Secteur XVème Brassens : à droite, tous les prétextes sont bons pour éviter les logements sociaux

22 Mars 2011 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Secteur XVème Brassens : à droite, tous les prétextes sont bons pour éviter les logements sociaux

 

110322_casta_cpcu.jpgA droite, qu’est-ce qu’on ne va pas chercher pour justifier de ne pas construire de logements sociaux !

 

Le Conseil de quartier Georges Brassens (Porte Brancion) se réunissait le 22 mars 2011. Le sujet était l’aménagement du secteur Castagnary, le long des voies ferrées de Montparnasse.

 

L’introduction de la séance avait été confiée à l’association « Jeunes Parisiens de Paris ». Elle exprime son opposition au projet de la Ville de Paris prévoyant, entre autres, la construction d’une résidence sociale pour étudiants et jeunes travailleurs comprenant 250 studios et propose l’implantation d’un jardin partagé sur une partie du périmètre.

 

La présentation détaillée et sérieuse des porte-parole de l’association a appelé deux réflexions de notre part que nous avons exprimées au nom de la section du PCF Paris 15, après plusieurs échanges dans le quartier.

 

Nous partageons le souci concernant le danger potentiel présenté par les cuves d’hydrocarbure à l’angle de la rue Castagnary et de la rue de Vouillé. Elles sont installées depuis 1974 pour alimenter les installations de chauffage de la rue Georges Pitard. Le périmètre de sécurité a été élargi ces dernières années. Le déraillement, assez spectaculaire, bien que sans conséquences, d’un wagon les approvisionnant en 2008 (voir notre article d’alors) a légitimement renforcé les inquiétudes, jugées « redoutables » par l’association.

 

Le représentant de la CPCU (Compagnie parisienne de chauffage urbain) s’est voulu très rassurant, insistant sur le caractère peu inflammable du fuel lourd. De nouvelles études sont entreprises. Les scénarios d’accident sont très improbables.

De son côté, le représentant de la municipalité de Paris (Claude Dargent – PS) a renvoyé la balle à la préfecture.

 

Notre deuxième réflexion porte sur les projets d’aménagement.

La droite du 15ème, représentée éminemment par M. le député-maire Philippe Goujon et le député Jean-François Lamour, a affirmé son accord total avec le diagnostic et les propositions de l’Association.

 

Pour nous, s’il s’avère qu’il y a un problème de sûreté, il ne peut pas se poser uniquement pour les constructions nouvelles mais il doit se poser pour les immeubles existants et être résolu d’une façon ou d’une autre (déplacement, autre source d’énergie).

 

Si l’on considère que le risque est négligeable, il n’y a aucune raison de refuser des logements sociaux, des logements pour travailleurs et pour étudiants, même pour un « jardin partagé », écologique, environnemental, bio et tout ce que l’on veut !

 

C’est bien pourtant le raisonnement insinué par la droite, de façon très repérable. Goujon et Lamour, relayés par quelques riverains, considèrent qu’il n’y a pas à construire de HLM dans un quartier où il y a déjà 40% de logements sociaux, deux fois plus que le seuil de la loi SRU. Ils sous-entendent à force de non-dits que les habitants des HLM sont des populations à problèmes, forcément criminogènes. Le mépris du peuple coïncide décidément chez eux avec l’intérêt de la spéculation immobilière.

Il est bien clair pour nous que 20% c’est un minimum et que dans le sud du 15ème comme dans le 19ème, toutes les possibilités d’extension du parc social à Paris sont à prendre.

 

Claude Dargent a voulu rassurer cette tendance en précisant que les logements étudiants prévus ne relevaient pas vraiment du logement social.

Nous avons mentionné, sur cet aspect, notre désaccord avec le financement et les loyers pratiqués « pour » les étudiants.

 

Les élus de droite ont, avec insistance, demandé que ces logements étudiants soient implantés sur les locaux du Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC), à la Porte de la Plaine.  

Nous refusons catégoriquement le projet de liquidation de ce service public et de ses emplois. Nous l’avons exprimé lors de l’enquête publique sur le PLU : le logement social ne peut pas servir de prétexte à la liquidation de cette entreprise du 15ème.

On remarquera aussi que le LCPC se situe dans un secteur, au sud du boulevard Lefebvre, où il n'y a pas de logements privés, mais uniquement du logement social, des entreprises et des équipements. La droite n'est pas à une contradiction près. Certains de ses représentants ont manifesté aussi leur sollicitude pour les nuisances sonores provenant des voies de chemin de fer que pourraient subir les étudiants rue Castagnary...

 

Peu d’autres questions ont été abordées, sinon le projet de construction d’un ensemble de logements et d’un équipement de long et moyen séjours rue Castagnary et, de notre part, l’expression du mécontentement dans la cité des Périchaux par rapport aux conditions de la réhabilitation et aux augmentations de loyer.        

 

Le problème du logement atteint un niveau intolérable en Région parisienne et à Paris 15 en particulier. Pratiquement tous les salariés, les retraités, les jeunes le subissent sur leur loyer, leurs charges, leurs emprunts.

La droite et une certaine gauche s’efforcent d’opposer des parties de la population les unes contre les autres, de dénigrer implicitement les habitants des logements sociaux.

Nous ne l’accepterons jamais. Nous ne laisserons jamais faire, jamais dire, quitte à obliger ces bons citoyens à manier le non-dit, à tourner autour du pot, comme ils l’ont fait ce soir à propos de ce quartier du 15ème.

 

Pour le secteur Vouillé-Castagnary, nous demandons donc un supplément d’études sur la sécurité et, selon les résultats, des dispositions pour réduire les risques, ensuite l’aménagement dans l’objectif d’améliorer les équipements publics, le logement social et l’environnement.

 

PS: il y avait de l'ordre de 100/120 personnes à ce Conseil de quartier, ce qui est nettement plus que d'habitude.

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