Municipales Paris: Avant le 2nd tour, combien restera-t-il des 13 sièges PCF75 annoncés ?

24 Février 2014 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

NOTE : Sur la répartition des sièges de conseillers de Paris dans l’accord PS/PCF.  Combien restera-t-il des 13 sièges PCF75 annoncés ?

 

140224_CdP.JPGPour gagner le vote des communistes parisiens, la direction du PCF 75 a mis en avant un argument marteau : celui des places octroyées par Anne Hidalgo. C’était peu glorieux, très politicien mais la perspective du passage de 8 conseillers de Paris à 13 pouvait paraître suffisamment alléchante pour faire baisser les paupières sur la compromission politique.

Une autre disposition de l’accord n’a pas guère été expliquée aux communistes parisiens. 13 : c’est le nombre de places de conseiller de Paris pour le PCF-Front de gauche s’il n’y a pas accord avec le PG- Front de gauche entre les deux tours. S’il y a accord, on passe à 17 sièges pour l’ensemble du Front de gauche. Or il y aura accord.

Mme Simonnet a déjà annoncé qu’elle donnerait ses voix à Mme Hidalgo, sans même négocier des conditions de désistement… Dans un contexte d’abstention attendue à 50%, le PG-FdG est donné à 6% dans les sondages, c’est-à-dire qu’il dépassera le seuil des 5% permettant l’intégration dans les listes Hidalgo dans les arrondissements de gauche les plus importants. Observons que Mme Simonnet obtient exactement les mêmes résultats dans les enquêtes qu’obtenait M. Brossat avant l’officialisation de son alignement sur le PS.

Que va-t-il rester des 13 places promises au PCF ? Dans l’accord PS/PC, les socialistes ont prévu de céder, sur leur quota, 4 sièges aux candidats des listes PG-FdG. Au-delà de 4, les sièges PG-FdG seront retranchés des 13 attribués virtuellement au PCF.

Cette tambouille est peu lisible, certes. Mais voilà un scénario probable.

Le PG-FdG obtient 6% (fourchette basse). Les listes de gauche - Hidalgo + EELV + PG - obtiennent au total 50% au 1er tour, en ballotage favorable dans tous les arrondissements qu’elles tiennent déjà. Il y a actuellement 97 conseillers de Paris de gauche. Il y en aurait à peu près autant demain. Le PG-FdG représentant un huitième des voix de gauche au 1er tour sera en droit de réclamer 12 places.

Le PG-FdG a quelques billes pour marchander puisqu’il aura présenté des candidats – la direction du PCF 75 sera, elle, hors-jeu, sauf la pitié de Mme Hidalgo.

Demandant 12, le PG obtiendra 8 ou 9 sièges, pris donc pour 4 sur le contingent PS et pour 5 sur le contingent PCF, réduit du coup de 13 à 8…

Si le PG-FdG faisait 7,5%, le nombre de sièges laissés au PCF pourrait descendre à 6 ou 5…  

En résumé, la direction du PCF 75 se sera disqualifiée en s’alliant à Hidalgo. Elle aura laissé les imposteurs du PG incarner une radicalité de façade. Elle risque de se retrouver avec à peine plus de sièges, voire avec moins de sièges que dans la mandature précédente…

Même sur un plan politicien, c’est mauvais ! Sauf pour ceux qui vont assurer leur élection.

S’il y a avait eu des listes FdG-PCF-PG au premier tour, le résultat électoral aurait été quasiment le même que celui du FdG-PG. Mais il aurait fallu partager avec le PG et les autres partenaires les 8 ou 9 sièges « à parité ». Cela aurait fait encore moins pour le PCF… Et puis en s’alignant sur Hidalgo, les élus PCF auront des postes d’adjoint dans les exécutifs.

Si seulement au moins, les élus PCF reversaient toutes leurs indemnités, ce qui nous a toujours différenciés! Dans les élus de 2008, Pierre Mansat a aussitôt quitté le PCF et réorienté la manne ; Jean Vuillermoz admet dans la presse, ne se représentant pas, conserver les 2/3 de ses indemnités de conseiller et d’adjoint de Delanoë, le cumulant à sa retraite…

Devenir un parti comme les autres ? Le FdG, ce n’est vraiment pas l’avenir ! Restons, redevenons le Parti communiste français !

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Romain 24/02/2014 15:07


Bonjour,


 


En prime abord je précise que je ne suis pas de Paris. Comme ça ça donne un contexte. J'ai suivi un peu l'affaire de (très) loin donc je veux juste réagir à cet article sans arrière pensée. Car
je trouve le raisonnement assez fascinant.

1 - Vous avez raison :

Le score que le fera la liste Front de Gauche à Paris risque de retirer des places au quota PCF de la liste PS. C'est le cas dans toutes les villes où la disposition est là même et c'est, en
général, un risque que le PCF a beaucoup négligé.

D'autant que l'argument -et je ne jugerais pas s'il est vrai ou pas- a été souvent de vanter les mérites des exécutifs du PCF dans les municipalités. Alors l'influence du PCF risque fort de
s'amenuir et donc l'influence sur le PS également. Et il paraît difficile la construction de groupes communs PCF/FdG dans la mesure où chacun est parti de son côté. Mais laisson voir...

2 - Vous avez tord

Si le PCF avait choisi la stratégie du Front de Gauche dans la plupart des grandes villes, les scores des listes Front de Gauche auraient été bien supérieures pour 3 raisons.

D'abord il n'y aurait pas eu tout ce bordel médiatique de l'engueulade.
Ensuite, l'union fait la dynamique.
Enfin, le PCF a quand même un certain poids malgré ce que vous en dites. (Je m'interroge d'ailleurs sur le fait que vous disiez qu'il n'a aucun poids mais qu'il doit rester tout seul).

Enfin je pense que vous oubliez un élément clef du rapport de force qui est pourtant dans l'ADN du PCF et du Front de Gauche : le peuple. Une élection ce n'est pas seulement 3 tracts distribués
et quelques affiches collées. C'est l'occasion de créer du débat et d'animer les citoyens pour faire réflechir sur de nombreux sujets. Et c'est ce qui permet aux idées de devenir des forces, pour
une élection mais en général pour celles qui viennent ensuite et pour le mouvement social.

Ce dernier argument est, je pense, le plus important et le plus triste au regard de la stratégie du PCF. Mais bon c'est un autre débat hein ?!!

à une prochaine.