Avenir de France-Télévisions : la banderille de Philippe Seguin et de la Cour des comptes...
En 2008, Sarkozy a pris sur lui l’attaque frontale contre le service public de l’audiovisuel en général et France-Télévisions en particulier.
De sa déclaration tonitruante du 8 janvier 2008 à la loi votée du 5 mars 2009 en passant par plusieurs intimidations directes, le pouvoir est parvenu à déstabiliser profondément l’entreprise, à engager le service public sur la voie du déclin en ciblant en particulier l’information et la production publiques, évidemment l’emploi et les conditions de travail dans le même temps.
Devant la résistance massive partant des personnels (des manifestations à 4.000), le pouvoir doit doser et espacer son attaque dans le temps.
La nomination de Laurent Bignolas, administrateur CGT, à la rédaction en chef du 19/20 sur France 3 est de nature à éloigner l’inquiétude d’une fusion des services d’informations de France 3 et de France 2. De même, l’attribution, en cette fin d’année, de 70 millions d’euros des dépassements de recettes publicitaires (conservées) par rapport aux prévisions, peut rassurer, un peu, avant de nouvelles étapes lourdes de dangers comme la constitution de l’entreprise commune et la renégociation de tous les accords sociaux (dont la convention collective) à l’horizon 2010.
Autant Nicolas Sarkozy a été brutal, autant Philippe Seguin et sa Cour des comptes sont subtils dans leur rapport rendu le 15 octobre 2009.
Avec une apparence d’impartialité, le second peut tirer les premières conséquences des mesures du premier et commencer à justifier la suite du « processus de réforme, socialement et économiquement lourd », pensé bien sûr « sans changement de cap » possible.
La grande mesure de 2008/2009, la suppression progressive de la publicité, hypocrite parce qu’elle s’est accompagnée d’un nouveau développement des autorisations de publicité dans le privé, est le moyen d’assécher les financements du service public.
La Cour des comptes a déjà beau jeu de constater « une situation financière difficile »: le déficit pour 2009 rejoindra celui de 2008, 138 millions d’euros.
Elle ne peut que souligner les effets durables de la pression financière imposée par le gouvernement. Les compensations des pertes de publicité seront hasardeuses ; de nouvelles ressources publiques, issues du budget de l’Etat ou d’une augmentation de la redevance, socialement insupportables. Sans parler de la recommandation de la Cour de privilégier le « désendettement de la société ».
Conclusions naturelles du bon Monsieur Seguin : il faut aller plus vite et plus loin dans la réforme. Et de cibler en premier l’information, tout en s’en tenant aux allusions insistantes. « Encore une fois, c’est là qu’il existe des marges de manœuvres à la fois pour rétablir les comptes et surtout pour se moderniser » insiste-t-il ! Une information conservant une part d’autonomie vis-à-vis des milieux financiers, avec des statuts de personnel permettant une forme d’indépendance malgré les pressions : voilà ce qui reste insupportable aux classes dominantes !
Pas question encore de parler dans le rapport directement de fusion des rédactions mais d’insister sur les 560 millions d’euros de « coût annuel » et les 5.000 personnels que « représentent les journaux télévisés et magazines d’information de France 2, France 3 et RFO », sur la « mutualisation des moyens qui est au cœur des projets en cours », sur « l’occasion » de « remise à plat des conventions collectives de 1983 et 1984 » que constitue l’entreprise unique.
Le résumé des recommandations de la Cour est un peu plus direct : « rapprocher les rédactions nationales, rationaliser le réseau régional ».
Les mises en gardes de la Cour sur les dérives persistantes de la production privée sont nettement moins vigoureuses. Elle se contente d’appeler timidement à un « cadre de négociation plus rigoureux avec les producteurs indépendants » sans faire l’état de la dégradation programmée de la production publique et notamment de France 3.
Dans la suite de notre soutien politique au mouvement des personnels de France télévisions en 2008, avec leurs organisations syndicales, nous analysons le rapport de la Cour des comptes comme une nouvelle banderille dans le processus de déclin organisé du service public et d’éradication de son esprit au service de l’accès à l’information, à la culture, à la connaissance du plus grand nombre.
