Stratégie du PCF Paris pour les municipales : Un « bulletin de vote » irrecevable pour une « consultation » biaisée

11 Octobre 2013 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

Stratégie du PCF Paris pour les municipales : Un « bulletin de vote » irrecevable pour une « consultation » biaisée - Nous appelons à boycotter le vote.

Communiqué du secrétariat de la section du PCF Paris 15ème, 10 octobre 2013

 

Le Conseil départemental du PCF 75 s’est réuni le 8 octobre avec comme ordre du jour, une nouvelle fois, les élections municipales.

131011_mairie_paris.jpgLes représentants de la section du 15ème arrondissement ont rappelé leur désapprobation de l’ensemble du processus engagé depuis des mois. Les candidats « têtes de file » ont été désignés avant communication d’un projet de programme. Aucun bilan de la mandature sortante n’a été soumis à la discussion des communistes. Le débat a été enfermé dans un choix, biaisé, entre deux combinaisons politiciennes.

L’adoption du « bulletin de vote » pour la consultation des adhérents s’étalant sur les 17, 18 et 19 octobre parachève ce dispositif laborieux, paralysant pour l’activité des communistes dans les luttes. Il est irrecevable.

La direction départementale a refusé de soumettre au vote des communistes la proposition, portée par notre section depuis le départ, de constituer à Paris des listes de rassemblement initiées par le PCF, en rupture avec la cogestion du social-libéralisme de la municipalité Delanoë-Hidalgo.

Le prétexte invoqué est que cette hypothèse n’a pas été discutée dans les sections – évidemment puisque que les directions ont refusé de la mettre en débat. Elles craignent visiblement toujours de le faire. Il est inconcevable que des directions du PCF excluent d’emblée de présenter des candidats portant les couleurs de leur parti.

La direction départementale a également refusé de prévoir une case « abstention » sur le bulletin, au prétexte que ce vote ne réglerait pas le problème de la stratégie électorale.    

Le texte du « bulletin de vote » correspond à une démocratie téléguidée.

Depuis des mois, les hauts dirigeants du Parti, dont Pierre Laurent, pèsent de tout leur poids pour l’intégration dès le 1er tour sur les listes du PS à Paris. L’énoncé du « choix n°1 » du bulletin en rajoute en soulignant explicitement qu’il s’agit du choix de la direction parisienne. Il promet en outre un nombre, en nette augmentation, des sièges d’élus octroyés par le PS. Comme si l’élection avait déjà eu lieu !  

Cette pratique politicienne – la répartition des places avant les objectifs politiques - traduit une réalité opposée aux conceptions communistes. Elle se situe malheureusement dans la continuité et la cohérence de l’alignement du PCF 75 et des élus sortants sur les orientations de Delanoë-Hidalgo.

Le « choix n°2 », l’alliance avec le PG au 1er tour dans des listes autonomes, est quasiment virtuel. Il vise à canaliser le mécontentement bien réel de nombreux communistes face au PS gouvernemental comme local. Les dirigeants parisiens qui soutiennent cette option – tactiquement ? – sont tout aussi liés au bilan de l’équipe sortante Delanoë-Hidalgo. Ce choix est virtuel car Mélenchon et ses disciples parisiens multiplient les provocations et posent délibérément des conditions inacceptables, trop heureux de pouvoir plumer la volaille communiste et faire oublier leur ralliement « sans conditions » sur Hollande aux présidentielles. Mélenchon poursuit son opération de recomposition politicienne en tendant la main à des dirigeants opportunistes d’EELV.

Le choix des directions parisienne et nationale du PCF pour Paris est lourd de conséquences nationalement. Paris n’est pas n’importe quelle ville. Outre la capitale, c’est une ville où la gestion municipale du PS est incontestablement « social-libérale ».

Le bulletin de vote dans son ensemble confirme l’impasse pour notre Parti comme pour les travailleurs de la stratégie du Front de gauche voulue par la direction du PCF.

Nous appelons nos camarades parisiens à boycotter le vote des 17, 18 et 19 octobre. Bien sûr, nous transmettrons les bulletins arrivés à la section.

