex : pour la sécu) ou de prendre elle-même des initiatives poussant à la convergence des luttes.

Dans la période immédiate, nous sommes demandeurs d’une expression nationale du Parti sur plusieurs sujets.

 

- Pour contrer la campagne écœurante du pouvoir, autour de la notion dangereusement ambiguë et malsaine « d’identité nationale », destinée à détourner contre les immigrés la colère populaire dont sa politique de casse de la cohésion sociale, de la souveraineté nationale, des acquis républicains est à l’origine.

- Pour contrer le matraquage médiatique, à l’occasion du 20ème anniversaire de la destruction du Mur de Berlin, portant une vision caricaturale de l’histoire et un anticommunisme primaire destinés notamment à valider l’UE du capital. Nous le ferons dans le 15ème après le choix de la municipalité de Paris d’ériger un pan de mur de Berlin à la porte de Versailles et d’illuminer les Champs-Elysées le 9 novembre.

- Par ailleurs :

Plusieurs intervenants ont exprimé leur insatisfaction par rapport à la nouvelle formule de l’Huma.

Un camarade a dressé un tableau de la crise politique à Madagascar. 

 

Ligne du PCF pour les prochaines élections régionales des 14 et 21 mars 2010.

 

A l’unanimité, nous repoussons « l’offre politique » nationale proposée par le CN et nous nous prononçons pour la constitution de listes de rassemblement, présentées par le PCF, sur un programme national et régional communiste.

 

D’abord, nous déplorons les conditions peu démocratiques dans lesquelles la consultation des communistes est organisée dans le Parti.

 

Les communistes disposent d’à peine quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre politique » du CN et se prononcer sur elle dans les sections. Autant dire que l’immense majorité sera tenue à l’écart.

 

Il est anormal que la réunion du CN des 26 et 27 septembre qui devait lancer la discussion ait été annulée, qu’aucune réunion du Conseil départemental de Paris n’ait été convoquée depuis le 2 septembre.

Ce calendrier précipité imposé aux communistes contraste avec toutes les tractations entre partis de « gauche » dont la presse a fait écho dans la période.

 

Pour ceux qui ont pu les lire, le texte « d’offre politique » et le rapport de MG. Buffet ne fournissent pas, au-delà de phrases vagues ou creuses, de bases réelles, notamment en termes de bilan et de contenu, à la réflexion des communistes. Au plan régional, un seul texte est arrivé à la direction de section le 30 octobre pour préparer la « conférence régionale » : aucun compte-rendu de mandat depuis 2004, notamment des élus parisiens !

 

Nous émettons également les plus grandes réserves sur les prochaines étapes de la consultation.

Le mode de désignation des délégués à la Conférence régionale relève de la cooptation par les directions départementales.

Nous attirons l’attention, que tel que « l’offre » politique le conçoit, les communistes ne pourront pas se prononcer sur la tête de liste de la liste soutenue par le PCF, ni même savoir comment elle sera désignée, tout cela revenant aux tractations futures avec le PG.

De même, les communistes risquent d’être empêchés de se prononcer pour un choix pourtant naturel : une liste de rassemblement présentée par la PCF relayant l’exigence de rupture politique exprimée dans les luttes.

Notre section retient unanimement cette dernière option. Voici la réflexion qui l’y conduit.

 

Nous insistons aussi sur le besoin que ce soit une stratégie nationale et sur les dangers d’arrangements opportunistes à géométrie variable selon les régions.

 

b- Aucune rupture politique possible en restant à la remorque du PS dans les institutions, nationalement comme régionalement.  

 

Le constat, mis en évidence par la complicité du PS dans la ratification du Traité de Lisbonne en 2008, demeure. Ses orientations ne portent pas de rupture sur le fond avec la politique au service du patronat et du capital. Son absence d’opposition (plan d’aide aux banques, loi Bachelot, loi LRU…) ou son opposition tronquée (acceptation des directives de concurrence par exemple sur La Poste) aux contre-réformes les plus graves du gouvernement le montrent. Il reste entièrement dans un schéma d’alternance, les yeux de ses prétendants rivés sur 2012.

 

Autre constat : 20 régions de « gauche » depuis 2004 dont 16 à participation communiste n’ont pas constitué un point d’appui pour s’opposer à la politique du pouvoir, ni au plan national, ni même au plan régional. Au contraire, globalement, elles ont accompagné, dans leurs domaines de compétence, la marchandisation des transports, la « régionalisation » des personnels techniques des lycées…

 

Le bilan en Ile-de-France est encore plus sombre avec le président sortant Huchon.

Sa profession de foi libérale dans son livre de 2008 « De battre ma gauche s’est arrêtée » est éloquente. Il s’affiche comme partisan de la régionalisation de l’éducation nationale, adversaire des nationalisations, estimant que les services publics sont mieux effectués par le privé, chantre de l’Europe des régions contre la souveraineté nationale…

Sa politique est en cohérence : il accompagne activement la marchandisation des transports (dont il veut seulement que la Région ait le contrôle), il accorde des aides inédites à l’enseignement privé…

De plein pied dans la logique de concurrence des territoires, Huchon et sa majorité accordent des cadeaux, sans contrepartie, au patronat d’Ile-de-France tout en faisant jouer le moins-disant social dans les commandes régionales comme avec le marché du renouvellement des trains de banlieue attribué au canadien Bombardier contre Alstom et à une production en France.