Dans l’immédiat, sur le plan financier, nous nous prononçons pour l’arrêt de la suppression de la publicité en après-midi. Plusieurs parlementaires de parti différents le demandent même.
Nous nous opposons au plan de suppressions de plusieurs centaines d’emplois qualifiés, utiles et nécessaires au service public, qu’il s’agisse de ceux de la régie publicitaire ou des départs à la retraites qui ne seraient pas remplacés.
Nous nous opposons formellement à la suppression de toute équipe de rédaction dans l’audiovisuel public et demandons un accroissement des moyens de la production publique.
Une grande bataille culturelle est lancée. Une large mobilisation peut se construire pour empêcher notre télévision, publique mais aussi privée, grâce à l’existence d’un secteur public fort, de suivre le modèle de Berlusconi.
A France Télévisions, le projet de casse de l’audiovisuel public se précise. La mobilisation s’amplifie.
En janvier 2008, Sarkozy lançait son annonce sur son projet de suppression de la publicité à France Télévisions. Ses intentions sont apparues aussitôt : étouffer financièrement le service public, en réduire la voilure au profit du privé, le soumettre à un contrôle politique encore plus étroit.
L’hypocrisie de la suppression de la pub s’est vérifiée avec l’autorisation prévue de la deuxième coupure publicitaire sur TF1 et M6. L’argent et l’audience pour le privé, l’austérité rébarbative pour le service public ! Avec comme objectif final, un contrôle renforcé des media et de la culture par le monde des affaires.
Le projet de loi sur l’audiovisuel public doit être examiné à partir du 25 novembre par l’Assemblée nationale. Il confirme exactement ces intentions mortifères. Le budget de l’audiovisuel public se trouvera mécaniquement amputé de plusieurs centaines de millions d’euros par an, vu l’insuffisance des compensations de la perte des recettes publicitaires.
Le PDG a annoncé le 6 novembre un plan de 900 départs « volontaires » d’ici 2012 que doublerait bientôt un plan (anti)-social.
La mobilisation des personnels est restée très forte depuis les grandes grèves et manifestation du printemps.
Elle porte un enjeu culturel et démocratique national.
Oui à une télévision publique ambitieuse, diffusant une information pluraliste, des programmes de culture et de divertissement de qualité, visant une audience maximale, imposant ses critères de qualité au secteur privé.
Pour cela, il faut une volonté et des moyens. Notamment ceux de délivrer la télévision publique des producteurs privés, de redévelopper la production publique, notamment de France 3, qui est précisément dans le collimateur du pouvoir.
Combattons le projet de loi du gouvernement !
Nous appelons à soutenir la journée de grève et de manifestation du 25 novembre.
Sur France 3, Sarkozy tente d’intimider les salariés de l’audiovisuel public
Nicolas Sarkozy s’est invité plus d’une heure hier soir, 30 juin, sur France 3. On voit aisément ce qu’il a cherché : à afficher sa détermination à faire passer le démantèlement du service public de l’audiovisuel depuis le coeur même de l’entreprise qu’il veut détruire, France télévision en général, France 3, son appareil de production en particulier. Il est venu défier le service public et ses salariés après qu’ils ont, à nouveau, montré leur très grande capacité de mobilisation et de résistance lors de la grève du 18 juin dernier.
Sarkozy s’est posé en patron, en futur « maître » des lieux. Il a précisé le sens que prendrait la nomination directe du président de France Télévisions par l’Elysée. Ce n’est pas tant que cette nomination sera plus « politique » qu’actuellement, mais le prochain PDG bénéficiera d’un pouvoir beaucoup plus étendu, inscrit dans la durée, pour déstructurer l’entreprise publique.
Les journalistes de France 3 ne se sont pas laissés intimider. Loin de la complaisance dont bénéficie le petit Berlusconi français sur les chaînes de ses amis Lagardère et Bouygues, ils ont manifesté la rigueur et la neutralité du service public que l’on n’est plus si souvent habitué à entendre.
