Sarko d'un côté, Chérèque, Aubry... de l'autre: retraites : ne rien céder dans la bataille idéologique qui reprend!

21 Janvier 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Défense de la retraite par répartition

Défense des retraites : ne rien céder dans la bataille idéologique qui reprend!

 

Le pouvoir a programmé la prochaine étape du démantèlement du système de retraite solidaire par répartition pour le second trimestre 2010, juste après les régionales. Sarkozy l’a annoncé.

 

Le débat a rapidement démarré. Le pouvoir cherche visiblement à préparer l’opinion publique à de prochains sacrifices. Dans ce cadre, dirigeants politiques et syndicaux commencent à se positionner.  

 

Dans les Echos du 8 janvier, François Chérèque, secrétaire de la CFDT, invite à remettre en cause le système même : « il faut être lucide : le système créé en 1945 n’est plus adapté ». On se souvient comment déjà en 2003, la CFDT a ouvertement accompagné la loi Fillon 1. Elle récidive. Comment les acquis sociaux qui étaient possibles dans la France en ruines de 1945 ne le seraient plus aujourd’hui ? Chérèque n’y pense pas tant il est soumis aux tenants de l’idéologie dominante. Les pistes qu’il met en avant méritent d’autant plus d’attention et de méfiance.

Il n’écarte pas, tout au contraire, la retraite par points. Ce système est entièrement défavorable aux salariés. Il revient à compter sur le même plan toutes les années de carrières, même les plus mauvaises, alors que le calcul se fait encore sur les 25 meilleures années dans le privé. Quant à la valeur du point, à sa revalorisation éventuelle, elles pourraient être fonction de la situation des caisses et du bon vouloir de leurs gestionnaires. Danger extrême !

Chérèque ne s’émeut de la remise en cause de la retraite à 60 ans que pour les ouvriers qui ont commencé à travailler tôt. Autant dire qu’il se déclare prêt à des négociations de complaisance sur, par exemple, la pénibilité, pour acter une régression générale. Le laissera-t-on servir de cheval de Troie au nom de l’unité des centrales syndicales ?

 

Les déclarations de Martine Aubry à la radio le 17 janvier ont à leur tour semer le trouble. Dans une de ses réponses, elle a ouvertement envisagé le report de l’âge du droit de départ à la retraite de 60 à 61 voire 62 ans. Elle a ainsi lâché que le PS acceptait l’un des aspects probables de la contre-réforme à venir de Fillon-Sarkozy, avec l’allongement de la durée de cotisation (41 ans en 2012, etc.) et le détournement d’argent public vers des aides à la capitalisation sur les marchés financiers.

 

Il y en a assez d’entendre parler du « tabou de la retraite à 60 ans » que les media nous invite à transgresser comme un interdit sexuel. De qui se moque t-on ?

 

Au centre de la question des retraites, il n’y a qu’un élément : la volonté du patronat de remettre la main entièrement sur ce qu’il a dû céder en 1945 : le système solidaire entre salariés actifs et retraités, la part du salaire socialisée, autrement dit la cotisation sociale (les fameuses « charges »). C’est toujours dans l’intérêt du patron, du capitaliste de payer moins de salaire, au travailleur individuel, comme aux travailleurs collectivement. Les travailleurs et leurs représentants n’ont aucune raison de l’accepter.

 

Au fil des exonérations de cotisations patronales, dont le gouvernement Jospin et Martine Aubry, au nom des compensations des 35 heures, portent une responsabilité écrasante, avant d’avoir ouvert la voie à la droite, les patrons vont profiter en 2010 de 33 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales dont la moitié de cotisations vieillesse.

Cela fait bien plus que le déficit pour 2009, pourtant année de « crise ».

 

La défense de la cotisation sociale, lien solidaire entre les travailleurs actifs et retraités est au cœur de la défense de notre système. Il n’y a pas à transiger !

 

Si les taux sont insuffisants pour garantir le pouvoir d’achat de nos aînés, il faut les monter au lieu d’alimenter les profits et les dividendes des nantis, en commençant par remettre en cause les allègements qui n’ont alimenté que les profits mais créé aucun emploi (voir même les rapports de la Cour des comptes de feu Philippe Seguin).

 

Il est d’une importance capitale, notamment pour les communistes, dont l’apport fut décisif dans la conquête de notre système de retraite, d’être intransigeants.

 

Les dernières années ont montré la profondeur des interrogation au sein de la direction de la CGT et notamment du responsable aux retraites, Jean-Christophe Le Duigou, économiste qui se dit plus marxiste mais « keynésien ».

 

L’objectif, affiché par la CGT, d’une retraite à 60 ans avec un taux de remplacement de 75% pour tous est tout à fait louable. Mais comment est-il financé si la référence au travail, aux années de cotisations, aux 37,5 ans sont abandonnés ?

Il n’est de création de richesse que par le travail, de revenu légitime pour les travailleurs que par le salaire. C’est la base de notre système. Qui va payer les sommes correspondant aux années d’études, de formation, comme c'est proposé ?

 

L’expérience des grandes luttes de 2003, puis de celles pour les régimes spéciaux que le pouvoir avait la nécessité d’abattre pour reprendre l’attaque sur le régime général, a suscité un trouble chez beaucoup de camarades cégétistes. Sur le fond et sur la forme.

 

Pourquoi ces journées d’action si espacées en 2003 ? Pourquoi cette recherche de l’unité avec la CFDT malgré les désaccords de fond ? Pourquoi en 2007, cette acceptation, venue d’en haut, de négociations sur la base de la remise en cause de l’essentiel des régimes spéciaux, notamment des 37,5 annuités ?

 

Le débat, les interrogations sont revenus au récent congrès de la CGT à propos de la « maison commune » des retraites proposée par Le Duigou devant le risque de rabaissement à un plus petit dénominateur commun, de la  déconnection entre retraite, cotisation et travail. 

 

Ces débats sont ouverts dans le monde syndical comme politique. Ils sont d’actualité et même pressants.

La « crise » et la chute des bourse aura montré à quel point la capitalisation, prélevée sur le salaire net, est un leurre même au niveau de l’Etat avec le Fonds de réserves pour les retraites qui accuse 12 milliards d’euros de moins-values.

 

Mais sur cet aspect, comme sur les autres, la bataille idéologique ne fait que commencer et va se tendre.

Communistes, nous saurons être fidèles aux acquis de nos anciens. Parce qu’ils sont plus actuels et progressistes que jamais !

Droit à la retraite au plus tard à 60 ans pour tous ! Retour au calcul sur les 10 meilleures annuités de 37,5 ! Financement centré sur la cotisation sociale, entièrement rétablie !

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