Etc…

 

A propos du Grand Paris, les divergences entre la majorité régionale et le gouvernement ne portent pas sur le choix d’aménagement au service de la finance et des multinationales mais seulement sur la future « gouvernance ».

 

Force est de constater que les élus de la liste de la « gauche populaire et citoyenne » de 2004, dont les élus communistes auront cautionné jusqu’au bout au sein de l’exécutif régional ces choix néfastes.

 

Cette analyse nous amène à nous prononcer :

contre une alliance électorale avec le PS (et les Verts) et la présence de candidats du PCF sur une liste au 1er tour derrière lui en Ile-de-France comme dans l’ensemble des régions.

contre toute position de principe de participation à un exécutif dirigé par le PS. La définition préalable des conditions d’une éventuelle participation est nécessaire.

Puisque ce n’est pas le cas, à la lumière de l’expérience, nous nous opposons à une participation à un exécutif dirigé par le PS et Huchon.

 

L’absence d’ouverture au Modem ne saurait être un critère suffisant. Même sans le Modem, les exécutifs à direction PS suivent des choix « sociaux-libéraux ».

 

Si l’on veut battre la droite, il faut s’opposer à toute politique de droite d’où qu’elle vienne.

 

c- Contre la poursuite de l’effacement du PCF et de ses positions avec la ligne du « Front de gauche »

 

La liste sur laquelle figuraient les candidats du PCF en 2004 en Ile-de-France, intitulée « gauche populaire et citoyenne », correspondait déjà à la stratégie du « Front de gauche ».

Les militants communistes ont fait l’essentiel de la campagne pour une liste effaçant leur parti, pour obtenir une moitié d’élus non membres du PCF, non représentatifs, sur une ligne politique qui a amené, malgré « l’antilibéralisme » annoncé, à une collaboration docile, jusqu’au bout, avec le social-libéral Huchon.

 

Nous refusons la poursuite de cette stratégie du « Front de gauche » au plan régional ou au plan national comme l’offre politique du CN le propose unilatéralement.

 

Le « Front de gauche » ne représente pas une émancipation vis-à-vis de la social-démocratie. Au contraire. On l’a vu avec l’exemple francilien.

Mélenchon est un social-démocrate. « L’offre politique » s’inscrit strictement dans la seule perspective d’une union « majoritaire » dans les institutions.

 

Le « Front de gauche » ne présente aucun intérêt comme alliance électorale pour ce que doit défendre le PCF.

Les partenaires, « gauche unitaire » et PG, sont des groupuscules qui ne pèsent rien dans le pays. Aux européennes, les listes du « Front de gauche » n’ont pas amélioré les résultats des listes PCF de 2004.

En revanche, les positions de Mélenchon (partisan de Maastricht notamment) ont contribué à brouiller le message des communistes et à laisser de côté, dans l’abstention, une bonne part de ceux qui s’opposent à l’UE du capital.

Les élus régionaux sortants du PG sont tous des ex-adhérents du PS.

 

Nous analysons le « Front de gauche » comme étant le nouvel instrument, après les collectifs antilibéraux, pour poursuivre la stratégie d’effacement de l’identité du PCF et de ses positions, de transformation en une deuxième mouvance social-démocrate, complémentaire du PS. Le NPA pourrait rapidement, aux lendemains des régionales, rentrer dans ce schéma de recomposition sur la base de la disparition progressive du PCF et de la captation de son héritage.  

Nous continuons à refuser résolument cette perspective qui prive le monde du travail, les couches populaires de la seule force historique conséquente pour affronter la politique au service du capital.

 

d- Pour des listes de rassemblement présentées par le PCF, en particulier en Ile-de-France

 

Les élections régionales devraient être l’occasion de relayer pendant la campagne et lors du vote l’exigence de rupture politique exprimée avec force dans les luttes. Elles doivent contribuer à développer ce mouvement pour gagner de premières victoires et non à alimenter des combinaisons politiciennes en vue de 2012. Il est temps de montrer une « opposition véritable à gauche » a résumé un camarade, pas un « altercapitalisme » comme la direction du parti commence à utiliser la formule.

 

Le programme régional doit, en cohérence, partir du bilan sans fard de la participation des élus PCF-Front de gauche à la politique « libérale » de Huchon, porter des contenus de résistance à la politique du gouvernement.

Notamment pour les services publics, en particulier les transports, principale attribution des régions, pour refuser d’accompagner le processus de marchandisation-privatisation, en Ile-de-France en promouvant la défense et la reconquête du monopole public RATP/SNCF.

Nous devons nous opposer totalement au développement de l’Europe des régions et au projet de réforme territoriale qui lui correspond.

Pour cela, nous devons nous opposer à toute tentative d’étendre les prérogatives des régions, contre l’échelon démocratique national, son relais départemental et les communes.

Nous nous opposons par exemple totalement à toute régionalisation de personnels de l’éducation nationale, au détournement de fonds régionaux pour faire des cadeaux au patronat, ou encore pour financer le logement en acceptant le désengagement de l’Etat et le démantèlement du modèle de financement du logement social.

En cohérence, nous estimons que les régions doivent s’opposer à toute hausse des impôts locaux pour compenser les cadeaux accordés nationalement aux plus riches et au patronat.  

 

Nous avons mandaté nos représentants au Conseil départemental et nos éventuels représentants à la « conférence régionale » pour exprimer l’ensemble de ces points de vue. Nous nous efforcerons de les mettre en œuvre dès les prochains jours en partant du calendrier d’actions proposé par le secrétariat de section.

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