Sarkozy a refusé de répondre lorsqu’ils lui ont rappelé son engagement que l’audiovisuel public retrouverait au sou près l’argent de la publicité supprimée. Au contraire, il a confirmé l’analyse du rapport Copé par les salariés en lutte et leurs organisations syndicales. La suppression de la publicité sera bien le moyen d’asphyxier financièrement la télévision publique et d’engager son déclin. Sarkozy s’est même permis de pointer implicitement ses premières victimes : les 6000 salariés de France 3, la production publique.
Au-delà de la provocation politique, il est important de démonter les faux arguments repris par le Président. Il s’est efforcé de renverser la vérité.
Sur la redevance, il s’est donné le beau rôle en excluant toute hausse de cet impôt injuste, mis à part l’indexation sur les prix et une extension de l’assiette des contribuables. Il fait oublier que c’est directement sa politique qui crée le besoin nouveau de financement. Depuis son arrivée au pouvoir, il a déjà privé le budget de l’Etat de 15 milliards d’euros par an de déductions fiscales accordées aux plus riches : 6 fois le produit annuel de la redevance audiovisuelle !
Son hypocrisie est à son comble concernant la publicité. Quel téléspectateur n’est pas excédé par les interminables pages d’annonces ? Mais encore bien davantage sur les chaînes privées que sur les chaînes publiques. Les mesures gouvernementales préparent le transfert d’une grande part de la publicité au bénéfice des chaînes privées (toujours les amis du président), qui seraient même autorisées à faire deux coupures dans les émissions. La politique du pouvoir, c’est plus de publicité sur la télévision privée et moins de télévision publique.
Sarkozy sait reprendre aussi un argument qui semble de bon sens mais qui est surtout de mauvaise foi. La présence d’une dose de publicité (actuellement à peine 20% des recettes) sur le service public entraînerait mécaniquement la « tyrannie » des annonceurs, donc la « tyrannie » de l’audience, donc des programmes racoleurs de mauvaise qualité. Non, non et non !
La tendance, relative, des chaînes publiques à suivre le modèle TF1, par exemple à solliciter des animateurs-producteurs vedettes, très coûteux et loin d’être toujours attractifs, ne résulte pas d’une fatalité due à la publicité mais du choix politique des directions de chaînes et des gouvernements de délaisser les missions et les objectifs du service public, de faire le jeu économiquement et culturellement du secteur capitaliste.
Sarkozy sous-entend que pour faire de l’audience, il faut faire de la télé-poubelle. Ce n’est pas vrai ! Information, culture et divertissement de qualité sont la raison d’être de l’audiovisuel public. Pas pour un public rabougri, mais pour tous !
Hier soir, Sarkozy s’est efforcé encore une fois à justifier la logique de privatisation par les dégâts actuels du même processus de privatisation. Il a fait l’étalage de ses souvenirs d’enfance, des bonnes émissions d‘autrefois, de sa télé-nostalgie qu’il partagerait avec ses contemporains.
Il ne trompera pas Nounours et Pimprenelle. Il n’est pas leur Nicolas !
Les agents du service public de l’audiovisuel ne baissent pas la garde. D’importantes luttes sont envisagées dès la rentrée. Sur cet enjeu d’intérêt général, comme sur tous les autres, d’importantes convergences d’actions sont possibles avec le grand mouvement de riposte dans le pays.
Notre tract précédent sur France-Télévisions
La défense de l’audiovisuel public: une lutte d’intérêt général - 18 juin
Proposition de la commission Copé sur l’audiovisuel public : une Tartufferie !
Au moment où l’intersyndicale de l’audiovisuel public sera reçue par le président de la République, juste avant la remise du rapport de la commission Copé, les salariés des différentes sociétés de l’audiovisuel public déploieront une banderole identique : « Hold-up sur l’audiovisuel public »
France 3 Bordeaux, France 3 Reims, France 3 Amiens, France 3 Strasbourg, France 3 Brive, France 3 Lyon, France 3 Perpignan, France 3 Antibes, , France 3 Lille, Siège de France télévisions, RFO, Radio France (liste non exhaustive) : dans toutes les implantations de l’audiovisuel public, les salariés expriment leur plus grande inquiétude face aux propositions de la commission Copé, véritable plan de casse de l’audiovisuel public.
