Solidaires contre la sous-traitance et la surexploitation dans l’hôtellerie de standing: victoire à l'hôtel Mercure Tour Eiffel

20 Février 2015 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Luttes entreprises (services)

150219_Mercure_Manif.pngPlus de 80 salariés de l’hôtellerie, également de différentes entreprises du 15ème, ont participé au rassemblement à l’appel de la CGT, jeudi 19 février 2015, pour s’assurer de la réintégration de Luvette, femme de chambre, injustement licenciée par le groupe Global Facility Service, prestataire de l’hôtel Mercure Paris Centre Tour Eiffel (groupe Accor). Victoire sur toute la ligne : le jugement du tribunal des prud’hommes de Paris est appliqué. Luvette est réintégrée. Ses salaires depuis son licenciement (il y a 27 mois !), lui seront payés. Elle est réintégrée sur son lieu de travail et à temps plein. Le groupe Accor est condamné pour « délit de marchandage ».

Cette lutte s’inscrit dans un combat de fond contre la surexploitation et la sous-traitance dans l’hôtellerie de standing, secteur emblématique des injustices de classe de notre société.

Section du PCF Paris 15, nous avons diffusé le tract ci-dessous. Parmi plusieurs prises de paroles de syndicalistes, du commerce, de l’Union locale CGT, notre camarade, sénatrice honoraire, Marie-Claude Beaudeau, qui a participé à de très nombreuses luttes pour les personnels de l’hôtellerie, a apporté le soutien des communistes.  

Ce rassemblement interprofessionnel, après une lutte âpre mais solidaire des syndiqués CGT de l’hôtellerie et du commerce, le sourire de Luvette, constituent un bel encouragement pour les travailleurs du 15ème.

Solidaires contre la sous-traitance et la surexploitation dans l’hôtellerie de standing :

Rassemblement devant l’hôtel Mercure Tour Eiffel, jeudi 19 février 12h00

 

La section du PCF Paris 15ème apporte son soutien au rassemblement organisé pour obtenir la réintégration de la salariée injustement licenciée (Luvette de son prénom) de la société Global Facility Service, prestataire de l’hôtel Mercure Paris Centre Tour Eiffel (groupe Accor). Le rassemblement aura lieu devant l’hôtel, 20 rue Jean Rey (métro/RER Bir Hakeim), jeudi 19 février à partir de 12h00.

Il s’agit d’abord de faire respecter le jugement du 8 janvier 2015 du Conseil des Prud’hommes qui a annulé le licenciement de Luvette en octobre 2012, ordonné sa réintégration et condamné Global Facilité Service et Mercure pour délit de marchandage.

Il s’agit ensuite de dénoncer les pratiques de surexploitation des personnels développées par le patronat de l’hôtellerie de standing et de luxe. Un groupe comme Accor externalise peu à peu les services de l’hébergement, par exemple les femmes de chambre, comme s’ils ne faisaient pas partie du cœur de son métier. Cela lui permet de s’exonérer des quelques avantages sociaux acquis de haute lutte par les salariés et les syndicats du secteur et de ses hôtels.

Les prestataires de service, à qui il sous-traite ses fonctions, comme Global Facility Services optimisent profits et exploitation sur le dos des salariés : salaire minimum, temps partiel et mobilité imposés, flexibilité totale, voire paiement à la tâche, mépris du droit du travail etc.

Luvette fait partie des salariés qui refusent ces conditions d’exploitation, de se retrouver avec parfois avec 1200, parfois avec 700 euros par mois de paie, sans aucun avantage. Elle s’est engagée à la CGT. Le cas de l’hôtel Mercure Tour Eiffel est remarquable aussi par l’aide réciproque et la solidarité, grâce à la CGT, entre les salariés de l’hôtel et ceux du sous-traitant.

Global Facility Services et Mercure ont naturellement réagi par la répression antisyndicale : diminution des services et du salaire, tentative de mutation puis licenciement arbitraires.

Le jugement des Prud’hommes a remis les choses en place dans ce cas exemplaire.

L’hôtellerie de standing et de luxe constitue un symbole du capitalisme avec des profits toujours plus hauts, des prestations toujours plus chères pour des riches toujours plus riches mais des salaires et des conditions de travail toujours plus bas pour les salariés. Une paie moyenne mensuelle de femme de ménage suffit à peine à régler 3 nuitées au Mercure Tour Eiffel… Dans les 5 nouveaux palaces (de bien plus grand luxe encore) qui auront été ouverts en 5 ans, même pas une seule nuitée !

Le patronat du secteur est également l’un des bénéficiaires les plus choyés de la politique du gouvernement de soutien au profit capitaliste. Accor refuse de dévoiler combien il touche du « Crédit d’impôt compétitivité », le CICE, inclus dans le « Pacte de responsabilité ». Cela se chiffre à plusieurs dizaines de millions d’euros, probablement plus de 100 millions, sans compter ce que perçoivent et lui répercutent ses sous-traitants. Le projet de loi Macron, actuellement en discussion, en s’attaquant à nouveau à l’inspection du travail, à la médecine du travail, aux prud’hommes a bien pour but une « simplification », la simplification de l’exploitation et du licenciement : du sur-mesure pour Accor et Global Facility Services !  

Les femmes de chambre de l’hôtel Hyatt Paris Vendôme ont ouvert la voie en 2014 en gagnant, avec la CGT, par une grève spectaculaire, de notables augmentations de salaires et de primes.

Le rassemblement d’aujourd’hui s’inscrit heureusement dans la même perspective de développement de la lutte. Et cela a valeur d’exemple pour tous les travailleurs.            

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