« Vous faire préférer l’Assistance publique »???!!

5 Février 2011 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

« Vous faire préférer l’Assistance publique » 

(Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP : le slogan qui accompagne 5.000 suppressions d’emploi !

 

Mireille Faugère, la nouvelle directrice générale de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, était auparavant responsable marketing à la SNCF.

Elle a décidé d’importer à l’AP-HP le slogan publicitaire qu’elle avait développé à la SNCF. « A nous de vous faire préférer le train ! » devient « Vous faire préférer l’AP-HP ».

 

Toute une logique ! Celle de la concurrence, absurde et destructrice pour le service public.

On peut encore s’imaginer qu’un voyageur ait le choix entre l’auto, l’avion et le train. Mais un malade, un blessé ? Mme Faugère veut-elle qu’il prenne une carte de fidélité à l’AP-HP ? Pensez bien à venir chez nous à votre prochain infarctus !  

 

Ce qui importe pour le patient et pour toute la société, c’est d’être soigné dans les meilleures conditions, avec les meilleurs soins, à proximité, au meilleur coût, c'est-à-dire hors de toute logique lucrative.

Et cela passe par la défense et le développement de l’hôpital public. C’est précisément le contraire de la politique du pouvoir que Mme Faugère a été nommée pour appliquer à l’AP-HP.

 

Tout est fait pour avantager le développement du secteur privé, notamment des chaînes de cliniques.

Le système de financement des établissements de sante par « tarification à l’activité », la T2A, pénalise l’hôpital public qui, seul, prend en charge les pathologies lourdes et multiple, la recherche et l’enseignement. Les « agences régionales de santé » ont été conçues par la loi Bachelot de 2009 pour transférer des « parts de marché » au privé. Le privé, même coté en bourse, est abreuvé d’aides publiques.

Pendant ce temps, les moyens de l’hôpital publics sont rationnés – il manque 800 millions d’euros par an. Mme Faugère ne le nie pas : l’objectif pour l’AP-HP reste la suppression de 4.000 à 5.000 emplois en 3 ans dont 1.200 dès 2011 s’ajoutant au même nombre de postes détruits ces dernières années. La situation devient intenable dans les services.

 

La logique de la concurrence (« faire préférer… »), c’est celle du profit privé, hors de l’hôpital public comme en son sein. Suivant ses prédécesseurs, Mme Faugère fait entrer les intérêts privés à l’AP-HP. Par exemple, dans plusieurs hôpitaux, les services hôteliers sont en train d’être démantelés pour être confiés au privé (dans une politique d’externalisations à tout crin). Dans le même temps, Mme Faugère lance « l’expérimentation » dans trois hôpitaux des chambres individuelles facturées 45 euros par jour par le patient! Une régression généralisée !

 

S’il s’adresse aux personnels, le slogan de la spécialiste marketing sonne comme une provocation devant la dégradation constante des conditions de travail.

 

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En mars 2010, un large mouvement s’est développé dans l’AP-HP contre le plan de restructuration et de regroupement de 38 hôpitaux en 12 groupes. La mobilisation a pris très fortement dans certains hôpitaux les plus directement frappés par les conséquences des restructurations. Pour désamorcer le mouvement, devant l’ampleur des manifestations (5.000 toutes les semaines) et l’occupation du siège, la direction a promis de tout remettre à plat et a promis de maintenir plusieurs structures de long et moyen séjours initialement menacées.

 

Tout au long de 2010, des luttes ont pris de l’ampleur comme à Ambroise Paré ou à Tenon, en lien avec les patients, gagnant le maintien de services et de postes (urgences, IVG).

 

9 mois après mars 2010, la direction générale revient sur tous ses engagements. Il n’est plus question de 4.000 mais de 5.000 suppressions d’emploi. L’existence de plusieurs établissements de long et moyen séjours est à nouveau remis en cause.

 

De nouvelles actions des salariés sont annoncées.

 

A l’hôpital, comme à la SNCF, les privatiseurs tels que Mme Faugère ne comprennent que le langage de la lutte. Peu nous importe, de lui « faire préférer l’AP-HP », nous défendrons le service public hospitalier, son financement contre sa politique !

 

-          Annulation du plan de restructuration de l’AP-HP

-          Maintien de tous les emplois et des services que la direction veut externaliser

-          Arrêt des subventions au privé de quelque nature que ce soit. Arrêt de tout financement public aux groupes de cliniques cotées en bourse.

-          800 millions d’euros pour l’hôpital public dès cette année, obtenus en réduisant les exonérations de cotisations sociales patronales ! 

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