Cinq mois après l’annonce du 8 janvier, l’inquiétude ne cesse de grandir dans l’audiovisuel public. Les propositions de la commission Copé qui rend son rapport aujourd’hui ne permettent pas de dessiner un modèle économique crédible pour la télévision publique de demain.
Les moyens sont notoirement insuffisants. Il manquera plus de 300 Millions d’euros par an. La ressource publicitaire est retirée, la dépendance vis-à-vis des producteurs privés s’accroit et les schémas de réorganisation font craindre le pire en matière sociale. 140 Millions d’euros d’économies pour financer les développements ne pourront être atteints sans une casse sociale.
Ce sont au final les salariés et les téléspectateurs qui seront victime de cette incroyable opération destinée à renflouer des chaînes privées et des groupes de communications amis des cercles du pouvoir.
Les ressources de compensation sont peu crédibles et ce jour même, l’Elysée revoit l’essentiel de la copie de la commission dans une incroyable cacophonie. Les 300 Millions d’euros par an de taxes sur les fréquences radio électriques sont destinées à assurer le financement des retraites (CNAVTS). L’Elysée avance un nouveau chiffrage de la taxe sur les FAI et les télécommunications que l’Europe (Viviane Reding) a déjà jugée « à contre-logique ».
Pendant ce temps, le groupe est déstabilisé, la crise financière s’aggrave, et il manquera au moins 200 millions d’euros dès la fin de l’année 2008.
En résumé, la copie de la commission Copé est une véritable Tartufferie destinée à sacrifier l’audiovisuel public pour en pomper les ressources et les transférer au privé. Cette méthode ne s’applique évidemment pas au seul secteur audiovisuel mais elle touche là un des fondements de notre démocratie déjà bien imparfaite. La CGT considère que ce doit être l’occasion de marquer une nouvelle étape quantitative de résistance à toutes les politiques qui considèrent l’être humain comme une variable d’ajustement à la réalisation de profits financiers. Toutes les forces de la CGT doivent converger pour mettre en échec ce plan ainsi que ceux tout aussi destructeurs de l’hôpital public, de la CNAM pour soit disant réduire le déficit de la Sécu, et des services publics en général. Ce doit être l’occasion de renouer véritablement le fil d’une unité syndicale basée sur les revendications favorables aux salariés et non sur celles dictées par le patronat. Tout donne à penser que malgré la période de vacances qui approche, les salariés sont disponibles pour cela.
France Télévision, c’est notre télévision publique, nous y tenons !
Paris le 25 juin 2008
La défense de l’audiovisuel public: une lutte d’intérêt général
Déclaration de la section du PCF Paris 15ème
Des luttes de haut niveau se développent dans des secteurs très divers contre l’accélération par le gouvernement de la politique de casse sociale au service du Medef. L’addition de ces mouvements depuis l’automne dernier et des batailles contre la déstructuration de l’Université et la remise en cause des régimes spéciaux de retraite jusqu’aux mobilisations des agents du monde de l’éducation, des impôts, des pêcheurs montre la force considérable qui existe pour mettre en échec le gouvernement. La question des convergences de lutte s’impose d’autant plus que chacune de ses luttes, comme les mouvements d’ensemble pour les salaires, les retraites, contre la casse du droit du travail, affronte la cohérence de la politique du pouvoir et porte une question d’intérêt général. C’est leur caractéristique.
La bataille contre le démantèlement de France Télévision et du service public de l’audiovisuel est exemplaire dans ce cadre. Les premières conclusions de la Commission Copé confirment le véritable sabotage. La suppression de la publicité, dont la seule annonce affaiblit déjà les chaînes publiques, ne pourra qu’assécher les ressources du service public et donner le prétexte au gouvernement pour engager en particulier la casse de France 3, de son programme national et son appareil de production. Des centaines d’emplois sont menacés, immédiatement dans la régie publicitaire, mais le danger va encore bien au-delà.
