Transports franciliens/Grand Paris : réflexions sur l’expérience du tramway T3 Maréchaux-Sud

4 Mars 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #RATP

Transports franciliens/Grand Paris : réflexions sur l’expérience du tramway T3 Maréchaux-Sud

 

ratp-tram.jpgLe tramway T3, sur les boulevards des maréchaux, rive gauche, roule depuis fin 2006. Les (rares) débats sur la politique régionale des transports dans la campagne électorale en cours et le projet du « Grand Paris » appellent une réflexion sur cette expérience de la dernière mandature.

 

Comme habitants et salariés (et automobilistes) du 15ème, maintenant que les souvenirs pénibles des années de construction s’effacent, nous apprécions la qualité du matériel du nouveau tramway. Elle est indéniable.

 

Cependant le bilan au bout de trois ans vient parfaitement étayer les raisons de notre opposition au projet.

 

Comme doivent le reconnaître un récent rapport (12/09) de la Cour des comptes et la direction de la RATP, la vitesse moyenne des tramways atteint seulement 16,5 km par heure.

 

Les faits confirment l’avis des agents et de leurs syndicats. L’objectif de 20 km/h puis de 18 km/h était irréaliste, l’organisation du travail en découlant injustifiée avec ses suppressions d’emploi et de temps de pause.

Cette vitesse de 16,5 km/h est à comparer avec celle des anciens bus PC. Les bus roulaient en moyenne à 14,5 km/h, à peine plus lentement, tout en s’arrêtant à plusieurs stations supprimées depuis et en ne bénéficiant pas du système automatique de changement des feux de circulation.

Ces 2 km/h de différence représentent un gain de temps d’une seule minute par trajet moyen. Cela justifiait-il, même pour un peu plus de confort, un investissement de 311 millions d’euros, alors que de surcroît, la mise en site propre du bus venait d’être financée quelques années plus tôt ?

Vraiment non !

Le contre-projet que nous défendions, avec notamment l’Union départementale CGT de Paris, consistait, d’une part, à améliorer les bus pour les transports de proximité et, d’autre part, à relancer les voies abandonnées de la « petite ceinture ferroviaire » pour installer un train urbain rapide reliant circulairement les lignes de métro 7, 4, 13, 12 et 8 et servant aussi, dans une perspective de désengorgent de la ville, au transport de fret ferroviaire. Après coup, comme souvent, la Cour des comptes reconnaît maintenant les mérites de cette solution visionnaire.

 

L’empressement des acteurs, Ville de Paris (30% de l’investissement), Région (26%) et Etat (17%) se comprend de mieux en mieux.

La volonté de faire une vitrine était apparue dès le départ, également du côté de la direction de la RATP qui cherche à exploiter des tramways en province et à l’étranger dans sa stratégie de privatisation.

Les projets de nouvelle zone d’affaires à la Porte de Versailles avec la Tour Triangle, futur « sommet de Paris » et d’établissement du « Pentagone à la française » à Balard précisent les motivations des pouvoirs, municipalité, exécutif régional comme gouvernement. On est exactement dans la logique du Grand Paris : renforcer les transports et les équipements dans les quartiers déjà favorisés (nous ne parlons pas des habitants), les « pôles » de « compétitivité ». Même si l’investissement est d’un faible rapport en termes d’amélioration du service public et très coûteux pour les contribuables, parisiens comme franciliens, aux dépens d’autres projets.


La part critique de notre analyse ne porte pas sur la prolongation du tramway T2 qui vient de la Défense jusqu’à la Porte de Versailles. De même, nous ne contestons pas, maintenant que le T3 est un fait accompli, sa prolongation dans les arrondissements de l’est.

 

Mais l’exemple du lancement du « Tramway des maréchaux sud » est un exemple concret de la logique néfaste de l’aménagement de la capitale selon l’intérêt de la finance, dans le cadre de la concurrence des villes d’affaires.

 

Aujourd’hui nous demandons que les effectifs et les conditions de travail des agents du T3 soient adaptées aux réalités et non à la propagande de la RATP. Nous faisons campagne pour que les grandes compagnies privées qui vont s’installer sur le trajet (notamment dans la Tour Triangle) remboursent une partie de l’investissement comme l’Etat et le ministère de la Défense pour son « Pentagone ».  

 

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