Patients, habitants, salariés, soutenons la grève des urgences de l’hôpital Pompidou (HEGP) !

3 Mars 2012 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

Patients, habitants, salariés, soutenons la grève des urgences de l’hôpital Pompidou (HEGP) !

 

Pcfparis15, 2 mars 2012

 

120303_HEGP.jpgAu bout de semaines, de mois, d’années, une situation intenable ne peut plus tenir. Réunis en assemblée générale, les personnels du service des urgences de l’HEGP ont voté la grève à partir du 1er mars 2012.

 

Leur sens de la responsabilité, leur esprit de service public les y amènent, comme le refus de la direction de l’hôpital d’apporter de véritables réponses à leurs multiples alertes.

 

Il n’est pas tolérable que par dizaines, des heures durant, tous les jours, des malades soient parqués sur des brancards dans les couloirs du service, faute de lits. Ce sont des conditions indignes pour les patients, nuisibles à la qualité des soins dénoncent les personnels avec leurs organisations syndicales CGT, FO et SUD.

 

Cette situation ne peut plus durer. Les revendications immédiates des personnels doivent être satisfaites. Elles relèvent du bon sens :

- Des lits (dit « lits d’aval ») doivent être réservés dans chaque service de l’HEGP pour les patients venant des urgences.

- Des postes supplémentaires doivent être créés dans le service lui-même.

 

La situation n’est le résultat d’une fatalité mais de choix politiques qui ne cessent de s’aggraver contre l’hôpital public.

 

Dès le départ, communistes, nous avions dénoncé l’opération HEGP lancée par M. Balladur, poursuivie par M. Kouchner. L’ouverture de l’HEGP en 2000, dont la vocation était différente, s’est faite sur la base de la vente et de la destruction des hôpitaux Boucicaut, Broussais et Laënnec. Des centaines de lits ont été supprimés. L’hospitalisation de proximité a été particulièrement pénalisée.

Depuis, la fréquentation des urgences ne cessent d’augmenter. Elle a atteint 52.000 patients en 2010. La « nouvelle » carte des urgences en Ile-de-France a éliminé de nombreux sites dont celui de l’Hôpital Saint-Michel. D’autres services arrivent à l’HEGP.

L’engorgement des urgences, la pénurie de lits, la dégradation des conditions de travail viennent de là.

 

Derrière, ils sont fondamentalement le résultat des choix financiers des gouvernements successifs qui étranglent l’hôpital public en général, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) en particulier. Au nom de déficits artificiellement creusés, pour la direction de l’AP-HP et l’Agence régionale de santé, il faut toujours faire plus avec moins.

Les entreprises capitalistes gonflent leurs profits avec des déductions de cotisations sociales maladie.

Les cliniques et le secteur privé lucratif, dispensés des obligations de service public (pathologies les plus lourdes, formations…) profitent pleinement du système de la « tarification à l’activité » (T2A). 

L’hôpital public trinque.

 

La logique de rentabilité financière à tout prix a de multiples effets pervers, y compris financiers. On le voit à l’HEGP. Pour essayer de garder leurs moyens, les services font du remplissage avec des interventions programmées. Il n’y a plus de places pour les urgences. A quoi s’ajoute le scandale des lits privés au sein même de l’hôpital public dont les moyens sont détournés, celui du gâchis des externalisations de prestations etc. 

 

Le service des urgences de l’HEGP vient de faire parler de lui. Le professeur Juvin, cadre de l’UMP et conseiller de M. Sarkozy, vient d’être nommé, de façon anticipée, à la tête du service.Des fois que M. Sarkozy ne soit pas réélu…

La grève des urgences n’est pas directement liée à cette nomination mais à une situation récurrente. Mais elle est directement liée à la politique désastreuse que défend M. Juvin et qu’applique, par exemple, à la tête de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, l’ancien ministre PS Claude Evin, nommé dans la suite de l’adoption de la loi Bachelot de 2009 qui planifie le démantèlement de l’AP-HP.

 

Dans toute la France, les batailles se multiplient pour défendre, ici un service, là un hôpital, là-bas les conditions de travail. En région parisienne, des luttes se poursuivent aux hôpitaux Tenon, Saint-Antoine, Charles Foix, à Mantes-la-Jolie, etc. Les usagers et populations se joignent de plus en plus aux salariés.

Cette résistance obtient des victoires locales, freine la déstructuration de l’offre publique de santé. La convergence de ces luttes en un mouvement national peut et doit inverser cette politique de casse.

Elle est d’autant plus importante qu’est programmé, après les élections, sous l’égide de l’UE, au nom de la crise et des « déficits », un plan d’hyper-austérité. En Grèce, l’hôpital public a été amputé de 40% de ses moyens depuis 3 ans !

 

Communistes, nous apportons notre soutient total aux grévistes des urgences de l’HEGP et à leurs revendications.

Nous continuons la lutte pour la suppression de la tarification à l’activité, pour l’abrogation de la loi Bachelot.

Nous exigeons la fin du scandale des exonérations de cotisations sociales patronales qui sapent le financement de toute la Sécurité sociale (30 milliards d’euros par an à comparer avec le « déficit » des hôpitaux publics, 423 millions d’euros en 2011, causé lui-même par 200 millions d’euros de gels de crédit).

 

Chaque lutte particulière construit la riposte d’ensemble !

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