Le « modèle » suivi, c’est celui de la télévision de Berlusconi ou de la marchandisation à la sauce UE. L’information directement sous le contrôle des affairistes, le moins disant culturel, l’appauvrissement culturel et critique à la télévision, mais aussi par ricochets dans tous les autres secteurs notamment le cinéma : voilà l’objectif. Les questions posées ne sont pas moins que celles de l’identité et de la diversité culturelles, celles de l’accès et de la liberté de l’information.
Les téléspectateurs en sont assez conscients. Ils manifestent leur attachement à la télévision publique régionale, déplorent la baisse de qualité des programmes.
Mais le fatalisme est grand et Sarkozy et ses conseillers savent l’utiliser. Ils essaient le tour de force de s’appuyer sur la dégradation du service public pour mieux le remettre en cause. Ils utilisent l’exaspération devant la publicité envahissante pour couper les moyens de France télévision mais veulent autoriser dans le même temps leurs amis de TF1 et M6 à doubler les coupures publicitaires dans les émissions. Dans le même esprit, ils entretiennent l’idée que la télévision publique ne mérite pas de financements publics, entre autres, une hausse de la redevance.
Communistes de Paris 15ème, où se trouve le siège de FTV, nous apportons notre soutien total au mouvement des salariés de l’audiovisuel public. Nous nous battons pour montrer le caractère d’intérêt général, national, de cette bataille aux téléspectateurs/usagers, pour contribuer à créer les conditions des convergences de lutte avec les autres secteurs mobilisés du pays.
Audiovisuel : Face à l’agression de Sarkozy, défendre et reconquérir l’espace du service public attaqué depuis 30 ans !
L’ampleur de
la mobilisation des salariés de l’audiovisuel public, de France-Télévision (photo ci-contre du siège dans le 15ème) et de Radio France, montre que personne n’est dupe des intentions de
Sarkozy : de 60 à 90% des grévistes le 13 février, 4000 manifestants.
La brusque annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes et stations publiques annonce un nouveau coup, de grande ampleur, contre le service public.
Dans l’immédiat, elle a permis d’importants gains en bourse pour TF1 et M6, dont Sarkozy copine étroitement avec les PDG. Les mêmes profiteraient en premiers du report de la publicité du secteur public, 800 millions d’euros par an.
Pour les chaînes publiques, le déficit de recettes atteindrait en fait 1,2 milliard d’euros compte tenu du besoin de financement des heures de programmation libérées par la publicité. Les difficultés financières ne manqueront pas de servir de prétexte à la réduction du champ du service public. Là encore, personne ne s’y trompe. Sarkozy se défend de vouloir privatiser une chaîne entière mais les contacts pour livrer les décrochages de France 3 aux groupes de presse régionaux se confirment. Quant aux financements de substitution à la publicité, ils restent et resteront imprécis et précaires.
Devant l’ampleur du mouvement, le pouvoir crée une commission présidée par l’ultralibéral Copé. La méthode est la même que dans les autres secteurs : on impose d’abord la contre-réforme structurelle puis on ouvre une « négociation » sur ses aménagements.
Les conditions existent dans le secteur comme dans le pays pour ne pas laisser faire, même pour engager la reconquête du service public. Communistes, nous entendons y contribuer.
La question de la publicité est trompeuse.
Elle est indéniablement de plus en plus envahissante et insupportable sur les antennes. Mais elle n’est pas cause mais symptôme du cancer qui atteint l’ensemble de l’audiovisuel : la loi du profit. Ce n’est pas la pub qui entraîne la recherche de l’audimat au prix du « moins-disant » culturel. C’est la volonté de faire de l’argent qui explique les programmes démagogiques et l’extension de la pub. Sarkozy essaie le tour de force d’utiliser le ras-le-bol de la pub pour alimenter ses premiers pourvoyeurs, les groupes privés.
