Retour sur les commémorations du 8 et du 9 février 2010

18 Février 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire

Retour sur les commémorations du 8 et du 9 février 2010

 

 

Inauguration d’un panneau d’information à la station du tramway T2 de la Porte de Sèvres en souvenir des 142 martyrs du Stand de tir de Balard :

 

Les panneaux concédés par la RATP ont le mérite d’exister. Ils sont deux, identiques des deux côtés du quai de la station « Suzanne Lenglen » à proximité de panneaux du même format consacrés à la joueuse de tennis (qui a déjà un stade à son nom) et à l’exportation à l’étranger des tramway d’Alstom et de la RATP...

L’effort de commémoration est modeste. Il est regrettable que la photo de fond ne concerne pas les lieux historiques. Pourquoi la station de tram n’a-t-elle pas été nommée « Martyrs du stand de tir » ?

 stand-de-tir---panneau.jpg

Charonne :

Une cinquantaine de personnes ont assisté aux commémorations aux Chèques postaux le 9 février des victimes communistes et cégétistes de Charonne le 8 février 1962, parmi lesquelles Anne-Claude Godeau, salariée des chèques. La cérémonie a été l’occasion de sensibiliser cette année de nouveau les agents à l’engagement politique, syndical, pacifiste que tant ont porté dans ce lieu historique des luttes ouvrières.

Etaient notamment présents deux fils de Jean-Pierre Bernard, autre victime, des Télécom du 15ème, secrétaire de la section Pasteur du PCF 15.

Emmanuel Dang Tran représentait l’actuelle section du PCF Paris 15ème.

Une intervention de notre camarade Dominique Mauguis des Chèques a été prononcée. En voici le texte :

 

« Février 1962 : depuis huit ans, l’Algérie est en guerre. Alors que des pourparlers de pais se sont engagés, les ultra de l’OAS multiplient les attentats en France et en Algérie. Lors du dernier d’entre eux, visant André Malraux   une petite fille est grièvement blessée. Pour mettre fin à la guerre et condamner les attentats, les organisations syndicales et les partis de gauche organisent une manifestation le 8 Février.

 

Alors que la manifestation s’est déroulée sans incident, la police, sur ordres du sinistre Papon, charge les manifestants qui se dispersent au à hauteur du métro Charonne. Comme le 21 octobre 1961, où plusieurs centaines de manifestants Algériens ont été tués, la charge sera meurtrière. Huit manifestants sont tués, un neuvième décédera quelques jours plus tard. Tous étaient adhérents de la CGT, huit étaient membres du PCF. Parmi eux, Anne Claude Godeau, agent au service de la SED aux Chèques Postaux. Anne Claude avait rejoint le Parti Communiste sur la base de son engagement pour la paix en Algérie.

 

Trois jours plus tard, les obsèques des victimes donnent lieu à un immense rassemblement populaire autour du Père Lachaise. Un mois plus tard, les accords d’Evian mettent fin à la guerre.

 

Commémorer la mémoire des victimes de Charonne, ce n’est pas seulement rendre hommage à des militants victimes de leurs convictions, c’est aussi affirmer que leur combat continue. Ils se battaient pour la pais, l’égalité, la solidarité. Aujourd’hui, ces valeurs sont loin d’être acquises.

 

L’intervention occidentale en Irak  et en Afghanistan se prolonge sana apporter la moindre solution au difficultés des populations, ni réduire le risque terroriste. Pire, cette présence étrangère et les bavures commises à l’encontre des populations civiles ne font que renforcer les organisations terroristes et plongent ces pays dans la guerre civile.

Dans le même temps, les attitudes provocatrices du gouvernement israëlien, toujours soutenu par les Etats-Unis, éloignent le moyen orient d’une solution pacifique, alimentant le terrorisme international.

 

Pendant ce temps, les catastrophes humanitaires se multiplient. La famine et le SIDA frappent l’Afrique, faisant des milliers de morts. Le tremblement de terre à Haïti, s’il a suscité un formidable élan de générosité des peuples, a aussi ouvert la porte à des manœuvres de géopolitique et à des appétits des grands groupes économiques multinationaux.   

 

En France, Nicolas Sarkozy continue la remise en cause des acquis des sociaux (régimes spéciaux, contrat de travail, abandon des services publics). Les valeurs de solidarité sont remises en cause : chasse aux sans-papiers, promesses non tenues pour les SDF. La laïcité devient suspecte, la démocratie est remise en cause.

 

Insidieusement, la droite essaie de relancer la chasse aux immigrés (tracasseries administratives, débat sur l’identité nationale, refus de régularisation des sans-papiers, référence à la « civilisation » chrétienne et occidentale).

 

Mais, des résistances s’organisent. Les sans-papiers luttent au grand jour pour faire valoir leurs droits, la solidarité envers les SDF grandit malgrè la répression, les populations et les salariés se mobilisent pour la défense des services publiques (Hôpitaux, Poste, Education Nationale, etc..).

Au 21e siècle, combattre ces dérives, remettre l’homme au centre des décisions politiques, c’est la meilleure façon de rendre hommage aux martyrs de Charonne. C’était le sens qu’ils avaient donné à leur engagement, c’est le sens du combat des communistes aujourd’hui. »

 

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