Dans les mois qui viennent, comme dans les mois passés, notre priorité est d’aider au développement des luttes dans le 15ème, à Paris, comme de la résistance à la politique poursuivie par le gouvernement.

Nos luttes ne seront pas suspendues pour cause d’élection !

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Claude Pascal 16/10/2013 23:08


 


UNE UNION QUI DIVISE



1- La constitution, dès le premier tour des municipales, de listes d'union PS-PC prônée par les dirigeants communistes à Paris et ailleurs n'est pas fondée sur une convergence politique : les
communistes prétendent ne pas souscrire au néo-libéralisme austéritaire de la social-démocratie et les socialistes ne se rallient pas aux orientations affichées par les communistes.


2- Seule une motivation boutiquière justifie cette alliance. Les socialistes la veulent pour assurer leur victoire, les dirigeants communistes la veulent pour s'assurer quelques sièges.


3- Il se pourrait bien que la dure réalité mette à mal ces espoirs mercantiles. Ainsi, à Paris, les électeurs habituels de Delanoé ne sont pas majoritairement de farouches bolcheviks : il se
pourrait qu'ils ne voient pas d'un bon œil le mariage Hidalgo-PC. Ainsi, l'alliance n'apporterait pas de voix au PS, elle lui en ferait perdre. Côté électorat communiste, nombreux seront ceux
qui refuseront de cautionner la présidence Hollande et le gouvernement Ayrault-Valls en votant pour la liste fusionnelle PS-PC. Ainsi, l'alliance n'apporterait pas de voix au PC, elle lui en
ferait perdre. Au mieux, on peut tout juste espérer que le Front national ne sera pas grand gagnant : à Paris il peine à rallier les suffrages. Mais, au bout du compte, les partis qui sont ou
se disent de gauche, seront de grands perdants et tous mis dans le même sac. Et, perdants suprêmes, les électeurs, votants ou non votants.


4- Les commentateurs politiques agréés, qu'ils soient de droite ou de droite, fustigeront, comme de coutume, "les abstentionnistes qui mettent en péril la démocratie" et, comme de coutume, il
ne leur viendra pas à l'esprit que c'est peut-être la basse cuisine qu'ils persistent à appeler "démocratie" qui met en péril ce qui pourrait, sans elle (et sans eux), être une vraie vie
politique.

Vladimir 12/10/2013 10:22


L'argument de Mélenchon et du PCF qui consiste à relativiser le résultat de la partielle du Var (c'est idem pour la législative pour remplacer Cahuzac ou à Bézier et dans l'Oise) et donc à dire
que c'est juste une mobilisation du vote FN et une démobilisation de l'électorat de gauche est trés insuffisant.


En effet un forte proportion de l'électorat PS, EEL, et PCF a voté FN au premier et au second tour (on le verra au second tour de la cantonale du Var où le FN sera largement élu à plus de 60 ou
65% des voix..).


Cela veut dire que PCF et FDG sont mis dans le même sac que le droitier PS même sans être au gouvernement.


Et ce n'est pas ce que vient de faire Laurent à Paris pour assurer sa retraite de sénateur qui va arranger les choses.


Je ne suis pas un dingue de Mélenchon, il reste pour moi Mitterrandien et donc assez proche d'Hollande in fine, même inconsciemment, mais il devrait monter une liste à Paris et mener une campagne
bien à gauche en disant la vérité sur ce qu'est le PS, un parti de droite, et là je pense qu'il peut devancer le PS, véritable repoussoirn, dans certains arrondissement.

FDG69 11/10/2013 19:11


Pourquoi ne pas proposer 3 offres de choix aux communistes parisiens.


une pour la liste Hidalgo (faire plaisir à Pierre Laurent) , une pour la candidate Simonnet (choisi par 7 groupes sur 9 du FdG), et une d'une liste 100% communiste.


personnellement cette offre me paraitrait moins manipulatrice des votes communistes. Mais soyez assuré qu'a Gauche, JLM respecte votre choix ! en est-il d emême à la direction du PCF? la question
est posée.