Oui, il y a trop de pub à la télé. La bonne solution, c’est de la limiter sur toutes les chaînes, d’abord sur TF1 et M6, en vertu des cahiers des charges de concessions les liant aux pouvoirs publics. Ces dernières années au contraire, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse d’autoriser davantage de minutes de pub par heures et de nouvelles coupures des programmes. Concernant le service public, la suppression intégrale de la publicité ne s’impose pas. Comme les syndicats, nous demandons le plafonnement à 25% des ressources d‘origine publicitaires de chaque chaîne.
Renforcer structurellement le service public dans un cadre concurrentiel.
L’audiovisuel est un secteur où a été imposée durablement la mixité entre entreprises privées et publiques. Il est illusoire à court terme de renverser cette situation, même si l’exigence de renationalisation de TF1 est plus légitime que jamais. L’intrusion croissante des opérateurs de télécommunication accentue la pression du privée.
Dans cette situation, dans l’intérêt général, dans ce cadre concurrentiel, nous nous battons pour que le service public, dans son déploiement et ses principes soient consolidés.
Les gouvernements successifs depuis 1984, sinon 1974, se sont appliqués à faire le contraire : affaiblir le secteur public pour faire le lit du privé, aux dépens des téléspectateurs, du pays.
Quelques rappels. En 1984 et 85, Mitterrand a choisi de confier à son ami Rousselet Canal +, puis à Berlusconi la 5. En 86, Chirac privatise TF1.
Dans le service public même, la place est faite à l’externalisation au profit du privé. TDF a été privatisée. La SFP, Société française de production, à l’origine de toutes les grandes émissions de la télé française dont beaucoup cultivent le souvenir, a été démantelée. Les producteurs privés, notamment les animateurs/producteurs se nourrissent au caviar sur le dos du public et sur les ruines de la SFP.
De plus en plus de salariés de l’audiovisuels sont précarisés, souvent avec le statut d’intermittents que Catherine Tasca, ministre PS qui donne aujourd’hui des leçons, a scandaleusement élargi et fragilisé aux dépens des artistes, des salariés de l’audiovisuel, à l’avantage des employeurs.
Le pilotage des chaînes publiques s’est effectué à vau l’eau par les PDG successifs dans la logique du privé.
Enfin, maintenant, les financements sont menacés par Sarkozy pour démanteler plus vite l’ensemble.
Ça suffit, il est temps d’inverser le mouvement :
- Aucune restriction du périmètre du service public n’est acceptable. Deux chaînes généralistes nationales doivent être maintenues. Le secteur public doit être étendu, notamment dans les nouvelles technologies. Pas touche à l’intégrité de France 3.
- Le domaine de production, de création, publique, dans le secteur public, doit être maintenu intégralement, notamment la production régionale de France 3, et développé dans le but de supplanter la production privée au sein des chaînes publiques, parasitaire et coûteuse.
- Le statut de tous les personnels doit répondre à des critères de stabilité en commençant par respeter le droit du travail.
- Les financements permanents correspondant à ses objectifs doivent être accordés au service public. Les ressources publicitaires doivent être maintenues à un niveau plafonné, tant que de nouvelles ressources pérennes ne sont pas assurées. Les nouvelles idées de taxes avancées par le pouvoir pénaliseraient, de façon injuste, autant les ménages qu’une augmentation de la redevance.
- Les programmes doivent obéir aux objectifs
historiques de service public: informer de façon pluraliste, cultiver, distraire intelligemment.
Dans ces conditions, la dérive du secteur privé vers la télé poubelle pourra être contenue.
La mobilisation exceptionnelle des salariés du secteur public, l’attachement de la population à des programmes de qualité, les convergences de lutte avec les autres secteurs du service public peuvent permettre d’avancer dans ces directions, de mettre en échec les plans de Sarkozy et de ses amis.
Pour les patrons de TF1, le but de la télévision, selon la formule de Patrice Le Lay, de « donner du temps de cerveau du
téléspectateur disponible pour que Coca Cola vende son produit ».
Non ! Montrons que nous ne sommes pas des bêtes !
Derniers Commentaires