Réforme de l’éducation prioritaire : baisse des moyens et laboratoire de l’autonomie libérale.

6 Février 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Education nationale

TRACT 3 FEVRIER 2015 EN PDF (lien)

 

Le gouvernement socialiste avait prétendu vouloir faire de l’éducation une « priorité » de son quinquennat. Mais que faut-il entendre par « priorité »? Une priorité à la construction d’une éducation mieux dotée en moyens, plus égalitaire et attachée à son rôle émancipateur ? Ou une priorité à la poursuite et à l’aggravation des manques de moyens, à l’accentuation des inégalités sociales et spatiales, et à l’entrée toujours plus importante des logiques libérales dans l’école ?

  Après plusieurs réformes successives, la réponse est claire ! Le gouvernement s’inscrit dans la logique débutée par leurs prédécesseurs de casse de l’Education Nationale et de nos conditions de travail, d’accentuation des inégalités et d’encadrement idéologique de nos enseignements. La réforme de l’éducation prioritaire présentée par la ministre s’inscrit totalement dans cette logique, entre baisse des moyens et utilisation des REP/REP+ comme laboratoire d’expérience de l’autonomie libérale ! 

 

 

 

De la liberté d’expression à la liberté de dénonciation !

 

Les terribles attentats perpétrés le mois dernier à Paris ont entraîné des récupérations sans précédent de la part du gouvernement ou de la droite. L’école n’a évidemment pas été épargnée ! Dans un contexte de pseudo concertation sur l’éducation morale, le gouvernement en a profité pour marteler la nécessité d’enseigner les « valeurs républicaines » à l’école. Derrière « valeur républicaine » il faut évidemment entendre docilité à l’égard des institutions et propagande libérale. Drôle de façon de respecter la liberté d’expression !

 

Mais le plus abject a été atteint quelques jours après les attentats quand une quarantaine d’élèves a été signalée à la police pour avoir perturbé les commémorations qui se sont déroulées dans les établissements. Là encore, drôle de façon de défendre la liberté d’expression en dénonçant auprès de la police toute contestation ! Même si les réactions de ces élèves ont été plus que maladroites, le rôle de l’école n’est pas (et ne sera jamais) la délation.

 

Face à ces délations scélérates, affirmons au contraire le rôle émancipateur que doit avoir l’école, émancipation qui ne peut passer que par la construction d’un esprit critique. Refusons toutes ces dénonciations, opposons-nous à la propagande capitaliste sur les « valeurs de la République », et défendons l’idée d’une  

 

 

Réforme de l’éducation prioritaire : baisse des moyens et laboratoire de l’autonomie libérale.

  Prendre aux uns pour donner aux autres ! C’est ça avoir une politique éducative ambitieuse ?

150206_educ_pri.jpgLa « refonte de l'éducation prioritaire », c'est d'abord une refonte de sa carte. Le ministère a pris soin de l'annoncer en décalé entre les Académies, pour éviter toute convergence des colères. Car, s’il est promis un statu quo numérique, de fait, 5 à 10 % des ZEP actuelles vont sortir du dispositif. 10 %, cela fait une centaine de collèges … qui entraînent avec eux de 3 à 8 écoles primaires, donc de 500 à 800 établissements scolaires touchés par une cure d'austérité drastique. Pour la région parisienne, c'est une hémorragie. Partielle à Paris où 3 collèges sortent dont Valmy (10 ème) et Lucie Faure (20 ème). En banlieue, c'est 5 collèges en moins en Seine-Saint-Denis, 7 dans le Val-deMarne, 8 dans les Hauts-de-Seine et jusqu'à 10 en Seine-et-Marne. Alors que la situation sociale s'est dégradée ces dernières années dans nos quartiers, le « redéploiement à moyens constants », c'est faire sortir des établissements qui ont terriblement besoin de ces moyens, et maintenir à l'écart d'autres qui meurent faute de moyens. 

 

Les conséquences pratiques, ce sont des budgets amputés jusqu'à 20 %. Finis les projets éducatifs innovants, les aides en personnel spécialisé, les voyages linguistiques, tout ce que le ministère prétend défendre. Les classes de collège plafonnées à 25, celles de lycées à 30 seront à oublier, comme ailleurs ce sera les classes de 30 en collège, 36 en lycée. Pour des établissements toujours en difficulté sociale, toute ambition de transmission d'un savoir exigeant serait à abandonner. Pour les personnels enseignants, subir ces conditions difficiles, sans aucun allégement de l'administration, ni aide extérieure, sans compensation matérielle ni récompense symbolique, ce serait trop. Cette carte de l'éducation prioritaire pose la question d'une autre carte, celle de la carte scolaire, dynamitée par la réforme de Sarkozy en 2008, en tout cas à Paris et en proche banlieue. Elle a créé une éducation à trois vitesses après la 3e : entre une minorité de lycées privilégiés, une masse de lycées de seconde zone, et une poignée de lycées-ghettos.

 

 

 

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